CHAPITRE 20 : Les 1000 ans, la défaite de Satan et le jugement dernier
CHAPITRE 20
Les 1000 ans, la défaite de Satan et le jugement dernier
Nous abordons dans ce chapitre des points très importants qui susciteront des interprétations et des discussions.
Verset 1 : « Puis je vis un ange descendre du ciel. Il tenait à la main la clé de l'abîme et une grande chaîne. »
Bien que nous soyons dans un nouveau chapitre, nous restons dans la continuité du chapitre précédent, car l'adverbe « puis » commence ce verset. Cependant, cette interprétation peut être remise en question.
Pour rappel, dans le chapitre précédent :
- Jésus-Christ a vaincu la bête et le faux prophète, qui ont tous deux été jetés dans l'étang de feu.
- Tous les êtres humains sont morts.
- Les vainqueurs ont été enlevés au ciel pour les noces avec Jésus-Christ.
Bref, il ne reste plus aucun être humain vivant sur Terre, et cela pose des questions sur les événements qui vont suivre.
Reprenons :
Jean voit donc un ange venant du ciel avec la clé de l'abîme et une chaîne. Nous avons vu au chapitre 9, verset 1, qui traite des trompettes, que la clé de l'abîme a été donnée (dans le passé) à un ange maléfique (une étoile était tombée du ciel) pour ouvrir l'abîme. Nous avons également vu que l'abîme est le lieu où sont enfermés les démons et autres créatures maléfiques.
L'ange a aussi une chaîne à la main. On devine que celle-ci va servir à enchaîner quelqu'un.
Remarque : Bien qu'aucune information ne soit donnée, il est vraisemblable que l'ange soit l’archange Saint Michel, car c'est lui qui terrasse le dragon.
Verset 2 : « Il s’empara du dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et l’enchaîna pour 1000 ans. »
L'ange s’empare du dragon, c'est-à-dire de Satan, et il l'enchaîne pour 1000 ans. C'est ce que l'on appelle le Millénium.
Il y a eu de nombreuses discussions sur ces 1000 ans. Même si certains prennent ces 1000 ans au sens strict (10 siècles), on peut aussi les interpréter de manière symbolique, mille ans voulant dire de nombreuses années, que l'on peut supposer être des années terrestres.
Remarque : Certains exégètes interprètent ces mille ans comme l'éternité. Mais cela n'est pas en accord avec la suite, car au verset suivant, Satan doit être relâché. Ce temps est donc une période qui a un début, une durée et une fin. On l'appelle le millénium.
Dans le chapitre 90 des Psaumes, au verset 4, on retrouve cette image des 1000 ans : « Car 1000 ans sont à tes yeux comme la journée d’hier... » On peut faire un rapprochement avec la création qui s'est faite en 6 jours. Ce millénium correspondrait ainsi à la création du règne messianique.
Verset 3 : « Et le jeta dans l'abîme. Il ferma et scella l'entrée au-dessus de lui afin qu'il n’égare plus les nations, jusqu'à ce que les 1000 ans soient passés. Après cela, il faut qu'il soit relâché pour un peu de temps. »
Pendant cette période du millénium, Satan est enfermé dans le puits de l'abîme, l'ouverture étant scellée pour qu'il ne puisse pas en sortir pendant 1000 années. Cela signifie que pendant 1000 ans, Satan ne peut pas intervenir sur la Terre. Puis, il va être relâché pour un court moment.
On peut se demander pourquoi, dans ce verset, le terme « il faut » est utilisé. « Il faut » signifie que cela doit être fait ainsi, et on peut se poser la question : pourquoi ?
Cette question est très importante, car Dieu ne fait pas les choses sans raison. Il faut donc chercher à comprendre pourquoi Satan est enfermé pendant cette longue période et pourquoi il doit être relâché un court instant.
La première question que l'on peut se poser est : pourquoi laisser une période de 1000 ans à Satan, tout seul enchaîné sur Terre, alors qu'il n'y a plus personne de vivant ?
Pour répondre à cette question, la plupart des exégètes imaginent que les vainqueurs et les martyrs vont vivre au paradis comme au temps d'Adam et Ève pendant 1000 ans. La terre est redevenue un Éden. Ils vivront sans souffrances, sans maladie, sans guerre, comme les patriarches pendant 1000 ans. C'est la première résurrection.
Ils auraient cependant la faculté de se reproduire, et donc de nombreuses générations viendraient peupler la Terre. Lorsque Satan est relâché, beaucoup de ceux qui n'ont pas connu la période d'avant le millénium subiront la tentation de Satan et se révolteront contre Dieu, revivant ainsi la même destinée qu'Adam et Ève. Et c'est la guerre de Gog et Magog.
On peut se demander pourquoi ?
Dieu est juste et, pour rétablir l'équilibre, ceux qui n'ont jamais connu la souffrance et la guerre doivent aussi subir la tentation. C'est une nécessité dans le plan de Dieu, dans la justice de Dieu afin que tous soient obligés de se positionner face à la tentation : c'est le libre arbitre. Dieu pourra alors prononcer un jugement définitif.
Verset 4 : « Ensuite je vis des trônes, et ceux qui s'y assirent reçurent le pouvoir de juger. Je vis aussi l’âme de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, tous ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image et qui n'avaient pas reçu sa marque sur le front ni sur la main. Ils revinrent à la vie et ils régnèrent avec Christ pendant 1000 ans. »
Jean voit des trônes sur lesquels sont assis ceux qui ont le pouvoir de juger. Cela nous rappelle la vision qu'il a lorsqu'il monte la première fois aux cieux (voir chapitre 4, verset 4). Jean voit alors 24 anciens assis sur des trônes. On retrouve aussi ces trônes avec des anciens faisant fonction de juges en Daniel 7 : 9 : « Pendant que je regardais, on a placé des trônes et l'Ancien des jours s'est assis. Son vêtement était aussi blanc que la neige et les cheveux de sa tête pareils à de la laine pure. Son trône était de flammes et ses roues étaient un feu dévorant. » et Daniel 7 : 22 : « Jusqu'au moment où l'Ancien des jours est venu faire justice aux saints du Très-Haut. Le moment où les saints ont pris possession du royaume est alors arrivé », où il est question de justice.
Jean voit également l'âme de ceux qui ont été décapités, que l'on peut traduire par « persécutés » et « mis à mort » parce qu'ils étaient chrétiens et qu'ils ont répandu la parole du Christ, de Dieu. Il voit aussi que tous ceux qui n'ont pas adoré la bête et n'ont pas accepté la marque sur la main et sur le front (voir chapitre 13, versets 14 à 17), c'est-à-dire les vainqueurs de la grande tribulation.
Tous ceux-là ont été ressuscités, puisque Jean voit leurs âmes, et ils régnèrent pendant 1000 ans, c'est-à-dire pendant la période du millénium.
Verset 5 : « Les autres morts ne revinrent pas à la vie avant que les 1000 ans soient passés. C'est la première résurrection. »
Dans ce verset, Jean nous précise qu'il s'agit de la première résurrection, car les autres morts, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas été martyrisés et ceux qui n'ont pas connu la grande tribulation dont ils sont sortis vainqueurs, doivent attendre la fin du millénium.
Verset 6 : « Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n'a pas de pouvoir sur eux, mais ils seront prêtres de Dieu et de Christ et ils régneront avec lui pendant 1000 ans. »
La seconde mort n'a pas de pouvoir sur eux, car lors de la première résurrection, il y a eu les noces avec l'Agneau, et cette union étant éternelle, ceux qui ont été enlevés ainsi que ceux qui ont été ressuscités ne seront pas soumis au jugement de Dieu. Ils régneront avec Jésus-Christ et ils seront prêtres de Dieu et du Christ.
Versets 7 et 8 : « Quand les 1000 ans seront passés, Satan sera relâché de sa prison et il sortira pour égarer les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre ; elles sont aussi nombreuses que le sable de la mer. »
Puis, après cette période du millénium, Satan est relâché afin d'égarer les nations du monde entier (quatre coins de la Terre). Satan va faire sortir Gog et Magog afin de livrer la guerre contre Jésus-Christ. Les forces de Gog et Magog sont extrêmement nombreuses (comme le sable de la mer). Gog et Magog sont évoqués dans Ézéchiel 38 et Ézéchiel 39, où est décrit le dernier assaut des païens contre la Jérusalem restaurée. Dans Ézéchiel, Gog est le roi du pays de Magog (Genèse 10.2), tandis que l'auteur de l'Apocalypse semble prendre les deux noms pour des noms de peuples.
Remarque :
Il y a beaucoup de discussions concernant Gog et Magog. Certains voient un roi et un peuple qui seraient issus du nord de la Mésopotamie, ce que l'on appelle aussi le septentrion, qui correspond plus ou moins au sud de la Russie, tandis que d'autres l'interprètent sur son aspect symbolique, désignant les forces du mal.
Verset 9 : « Ils montèrent sur toute la surface de la terre et ils encerclèrent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu [venu de Dieu] descendit du ciel et les dévora. »
Dans le verset précédent, le narratif était au futur, constituant ainsi une prédiction. Dans ce verset, le temps est au passé, ce qui laisse supposer que l'action fut très rapide. Les forces du mal encerclèrent Jérusalem, mais Dieu intervint et un feu venu du ciel les dévora tous.
Remarque : Le camp des saints fait sans doute référence aux vainqueurs de la grande tribulation qui ont bénéficié de la première résurrection et qui constituent l'épouse du Christ.
Verset 10 : « Le diable, qui les égarait, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. »
Satan est jeté dans l'étang de feu comme cela fut le cas pour la bête et le faux prophète.
Nous avons vu dans le chapitre précédent que l'étang de feu pouvait signifier la disparition totale, le néant. Ce verset apporte une nuance importante. En effet, il est question ici de tourments, ce qui laisse supposer qu'ils ne sont pas réduits au néant, mais conscients de leur tourment. Par ailleurs, Satan, par définition, est immortel puisqu'il est au départ un ange. Il ne peut donc pas mourir, ni être réduit à néant.
Il y a de nombreuses discussions sur l'existence ou non de l'enfer. Ce verset apporte un argument en faveur de l'hypothèse de l'existence de l'enfer (étang de feu).
Verset 11 : « Je vis alors un grand trône blanc et celui qui y était assis. La terre et le ciel s'enfuirent loin de lui et l’on ne trouva plus de place pour eux. »
L'apparition de ce grand trône blanc annonce le jugement de Dieu. Est-ce celui de Dieu ou celui de Jésus-Christ ?
La terre et le ciel s'enfuirent... Ce passage semble un peu compliqué à expliquer.
Reprenons plusieurs passages dans la Bible :
Ésaïe 51 : 6 : « Levez les yeux vers le ciel et regardez en bas sur la terre ! En effet, le ciel se dissipera comme une fumée, la terre tombera en lambeaux comme un habit et ses habitants mourront comme des mouches. En revanche, mon salut durera éternellement et ma justice n'aura pas de fin. »
Luc 21 : 33 : « Le ciel et la terre disparaîtront, mais mes paroles ne disparaîtront pas. »
Hébreux 1 : 10-12 : « Et encore : C’est toi, Seigneur, qui as fondé l'univers, et les cieux sont l'œuvre de tes mains. Ils passeront, mais toi, tu restes. Tous vieilliront comme un vêtement ; comme un manteau, tu les rouleras dans un coin. Comme un vêtement, ils seront remplacés, mais toi, tu es là toujours et tes années n’ont pas de fin. »
Apocalypse 6 : 14 : « Le ciel se retira comme un livre qu'on enroule et toutes les montagnes et les îles furent écartées de leur place. »
Dans ces passages, on retient plusieurs notions :
Dans Ésaïe, le ciel disparaît ainsi que la terre, mais son salut durera éternellement. Ce texte appuie le caractère éternel du salut, tandis que la terre et le ciel ne le sont pas.
Dans Luc, la parole du Christ restera éternelle même quand la terre et le ciel disparaîtront.
Dans Hébreux, le texte souligne le caractère éternel de Dieu.
Enfin, dans Apocalypse 6 : 14, le ciel et la terre s'effacent devant Dieu.
On retrouve la même idée : le caractère éternel de Dieu et de la parole du Christ. Cette immortalité est liée au caractère spirituel, tandis que le ciel et la terre ont un caractère matériel et ne sont pas éternels.
Mais on peut aussi interpréter ce verset comme la fin de cette terre et de ce ciel, car ils vont être remplacés par une nouvelle terre et un nouveau ciel. Il ne faut pas voir cela d'un point de vue physique, mais bien sous forme symbolique, un peu comme un monde nouveau. À l'appui de cette hypothèse, la fin de ce verset : « On ne trouva plus de place pour eux » signifie que le lieu est souillé, c'est pourquoi ils (les saints et les martyrs) n'ont plus de place pour eux, il leur faut un nouveau monde.
Verset 12 : « Je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts. Un autre livre fut aussi ouvert : le livre de vie. Les morts furent jugés conformément à leurs œuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. »
Jean voit maintenant tous les morts (les grands comme les petits). Des livres sont ouverts, les livres qui contiennent les œuvres des morts, et un autre livre est également ouvert, celui de la vie. Nous comprenons qu'il s'agit là du jugement des morts, car ils sont debout devant le trône de Dieu. Ils seront jugés selon leurs œuvres (les livres) par rapport au livre de vie qui contient les noms de ceux qui seront rachetés.
Verset 13 : « La mer rendit les morts qu’elle contenait, la mort et le séjour des morts rendirent aussi leurs morts, et chacun fut jugé conformément à sa manière d’agir. »
Tous les morts, quel que soit le lieu où ils se trouvent, seront jugés selon leurs œuvres.
« À sa manière d'agir », que l'on peut aussi traduire par « selon ses œuvres ». Ce thème a ouvert de nombreuses discussions, certains s'appuyant sur « sola gratia », c'est-à-dire que le seul fait de croire en Dieu et en Jésus-Christ ressuscité pour racheter le péché des hommes suffit pour être sauvé, d'autres pensant que le salut vient uniquement des œuvres réalisées. Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet qui mérite une étude approfondie et complexe.
Citons cependant :
Apocalypse 22 : 12 : « Voici, je viens bientôt et j'apporte avec moi ma récompense pour traiter chacun conformément à son œuvre. »
Romains 2 : 6 : « Il traitera chacun conformément à ses actes. »
Matthieu 16 : 27 : « En effet, le Fils de l'homme va venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il traitera chacun conformément à sa manière d’agir. »
2 Corinthiens 5 : 10 : « En effet, il nous faudra tous comparaître devant le tribunal de Christ afin que chacun reçoive le salaire de ce qu’il aura fait, bien ou mal, alors qu’il était dans son corps. »
Verset 14 : « Puis la mort et le séjour des morts furent jetés dans l'étang de feu. L’étang de feu, c'est la seconde mort. »
La mort est vaincue, elle est jetée avec le séjour des morts dans l'étang de feu. Au verset 10 de ce chapitre, nous avons vu que Satan, la bête et le faux prophète sont jetés dans l'étang de feu et qu'ils sont soumis à des tourments pour l'éternité, ce qui laissait penser à l'existence d'un enfer. Ce verset 14 présente un mystère, car il vient en contradiction avec le verset 10. Comment la mort et le séjour des morts peuvent-ils aller en enfer ? Dans ce verset, la notion de néant qui s'appliquerait à l'étang de feu conviendrait mieux. Certes, Satan étant éternel, l'envoyer dans le néant serait un tourment pour lui, mais qu'en est-il de la bête et du faux prophète ? Le néant ne serait pas un tourment pour eux.
Verset 15 : « Tous ceux qui ne furent pas trouvés inscrits dans le livre de vie furent jetés dans l'étang de feu. »
Le livre de vie contient la liste de tous ceux qui seront rachetés. Ceux qui n'en font pas partie seront jetés dans l'étang de feu.
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