Compilation de l'étude

 





I - L'APOCALYPSE SIMPLE... à lire




Introduction :


Tout d'abord, le mot apocalypse ne signifie pas fin du monde, mais révélation. Il s'agit d'une révélation sur les événements à venir, qui a été faite par Jésus-Christ lui-même à l'apôtre Jean, alors exilé sur l'île de Patmos vers l'an 96. Il nous a fait cette révélation afin que nous ne soyons pas surpris par ce qui doit arriver mais qu'au contraire, nous puissions nous préparer à ces événements qui vont arriver et qui doivent conduire à l’avènement de Jésus-Christ.


Tout d'abord il faut comprendre que l'Apocalypse de St Jean est la révélation de l'Apocalypse qui a été faite à Daniel mais à qui Dieu lui avait demandé de le garder secret car les temps n'étaient pas encore proches. Ceci est fondamental car l'apocalypse ne peut pas être abordé sans associer les textes de l'ancien testament. Beaucoup d'images, de symboles dans l'apocalypse sont repris des textes de la genèse, de l'exode, des prophètes...bref de la bible en générale. L'ensemble est un tout et tout prend un sens à la lumière de chacun des textes.


Il y a plusieurs manière d'aborder la lecture et donc la compréhension de l'Apocalypse. Cette différence d'approche est fonction de notre culture religieuse, de nos personnalités et aussi de nos vécus. Personne ne peut affirmer détenir la vérité car ce texte est plein de mystères autant qu'il est riche en messages envoyés.


Dans cette étude, seront exposés différentes interprétations les plus courantes, laissant au lecteur le choix de se l'approprier comme il le ressent. Mais j'invite le lecteur à rester prudent, comme dans le domaine scientifique, on ne peut affirmer que lorsque l'on est totalement sûr de ce que l'on évoque. Ainsi, même si la science admet certaines lois, en physique notamment, elle insiste pour affirmer que ces lois ne sont valables que dans l'univers où elles ont été observées. De même dans la théologie, il faut rester prudent. Oui parfois certaines interprétations semblent plus logiques que d'autres mais le mystère de ce texte est tel qu'il est impossible d'affirmer avec une totale certitude que cette interprétation est la vérité.


L'objectif de cette étude est d'essayer de simplifier la lecture du texte de l'apocalypse afin de permettre au lecteur désireux de le comprendre, de pouvoir le faire avec facilité. Ce texte est en effet très complexe à lire et rempli de mystères, d'images et de messages qu'il n'est pas aisé de discerner.


Structure de l'apocalypse :


L'apocalypse est composé de 4 parties :


  1. une introduction et les lettres aux 7 églises : chapitre 1 à 3

  2. Visions de Dieu et de l'agneau : chapitres 4 à 11

  3. le jugement du monde : chapitres 12 à 21

  4. Épilogue : chapitre 22





Remarques concernant l'interprétation du livre de la révélation :


1 - l'auteur de l'apocalypse s'identifie comme Jean serviteur de Jésus-Christ, présent dans l'île de Patmos.

Mais il y a des divergences quant à l'identité de l'auteur. Certains pensent qu'il s'agit de l'apôtre et évangéliste Jean fils de Zébédé, d'autres qu'il s'agit de Jean le presbytre appelé aussi l'ancien, enfin certains historiens contestent l'origine de ces 2 auteurs. Il est impossible aujourd'hui de d’affirmer avec une totale certitude l'identité de Jean or ceci a un impact sur l'interprétation que l'on peut faire. En effet, l'apôtre Jean était un de ses plus proches disciples. Il a accompagné Jésus, Marie et les autres disciples tout au long de son ministère. Ce n'était pas le cas de Jean le presbytre.


Bien qu'il y ait discussion sur ce sujet, nous avons choisi de considérer qu'il s'agit de l'apôtre Jean qui reçoit cette révélation.


Ce choix s'explique par les motifs suivants :


    1. Ce texte est beaucoup trop important pour avoir été confié à n'importe qui, or l'apôtre Jean paraît parfaitement adapté pour cette mission. L'apôtre Jean avait une place privilégier près de Jésus-Christ, il était présent avec Pierre et Jacques le majeur lors de la transfiguration de Jésus-Christ.

    2. L'apôtre Jean a bien été exilé à Patmos,

    3. L'apôtre Jean est un des seuls apôtres a ne pas avoir été tué lors de son martyr. Selon la tradition, il a été martyrisé en étant plongé dans de l'huile bouillante, mais il en a été miraculeusement sauvé. Ce miracle doit avoir une raison car les autres apôtres n'ont pas été sauvés physiquement de leurs martyrs. Jean est ainsi le seul apôtre a avoir vécu aussi longtemps.

    4. Jean avait en charge les 7 églises dont il est question dans les lettres aux 7 églises.

    5. La plupart des exégètes retiennent Jean comme étant l'apôtre qui a écrit cette révélation.


2 - Dans le livre de la révélation, Jean utilise beaucoup de symboles. Il faut comprendre que ces symboles servent d'outils de communication. En effet, ce livre est destiné à des lecteurs du présent et du futur. Or, la signification des mots, la grammaire évolue et il y a donc un risque de mauvaise interprétation du message.

Les symboles permettent de donner un message clair car il fait appel à notre subconscient. Exemple : une arme pour l'époque de Jésus cela est généralement une épée, à partir du 17 ème siècle c'est un fusil, aujourd'hui on parle de drone, de missiles. Parler d'un arc comme une arme peut nous paraître désuet aujourd'hui sauf si on la prend au sens symbolique.

Un symbole lui, traverse le temps, Exemple : ce panneau


Même si on ne connaît pas le code de la route, on comprend qu'il s'agit d'un parent qui tient la main d'un enfant. La couleur rouge évoque un danger. Le fait qu'un adulte tient l'enfant par la main évoque une attention particulière de l'adulte envers l'enfant. Ainsi, ce symbole permet de véhiculer un concept à travers le temps: « faites attention aux enfants ».


La symbolique est donc très importante à connaître pour comprendre le livre de la révélation. Il n'est pas possible d'interpréter l'apocalypse sans tenir compte de ces images et symboles et l'erreur serait d'interpréter littéralement ces images sans en comprendre leurs objectifs. Par exemple : l'arc ne doit pas être compris comme un morceau de bois avec une corde pour tirer une flèche mais comme une arme, une action de combat ou de guerre.


3- Il est important de comprendre à qui était destiné ce livre. Pour cela il faut d'abord tenir compte de l'aspect temporel qui vont générer différentes approches.

  • Certains pensent que la révélation est destinée aux premiers chrétiens afin de supporter les persécutions romaines qu'ils vivent, donnant une approche historique à ce texte,

  • d'autres pensent que cette révélation concernent les chrétiens des derniers temps et accorde ainsi une approche prophétique à ce texte,

  • enfin on peut aussi penser que ce texte est destiné à tous les hommes, de tout temps et donc aborder ce texte avec une approche symbolique afin d'en tirer des enseignements.

Ce livre est destinés aux chrétiens bien sûr, mais aussi aux juifs et même on peut l'étendre à toute les populations. Dieu souhaite en effet qu'il y ait un maximum d'hommes qui soient sauvés, il ne concerne pas que les chrétiens.


Ces dimensions doivent être prises en compte dans l'interprétation de ce livre.



PLAN GENERAL



Chapitre 1 :

  • Introduction

  • Salutation aux 7 églises

  • Jean a une vision du Christ

Chapitre 2 : messages adressés à l'église :

  • d'Ephèse

  • de Smyrne

  • de Pergame

  • de Thyatire

Chapitre 3 : messages adressés à l'église :

  • de Sardes

  • de Philadelphie

  • de Laodicée

Chapitre 4 : L'adoration dans le ciel


Chapitre 5 : Le livre et l'Agneau


Chapitre 6: Les sceaux


Chapitre 7 :


  • Les 144 000 et le sceau de Dieu

  • La foule immense provenant de partout

Chapitre 8 :

  • Le 7ème sceau

  • Les trompettes

Chapitre 9 : les trompettes (suite)


Chapitre 10 : L'ange et le petit livre


Chapitre 11 :


  • Les 2 témoins

  • La 7ème trompette.

Chapitre 12 : La femme et le dragon


Chapitre 13 : Les 2 bêtes



Chapitre 14 :


  • Le cantique des rachetés,

  • Les 3 anges,

  • Moissons et vendanges de la Terre,

Chapitre 15 : Les anges et les derniers fléaux


Chapitre 16 : Les coupes de la colère de Dieu


Chapitre 17 : La grande prostituée


Chapitre 18 : La chute de Babylone la grande


Chapitre 19 :


  • le repas des noces de l'Agneau

  • le cavalier monté sur un cheval blanc

Chapitre 20 :


  • le millénium,

  • la défaite de Satan,

  • le jugement dernier

Chapitre 21 :


  • Le nouveau ciel et la nouvelle Terre,

  • La nouvelle Jérusalem,

Chapitre 22 :


  • La venue de Jésus-Christ

  • Conclusions




CHAPITRE 1



Dans ce chapitre, Jean va rencontrer Jésus-Christ qui va lui faire une révélation. Jésus-Christ demande à Jean d'écrire une lettre à 7 églises en particulier.



Verset 1 : Révélation de Jésus-Christ. Dieu la lui a donnée pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt et l’a fait connaître en envoyant son ange à son serviteur Jean ".


Trois éléments sont à noter dans ce verset :


  1. Il s'agit d'une révélation faite par Jésus-Christ lui-même. Cela montre l'importance de cette révélation car elle est faite par Jésus-Christ et non par un prophète quelconque. Jésus-Christ est le fils de Dieu, ce qu'il dit est vrais et ses paroles sont très importantes. Dieu a donné à Jésus Christ cette révélation, ce qui signifie que Dieu révèle aux hommes ce qui va se passer par l'intermédiaire de Jésus qui est son messager. Pour rappel Jésus a dit Mathieu 24 verset 36 : " Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul",


  1. L'objectif de cette révélation est donné : Jésus-Christ veut dévoiler à ses serviteurs (les croyants fidèles) ce qui va bientôt se passer.


  1. Jésus-Christ fait cette révélation par l'intermédiaire de son ange à son serviteur l'Apôtre Jean qui était son disciple préféré. Jean a une place très importante dans le nouveau testament. Il est également noté " son ange " ce qui donne un caractère affectif et prépondérant dans le message qu'il adresse. Il ne prend pas le premier ange venu et il n'adresse pas cette révélation à un quelconque prophète. Il faut remarquer cependant que Jean ne fait pas état du fait qu'il était l'apôtre préféré de Jésus comme cela est écrit dans l'évangile de St Jean. Bien que cette préférence puisse être simplement une erreur de copie où la volonté du copiste de donner plus d'importance à son travail.


L'idée générale de ce verset est donc que la révélation a un caractère très important et vrais.


Remarque : certains exégètes s'appuient sur le mot " Bientôt " pour dire que les événements qui sont décrits concernent l'avenir proche des premiers chrétiens. D'ailleurs beaucoup d'entre eux étaient persuadés que Jésus-Christ allait revenir très prochainement.


Autre remarque :

Les catholiques pensent que l'ange n'est autre que la vierge Marie. Ils s'appuient pour cela sur une erreur de traduction qui serait faite sur le mot « aggelos » qu'il faut traduire par messager et non ange. Rien ne l'interdit, mais rien ne l'indique non plus. Jean parle effectivement d'un ange comme étant « son » ange donc ici « son » messager. Il est vrais que Jésus-Christ a dit qu'il ne reviendra que pour juger les vivants et les morts mais il ne nous a pas abandonné pour autant. La vierge Marie a servi et sert encore de messager entre Jésus-Christ et les hommes. Mais à cela on peut objecter que si Jean l'apôtre est l'auteur de l'apocalypse, il connaissait bien Marie, aussi on peut se poser la question pourquoi ne la nomme-t-il pas? Cela aurait donné encore plus de poids à cette révélation.


Cette interprétation amène beaucoup de commentaires qui devront être traités à part.



Verset 2 : Celui-ci l’a attesté, tout ce qu’il a vu est la parole de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ ".


Jean atteste, certifie , que la révélation est la parole de Dieu et que ce qui va suivre est le témoignage de Jésus Christ. On ne peut donc pas remettre en question ce témoignage, il a valeur de vérité absolue.



Verset 3 : Heureux celui qui lit et ceux qui écoutent les paroles de la prophétie et gardent ce qui s’y trouve écrit, car le moment est proche ! "


Beaucoup perçoivent cette révélation comme l'annonce d'un malheur, le mot apocalypse étant souvent pris à tord par désastre, fin du monde, catastrophe.

Jésus lui nous interpelle par  : " Heureux " : ce message ne doit donc pas être pris comme une mise en garde en sous entendant " malheur " à celui qui n'écoute pas cette révélation. Au contraire, c'est un message d'espoir, de bonheur de joie qu'il nous annonce.

Il s'agit d'une invitation à lire et écouter cette parole de Dieu.

Mais, il nous dit aussi " gardent ce qui s'y trouve écrit " c'est à dire heureux ceux qui traduisent en eux cette parole. Jésus ne nous demande pas seulement de prendre connaissance de cette révélation, il nous demande de garder ces paroles, de les mettre en acte, d'intégrer cette révélation dans nos œuvres, dans nos pensées.

" car le moment est proche " : tout au long de l'histoire du christianisme, beaucoup de chrétiens étaient persuadés que le retour de Jésus Christ était imminent. Encore aujourd'hui beaucoup de chrétiens sont convaincus de l'avènement très proche de Jésus. Il s'est pourtant passé 2 000 ans depuis l'ascension de Jésus-Christ sans qu'il soit encore revenu. Peut importe si cet avènement a lieu demain ou dans un temps plus long, quand Jésus nous dit " car le moment est proche " c'est pour nous inviter à nous préparer. Ne soyons pas comme cette sottes femmes qui attendent le retour du maître, leur lampe sans huile (l'huile représente la foi). Nul excepté Dieu ne connaît l'heure mais nous devons vivre comme si c'était la prochaine heure.


Verset 4 : De la part de Jean aux sept Eglises qui sont en Asie : que la grâce et la paix vous soient données de la part de [Dieu, ] celui qui est, qui était et qui vient, de la part des sept esprits qui sont devant son trône "


Ce verset commence comme toutes les lettres que l'on retrouve dans le nouveau testament :  exemple dans la lettre aux éphésiens, verset 1 Paul commence ainsi De la part de Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, aux saints qui sont [à Ephèse] et qui sont fidèles en Jésus-Christ : et verset 2 : que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ !


On retrouve dans ce verset 4 le même style de salutation qui commence par décrire l'auteur de la lettre : Jean, qui l'envoie : " de la part des 7 esprits.. " qui légitime sa lettre et un message de paix donné par Dieu lui même. C'est le style utilisé par les Grecs pour commencer une lettre.

Ici, Jean s'adresse donc à ces 7 églises d'Asie en se présentant. On remarquera au passage qu'il ne s'identifie pas comme le fait Paul en tant que « apôtre ». Puis, il annonce un message de paix comme dans les lettres. Il se distingue en évoquant : " de la part de Dieu et aussi de la part des 7 esprits qui sont devant le trône ".

" De la part de Dieu " implique qu'il s'agit d'un message divin. Ce n'est pas une simple lettre ce qui explique peut-être que Jean ne se présente pas en tant que apôtre pour s'effacer devant Dieu.

Ce message divin est appuyé par " celui qui est, qui était et qui vient " Dieu était ainsi nommé dans l'ancien testament car on ne prononçait pas son nom.


Il mentionne également les 7 esprits. On peut se demander qui sont ces " 7 esprits devant son trône " ?

=> 7 est un nombre important dans la bible, il signifie " perfection ", " puissance ".

En parlant des 7 esprits, Jean fait référence à la toute puissance de Dieu, c'est à dire au Saint Esprit.


Nous avons donc un message divin et puissant qui s'adresse aux 7 églises en Asie.

On peut s'interroger sur la raison de s'adresser aux églises qui sont en Asie . En effet pourquoi l'Asie et pas les églises de Rome ou de Grèce ou autres ?

D'abord, ces 7 églises d'Asie ont réellement existé. Elles représentaient l'espoir d'une conversion réussie chez les païens hors de l'empire romain et elles étaient très florissantes.

Mais, nous verrons par la suite que ces 7 églises peuvent avoir aussi une autre représentation à savoir l'histoire de l’église du Christ en général.


Verset 5 : et de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-né d'entre les morts et le chef des rois de la terre ! A celui qui nous aime, qui nous a lavés de nos péchés par son sang ".


Le message de Jean fait aussi référence à Jésus Christ. Nous retrouvons donc en continuité du verset 4, la trinité : Dieu, l'Esprit Saint et Jésus Christ. Jésus à qui Jean donne 3 titres : il est le témoin fidèle de Dieu, il est aussi le premier ressuscité d'entre les morts, il est donc vainqueur de la mort et il a le pouvoir sur tous les hommes car il est " le chef de tous les rois de la terre ". Enfin Jean revient sur l'amour de Jésus qui a donné sa vie pour nous laver de nos péchés. Il est plus qu'un martyr, il est le rédempteur.


Verset 6 : " et qui a fait de nous un royaume, des prêtres pour Dieu son Père, à lui soient la gloire et la domination aux siècles des siècles ! Amen ! "


Jean dit que Jésus a fait de nous un royaume. Un royaume est un ensemble d'éléments (ici les chrétiens) avec un roi (Jésus-Christ) qui nous a fait. Sans lui nous ne serions pas ce que nous sommes. Il y a derrière cette parole une notion d'unité. Unité des chrétiens derrière un roi. Hélas cette unité n'est pas toujours respectée par les chrétiens.

Il parle aussi de prêtres pour Dieu son Père. Cela remet en place la vrais fonction des chrétiens : être des prêtres de Dieu, c'est à dire des sacrificateurs. Le prêtre à cette époque était le seul à pouvoir accéder au lieu très saints dans le temple de Jérusalem, là où Dieu était présent. En faisant de nous des sacrificateurs, il nous permet d'accéder également au lieu très saint. Il réaffirme aussi le rôle des chrétiens qui est d'évangéliser et de respecter la parole de Dieu qui s'est exprimé à travers Jésus-Christ.

Le verset se termine par une glorification de Dieu qui rappelle que Dieu est tout puissant et ce pour l'éternité car des siècles et des siècles signifie l'éternité.


Verset 7 : " Le voici qui vient avec les nuées. Tout? il le verra, même ceux qui l'ont transpercé, et toutes les familles de la terre pleureront amèrement sur lui. Oui. Amen ! "


Jean nous annonce la bonne nouvelle : Jésus-Christ va revenir. Il est monté aux cieux 40 jours après sa résurrection et il va revenir des cieux, car il vient " avec les nuées ". Puis Jean ajoute que " tout? il le verra, même ceux qui l'ont transpercé ". Zacharie 12 : 10 annonçait déjà cette nouvelle dans la parole de Dieu : " Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils regarderont à moi qu'ils ont percé. "

Daniel a également une vision en 7 : 13 : " Pendant que je regardais dans mes visions nocturnes, quelqu'un qui ressemblait à un fils de l'homme est venu avec les nuées du ciel. Il s'est avancé vers l'Ancien des jours, et on l’a fait approcher de lui. ".

Mais tandis que Daniel est seul à voir Jésus, Jean ajoute ce détail : " tout ?il le verra.. " ce qui signifie que tout le monde verra Jésus Christ. Ce point est important dans ce qui va suivre dans les prochains chapitres et la chronologie des événements.

Et enfin, plus loin, toujours dans Zacharie comme dans la vision de Jean : " ils mèneront deuil sur lui comme on mène deuil sur un fils unique... ", où l'on retrouve le fait que toutes les familles de la terre pleureront amèrement sur lui.

Remarque : ce dernier passage signifie que tous les hommes alors en vie verront physiquement Jésus et pleureront amèrement, ce qui peut se traduire par : lorsque Jésus reviendra, les hommes regretteront de ne pas avoir cru en lui. On peut également penser que les hommes pleureront car l'église du Christ ayant été enlevée, ceux qui seront restés ressentirons la douleur de leur proches perdus.

Ce point est très important dans l'établissement de la chronologie des événements à venir, car il faut retenir logiquement que seuls seront vivants, au moment de la venue du Christ, ceux qui ont refusé le Christ, ce qui confirme que l'épouse du Christ (son église) aura été enlevée. Les fidèles en Christ ne seront plus là, les martyrs non plus car ils n'auront pas à pleurer amèrement. Nous verrons cela au chapitre 19.

Puis, comme pour mieux appuyer ce que Jean vient d'annoncer, il termine ce verset par " oui " et " amen ", c'est-à-dire " ainsi soit-il ! " ou " ainsi est la volonté de Dieu ".


Remarque : si cette révélation a pour objectif de nous préparer à ces événements, nous devons aussi préparer tous ceux qui nous entourent car ceux qui resteront non seulement affronterons la grande tribulation, mais il auront aussi perdu leurs proches qui ont été enlevés par le Christ. Il faudra donc les rassurer afin qu'ils comprennent que cet enlèvement est un bonheur infini.


Verset 8 : " Je suis l'Alpha et l'Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant. 


L'alpha et l'omega sont les premières et dernières lettre de l'alphabet grec, cela signifie le commencement et la fin. Jean ajoute " celui qui est, qui était et qui vient " c'est ainsi que Dieu se fait appeler.

Ce verset 8 appuie le fait que c'est Dieu lui-même qui transmet cette révélation par l'intermédiaire de Jésus-Christ. Il sert à confirmer l'exactitude de cette révélation et qu'elle va se réaliser.


Verset 9 : " Moi Jean, votre frère et votre compagnon dans la persécution, le royaume et la persévérance en Jésus-Christ, j'étais dans l'île appelée Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus-Christ. "


Jean se présente, il est notre frère et notre compagnon dans la persécution. On voit toute l'humilité de Jean qui ne se met pas au dessus des autres. Il partage aussi les souffrances des autres chrétiens. Il précise qu'il se trouve dans l'île de Patmos qui est une île en Grèce. Jean a en effet été persécuté et condamné à l'exil sur cette île du temps de l'empereur Domitien parce qu’il a partagé la parole du Christ, autrement dit qu'il répandait la parole du Christ.


Verset 10 : " Je fus saisi par l'Esprit le jour du Seigneur et j'entendis derrière moi une voix forte comme le son d'une trompette. ".


Jean précise le jour de cette révélation qui lui a été transmise. Il s'agit du jour du seigneur. Vraisemblablement c'était un dimanche sinon il aurait utilisé le terme " Sabbat ". Il y avait en effet à cette époque de grandes discussions sur le maintien du Sabbat ou non tandis que les premiers chrétiens célébrait aussi la résurrection du Christ le Dimanche qui est donc le jour du seigneur.

Jean a été surpris par une voix forte comme une trompette. La trompette exprime la puissance du message, la voix forte celle de la parole.


Verset 11 : Elle disait : " Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Eglises : à Ephèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie et à Laodicée. "


La voix ordonne à Jean d'écrire ce qu'il va voir et de l'envoyer aux sept églises.

Cette voix c'est celle de Jésus-Christ.

Pour rappel, Jean au verset 4 s'adresse à ces 7 églises qui sont en Asie.

D'un point de vue historique, l'archéologie confirme l'existence de ces lieux comme Ephèse dont certains historiens doutaient de l'existence. Ces églises ont donc réellement existé mais elle ont toutes disparue.



Verset 12 : " Je me retournai pour savoir quelle était la voix qui me parlait. M’étant donc retourné, je vis sept chandeliers d'or, "

et Verset 13 : et au milieu des [sept] chandeliers quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme. Il était habillé d'une longue robe et portait une écharpe en or sur la poitrine.


Les 2 versets sont traités ensemble car le verset 13 est une continuité du verset 12.

Ici, Jean nous décrit ce qu'il voit en se retournant : sept chandeliers. Ces 7 chandeliers représentent la présence de Dieu. En effet, Dieu a demandé à Moïse de réaliser un chandelier en or à sept branches qui avait pour but d'apporter la lumière dans le tabernacle. Sept est le nombre de la perfection en symbolique biblique. Au milieu de ce chandelier, Jean voit quelqu'un qui ressemble à un fils d'homme, habillé d'une longue robe et une écharpe en or sur la poitrine. La longue robe symbolise la sagesse et l'écharpe d'or sur la poitrine la puissance.

Pas de doute, il s'agit de Jésus christ.

Cette image des 7 chandeliers avec au milieu quelqu'un qui ressemble au fils de l'homme, symbolise Jésus-Christ en présence de Dieu.


Verset 14 : " Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige. Ses yeux étaient comme une flamme de feu, "


Dans cette description de Jésus il y a plusieurs symboles :


1 - les cheveux blanc comme la laine blanche. Certains voient dans cette image la pureté. Mais on peut aussi le voir comme dans Daniel 7:9 où l'ancien des jours (Jésus) est décrit avec des cheveux blancs symbole de l'expérience mais aussi de l'éternité.

2 - Ses yeux comme une flamme de feu : c'est la puissance purificatrice du feu mais aussi la vision qui transperce.


Verset 15 : ses pieds étaient semblables à du bronze ardent, comme s’ils avaient été embrasés dans une fournaise, et sa voix ressemblait au bruit de grandes eaux. "


Le bronze appelé aussi airain, était un métal noble désigné sous le nom " Chalcolibanon " ou bronze venu du Liban traduit aussi par bronze ardent selon les versions de la bible.

Les pieds sont associés à la marche, au témoignage de Jésus. Le fait qu'ils soient ardents signifie que le message est brûlant.

Nous verrons plus loin une vision similaire de Jésus-Christ au chapitre 10 verset 1 où ses pieds étaient comme 2 colonnes de feu symbolisant les colonnes qui conduisaient le peuple juif au moment de l'Exode.

Sa voix sont comme de grandes eaux car les grandes eaux sont puissantes. Ezechiel 43:2 et 1:24 utilise cette expression pour décrire la voix de Dieu. Cette analogie nous rappelle que Jésus parle au nom de son Père.


Verset 16 : " Il tenait dans sa main droite sept étoiles, de sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchants et son visage était comme le soleil lorsqu'il brille dans toute sa force ".


On retrouve encore le nombre 7. Les étoiles sont généralement associées aux anges. Le fait que Jésus tienne ces 7 étoiles dans sa main droite signifie qu'il a autorité sur les anges car la main droite est le signe du pouvoir. Du temps des roi, on parlait de la main du roi, c'était un homme à qui le roi confiait son autorité.


Remarque : certains en ont déduit que Jésus était l'archange St Michel. Cette interprétation a donné lieu et donne encore à beaucoup de discussions...


L'épée qui sort de sa bouche exprime la puissance de sa parole. Elle est à double tranchant pour évoquer toute la puissance de sa parole.

Son visage était comme le soleil. Cette image est reprise plusieurs fois dans la bible, notamment au moment de la transfiguration de Jésus (Mathieu 17:2). Pour beaucoup, c'est l'image de la pureté, de la magnificence et de la gloire de Jésus-Christ. On peut y voir aussi la proximité de Dieu avec Jésus-Christ comme se fut aussi le cas de Moïse lorsqu'il descend avec les tables de la loi et que sa tête est illuminée après avoir été proche de Dieu.


Verset 17 : Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa alors sa main droite sur moi en disant : " N'aie pas peur. Je suis le premier et le dernier,


A la vue de Jésus, Jean tombe à ses pieds comme mort, sans doute effrayé. Pourtant, Jean a connu et vécu avec Jésus, mais là ce n'est plus l'homme mais le fils de Dieu dans toute sa gloire qui est devant lui.

Cette frayeur se retrouve dans toutes les apparitions célestes auprès des hommes que ce soit celle d'un ange, de Jésus-Christ, de Dieu, ou de la vierge Marie. Ceci est compréhensible car ces manifestations sont extraordinaires, il est donc logique que ceux qui y assistent soient effrayés.

Jésus pose sa main droite sur Jean. La main droite représente la puissance et elle est là pour rassurer Jean. Il faut remarquer cette différence avec les apparitions des anges qui se contentent de dire " n'aie pas peur  ou ne sois pas effrayé...", Jésus lui a un geste affectif en posant sa main sur Jean.

Jésus en se présentant comme le premier et le dernier fait une analogie avec son Père : " celui qui était, qui est, et qui vient ", il est est l'alpha et l'omega comme pour montrer à Jean qu'il dispose d'un pouvoir considérable.


Verset 18 : le vivant. J'étais mort et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts.


Jésus précise à Jean qu'il était le vivant, c'est à dire l'homme qu'il a connu. Mais il rappelle à Jean qu'il était mort et qu'il est maintenant vivant pour l'éternité. Jésus rajoute qu'il a vaincu la mort car il détient les clés de la mort et du séjour des morts. C'est par son sacrifice que Jésus a vaincu la mort.


Verset 19 : Ecris donc ce que tu as vu, ce qui est et ce qui doit arriver ensuite. "


Jésus demande à Jean d'écrire ce qu'il a vu, ce qui se passe et ce qui va arriver. On retrouve ici l'analogie : " qui était, qui est et qui vient " mais ce qu'il faut retenir c'est que Jésus avec force, déclare " ce qui doit ". Ce n'est pas comme une simple vision d'un prophète ou d'un " devin ". ce verbe " doit " implique qu'il n'y a pas de doute à avoir. Cela va se passer !


Verset 20 : Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite et des sept chandeliers d'or, le voici : les sept étoiles sont les anges des sept Eglises et les sept chandeliers sont les sept Eglises. "


Jésus explique le mystère des sept étoiles. Ces 7 étoiles sont les anges des 7 églises. Certains voient dans les anges : les pasteurs, évêques ou autres hautes fonctions de ces églises. Cela paraît peu vraisemblable car à cet époque dans les églises apostoliques, il n'y avait pas de fonctions de gouvernement dans ces églises.


Il est plus logique de penser que ces anges doivent être pris dans leur sens naturel que l'on voit dans la bible. Les églises auraient ainsi des anges gardiens.


Cependant, si l'on retient cette logique, toutes les églises devraient également avoir un ange. Or Jésus ne parle que de ces 7 églises (7 chandeliers) et des 7 églises qui sont en Asie.


Il y a donc une dimension supérieure à accorder à ces 7 églises. Ce ne sont pas juste 7 églises en Asie, ce sont les 7 églises que détient Jésus dans sa main avec chacune un ange.


De plus Jean utilise l'article défini LES (les anges) et LES (les 7 églises). Dans les différentes versions de la bible ont retrouve bien cet article défini. Il ne s'agit donc pas de n'importe quelles églises. Elles ont été choisies pour une raison.


Si dans le cas où toutes les églises n'ont pas un ange alors c'est que dans le cas de ces 7 églises ils ont un rôle ou représentent quelque chose de particulier.






CHAPITRE 2



Dans ce chapitre, Jean reçoit les instructions de Jésus-Christ pour rédiger une lettre aux 7 églises d'Asie.


On peut remarquer que ces lettres respectent un plan et une forme relativement identiques. On retrouve :


1. Une présentation de notre Seigneur Jésus-Christ,

2. Une déclaration commune aux lettres qui souligne le fait que rien n'est caché à Jésus-Christ,

3. Une analyse des qualités de chacune des églises, à l'exception de celle de Laodicée,

4. Une liste de reproches faite à chacune d'elles, sauf pour celles de Smyrne et de Philadelphie,

5. Une exhortation et un encouragement afin que les membres de l'église remédient à leurs défauts et réforment ce qui doit l'être,

6. Une promesse aux vainqueurs,

7. Une mise en garde : " Que celui qui a des oreilles écoute... ", mise en garde que l'on retrouve souvent dans les paroles de Jésus-Christ dans les évangiles.


Nous allons reprendre chacune de ces lettres.



LE MESSAGE ADRESSE A L'EGLISE D'EPHESE :



Remarques :


A mettre au conditionnel : Ephèse est une église où Jean est allé prêcher et selon des écrits apocryphes, il aurait recueilli Marie après la destruction du temple de Jérusalem,. Puis, il serait retourné à Ephèse après la mort de l'empereur Domitien, marquant la fin de son exil. Il y serait enterré, bien qu'on n'ait jamais retrouvé son tombeau. Des écrits relatent que Jean aurait été enlevé au ciel à Ephèse.


Ce qui est certain, c'est qu’Ephèse a réellement existé ; des fouilles archéologiques ont mis en évidence une grande ville de 100 000 habitants. Enfin, l’Epître de saint Paul aux éphésiens prouve l'existence de cette église.


Verset 1 : " Ecris à l'ange de l'église d'Ephèse : ‘Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d'or :’ "


Nous avons vu que Jésus a demandé à Jean d'écrire 7 lettres à 7 églises d'Asie. La première est pour Ephèse.


Jésus demande à Jean d'écrire à l'ange de l'église. La question qui se pose est : qui est cet ange ? Nous avons posé la même question dans le chapitre 1, verset 20. Notamment, l'usage de l’article défini : " les " 7 anges et " les " 7 églises, laissant supposer qu'il n'y a pas d'autres églises. Or, à cette époque, il y avait bien d'autres églises : Corinthe, Rome, Jérusalem... Nous n'avons pas de réponse.


Verset 2 : " Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance. Je sais que tu ne peux pas supporter les méchants. Tu as mis à l’épreuve ceux qui se prétendent apôtres sans l’être, et tu les as trouvés menteurs. "


Verset 3 : " Oui, tu as de la persévérance, tu as souffert à cause de mon nom et tu ne t'es pas lassé. "


Le verset 3 complète le verset 2, et l'on peut donc les prendre ensemble. Dans ces deux versets, Jésus complimente l’église d’Ephèse. Notons que Jésus-Christ, qui sonde les cœurs et les reins, connaît la situation. Les compliments sont importants ; il connaît les souffrances, le travail que l'on peut traduire aussi par peine, et que malgré cela, l’église ne s'est pas lassée ; elle a persévéré, ce que l'on peut traduire par " tu ne t'es pas détourné de moi " ou par "tu ne m'as pas abandonné".


Verset 4 : " Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier amour. "


Jésus-Christ reproche à cette église d'avoir abandonné son premier amour. Ce reproche peut paraître surprenant alors qu'au verset précédent, il la félicite, au contraire, de ne pas l'avoir abandonné. Quel est donc ce premier amour qu'Ephèse a abandonné ?


Selon les exégètes, il y a généralement deux interprétations admises :

L'une est l'abandon de l'amour de Dieu.

L'autre est l'abandon de l'amour du prochain.

Les deux sont en fait intimement liés, puisque Jésus-Christ a défini comme premier commandement : " Tu aimeras Dieu... " et comme second : " Tu aimeras ton prochain... ".


Cependant, il faut rappeler que les premiers chrétiens vivaient en communauté. Ils partageaient tout entre eux grâce à l'amour de Dieu et de son prochain dans une communion de vie. Ces communautés ont périclité, car les hommes restent des hommes, avec leurs désirs, leurs jalousies,... et c'est peut-être aussi cela que Jésus-Christ leur reproche : d'avoir abandonné ces amours qu'ils vivaient dans ces communautés.


Verset 5 : " Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi et pratique tes premières oeuvres. Sinon, je viendrai [bientôt] à toi et j'enlèverai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne changes d’attitude. "


Jésus-Christ exhorte l'église d'Ephèse au repentir et à reprendre ce qu'elle avait entrepris, et il met en garde cette église de la faire disparaître : " J'enlèverai ton chandelier " si elle ne change pas.


On notera que cette église a réellement disparu, tout comme la ville d'Ephèse, d'ailleurs.


Verset 6 : " Cependant, tu as ceci pour toi : tu détestes les œuvres des Nicolaïtes, tout comme je les déteste, moi aussi. "


Puis Jésus-Christ, dans cette lettre, encourage l'église d'Ephèse en mettant en avant ses forces : elle déteste les Nicolaïtes comme Jésus-Christ les déteste. Les Nicolaïtes étaient une secte chrétienne qualifiée d'hérétique, car selon leur doctrine de la liberté, ils pouvaient manger les viandes sacrifiées aux autres dieux (Balaam en particulier) et pratiquer des actes immoraux.


Remarque : l'acte de manger les animaux sacrifiés à d'autres dieux a été un point particulièrement discuté par les premiers chrétiens. Certains préconisaient que c'était un péché en référence à l'Ancien Testament, mais d'autres affirmaient que puisque ces dieux n’existent pas, ce n'était que de la viande et qu'ils avaient tort de s'en priver, surtout quand ils étaient en manque de nourriture.


Verset 7 : " Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux églises : Au vainqueur, je donnerai à manger du fruit de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu. "


On retrouve ici une formule classique qui a valeur d'avertissement pour tous, et que l'on retrouve dans beaucoup de paroles de Jésus-Christ dans les évangiles. Mais il faut remarquer que dans cette formule, Jésus-Christ précise " écoute ce que l'Esprit dit... ". C'est une manière de donner encore plus de poids, car c'est la parole de l'Esprit qui est rapportée, pas seulement celle de Jésus-Christ. Et puis Jésus-Christ ne dit pas " à cette église ", mais " aux églises ", ce qui donne une valeur plus générale à cet avertissement.


Enfin, Jésus-Christ fait une merveilleuse promesse : au vainqueur, c'est-à-dire à ceux qui resteront fidèles à la parole de Dieu, il donnera à manger de l'arbre de vie, autrement dit la vie éternelle, et précise même dans quel lieu : au paradis.




LE MESSAGE A L'EGLISE DE SMYRNE


Verset 8 : " Écris à l'ange de l'église de Smyrne : ‘Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort et qui est revenu à la vie :' "


Ici encore, Jésus-Christ se présente comme l'alpha et l'oméga et complète en disant celui qui était mort et qui a ressuscité afin de montrer l'importance du message qu'il va délivrer.


Verset 9 : " Je connais [tes œuvres,] ta détresse et ta pauvreté – et pourtant tu es riche – ainsi que les calomnies de ceux qui se disent juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. "


Dans cette lettre, Jésus-Christ commence par dire : " Je connais ta détresse et ta pauvreté ", signe de la compassion qu'il éprouve à l'égard de cette église. Mais il dit ensuite : " Pourtant, tu es riche ", car si elle est pauvre en richesses terrestres et qu'elle est affligée, elle est riche au sens spirituel. Jésus-Christ fait aussi état des calomnies de certains qui se disent juifs, car il ne suffit pas de naître juif ; ils ne le sont pas dans leur cœur, ils ont renié Jésus. Il les accuse d'être des synagogues de Satan, ce qui est une accusation forte pour ceux qui pensent être les élus, seuls dignes d'aller dans le temple de Dieu. On retrouve ici les mêmes reproches que Jésus-Christ faisait de son vivant à l'égard des pharisiens et des prêtres.


Verset 10 :" Ne redoute pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable va jeter quelques-uns d’entre vous en prison afin que vous soyez mis à l'épreuve, et vous aurez dix jours de détresse. Sois fidèle jusqu'à la mort et je te donnerai la couronne de vie. "


Jésus-Christ rassure l'église, il lui dit qu'elle va souffrir, car Satan va les persécuter par l'intermédiaire des autorités. Certains vont être mis à l'épreuve et ils auront dix jours de détresse. Le chiffre 10, en symbole biblique, signifie la loi ou le tout (comme les dix doigts de la main), ce qui peut se traduire par " ils auront des jours de détresse conformément à la loi des autorités ". Mais Jésus-Christ leur fait une magnifique promesse. S'ils sont fidèles jusqu'à la mort, il leur donnera une couronne de vie, autrement dit, ils auront la vie éternelle.


Verset 11 : " Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux églises : Le vainqueur n'aura pas à souffrir de la seconde mort. "


Jésus-Christ, comme au verset 7, termine par la même formule d'avertissement : " écoute ce que l'Esprit dit aux églises ". Et comme au verset précédent, il réitère sa promesse de vie éternelle, mais il donne une précision que nous retrouverons plus loin : " Le vainqueur n'aura pas à souffrir de la seconde mort. " c'est à dire qu'ils feront partie de la première résurrection.




LE MESSAGE ADRESSE A L'EGLISE DE PERGAME


Verset 12 : " écris à l'ange de l'église de Pergame : ‘Voici ce que dit celui qui tient l'épée aiguë à deux tranchants :’ "


Comme dans ces deux lettres précédentes, Jésus-Christ demande à Jean d'écrire à l'ange de l’église. Dans cette lettre, il se présente comme celui qui tient l’épée aiguë à deux tranchants. On comprend tout de suite que Jésus-Christ ne vient pas féliciter cette église, mais qu'au contraire, il vient exercer sa justice. L'épée est en effet l'arme symbole de force, et elle est de plus aiguë et à deux tranchants, ce qui renforce le symbole de puissance.


Verset 13 : " Je connais [tes œuvres et] l’endroit où tu es établi : là se trouve le trône de Satan. Tu es fermement attaché à mon nom et tu n'as pas renié la foi en moi, même durant les jours où Antipas, mon témoin fidèle, a été mis à mort chez vous, là où Satan est établi. "


Pergame était une ville très développée. Il y avait là le sanctuaire d'Esculape (célèbre médecin) qui avait pour symbole le serpent, mais où le culte de l'empereur et de Rome avait été établi avec l'élévation d'un temple en 29 avant J.-C. Jésus-Christ commence par reconnaître que cette église est restée attachée à son nom, malgré le fait qu'elle se soit installée dans un lieu dominé par Satan et qu'elle n'ait pas renié sa foi, même lorsque " Antipas " a été martyrisé.


Verset 14 : " Mais j'ai certaines choses contre toi : tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à tendre un piège aux Israélites pour qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et se livrent à l’immoralité sexuelle. "


Jésus-Christ adresse des reproches à l'église de Pergame. Certains se livrent au culte de Balaam. Balaam, dans la partie ancien Testament, était un dieu vénéré par les païens, et Dieu avait mis en garde les Juifs contre les dangers qu'ils couraient à fréquenter ceux qui vénèrent ce faux dieu. Balaam représente tout ce que Dieu déteste. Le reproche est donc très grand.


Verset 15 :" Ainsi, toi aussi, tu as des gens attachés de la même manière à la doctrine des Nicolaïtes. "


Jésus-Christ continue dans ses reproches, car certains d'entre eux sont attachés à la doctrine des Nicolaïtes (voir verset 6).


Verset 16 : " Repens-toi donc, sinon je viendrai bientôt à toi et je les combattrai avec l'épée de ma bouche. "


Jésus-Christ demande aux chrétiens de cette église de se repentir, car sinon il reviendra les combattre avec sa parole. L'épée de sa bouche signifie la parole du Christ. Or cette parole est puissante, elle commande toute chose, c'est donc une menace sérieuse.


Verset 17 : " Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux églises : Au vainqueur, je donnerai [à manger] de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc. Sur ce caillou est écrit un nom nouveau que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit. "


Ce verset débute comme les versets terminant les lettres précédentes. La suite est différente. Comme dans les autres lettres, Jésus-Christ fait une autre promesse au vainqueur, mais il existe plusieurs interprétations différentes concernant ces promesses.

La manne : Il faut d'abord remarquer que dans cette lettre, Jésus-Christ reproche le fait que certains mangent des viandes sacrifiées. La manne, qui a été la réponse de Dieu lorsque les Juifs avaient faim dans le désert, prend alors tout son sens. Jésus-Christ propose une autre nourriture que des viandes sacrifiées : aux vainqueurs, il propose la manne, mais pas n'importe laquelle, la manne cachée. Elle est donc particulière, cette manne, et on peut la considérer comme le vrai pain du ciel. Cette promesse est donc celle de la vie éternelle.


Le caillou blanc : Il parle aussi d'un caillou blanc. Il y a également plusieurs interprétations sur ce caillou. Certains y voient une allusion aux tablettes utilisées pour graver des mots importants, d'autres pensent à une allusion aux pierres précieuses que portaient les prêtres juifs... Difficile de trancher sur ces interprétations. Notons que le blanc est le symbole de la pureté et que sur ce caillou blanc, Jésus-Christ inscrit un nouveau nom que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le reçoit. On voit là une relation intime entre celui qui reçoit le caillou et Jésus-Christ. Il y a également la notion de nouveauté, un concept qui revient plusieurs fois dans l'Apocalypse.




MESSAGE ADRESSE A L'EGLISE DE THYATIRE


Verset 18 : " écris à l'ange de l'église de Thyatire : ‘Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu et dont les pieds sont semblables à du bronze ardent.’ "


Ce verset commence avec le même format que les précédents. Une différence, cependant, la description de Jésus. Il apparaît ici avec des yeux comme une flamme de feu et des pieds comme du bronze ardent. On retrouve la description de la vision de Jean, au verset 14 et 16 du 1er chapitre. Cette description, qui est l'image de la puissance (pieds en bronze ardent) et même de la colère (yeux comme une flamme de feu), annonce un message important et furieux.


Verset 19 : " Je connais tes œuvres, ton amour, ta foi, ton service et ta persévérance. Je sais que tes dernières œuvres sont plus nombreuses que les premières. "


De même que dans les précédentes lettres, Jésus-Christ annonce qu'il connaît ses œuvres, ce qui ne laisse place à aucun doute ni discussion. Il fait d'abord remarquer son amour, sa foi et sa persévérance. Il déclare aussi qu'il constate un progrès, car ses dernières œuvres sont plus nombreuses que les premières. Il y a donc une évolution positive. On peut y voir un encouragement.


Verset 20 : " Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses faire Jézabel, cette femme qui se prétend prophétesse. Elle enseigne et égare mes serviteurs pour qu'ils se livrent à l’immoralité sexuelle et mangent des viandes sacrifiées aux idoles. "


Jésus-Christ adresse maintenant ses reproches en évoquant le manque d'autorité de cette église avec Jézabel. Jézabel était une reine d’Israël (voir 1 Rois 16:31, 18:4...) qui propageait les idolâtries païennes. Certains exégètes suggèrent qu'il y avait une secte " libertaire " qui est personnifiée dans ce verset. Cette hypothèse est cependant rejetée par la plupart des exégètes qui voient une personne réelle et pensent qu'il s'agissait d'une Jézabel chrétienne, en s'appuyant notamment sur cette partie du verset : " que tu laisses faire " et sur les suivants où le pronom " elle " est repris plusieurs fois. Il existe encore d'autres hypothèses...


Ce qu'il faut aussi remarquer, c'est que dans ses paroles, Jésus-Christ utilise souvent des images, des paraboles et des métaphores. Ainsi, rechercher l'origine exacte de cette Jézabel n'est pas forcément important en soi. Et puis, il est surprenant que ces reproches concernent une personne en particulier qu'il aurait été facile d'éjecter de ce groupe de chrétiens, car à l'époque, il n'y avait pas encore de hiérarchie forte qui aurait pu laisser un tel pouvoir à une personne, et qui plus est, à une femme, dont on connaît l'importance que la société de l'époque leur accordait.


Verset 21 : " Je lui ai donné du temps pour changer d’attitude, mais elle ne veut pas se détourner de son immoralité. "


Jésus-Christ fait remarquer que, bien qu'il lui ait laissé le temps pour changer, cette Jézabel s'entête dans son immoralité. Cette remarque indique que, malgré toute la compassion que peut avoir Jésus-Christ, son entêtement annonce des châtiments sévères.


Versets 22 et 23 : " Voici, je vais la jeter sur un lit et envoyer un grand tourment à ceux qui commettent l’adultère avec elle, s'ils ne se repentent pas de leurs œuvres. " " Je frapperai de mort ses enfants, et toutes les églises reconnaîtront que je suis celui qui examine les reins et les cœurs, et je traiterai chacun de vous conformément à ses œuvres. "


Ces deux versets sont réunis car le verset 23 est en continuité avec le verset 22. Dans ces deux versets, Jésus-Christ annonce le châtiment qui va s'abattre sur ceux qui commettent l'adultère avec elle (Jézabel). Ce châtiment est terrible et va jusqu'à la mort de leurs enfants. Revenons sur ce châtiment.


Remarques :


  1. Curieusement, Jésus-Christ ne parle pas de Jézabel dans les châtiments à venir. Ces châtiments concernent ceux qui commettent l'adultère avec elle, c'est-à-dire ceux qui " trompent " les enseignements du Christ pour d'autres enseignements. Cela confirmerait l'hypothèse selon laquelle Jézabel est plus une représentation imagée d'une déviation de l'enseignement de Jésus qu'une personne physique.

  2. Lorsque Jésus-Christ dit qu'il frappera de mort ses enfants, il faut comprendre ces paroles sous forme d'image. Les enfants sont ici ceux qui vont perpétuer les pratiques que Jésus-Christ condamne, et non la mort physique de la progéniture de ceux qui suivent ces cultes idolâtres.

  3. Enfin, Jésus-Christ termine ce verset en déclarant qu'il sera vainqueur puisque toutes les églises reconnaîtront qu'il " examine les reins et les coeurs ", ce qui signifie qu'il sait tout de chacun d'entre nous.


Verset 24 : " Quant à vous, les autres croyants de Thyatire, qui n'acceptez pas cet enseignement et qui n'avez pas connu les profondeurs de Satan – comme ils les appellent – je vous dis : Je ne mettrai pas sur vous d'autre fardeau. "


Ce verset semble confirmer l'hypothèse selon laquelle Jézabel est plus une image qui représente une déviation, une secte, car Jésus-Christ s'adresse aux croyants qui n'acceptent pas cet enseignement. Il ne parle pas ici de mœurs, même s'il fait référence aux profondeurs de Satan. Enfin, ce verset se termine par un encouragement pour ceux qui restent fidèles en Christ : il ne mettra pas d'autre fardeau. Cela rappelle une parole du Christ, dans Matthieu, chapitre 11, verset 28.


Verset 25 : " Seulement, ce que vous avez, tenez-le fermement jusqu'à ce que je vienne. "


Jésus-Christ demande seulement à ceux qui restent fidèles à sa parole de continuer à le faire jusqu'à sa venue.


Jésus-Christ nous annonce ici qu'il va revenir !


Verset 26 : " Au vainqueur, à celui qui accomplit mes œuvres jusqu'à la fin, je donnerai autorité sur les nations. "

Verset 27 : " Il les dirigera avec un sceptre de fer, comme on brise les vases d'argile, ainsi que moi-même j'en ai reçu le pouvoir de mon Père. "


Comme dans chacune des lettres, Jésus-Christ fait une promesse à ceux qui accomplissent ses œuvres, autrement dit, à ceux qui mettent en application sa parole. Il leur donnera " autorité sur les nations ", et ils auront un pouvoir de les diriger, donné par Jésus-Christ lui-même, c'est-à-dire qu'il les fera participer à la toute-puissance divine.


Verset 28 : " et je lui donnerai l'étoile du matin. "


L'étoile du matin annonce le jour, la lumière ; elle est l'emblème de la gloire future du règne de Jésus-Christ. C'est aussi le nom que l'on donne au Seigneur.


Verset 29 : " Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux églises. "


Ce verset termine la lettre de la même manière que les autres lettres.



CHAPITRE 3



MESSAGE ADRESSE A L'EGLISE DE SARDES



Verset 1 :  " écris à l'ange de l'église de Sardes : ‘Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, mais tu es mort. "


Comme dans les lettres précédentes, le message destinés à l'église de Sardes débute de la même manière mais ici, il se termine par un constat et il est sévère : " tu passes pour être vivant , mais tu es mort ". Il s'agit bien entendu d'une mort spirituelle et non physique. Ce constat signifie qu'en apparence cette église est active mais spirituellement elle ne l'est pas.


Verset 2 : " Sois vigilant et affermis le reste, qui est sur le point de mourir, car je n'ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu. "


Jésus-Christ conseille à ceux qui ne sont pas encore mort spirituellement de raffermir leur foi. Il ne trouve pas non plus leurs œuvres irréprochables.



Verset 3 : " Rappelle-toi donc comment tu as accepté et entendu la parole, garde-la et repens-toi. Si tu ne restes pas vigilant, je viendrai comme un voleur, sans que tu saches à quelle heure je viendrai te surprendre. "


Ce que Jésus-Christ reproche à l'église de Sarde c'est que bien qu'elle ait reçu l'enseignement de Jésus, elle ne l'a pas gardé, ce qui suppose qu'elle s'en est éloigné. Jésus lui demande de se ressaisir et de se repentir.

Puis, il prévient, il viendra " comme un voleur " c'est à dire à un moment où elle ne s'y attendra pas car il parle de la surprendre.

Remarque : Jésus-Christ utilise 2 fois le terme vigilant : au verset 2 et au verset 3. Il insiste donc sur ce point, de rester éveillé, de ne pas s'endormir.



Verset 4 : " Cependant, tu as à Sardes quelques personnes qui n'ont pas souillé leurs vêtements ; elles marcheront avec moi en vêtements blancs parce qu'elles en sont dignes. "


Jésus-Christ fait remarquer qu'il y a tout de même à Sarde quelques personnes (ce qui signifie une minorité) qui sont restées fidèles (leur vêtements n'est pas souillé). A ceux là Jésus-Christ leur dit qu'ils marcherons avec lui en vêtement blanc. Le vêtement blanc est symbole de pureté et le fait de marcher avec Jésus-Christ est à la fois un signe d'affection et de proximité avec lui.



Verset 5 : " Le vainqueur sera habillé de vêtements blancs ; je n'effacerai pas son nom du livre de vie et je le reconnaîtrai devant mon Père et devant ses anges.


Jésus est juste et bon et comme il l'a dit à ses apôtres, il séparera le grain de l'ivraie ainsi les vainqueurs c'est à dire ceux qui seront restés fidèles à son enseignement, il leurs donnera la vie éternelle car son nom ne sera pas effacé du livre de vie . Le livre de vie est le recueil des personnes qui auront la vie éternelle.. Jésus-Christ va encore plus loin pour ces vainqueurs en disant qu'il les reconnaîtra devant son Père et les anges.



Verset 6 : " Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux églises. "


Enfin, le verset se termine par la parole que nous retrouvons dans toutes les lettres afin que ceux qui lisent cette parole la retienne.



LE MESSAGE ADRESSE A L'EGLISE DE PHILADELPHIE


A ne pas confondre avec la ville de Philadelphie aux USA. La ville de Philadelphie a réellement existé. C'était la dernière ville grecque dans l'actuelle Turquie, située entre Colosse et Sardes.



Verset 7 :  " écris à l'ange de l’église de Philadelphie : ‘Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clé de David, celui qui ouvre et personne ne pourra fermer, celui qui ferme et personne ne pourra ouvrir : "


Jésus-Christ commence cette lettre comme toutes les autres, mais comme nous l'avons vu, sa présentation est différente. Ici, il se présente comme le Saint, le Véritable (sans doute une allusion aux faux prophètes).

Il possède la clé de David. Plusieurs métaphores se retrouvent derrière cette image de la clé de David. Cela peut signifier qu' il a le pouvoir sur Israël, qu'il est le Messie, qu'il détient le pouvoir de la vie et de la mort,... Retenons la notion du pouvoir, c'est Jésus-Christ qui décide et il est le seul à pouvoir " ouvrir " ou " fermer ". On peut supposer qu'il s'agit du livre de vie et le fait de placer cela au 1er verset appuie l'importance de sa parole et du message qu'il va transmettre.


Remarque au verset 18 du chapitre 1, il dit " je détiens les clés de la mort et du séjour des morts "



Verset 8 : " Je connais tes œuvres. Voici, j'ai mis devant toi une porte ouverte que personne ne peut refermer, parce que tu as peu de puissance et que tu as gardé ma parole sans renier mon nom. "


Dans ce verset qui introduit cette lettre, Jésus-Christ déclare que la porte de cette église est ouverte, à rapprocher avec le verset précédent où il précisait que lui seul avait le pouvoir d'ouvrir et de fermer avec la clé de David ; ce que nous avons attribué au livre de la vie. Dès le verset 7 Jésus-Christ ouvre donc le livre de vie aux membres de cette église, ce qui suppose à tous ses membres. La raison donnée est qu'elle a peu de puissance et qu'elle est restée fidèle à sa parole.



Verset 9 : " Je te donne des membres de la synagogue de Satan qui se prétendent juifs sans l’être et qui mentent. Je les ferai venir se prosterner à tes pieds et reconnaître que je t'ai aimé. "


Jésus-Christ dit à cette église que les juifs qui ne l'ont pas reconnu comme le Messie viendrons se convertir et se prosterner devant cette église et qu'ils ne pourront qu'admettre que Jésus a aimé les chrétiens.


Remarque : nous verrons plus loin qu'il est question lors de la grande tribulation, que des juifs au nombre de 144 000 reconnaîtrons Jésus-Christ comme le Messie.


Verset 10 : " Parce que tu as gardé mon ordre de persévérer, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier pour mettre à l’épreuve les habitants de la terre. "


Jésus-Christ explique les raisons de sa bienveillance à l'égard de l'église de Philadelphie. Nous avons déjà noté au verset 8 qu'il sait qu'elle a peu de puissance et qu'elle a gardé sa parole. Il rajoute ici qu'elle a aussi été persévérante malgré sa faiblesse.

Puis Jésus-Christ révèle une information importante : il lui promet de l'épargner à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier.


Que signifie " l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier pour mettre à l'épreuve les habitants de la terre "?

D'abord remarquons que cela concerne tous les humains, sinon Jésus-Christ n'aurait pas précisé " les habitants de la Terre " et " le monde entier ".


Qu'est ce que " l'heure de la tentation " ?

Beaucoup exégètes pensent qu'il s'agit des persécutions à venir du temps de l'empire romain.

Certes, les principales persécutions sous Rome se sont produites entre 170 et 310 après JC. Donc quelques décennies après la révélation de St Jean.

Mais on peut objecter que l'église de Smyrne était également concernée par ces persécutions et il ne lui a pas fait la même promesse. En effet, à l’église de Smyrne, Jésus-Christ lui demande de résister malgré les souffrances quelle va subir. Or ici, il promet à l'église de Philadelphie de lui éviter la tentation qui va venir sur le monde entier. On peut légitimement se poser la question : pourquoi l'église de Philadelphie serait épargnée tandis que l'église de Smyrne devrait endurer les persécutions ? De plus, historiquement cela n'a pas été le cas car elles ont été toutes deux persécutées.

Une autre interprétation est que la tentation qui va venir sur le monde entier représente la grande tribulation que nous verrons plus loin. Rappelons qu'au chapitre 9 Jésus parle des juifs qui le reconnaîtrons comme le Messie au moment de la grande tribulation.

En toute logique, ce que Jésus-Christ promet à l'église de Philadelphie, c'est l'enlèvement de cette église.


Mais l'enlèvement n'a pas encore eu lieu et l'église de Philadelphie a disparue. Ce point a soulevé une autre interprétation générale de ces lettres que nous verrons plus loin.



Verset 11 :  " Je viens bientôt. Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. "


Jésus-Christ porte ses encouragements, cette église est composée de vainqueurs " ta couronne "



Verset 12 : " Du vainqueur je ferai un pilier dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus jamais. J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, celui de la ville de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel, d'auprès de mon Dieu, ainsi que mon nom nouveau. "


Jésus-Christ annonce déjà la nouvelle Jérusalem dont la révélation sera faite au chapitre 21 de l'apocalypse. Au vainqueur il fera un pilier, c'est à dire une place d'honneur dans le temple de Dieu. Le temple de Dieu est là où il réside. Jésus-Christ révélera au vainqueur le nom de Dieu. Pour rappel dans l'ancien testament on ne prononce pas même son nom. Il révélera également le nom de la nouvelle Jérusalem ainsi que son nom nouveau. Jésus-Christ aura un nouveau nom car il sera dans toute sa gloire.

Remarquons que 3 noms seront révélés. Trois est un symbole de divinité.

De même le nom de Dieu est cité 4 fois. Quatre est le symbole de la vérité universelle

Que d’assurance et de consolation dans cette promesse !


Remarquons également que Jésus-Christ parle de la nouvelle Jérusalem. Ainsi dans ces versets 9, 10 et 12, Jésus-Christ donne une première esquisse de ce qui va suivre.



Verset 13 : " Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux églises.’ "


On retrouve la même terminaison que dans les autres lettres. Cette répétition a valeur également d'un sceau.



LE MESSAGE ADRESSE A L'EGLISE DE LAODICEE



Verset 14 :  " écris à l'ange de l’église de Laodicée : ‘Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, l'auteur de la création de Dieu : "


Nous retrouvons le même style d'introduction avec une variation dans la présentation du Christ. Ici il se présente comme l'Amen, sous-entendu l'Amen de Dieu, c'est à dire en total accord avec Dieu. Il est aussi le témoin fidèle et véritable.

Dans la version Second, il précise également qu'il est " l'auteur de la création de Dieu ". Dans d'autres version de la bible d'autres traductions sont faites : " le commencement " ou encore " l'origine ". Cette différence de traduction et ce terme a animé de vastes débats que nous laissons aux experts en la matière.



Verset 15 : " Je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Si seulement tu étais froid ou bouillant ! "


Jésus-Christ commence comme dans les lettres précédentes à dire qu'il a toute la connaissance pour juger cette églises et il présente maintenant ses reproches : cette église est tiède.

Que faut-il entendre par tiède ?

Le froid c'est l'absence de la foi tandis que la chaleur représente une ferveur dans la foi. Le tiède c'est celui connaît la parole du Christ mais ne l'applique pas. Il se contente de vivre tranquillement.

La tiédeur dans la foi, c'est ce que reprochait aussi Jésus-Christ aux pharisiens et aux prêtres juifs. Ils ont certes une pratique rigoureuse, des rituels précis mais leur cœur est froid. Ce que Jésus-Christ reproche donc à cette église c'est de connaître sa parole mais sans la mettre en application ; de respecter des rituels mais de manquer de chaleur dans l'amour du Christ.



Verset 16 : " Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche. "


La sentence est sévère, Jésus-Christ va vomir cette église de sa bouche. L'image est forte car effectivement la nourriture tiède est moins agréable que celle qui est chaude ou froide. On peut se demander pourquoi Jésus-Christ préférerait qu'elle soit froide plutôt que tiède. C'est parce que le froid qui est l'absence de la foi peut toujours se convertir en une foi profonde dans des circonstances particulière, tandis que le tiède restera insensible parce qu'il est bien dans sa vie confortable.



Verset 17 : " En effet, tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi et je n'ai besoin de rien, et tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. "


Jésus-Christ précise la raison de sa tiédeur. Cette église se croit riche, ce que l'on peut entendre par riche c'est quelle est nombreuse, puissante. Elle pense n'avoir besoin de rien, elle se croit heureuse, ce qui est une marque de suffisance. Alors qu'en réalité elle est pauvre au sens spirituel, il rajoute même misérable. Elle est de plus aveugle c'est à dire qu'elle ne se voit pas, elle est privée de la lumière divine et ne regarde pas autour d'elle. Enfin elle est nue, elle n'a pas d'habit blanc symbole de pureté. On peut aussi prendre ce qualificatif dans un sens honteux comme le ressentiment d'Adam après avoir mangé du fruit défendu.



Verset 18 : " Je te conseille donc d'acheter chez moi de l'or purifié par le feu afin que tu deviennes vraiment riche, des vêtements blancs afin que tu sois habillé et qu'on ne voie plus la honte de ta nudité, ainsi qu’un remède à appliquer sur tes yeux afin que tu voies. "


Mais Jésus-Christ n'abandonne pas cette église, il lui donne un conseil au contraire. Ce qui s'achète avec de l'argent, Jésus le donne sans aucun prix " acheter chez moi de l'or purifié par le feu " Cet or purifié c'est la foi car seule la foi rend riche en spiritualité. Il offre des vêtements blanc symbole de pureté pour recouvrir sa nudité spirituelle. Et enfin il leur conseil de prendre un remède afin d'ouvrir leur yeux. Jésus-Christ utilise le terme acheter car s'il n'est pas question d'argent, l'église doit faire un effort pour retrouver le chemin de la foi.



Verset 19 : " Moi, je reprends et je corrige tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle et repens-toi ! "


Jésus les encourage à se reprendre et à faire un effort. Il reprend et corrige c'est à dire, qu'il aide tous ceux qu'il aime, il leur suffit de faire un effort et de se repentir.



Verset 20 : " Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. "


Jésus-Christ le rédempteur montre tout son amour pour les hommes, il offre son pardon. Il se tient à la porte, prêt à enter chez nous. Il attend simplement qu'on lui ouvre sa porte et il viendra partager ce repas céleste comme en intimité. Cette image est particulièrement touchante d'amour.



Verset 21 : " Le vainqueur, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, tout comme moi aussi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. "


Comme dans les autres lettres, Jésus-Christ promet au vainqueur de le faire asseoir sur son trône, comme il l'a fait avec son Père. Jésus fait preuve d'humilité, il se met au même niveau que les vainqueurs.



Verset 22 : " Que celui qui a des oreilles écoute ce que l'Esprit dit aux Eglises.’ "


On retrouve la formule de conclusion comme dans toutes les autres lettres.


Avant de passer au chapitre 4, ces 2 chapitres 2 et 3 que l'on peut appeler " lettres aux églises " sont interprétés de manières différentes, que voici :



DISCUSSION SUR LES CHAPITRES 2 ET 3 : messages aux églises


Dans ces 2 chapitres, Jésus-Christ demande à Saint Jean d'adresser à 7 églises une lettre pour chacune d'elles.


Il y a plusieurs interprétations concernant ces lettres. Certains prennent ces lettres d'un point de vu purement historique, c'est à dire que ces lettres s'adressaient réellement aux 7 églises destinataires et contemporaines de St Jean.


D'autres voient dans ces lettres des messages adressés par Jésus-Christ à destination des futures églises afin qu'elles évitent certaines déviations et qu'elles respectent son enseignement.

Enfin, d'autres voient dans ces lettres des messages prophétiques.

Revenons sur ces différentes interprétations :


1ère Interprétation : point de vu historique :


On peut interpréter ces messages d'un point de vu purement historique. Ces 7 églises ont en effet réellement existé. Ces messages s'adresseraient donc au temps de St Jean aux églises existantes à cette époque. Et l'on peut prendre ainsi à la lettre ces versets avec les explications données précédemment.


2ème Interprétation : messages destinés aux futures églises :


Dans cette interprétation, certains partent du principe que Jésus n'est pas venu délivrer un message historique car l'apocalypse est une révélation sur ce qui doit arriver. Jésus-Christ qui a la connaissance de tout, savait à ce moment là que toutes ces églises allaient disparaître. Ils posent donc légitimement la question : pourquoi Jésus-Christ auraient fait écrire ces lettres sachant que ces églises allaient disparaître tandis que le reste de la révélation est destinées au futurs chrétiens pour les préparer à son retour ?

Dans cette interprétation, il faudrait donc voir ces lettres aux 7 églises comme des messages destinés aux Chrétiens au temps de Saint Jean mais aussi aux chrétiens à venir et ce jusqu'au déclenchement de son retour.

Ces lettres retraceraient les différents dangers qui guettent les églises et seraient ainsi destinés à mettre en garde les futures églises sur leur égarements possibles avec également des encouragements à suivre la parole du Christ.


3ème interprétation : message prophétique


Une autre interprétation de ces lettres aux 7 églises est celle d'un résumé de l'histoire de l'église au cours du temps et des dangers que l’église du Christ va traverser. Pour ces interprètes certaines de ces prophéties se sont déjà réalisées et il ne resterait que 2 églises à notre époque actuelle.


Ces 2 dernières interprétations ne sont pas contradictoires puisqu'elles prédestinent des lettres aux futurs chrétiens. On peut donc les reprendre ensemble afin de dégager les messages du Christ destinés à ces églises.

Quelles sont ces messages destinés à ces églises selon ces 2 dernières interprétations ?


1 - L'église d'Ephèse :


C'est l'église des premiers temps, elle représente les premières églises et les dangers qu'elles couraient en étant en contact avec le paganisme. Jésus met en garde contre le paganisme qui a conduit certaines églises à disparaître. L'exemple d'Ephèse est éloquent car elle a complètement disparu pour cette raison. Jésus nous prévient " je retirerai ton chandelier ", prophétie qui a été réalisée. Mais Jésus reproche à Ephèse d'avoir verset 4 : " … abandonné ton premier amour ". Les premiers chrétiens vivaient en communauté, partageant ce qu'ils produisaient. Puis ils ont abandonné ces communautés. Faut-il y voir une invitation à vivre comme vivaient les premiers chrétiens ?


2 - L'église de Smyrne :


L'église de Smyrne a été durement persécutée, elle représenterait toutes les églises qui ont été fortement persécutées (10 vagues de persécution entre 170 et 310 après J.-C.). Aucun reproche ne lui est fait. Jésus-Christ leur demande simplement de garder la foi malgré leurs souffrances en leur promettant que ceux qui resteront fidèles auront leur récompense. C'est un message destiné à ceux qui vont souffrir à cause de leur foi en Jésus-Christ. Ceux-là doivent rester fidèles au Christ, ils seront récompensés.


3 - L'église de Pergame :


Il s'agirait de l'église entre 325 (Concile de Nicée) et environ 600 après Jésus-Christ. On assiste alors à une introduction de dogmes et de rituels qui n'est pas sans rappeler les lois et les rites qu'avaient institués les pharisiens s'ajoutant aux seules vraies lois de Dieu : les 10 commandements. Ces dogmes et ces rites ont modifié le message du Christ. Ainsi, sous Constantin, on a changé les fêtes bibliques pour épouser les fêtes païennes. Des dogmes et des rites ont été ajoutés en leur accordant une trop grande importance car ils ont obscurci le vrai message du Christ.


4 - L'église de Thyatire :


Elle représenterait l'église de 600 à 1520 : C'est l'époque de la vente des indulgences. Le pardon n'est plus accordé par la grâce, la repentance, mais par l'action ou les dons. L’église interdit aux croyants d'accéder à la parole du Christ car elle utilise le latin pour les empêcher de lire la Bible. Jésus sera intraitable avec cette église, mais elle encourage ceux qui restent dans le message du Christ à tenir car ils seront récompensés.


5 - L'église de Sardes :


Ce serait l'église entre 1520 et 1750. L’église est très riche et très puissante, elle ne prêche pratiquement plus la parole de Dieu (le salut par la grâce, le baptême par le saint Esprit..) mais elle impose les traditions afin d'affirmer encore plus son pouvoir. Jésus dit " Tu passes pour être vivant, mais tu es mort ". Les églises sont pleines, il y a beaucoup de processions, de bâtiments... mais la parole simple du Christ a été oubliée. Elle a donné lieu à la réforme qui rétablit la grâce et la simplicité du message du Christ.


6 - L'église de Philadelphie :


C'est le réveil des derniers jours. Jésus ne fait aucun reproche à cette église. Elle est petite et faible aux yeux du monde mais fidèle dans la foi. Jésus promet de la garder à l'heure de l'épreuve qui va venir sur le monde entier. Cette église représente les croyants fidèles jusqu'à son retour. Ils seront protégés et récompensés pour leur persévérance.


7 - L'église de Laodicée :


C'est l'apostasie (la perte de la foi). C'est l'église de nos jours. Les églises et les temples sont vides, les chrétiens sont plus préoccupés par leur quotidien et leur confort matériel, voir verset 17. Ils ne vont plus à la messe ou au culte, ne rendent pas grâce à Dieu, ne prient pas.


Pour ceux qui interprètent ces lettres sous son aspect prophétique, nous sommes dans les derniers jours. Ces 2 dernières églises sont à la même période et s'opposent. L'une se réveille (Philadelphie) et l'autre s'endort dans l'apostasie (abandon de la foi). C'est ce que l'on observe aujourd'hui, beaucoup se disent chrétiens mais restent sur le parvis de l'église. C'est la tiédeur que Jésus va " vomir ", voir verset 15.


Mais il y a aussi un grand nombre de chrétiens qui vont au contraire se réveiller et garder la parole de Dieu. Ceux-là seront enlevés dans les derniers jours avant la grande tribulation. Jésus nous invite à nous réveiller et il nous promet de garder une place près de lui.



Important :


Si l'on considère que ces lettres s'adressent aux futurs chrétiens, le chapitre 3 verset 10 qui s'adresse à l’église de Philadelphie, apporte une précision très importante : " Parce que tu as gardé mon ordre de persévérer, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier pour mettre à l’épreuve les habitants de la terre ". Ce verset signifierait que ceux qui sont restés fidèles en Christ avant le déclenchement des événements, ceux-là ne subiront pas la grande tribulation. Ils seront enlevés avant cette dernière et c'est l'épouse du Christ. Nous verrons cela plus loin.





CHAPITRE 4


**LES 7 SCEAUX**


A partir de ce chapitre, Jean décrit désormais ce qu'il voit. Il exprime ces visions avec des mots, des symboles et des images qu'il trouve, car ce qu'il perçoit n'est pas facile à décrire. Il va donc falloir décortiquer ces descriptions afin d'en expliquer les significations quand cela est possible et accepter ces images comme des représentations que Jean a pu faire à partir de ce qu'il a vu.


Verset 1 : " Après cela, je regardai et voici, une porte était ouverte dans le ciel. La première voix que j'avais entendue me parler avec la force d’une trompette dit alors : " Monte ici et je te ferai voir ce qui doit arriver par la suite. "


Jean voit d'abord une porte ouverte dans le ciel et entend une voix puissante (avec la force d'une trompette) qui lui dit de monter afin de voir ce qui va se passer. Cette voix est celle de Jésus, car elle fait référence à la première voix qu'il avait entendue. Cela fait penser à une invitation à venir dans une tribune pour assister à ce qui va se passer.



Verset 2 : " Aussitôt, je fus saisi par l'Esprit. Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu'un était assis. "


Selon la traduction du grec ancien, il existe plusieurs interprétations sur le sens de " saisi par l'Esprit ". Si l'on est pragmatique, on peut penser qu'après avoir vu la porte ouverte dans le ciel et entendu la voix qui lui dit de monter, l'Esprit le transporte au ciel. Jean utilise le mot Esprit, car comment définir autrement quelque chose d'indescriptible ?


Ce qui est important, c'est ce qu'il voit : un trône dans le ciel et sur ce trône, quelqu'un est assis. Bien que Jean ne précise pas de qui il s'agit ici, en se référant au verset 8, où Jean décrit quatre êtres vivants qui clament : " Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, celui qui était, qui est et qui vient ! ", il s'agit donc de Dieu.


Ceci est incroyable, car Jean est le seul (avec Jésus-Christ) à avoir la possibilité de contempler le Seigneur Tout-Puissant ; même Moïse n'a pas pu voir la face de Dieu. Ce qu'il faut retenir, c'est que ce fait marque toute l'importance de la vision que va avoir Jean par la suite.


Verset 3 : " Celui qui était assis avait l'aspect d'une pierre de jaspe et de sardoine, et le trône était entouré d'un arc-en-ciel semblable à de l'émeraude. "


Jean utilise des images de pierres précieuses, car c'est ce qu'il y a de plus magnifique et prestigieux à ses yeux pour décrire ce qu'il voit. La jaspe était peut-être à l'époque le diamant. Aujourd'hui, la jaspe est une pierre semi-précieuse rouge, tout comme la sardoine.


Remarque : nous verrons que ces pierres se retrouvent dans la description de Jean de la nouvelle Jérusalem ainsi que dans le pectoral des prêtres juifs.


Un arc-en-ciel vert, semblable à de l'émeraude. L'émeraude est une pierre précieuse de couleur verte. L'arc-en-ciel symbolise la paix. Ici, il est vert. Le vert est le symbole de la Terre. Cet arc-en-ciel couleur émeraude symbolise donc la paix sur la Terre.


Il faut imaginer un halo vert couleur émeraude entourant le trône sur lequel est assis le Seigneur, de couleur rouge. Mais ceci n'est qu'une image, c'est celle que Dieu a voulu donner à Jean.



Verset 4 : " Autour du trône se trouvaient vingt-quatre trônes, et sur ces trônes, vingt-quatre anciens étaient assis. Ils étaient habillés de vêtements blancs et portaient des couronnes d'or sur la tête. "


Cette scène est assez facile à visualiser. Il y a 24 trônes, sur chacun desquels un ancien est assis, portant chacun une couronne d'or. Qui sont ces anciens ? Il y a plusieurs interprétations. Certains pensent qu'il s'agit des 12 apôtres et de 12 autres grands saints.


Luc nous donne cette précision dans le chapitre 22, versets 28 à 30 : " Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves ; c'est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur. Ainsi, vous mangerez et boirez à ma table dans mon royaume et vous serez assis sur des trônes pour juger les douze tribus d'Israël. "


Il est donc très probable que les 12 apôtres soient présents, ce qui signifie qu'ils ont été enlevés ou ressuscités. Quant aux 12 autres, certains pensent qu'il s'agit des 12 patriarches d'Israël.


Ce que l'on peut retenir, c'est qu'ils ont tous été enlevés ou ressuscités, car ils sont près du Seigneur. Ce que l'on peut aussi affirmer, c'est qu'ils sont tous saints et purs, car ils portent des vêtements blancs. Ce qui est important, c'est qu'ils ont une couronne d'or. Cette couronne symbolise le pouvoir. Ils ont donc une fonction, un rôle afin d'exercer ce pouvoir. Ce pouvoir, Luc nous le précise également (voir plus haut), c'est celui de juger les 12 tribus d'Israël.



Verset 5 : " Du trône sortent des éclairs, des voix et des coups de tonnerre, et devant lui brûlent sept lampes ardentes qui sont les sept esprits de Dieu. "


On revient sur le trône de Dieu. Les éclairs, les voix et les coups de tonnerre expriment la puissance. Devant lui brûlent sept lampes ardentes, et Jean nous précise qu'il s'agit des sept esprits de Dieu. C'est un concept difficile à interpréter.


Le nombre 7 signifie plénitude, que l'on retrouve dans les lettres aux 7 églises, dans le chandelier avec 7 bougies, etc. Les lampes symbolisent la lumière. Mais ces lampes sont ardentes, elles ne se contentent pas d'éclairer.


On peut voir dans cette image la description de l'Esprit saint.



Verset 6 : " Devant le trône, il y a aussi comme une mer de verre qui a la transparence du cristal. Au milieu et autour du trône se tiennent quatre êtres vivants couverts d'yeux devant et derrière. "


La mer symbolise, dans la Bible, l'humanité agitée, éloignée de Dieu. Ici, elle est comme du verre et a la transparence du cristal. La transparence est souvent associée à la sainteté. On peut comprendre cette image comme celle d'une humanité apaisée, car la mer est comme du verre, c'est-à-dire sans vague, sans tumulte. La mer a aussi la transparence du cristal, ce qui signifie qu'elle est purifiée.


Cette image suggère une humanité devant le trône qui est donc en paix et sanctifiée. On peut se poser la question : qui constitue cette humanité ?

Puis, Jean poursuit sa description avec les quatre êtres vivants qui ont des yeux partout, devant et derrière. Jean parle d'êtres vivants, car il n'a pas de référence pour les décrire. Ces êtres ont des yeux partout pour signifier qu'ils voient tout; ils ont la connaissance de tout ce qui se passe.


Verset 7 : " Le premier être vivant ressemble à un lion, le deuxième à un taureau, le troisième a le visage d'un homme et le quatrième ressemble à un aigle en plein vol. "


Jean nous décrit chacun des êtres vivants en faisant appel à quatre animaux qui constituent chacun un symbole. Ezéchiel a eu aussi deux fois cette vision 700 ans plus tôt : chapitre 1, versets 2 à 10 et chapitre 10, versets 14 à 15.


Ces visions rapportent ce que l'on appelle les quatre attributs de Dieu :


  • Le lion symbolise l'autorité, c'est le roi des animaux.

  • Le taureau représente la puissance.

  • Le visage d'homme : Dieu a créé l'homme à son image. Le visage d'homme représente l'amour que Dieu porte aux hommes, car Dieu est amour.

  • L'aigle en plein vol. L'aigle a une vision très puissante ; même en plein vol, il peut voir de petites proies au sol. Il représente ainsi le pouvoir de Dieu au-dessus du monde.



Verset 8 : " Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont couverts d'yeux tout autour et à l’intérieur. Ils ne cessent de dire, jour et nuit : " Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, celui qui était, qui est et qui vient ! "


Dans ce verset, Jean nous précise que ces quatre êtres vivants ont non seulement des yeux tout autour d'eux, mais qu'ils ont chacun six ailes, comme les séraphins dans la vision d'Esaïe, chapitre 6, verset 2. Ces six ailes forment trois paires. Or, trois symbolise la sainteté. D'ailleurs, ils ne cessent de dire "saint" trois fois en parlant du Seigneur avec la formule que nous avons déjà évoquée : " celui qui était, qui est et qui vient ".



Verset 9 : " Chaque fois que les êtres vivants donnent gloire, honneur et reconnaissance à celui qui est assis sur le trône, à celui qui vit aux siècles des siècles, "

Verset 10 : " les vingt-quatre anciens se prosternent devant celui qui est assis sur le trône, adorent celui qui vit aux siècles des siècles et déposent leur couronne devant le trône en disant : "


Ces deux versets font partie de la même phrase, ils sont donc traités ensemble. Dans ces versets, Jean nous montre que les 24 anciens, qui représentent ceux qui ont été élus comme les plus saints puisque une couronne leur a été donnée et qu'ils sont assis chacun sur un trône, se prosternent devant le Seigneur en déposant leur couronne devant son trône comme marque d'allégeance, parce que rien ne leur appartient ; tout leur a été donné par le Seigneur.

Cette vision nous montre toute la gloire et la puissance de Dieu.



Verset 11 : ? Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, [toi le Saint,] de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c'est par ta volonté qu'elles ont été créées et qu'elles existent. ?


Le Seigneur est digne de recevoir toute la gloire, l'honneur et la puissance, car il est le créateur de toute chose.



CHAPITRE 5


Le Livre et l'Agneau



Le livre contient la révélation. Cette révélation a été longtemps tenue secrète mais maintenant que Jésus-Christ a vaincu la mort, elle peut être dévoilée. L'agneau (Jésus-Christ) va pouvoir ouvrir les 7 sceaux qui fermait le livre de la révélation.


Verset 1 :  « Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit à l’intérieur et à l’extérieur, fermé grâce à sept sceaux. "


Analysons ce verset :


Jean voit dans la main droite du Seigneur un livre :

La main droite symbolise la volonté. Le fait que ce livre soit dans la main droite du Seigneur montre sa volonté d'agir.


Ce livre est écrit à l'intérieur et à l'extérieur :

A l'époque, on écrivait sur des papyrus que d'un seul côté, car ils étaient enroulés autour d'une baguette. Ainsi, si ce livre est écrit à l'intérieur et à l'extérieur, cela signifie que tout est écrit sur ce dernier.


Ce livre est fermé par sept sceaux :

Cela peut sembler curieux d'être scellé par sept sceaux, car normalement un seul sceau suffit pour sceller un livre ou un coffret. Dans la symbolique biblique, sept est le nombre de la perfection, du divin, que l'on retrouve d'ailleurs plusieurs fois dans l'Apocalypse et dans la bible en général. On peut ainsi comprendre que si le livre est scellé par sept sceaux, c'est qu'il contient une information très importante.


Pourquoi ce livre est-il scellé ?

Nous avons la réponse dans Daniel, chapitre 12, versets 4 à 9 : " Quant à toi, Daniel, tiens ces paroles cachées et marque le livre du sceau du secret jusqu'au moment de la fin ! Beaucoup seront perplexes, mais la connaissance augmentera. (...) Va, Daniel, car ces paroles seront tenues secrètes et scellées jusqu'au temps de la fin. "

Le prophète Daniel a reçu une vision de la fin des temps, mais le Seigneur lui a demandé de garder secrète cette vision, car le peuple n'était pas prêt à l'entendre et Jésus-Christ n'avait pas encore, par son sacrifice, vaincu la mort et racheté les péchés des hommes.


De quel livre s'agit-il ?

Nous venons de voir dans Daniel que ce livre contient les paroles cachées jusqu'au moment de la fin. Il s'agit donc du livre qui décrit les événements de la fin : c'est la révélation.



Verset 2 :" Je vis aussi un ange puissant proclamer d'une voix forte : " Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en briser les sceaux ? " "


Un ange d'une voix forte (puissante) demande qui est digne d'ouvrir le livre et d'en briser les sceaux. C'est un instant solennel; comme dans une tragédie, ce livre dont les paroles ont été tenues secrètes ne peut être ouvert par n'importe qui.



Verset 3 : " Mais personne, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ne pouvait ouvrir le livre ni le regarder. "


La réponse est donnée : personne ne peut ouvrir ce livre ni même le regarder. C'est pourquoi il a été tenu secret. On comprend mieux l'importance de cette révélation qui va être faite à Jean. Ces paroles sont tellement précieuses que personne ne peut y avoir accès. En d'autres termes, toutes les prophéties qui ont été faites sur les temps de la fin n'ont aucune valeur, car personne, ni sur terre, ni dans les cieux, ne peut ouvrir ce livre et donc connaître la vérité.



Verset 4 : " Je pleurais beaucoup parce que personne n’avait été trouvé digne d'ouvrir le livre et de le regarder. "


Jean est triste de constater que personne n'a été digne d'ouvrir ce livre.



Verset 5 : " Alors l'un des anciens me dit : " Ne pleure pas, car le lion de la tribu de Juda, le rejeton de la racine de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. "


Un ancien vient " consoler " Jean et lui annonce que Jésus-Christ a vaincu et qu'il peut ouvrir le livre et ses sept sceaux. Le lion de la tribu de Juda ou le rejeton de la racine de David est en effet le nom que l'on donne souvent à Jésus-Christ.

Lui seul peut ouvrir le livre, car il a vaincu la mort par sa résurrection !



Verset 6 : " Puis je vis, au milieu du trône et des quatre êtres vivants, et au milieu des anciens, un agneau debout comme offert en sacrifice. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. "


Jean voit alors Jésus-Christ au milieu du trône, des quatre êtres vivants et des anciens. Le fait qu'il soit au milieu montre qu'il a un rôle central. Jésus-Christ apparaît sous la forme d'un agneau, debout comme offert en sacrifice. C'est une image à mettre en relation avec le sacrifice de l'agneau pascal ; l'agneau représente ce qu'il y a de plus innocent. Un agneau était offert en sacrifice dans le temple pour rappeler le sang de l'agneau qui était mis aux frontons des maisons pour épargner le peuple juif de la dernière plaie que Dieu abattit sur l'Egypte afin de permettre au peuple juif de fuir. Comme cet agneau pascal, Jésus-Christ a été sacrifié pour racheter les péchés des hommes.


Mais cet agneau a sept cornes et sept yeux.

Les cornes expriment la puissance. Le fait qu'elles soient au nombre de sept, qui est le nombre parfait et divin, signifie qu'il possède toute la puissance divine. Il possède aussi sept yeux, ce qui signifie que Jésus-Christ voit tout. Jean dit aussi qu'ils sont les sept esprits de Dieu, à mettre en relation avec les sept esprits de Dieu au chapitre 1, verset 4, que l'on a attribués à l'Esprit Saint.


Ainsi, Jésus-Christ dispose de toute la puissance de Dieu, il voit (il sait) tout et il est rempli de l'Esprit Saint.



Verset 7 : " Il vint prendre [le livre] de la main droite de celui qui était assis sur le trône. "


Jésus-Christ prend le livre avec sa main droite. Nous avons vu que la main droite est celle de la volonté, du pouvoir. Jésus-Christ va accomplir ce qui est écrit dans ce livre.



Verset 8 : " Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre anciens se prosternèrent devant l'agneau. Chacun tenait une harpe et des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prières des saints. "


Après avoir pris le livre, ceux qui glorifiaient le Seigneur (les anciens et les quatre êtres vivants) glorifient maintenant Jésus-Christ en se prosternant devant lui. Cela signifie que Jésus-Christ a désormais tous les pouvoirs de la part de Dieu. La transmission du livre vaut transmission du pouvoir.


La harpe était l'instrument le plus doux de l'époque. Dans la Bible, la harpe est souvent utilisée pour glorifier Dieu : Psaume 23 : 2; Psaume 43 : 4...


Les coupes sont en or pour préciser à la fois leur pureté et leur grande valeur. A l'époque, dans le temple, les prêtres faisaient brûler du parfum pour faire monter les prières (avec les vapeurs du parfum), car leur odeur était agréable à Dieu. Nous sommes ici dans le temple de Dieu.


Remarque : " Les prières des saints " : cette partie a été l'objet de nombreuses discussions entre les exégètes. Certains trouvent dans ce texte une justification des prières d'intercession auprès des saints. D'autres affirment que tous ceux qui croient en Christ sont des saints. Il s'agirait donc de la prière de tous les croyants.



Verset 9 : « et ils chantaient un cantique nouveau en disant : " Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, car tu as été offert en sacrifice et tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. ?


Le cantique est nouveau car il célèbre un nouvel événement. Jésus-Christ a vaincu la mort et a offert sa vie en sacrifice pour le rachat des péchés des hommes, et en prenant le livre, Jésus va faire une nouvelle action.


Remarque : il est rappelé dans ce texte l'universalité du rachat des péchés par le sacrifice de Jésus-Christ. En effet, les vingt-quatre anciens ainsi que les quatre êtres vivants précisent que Jésus-Christ a racheté par son sacrifice tous les hommes, de toutes les tribus, de toutes les langues, de tous les peuples, de toutes les nations. Cela tranche définitivement un débat qui a eu lieu au début des ministères des apôtres, certains pensant à l'époque que seuls les juifs étaient concernés par ce rachat. En effet, qui peut contester la parole des vingt-quatre anciens et des quatre êtres vivants qui est parfaitement claire sur ce sujet ?



Verset 10 : « Tu as fait d'eux des rois et des prêtres pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre. ? »


Jean rapporte encore cette précision donnée par les vingt-quatre anciens et les quatre êtres vivants, qui représentent les qualités divines, comme nous l'avons vu précédemment. Sur cette partie, il y a différentes interprétations qui viennent de différentes traductions. Certains mettent au futur " ils régneront ", tandis que d'autres le traduisent au présent " et ils règnent sur la terre ". Cette différence est liée au positionnement temporel du millénium. Les premiers mettent cette traduction au futur car ils pensent qu'il s'agit du règne de mille ans à venir. Les seconds, qui pensent que le millénium est déjà là, mettent ce texte au présent.


Ce qu'il faut retenir, c'est que par son sacrifice, Jésus-Christ a fait de ses fidèles :


1. des rois : comme les anciens qui ont une couronne, ils régneront avec eux et Jésus-Christ,

2. des prêtres pour Dieu. Or, il faut rappeler que la fonction de prêtre était réservée aux lévites ; maintenant elle est ouverte à tous les chrétiens fidèles.

  1. Ils régneront sur la terre, c'est-à-dire qu'ils auront le pouvoir sur la terre. On peut aussi traduire par : il n'y aura plus qu'eux sur la terre ou qu'ils auront le pouvoir de juger. Différentes interprétations sont possibles.


Verset 11 : " Je regardai et j'entendis la voix de nombreux anges rassemblés autour du trône, des êtres vivants et des anciens ; ils étaient des myriades de myriades et des milliers de milliers. "

Il y a beaucoup d'éléments importants dans ce verset.


On note d'abord :


1. La présence de nombreux anges rassemblés autour du trône.

2. Puis, des êtres vivants et des anciens.

3. L'usage du pronom indéfini " des " avec êtres vivants et anciens, ce qui est surprenant car jusqu'alors on ne parlait que de quatre êtres vivants et de vingt-quatre anciens.

4. Ensuite, Jean parle de myriades de myriades et de milliers de milliers.


Pour rappel : une myriade est une unité de nombre qui est égale à 10 000. Myriades de myriades signifie 10 000 x 10 000 = 100 000 000 ou 100 millions. Des myriades de myriades signifient donc plusieurs centaines de millions. Des milliers de milliers = 1 000 x 1 000, ce qui signifie un million, et des milliers de milliers équivalent à plusieurs millions.


Reprenons :


De quels êtres vivants s'agit-il ?

Il est logique de penser qu'il ne s'agit pas des êtres vivants que nous avons vus précédemment, car ils étaient au nombre de quatre et avaient des traits particuliers (six ailes, des yeux tout autour d'eux). Ce que nous savons juste, c'est qu'ils sont vivants et qu'ils sont plusieurs millions.


Les anciens dont Jean nous parle ne sont pas non plus les vingt-quatre anciens décrits précédemment, car Jean ne préciserait pas qu'ils sont plusieurs millions.


Les êtres vivants et les anciens décrits ici ne sont pas non plus des anges, car sinon Jean n'aurait pas écrit ce texte ainsi, mais aurait écrit : des myriades et des myriades d'anges ou bien des milliers et des milliers d'anges. Par ailleurs, pourquoi cette distinction entre êtres vivants et anciens ?


Selon certains, les myriades de myriades concernent les fidèles en Christ qui ont été enlevés de leur vivant, et les milliers de milliers sont les saints qui ont été ressuscités. Dans cette hypothèse, l'épouse du Christ (l'église) a été enlevée avant ou au moment de l'ouverture des sceaux.



Verset 12 : " Ils disaient d'une voix forte : " L'Agneau qui a été offert en sacrifice est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la louange. "


Dans ce verset, tous les anges, les anciens, les êtres vivants auxquels on peut vraisemblablement ajouter les vingt-quatre anciens et les quatre êtres vivants autour du trône de Dieu acclament Jésus-Christ en disant qu'il peut recevoir toute la puissance, la richesse (au sens spirituel), la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la louange.



Verset 13 : " Toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tous les êtres qui s'y trouvent, je les entendis s’écrier : " ? celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau soient la louange, l'honneur, la gloire et la domination, aux siècles des siècles ! "


Jean entend maintenant toutes les créatures de Dieu acclamer de la même manière que les vingt-quatre anciens ont acclamé Dieu (voir chapitre 4, verset 11), en rajoutant la domination, et cela aux siècles des siècles, qu'il faut traduire par l'éternité.



Verset 14 : " Les quatre êtres vivants répondaient : " Amen ! " Et les anciens se prosternèrent et adorèrent. "


Dans ce verset, Jean nous parle de nouveau des quatre êtres vivants. Ils lancent un solennel " Amen ! " et les anciens se prosternent. Jean ne précise pas qu'il s'agit des vingt-quatre anciens mais on peut supposer que ce sont eux en comparant avec le chapitre 4, versets 9 et 10 où les vingt-quatre anciens se prosternent chaque fois que les quatre êtres vivants donnent gloire à Dieu.


Remarque : Ce verset 14 a tendance à confirmer l'hypothèse évoquée plus haut au verset 11, car il n'est plus fait allusion aux anges et aux myriades de myriades d'êtres vivants ainsi qu'aux milliers de milliers d'anciens. Hypothèse où les myriades de myriades représenteraient les fidèles en Christ qui ont été enlevés, et les milliers de milliers, tous les saints qui ont été soit ressuscités, soit enlevés.











CHAPITRE 6


Les sceaux



Les sceaux représentent chacun un événement dont l'ouverture va marquer le début de l'avènement de Jésus-Christ.


Verset 1 : " Je vis alors l'Agneau ouvrir un des sept sceaux, et j'entendis l'un des quatre êtres vivants dire d'une voix de tonnerre : " Viens. "


Jean voit alors Jésus-Christ ouvrir le premier sceau, et l'un des quatre êtres vivants que nous avons vus précédemment invite Jean à venir. Tout se passe un peu comme si Jean allait assister à un spectacle et qu’il est invité à voir ce qui va se passer.


Verset 2 : " Je regardai et je vis apparaître un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc ; une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour remporter la victoire. "


Jean voit un cheval blanc monté par quelqu'un qui n'est pas désigné, donc inconnu de Jean, mais il est décrit comme ayant un arc. L'arc est une arme de guerre. On peut en déduire qu'il s'agit de quelqu'un qui vient avec des intentions guerrières. Une couronne lui est donnée, ce qui signifie qu'on lui accorde un pouvoir afin de partir en vainqueur pour gagner.


Ce verset amène plusieurs interprétations :


1ère interprétation :


Certains pensent que le cavalier blanc est Jésus-Christ, en s'appuyant sur le fait que cet homme monte un cheval blanc (synonyme de pureté). De plus, ils ne voient pas Dieu donner une couronne à une autre personne que Jésus. La question que l'on peut se poser dans cette hypothèse, c'est contre qui Jésus-Christ viendrait faire la guerre ? On peut répondre logiquement à Satan. Cela signifierait alors que Satan est libéré au moment de l'ouverture du premier sceau.


2ème interprétation :


D'autres pensent que le cavalier blanc est l’Antéchrist, à qui le pouvoir est donné pour agir, et réfutent la première interprétation en objectant les points suivants :


  1. S'il s'agissait de Jésus-Christ, Jean l'aurait nommé, or ce n'est pas le cas.

  2. Jésus-Christ apparaît plus tard dans le chapitre 19, versets 11 à 13, sur un cheval blanc, et il n'est pas décrit de la même manière. Dans ce chapitre 19, il a le nom " fidèle et véritable ", et tous les exégètes reconnaissent sans équivoque dans cette image Jésus-Christ.

  3. Jésus-Christ est en train d'ouvrir les sceaux. Certes, il a le don d’ubiquité, mais cela ne semble pas très logique qu'il soit à la fois en train d'ouvrir des sceaux et de partir à la guerre.


3ème interprétation :


Une autre interprétation, basée sur les douleurs de l'enfantement du Messie (voir Matthieu 24), serait que le cavalier blanc apporte l'évangile. En effet, le cavalier ne porte pas une épée, qui est le plus souvent associée à la guerre, mais un arc afin que ses flèches pénètrent le cœur des hommes. Sa victoire serait d'avoir apporté l'évangile sur toute la terre, rejoignant Matthieu 24 : 14 : " Et cet évangile du royaume sera prêché dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. "


4ème interprétation :


Certains exégètes pensent que les quatre cavaliers décrits dans le chapitre 6 font allusion à la chute de l'Empire romain. On sait effectivement aujourd'hui que la chute de l'Empire romain est liée à une succession de guerres avec les " barbares ", des pestes qui décimèrent jusqu'à 90 % de la population de la ville de Rome, et des famines.



Verset 3 : " Quand il ouvrit le deuxième sceau, j'entendis le deuxième être vivant dire : " Viens. " Suivi de Verset 4 : " Et un autre cheval, rouge feu, apparut. Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix de la terre afin que les hommes s’entre-tuent, et une grande épée lui fut donnée. "


Ces deux versets sont traités ensemble, car ils font partie de la même phrase. Maintenant apparaît un autre cavalier qui amène la guerre. Sa couleur rouge feu et la grande épée qu'il porte ne laissent aucun doute, ce qui est confirmé puisqu'il a le pouvoir d'enlever la paix. Cette paix ôtée concerne toute la terre.



Versets 5 et 6 : " Quand l’Agneau ouvrit le troisième sceau, j'entendis le troisième être vivant dire : " Viens. " Je regardai et je vis apparaître un cheval noir. Celui qui le montait tenait une balance à la main. "

" Et j'entendis [comme] une voix dire, au milieu des quatre êtres vivants : " Une mesure de blé pour une pièce d’argent et trois mesures d'orge pour une pièce d’argent, mais ne touche pas à l'huile et au vin. "


Le troisième cavalier apporte la famine. L'image d'une pièce d'argent pour une mesure de blé correspond à un prix élevé ; de même pour celle d'une pièce d'argent pour trois mesures d'orge. Le prix élevé de ces denrées de base est le signe de leur rareté. La balance est destinée à peser les denrées.

" Mais ne touche pas à l'huile et au vin " pose question. L'huile et le vin étaient des denrées chères, ce qui laisse supposer que les produits de luxe ne sont pas concernés. On pourrait penser qu'il s'agit de l'injustice où les hommes pauvres sont de plus en plus pauvres, tandis que les riches ne sont pas atteints.


Versets 7 et 8 : " Quand il ouvrit le quatrième sceau, j'entendis le quatrième être vivant dire : " Viens. " Je regardai et je vis un cheval verdâtre. Celui qui le montait avait pour nom " la Mort ", et le séjour des morts l'accompagnait. Ils reçurent le pouvoir sur le quart de la terre, de faire mourir les hommes par l'épée, par la famine, par la peste et par les bêtes sauvages de la terre. "


Le quatrième cavalier apporte la maladie. La couleur verdâtre est effectivement souvent associée à la maladie et aux choses putrides, bien que certains attribuent ce cavalier à la mort.


Remarques concernant ces quatre cavaliers :


1. Les quatre cavaliers ne sont pas nommés, donc non personnifiés.

2. Ils apportent tous des états : victoire, guerre, famine et maladie.

3. Ils sont annoncés par les quatre êtres vivants qui sont auprès de Dieu.


Verset 9 : " Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel l’âme de ceux qui avaient été mis à mort à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu'ils avaient rendu. "


L'ouverture du cinquième sceau provoque chez Jean la vision de l'âme de tous ceux qui ont été martyrisés. On peut se poser la question : pourquoi cette vision ? La réponse nous est donnée dans le verset suivant.


Verset 10 : " Ils crièrent d'une voix forte : " Jusqu'à quand, Maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice et à venger notre sang sur les habitants de la terre ? "


Les martyrs demandent justice pour le sang qu'ils ont versé. Cette demande suppose que des événements vont se passer, et leur martyr en explique en partie les raisons. Il ne faut pas prendre le mot vengeance comme nous l'entendons, mais au sens de la justice de Dieu.


Verset 11 : " Une robe blanche fut donnée à chacun d'eux et ils reçurent l’ordre de rester en repos un petit moment encore, jusqu'à ce que le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères et soeurs qui devaient être mis à mort comme eux soit au complet. "


Mais le temps n'est pas encore venu. Ils doivent attendre que tous les martyrs, hommes et femmes, aient vécu leur martyre avant que ces événements débutent. Dans cette attente, une robe blanche, synonyme de pureté mais aussi de reconnaissance de leur sainteté, leur est remise.


Verset 12 : " Je regardai quand l’Agneau ouvrit le sixième sceau, et il y eut un grand tremblement de terre. Le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune entière devint comme du sang. "


Lors de l'ouverture du sixième sceau, des événements physiques apparaissent : tremblement de terre, le soleil devint noir et la lune rouge sang. Les tremblements de terre existent et n'ont rien d'exceptionnel. La lune de sang est un phénomène qui se produit tous les 10 ans lorsque la lune et le soleil sont en parfait alignement. Le soleil noir est plus difficile à expliquer. Cela peut être dû à une altération de l'atmosphère suite, par exemple, à une éruption volcanique, qui obscurcit le ciel au point que le soleil peut apparaître noir.


Mais on peut aussi interpréter ce verset sous un angle spirituel.


Matthieu annonçait des tremblements de terre : Matthieu 24 : 7 " Une nation se dressera contre une nation et un royaume contre un royaume, et il y aura en divers endroits des famines, [des pestes] et des tremblements de terre. " Les tremblements de terre annoncent aussi de grands bouleversements. Le soleil symbolise la lumière divine, le fait qu'il devienne noir signifierait que la foi se perd, car la lumière divine est obscurcie. En Apocalypse 21 : 23 : " La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'éclaire et l'Agneau est son flambeau. " Dans ce verset, le soleil représente la gloire de Dieu et la lune, qui est son flambeau, représente Jésus-Christ. La lune rouge sang peut symboliser le sang que le Christ a versé pour nous ou la colère de Jésus-Christ prête à s'abattre.


Verset 13 : " Et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme les figues vertes d'un figuier secoué par un vent violent. "


Cette vision est difficile à expliquer d'un point de vue scientifique, car il n'existe aucun phénomène naturel connu qui puisse correspondre. Il faut peut-être l'entendre également d'un point de vue spirituel, comme dans le verset précédent. Les étoiles symbolisent les anges. Ici, elles tombent sur la terre comme les figues vertes. Cela rappelle la chute des anges déchus. Mais ces anges sont-ils ceux de Satan ou ceux de Dieu ? La réponse à cette question varie selon les différentes interprétations de la chronologie retenue des événements lors de la grande tribulation et du millénium.


Verset 14 : " Le ciel se retira comme un livre qu'on enroule, et toutes les montagnes et les îles furent écartées de leur place. "


De même, dans ce verset, aucun phénomène physique ne peut expliquer cela. Si l'on interprète ce verset au sens spirituel, le ciel représente le règne de Dieu. En se retirant, Dieu laisse à Jésus-Christ le pouvoir sur les événements à venir. Quant aux montagnes et aux îles écartées de leur place, il faut revenir à la symbolique qu'elles expriment. Les montagnes représentent les pouvoirs terrestres, et en particulier leur orgueil. En reprenant Matthieu 24 : 7, cité plus haut : " Une nation se dressera contre une nation et un royaume contre un royaume, et il y aura en divers endroits des famines, [des pestes] et des tremblements de terre. " En étant écartées, on retrouve l'image des nations qui se dressent contre d'autres nations. Les îles représentent les peuples ; écartées de leur place peut signifier des mouvements de population.


Remarque : nous avons une analogie avec :


Marc 13 : 24-25 : " Mais ces jours-là, après ce temps de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées. " Et Matthieu 24 : 29 ainsi que Marc 13 : 24-25, qui reprennent les mêmes termes.


Verset 15 : " Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. "

Et

Verset 16 : " Et ils disaient aux montagnes et aux rochers : " Tombez sur nous et cachez-nous loin de celui qui est assis sur le trône et loin de la colère de l'Agneau. "


On peut interpréter ces versets au sens littéral : tous les hommes sont pris de peur et vont se cacher en cherchant un abri devant les manifestations anormales.


Mais nous avons vu précédemment que ce que Jean décrit peut aussi être pris au sens spirituel. Dans ce cas, ces versets doivent aussi être pris en symbolique. Les cavernes représentent les organisations, les institutions. Devant la perte de la spiritualité, ils viennent se réfugier dans ces cercles, pensant être à l’abri grâce à leurs pouvoirs. Aujourd'hui, ces institutions peuvent être politiques, sociétales, associatives, sectaires, groupusculaires, franc-maçonnes, etc., où beaucoup se réfugient par manque de foi, et ils craignent, consciemment ou inconsciemment, Dieu et l'avènement de Jésus-Christ.


Verset 17 : " En effet, le grand jour de sa colère est venu, et qui peut résister ? "


La colère concerne Jésus-Christ et le grand jour est arrivé, c'est-à-dire le jour de l'avènement de Jésus-Christ. Ce verset annonce la colère de Jésus-Christ qui s'exprimera dans les chapitres suivants.







CHAPITRE 7


Les 144 000 et les 7 sceaux



Avant l'ouverture du 7ème sceau, il y a un instant de calme. Cet instant sert à marquer ceux qui sont fidèle en Christ.



Verset 1 : " Après cela, je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre. Ils retenaient les quatre vents de la terre afin qu'il ne souffle pas de vent, ni sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre. "


Six des sept sceaux ont été ouverts. Jean voit maintenant quatre anges qui se positionnent aux quatre coins cardinaux. Ces anges retiennent les quatre vents qu'il faut prendre au sens symbolique. C'est un instant de calme, un peu comme dans une scène de cinéma où, avant la tempête, tout semble tranquille.


Verset 2 : " Et je vis un autre ange qui montait du côté du soleil levant et qui tenait le sceau du Dieu vivant. Il cria d'une voix forte aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer : "

et

Verset 3 : " Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué d’une empreinte le front des serviteurs de notre Dieu. "


Ces deux versets doivent être traités ensemble, le verset 3 complétant le verset 2.


Un autre ange vient de l'Est, il détient le sceau du Dieu vivant. Le sceau du Dieu vivant signifie qu'il a reçu le pouvoir de donner des ordres aux quatre anges. Il leur demande de ne pas détruire ni la terre, ni la mer, ni les arbres tant qu'une empreinte ne sera pas marquée sur le front des serviteurs de Dieu.


La mer symbolise la population agitée et, par opposition, la terre les habitants stables. Enfin, les arbres symbolisent les dirigeants. Il ne faut donc pas voir cette phase d'un point de vue " météorologique " mais comme une phase de stabilité dans le monde.


De quelle empreinte s'agit-il ? Aucune description n'est donnée, aussi faut-il sans doute prendre également cette empreinte comme une métaphore spirituelle. En effet, le front désigne la volonté. Autrement dit, avant de déclencher les événements suivants, il faut identifier certains (les serviteurs de Dieu) qui seront épargnés ou, tout au moins, séparés du reste de la population pour être traités différemment.


Remarque : Cette empreinte n'est pas sans rappeler le signe que les Hébreux en Egypte ont apposé à l'ordre de Dieu, à l'entrée de leur maison, afin d'être épargnés par la dernière plaie.


Verset 4 : " Puis j'entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués de cette empreinte. Ils étaient 144 000, de toutes les tribus d’Israël : "


Ceux qui sont marqués sont au nombre de 144 000.

144 000 n'est pas un nombre choisi au hasard.

144 = 12 x 12

12 étant un nombre parfait, en multipliant 12 par 12, on obtient un nombre totalement parfait.


Enfin, mille signifie beaucoup en symbolique biblique.


144 000 signifie donc que toutes les personnes concernées seront marquées et rien que ces personnes, même si certains prennent ce nombre au sens strict.


Jean rassure ainsi les fidèles serviteurs de Dieu ; ils seront tous identifiés et n'auront pas à subir les événements qui vont suivre. Le sceau que tient l'ange (voir verset 2) est une assurance supplémentaire envers ces serviteurs. Dieu lui-même garantit que tous seront marqués et que le temps nécessaire pour le faire est pris, car dans cette attente, les quatre vents de la terre sont retenus par cet ange envoyé avec le sceau de Dieu.


Qui sont ces 144 000 ?

Ils viennent de toutes les tribus d'Israël. Que signifie " toutes les tribus d'Israël " ?


Versets 5 à 9 : " de la tribu de Juda, 12 000 marqués de cette empreinte ; de la tribu de Ruben, 12 000 ; de la tribu de Gad, 12 000 ;

de la tribu d'Aser, 12 000 ; de la tribu de Nephthali, 12 000 ; de la tribu de Manassé, 12 000 ;

de la tribu de Siméon, 12 000 ; de la tribu de Lévi, 12 000 ; de la tribu d'Issacar, 12 000 ;

de la tribu de Zabulon, 12 000 ; de la tribu de Joseph, 12 000 ; de la tribu de Benjamin, 12 000, tous marqués de cette empreinte. "


Toutes les tribus d'Israël sont nommées.


Remarquons d'abord que l'ordre de nomination des tribus varie par rapport à l'Ancien Testament. Ici, il commence par la tribu de Juda dont Jésus-Christ est issu.

Le nombre de tribus varie également, il manque en effet dans cette nomination la tribu de Dan, ce qui porterait à 13 le nombre de tribus et non 12.


Il existe plusieurs interprétations :


Certains prennent " à la lettre " les 12 tribus d'Israël, et donc les 144 000 concerneraient 144 000 juifs des différentes tribus.


D'autres pensent qu'il faut également prendre ces 12 tribus d'Israël comme un symbole et que les 144 000 concernent tous les serviteurs de Dieu fidèles en Christ.

Leurs arguments sont :


  1. Ceux qui reçoivent la marque sont appelés les serviteurs de notre Dieu, sans que rien n'indique que cette désignation soit limitée aux juifs.

  2. Le sceau est imprimé sur leur front pour les mettre à l'abri des événements qui vont suivre. Il serait surprenant que Dieu ne voulût épargner que ses serviteurs parmi les juifs.

  3. Tout est symbolique dans cette énumération. Nous l'avons constaté déjà pour le nombre total des cent quarante-quatre mille. Cela est évident aussi pour leur répartition entre les douze tribus, dont chacune compte un nombre égal d'élus.

  4. Ensuite, à l'époque de Jean, la plupart des tribus avaient déjà complètement disparu. De plus, elles avaient été dès l'origine très inégales quant à leur importance et le nombre de leurs membres.


Il semble donc logique de considérer les 12 tribus comme l'ensemble des croyants.


Verset 9 : " Après cela, je regardai et je vis une foule immense que personne ne pouvait compter. C’étaient des hommes de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l'Agneau, habillés de robes blanches, des feuilles de palmiers à la main, "


Il y a de nombreuses discussions concernant les 144 000 serviteurs de Dieu et la foule immense que Jean décrit dans ce verset.


Certains s'appuient sur cette différence pour confirmer que les 144 000 vus dans le verset précédent sont bien des juifs, tandis que la foule immense que Jean voit serait une autre catégorie de personnes originaires du monde entier, car ils viennent de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue.


D'autres identifient la foule immense comme étant les 144 000 qu'il faut prendre au sens symbolique.


Ce qui est plus certain, c'est que dans le verset 14, nous avons la confirmation que ce ne sont pas 144 000 juifs, car par définition les juifs ne croient pas en Jésus-Christ comme étant le Messie et donc ne peuvent pas avoir lavé leur robe dans le sang du Christ (voir verset 14).


Remarquons que ce verset commence par : " Après cela ". Ce terme " après cela " suppose que les 144 000 sont maintenant marqués. De plus, après ce chapitre 7, commencent les trompettes qui marquent le début des terribles événements.


Que les 144 000 soient la foule immense ou non, une question se pose : qui constitue cette foule immense ?


Remarquons d'abord que Jean ne reprend pas le terme " 144 000 " dans ce verset 9 et que cette foule immense vient du monde entier.


Il existe essentiellement 3 théories :


A / Certains pensent que ce sont les martyrs et que le Seigneur attend qu'ils soient 144 000 pour les identifier, les marquer avant de déclencher les événements. En effet, les chrétiens subissent des persécutions depuis le premier martyr de Saint Etienne et, de nos jours encore, il y a de par le monde de nombreuses persécutions et des martyrs.


On pourrait objecter que Jean a vu les martyrs sous l'autel des âmes (voir chapitre 5 verset 9) et que la foule immense que Jean voit ne correspond pas à cette description.


B/ D'autres pensent que ce sont tous les fidèles en Jésus-Christ qui seront enlevés. Ils s'appuient sur les passages suivants :


a / Au chapitre 3 verset 10 concernant l'Eglise de Philadelphie, Jésus-Christ dit : " Parce que tu as gardé mon ordre de persévérer, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier pour mettre à l’épreuve les habitants de la terre. "

Pour eux, la tentation qui va venir sur le monde entier représente la grande tribulation et ceux qui seront restés fidèles en Christ ne connaîtront pas les épreuves de la grande tribulation car Jésus-Christ va les " garder " de la tentation. La tentation pourrait aussi être celle pendant le millénium.


b / Au chapitre 5 verset 11, Jean décrit : " Je regardai et j'entendis la voix de nombreux anges rassemblés autour du trône, des êtres vivants et des anciens ; ils étaient des myriades de myriades et des milliers de milliers. ". Ceux qui s'appuient sur cette théorie disent que les myriades de myriades d'êtres vivants sont les fidèles en Christ qui ont été enlevés.


c / La foule que Jean voit est vêtue de robes blanches (symbole de pureté) et ils tiennent des feuilles de palmiers, symbole de victoire.


Et pour chaque Eglise, Jésus-Christ parle des vainqueurs, par exemple :

Chapitre 3 Verset 4 : " Cependant, tu as à Sardes quelques personnes qui n'ont pas souillé leurs vêtements ; elles marcheront avec moi en vêtements blancs parce qu'elles en sont dignes. "

Chapitre 3 verset 12 à propos de l'Eglise de Philadelphie : " Du vainqueur je ferai un pilier dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus jamais. J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, celui de la ville de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel, d’auprès de mon Dieu, ainsi que mon nom nouveau. "

Chapitre 3 verset 21 concernant ceux qui auront frappé à la porte de Jésus-Christ de l'Eglise de Laodicée : " Le vainqueur, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, tout comme moi aussi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. "


Ceux qui pensent que la grande foule sont les martyrs objectent qu'il s'agit d'une mauvaise interprétation de l'Apocalypse. Vaste débat qui mérite des livres entiers à rédiger !



Mais ce qu'il faut retenir :


  1. L'ange muni du sceau de Dieu donne l'ordre aux quatre autres anges de retenir les quatre vents le temps que les serviteurs de Dieu aient une empreinte au front.

  2. Une fois cette " opération " terminée, Jean voit une foule immense qui vient du monde entier.

  3. Cette foule est constituée de saints (robe blanche) et ils sont des vainqueurs car ils tiennent une feuille de palmier.

  4. Les vainqueurs sont ceux qui sont restés fidèles en Christ dans toutes les églises puisqu'ils viennent du monde entier.


Dans tous les cas, la foule ne peut être que des fidèles en Christ car ils ont lavé leur robe dans le sang du Christ.



Verset 10 : " et ils criaient d'une voix forte : " Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône et à l'Agneau. "


L'ensemble des saints qui ont été enlevés glorifient Dieu et Jésus-Christ.


Versets 11 et 12 : " Tous les anges qui se tenaient autour du trône, des anciens et des quatre êtres vivants se prosternèrent, le visage contre terre, devant le trône et ils adorèrent Dieu en disant : " Amen ! La louange, la gloire, la sagesse, la reconnaissance, l'honneur, la puissance et la force sont à notre Dieu, aux siècles des siècles ! Amen ! "


Tous ceux qui sont aux cieux glorifient Dieu.


Versets 13 et 14 : " L'un des anciens prit la parole et me dit : " Ceux qui sont habillés d’une robe blanche, qui sont-ils et d'où sont-ils venus ? Je lui répondis : " [Mon] Seigneur, tu le sais. " Il me dit alors : " Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation. Ils ont lavé leur robe, ils l’ont blanchie dans le sang de l'Agneau. "


Cette partie est énigmatique. En effet, alors qu'un ancien interroge Jean sur l'origine de ceux qui ont une robe blanche, Jean répond : " tu le sais, Seigneur " et celui-ci explique que ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation.


Tout d'abord, curieusement, Jean appelle l'un des anciens " [mon] Seigneur ". Il ne pourrait pourtant s'agir de Jésus-Christ, puisque Jean dit que c'est l'un des anciens. Qui est donc cet ancien qui mérite l'appellation de Seigneur ? Aucune information n'est donnée, mais on peut imaginer qu'il s'agit d'un des anciens importants.

Mais concernant l’appellation " Seigneur ", il faut se rappeler que dans le chapitre 4, Jean parle des 24 anciens assis chacun sur un trône et ayant chacun une couronne sur la tête. C'est pour cela que Jean dit qu'il s'agit d'un ancien et qu'il l'appelle Seigneur.


Puis l'ancien explique que ceux qui sont habillés d'une robe blanche sont ceux qui viennent de la grande tribulation et qu'ils ont lavé leur robe (leurs péchés) dans le sang du Christ. Par son sacrifice, Jésus-Christ a lavé les péchés des hommes qui croient en Jésus-Christ, le Rédempteur, le Messie.


Mais de quelle tribulation s'agit-il ?


A ce moment précis du récit de l'Apocalypse, nous ne sommes pas encore dans la période de la grande tribulation qui sera décrite plus tard. Donc, comment Jean peut-il voir ceux qui viennent de la grande tribulation ?


Deux explications sont possibles :


  1. La première serait que la grande tribulation dont il est question plus loin dans l'Apocalypse a déjà démarré avant les événements (dès l'ouverture du premier sceau?). Ceux qui ont été enlevés, même s'ils ne vont pas connaître les terribles événements qui vont venir, ont vécu également des moments difficiles. Le mal sur Terre est en effet plus fort financièrement, juridiquement et politiquement que le bien. Les " gentils " souffrent de la dureté du cœur des " méchants " sans pour autant être des martyrs.

    Cette interprétation irait dans le sens de l'hypothèse des pré-millénaristes. Pour les pré-millénaristes, le millénaire aurait lieu avant la grande tribulation avec la libération de Satan qui était enchaîné depuis mille ans. Sa libération permet aux forces du mal de commettre des abominations et de donner le pouvoir afin de tourmenter les gentils. A l’appui de cette hypothèse, Jésus-Christ, dans les lettres qu'il adresse aux sept églises, demande aux croyants de " tenir ", en particulier à l'église de Smyrne, chapitre 2 verset 10 : " Ne redoute pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable va jeter quelques-uns d’entre vous en prison afin que vous soyez mis à l'épreuve, et vous aurez dix jours de détresse. Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. ".

    Mais la grande tribulation peut aussi démarrer sans que Satan soit libéré. A l'ouverture du 1er sceau, les cavaliers ont amené la guerre, la famine et la peste et cela pourrait être considéré comme le début de la grande tribulation.

  2. La deuxième possibilité est qu'il ne faut pas prendre ce récit dans un ordre chronologique rigoureux. Jean est au ciel ; le temps céleste n'est pas le même que sur terre, et ceux qu'il voit sont les vainqueurs de la grande tribulation qui vont se produire plus tard.


Versets 15 à 17 : " C'est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui est assis sur le trône les abritera sous sa tente. Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur brûlante. En effet, l'Agneau qui est au milieu du trône prendra soin d’eux et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. "


Dans ces trois versets, ceux qui sont aux cieux sont réconfortés par Jésus-Christ. Ils auront la vie éternelle, car Jésus-Christ les conduira aux sources des eaux de la vie et ils n'auront plus à souffrir.



CHAPITRE 8


Les 7 trompettes



Les trompettes sont comme les schofars, ils annoncent de grands événements.



Verset 1 : " Quand l'Agneau ouvrit le septième sceau, il y eut dans le ciel un silence d'environ une demi-heure. "


Jésus-Christ ouvre le septième sceau. Un silence d'une demi-heure s'instaure dans le ciel. Il s'agit d'une demi-heure céleste et non terrestre. C'est un peu comme le calme avant la tempête, même s'il ne s'agit pas ici de retenir les quatre vents, comme dans le chapitre 7 où ce temps était dédié à marquer les fidèles en Christ. Ici, ce silence revêt une valeur solennelle.


Notons qu'en précisant qu'il s'agit d'environ une demi-heure, cela signifie que ce temps est relativement court, même s'il est céleste, et qu'il est difficile d’en déterminer la durée réelle.


Certains, en s'appuyant sur le symbolisme des nombres (un jour céleste = un an terrestre), calculent qu'une demi-heure céleste équivaut à une semaine et demie.


On peut se demander pourquoi cette pause. C'est sans doute pour marquer la gravité des événements qui vont suivre.


Verset 2 : " Puis je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu ; sept trompettes leur furent données. "


Le chiffre sept est le nombre symbolique de la perfection. Ce nombre revient plusieurs fois dans l'Apocalypse.


Sept anges se tiennent devant Dieu, attendant des instructions. Ce ne sont pas n'importe quels anges, car l'article défini " les " est utilisé, ce qui laisse supposer qu'ils occupent une position particulière dans le royaume des cieux.


A chacun, une trompette est donnée. La trompette symbolise la puissance d'avertissement de la venue de Dieu. Par exemple, dans Exode 19:16-17, Dieu est précédé d'une trompette qui annonce sa venue. Dans le langage des prophètes, les trompettes annonçaient des révélations et des jugements de Dieu, comme dans Esaïe 58:1. Dans le même esprit, ces sept trompettes symbolisent des événements puissants qui doivent être annoncés.


Verset 3 : " Un autre ange vint. Il se plaça vers l'autel, tenant un encensoir d'or. On lui donna beaucoup de parfums afin qu'il les offre, avec les prières de tous les saints, sur l'autel d'or qui est devant le trône. "


L'encensoir est en or, tout comme l'autel, ce qui signifie qu'ils ont une très grande importance.

On brûlait des parfums dans les encensoirs pour faire " monter " les prières vers les cieux, car le parfum est agréable à Dieu.


Verset 4 : " La fumée des parfums monta de la main de l'ange devant Dieu avec les prières des saints. "


Comme nous venons de le voir dans le verset précédent, le parfum symbolise les prières, ici ce sont les prières des saints qui montent.


Verset 5 : " L'ange prit l'encensoir, le remplit du feu de l'autel et le jeta sur la terre. Il y eut alors des coups de tonnerre, des voix, des éclairs et un tremblement de terre. "


Mais, alors que le verset précédent laissait planer un moment de quiétude, l'ange remplit l'encensoir avec le feu de l'autel et le jeta sur la terre.

On est surpris par cet acte violent, mais rappelons-nous du chapitre 6, versets 10 et 11, où les martyrs demandent : " Jusqu'à quand, Maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice et à venger notre sang sur les habitants de la terre ? ".

Le temps est venu !

Et il y eut des coups de tonnerre, des voix, des éclairs et un tremblement de terre. Jean utilise tous les phénomènes catastrophiques qu'il connaît pour décrire cette terrible annonce qui semble effroyable.


Verset 6 : " Puis les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner. "


Les quatre premières trompettes qui vont suivre rappellent les plaies d'Egypte.


Verset 7 : " Le premier sonna de la trompette, et de la grêle et du feu mêlés de sang s'abattirent sur la terre. Le tiers de la terre fut brûlé, le tiers des arbres fut brûlé et toute herbe verte fut brûlée. "


La grêle est dévastatrice pour les récoltes, et pour les populations méditerranéennes, elle est rare. C'est l'une des plaies d'Egypte.

Du feu mêlé de sang s'abat sur la terre. Le feu est souvent associé à la colère de Dieu, et le sang rappelle également les plaies d'Egypte et le sang versé par les martyrs.


Le tiers signifie un très grand nombre. On voit ici que la terre elle-même n'est plus épargnée, car les arbres et toute l'herbe verte furent brûlés.


Remarque : en symbolique, la terre représente la population tranquille, les arbres les dirigeants, et enfin l'herbe la descendance. Mais dans ce contexte, le sens littéral semble plus approprié, car on n'imagine pas que toute la descendance, donc tous les enfants, soient brûlés.


Verset 8 : " Le deuxième ange sonna de la trompette, et quelque chose qui ressemblait à une grande montagne embrasée [par le feu] fut précipité dans la mer. Le tiers de la mer devint du sang. "


Jean décrit " quelque chose qui ressemblait à une grande montagne ". Il utilise les mots dont il dispose pour décrire ce qu'il voit.

Une montagne est une masse imposante, énorme. Celle-ci est en feu et est précipitée dans la mer. La mer devint du sang, rappelant une autre plaie d'Egypte où le Nil devint du sang. Ici, c'est la mer, beaucoup plus vaste que le Nil. On comprend que ce fléau sera bien plus important qu'une des plaies d'Egypte.


Certains utilisent encore la symbolique pour expliquer ce verset. La montagne embrasée représenterait la fureur de Dieu, la mer la population agitée. Cependant, le verset suivant semble plutôt décrire la destruction d'un grand nombre de créatures maritimes ainsi que des bateaux qui voguent dessus.


Verset 9 : " Le tiers des créatures qui vivaient dans la mer mourut, et le tiers des bateaux fut détruit. "


Nous l'avons vu précédemment, le tiers signifie un grand nombre, et comme nous le faisions remarquer au verset précédent, il s'agit bien ici des créatures de la mer et des bateaux concernés par la destruction.


Verset 10 : " Le troisième ange sonna de la trompette, et du ciel tomba une grande étoile qui brûlait comme un flambeau ; elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources d'eau. "

et

Verset 11 : " Le nom de cette étoile est " Absinthe ". Le tiers des eaux fut changé en absinthe, et beaucoup d'hommes moururent à cause de ces eaux, parce qu'elles étaient devenues amères. "


Peut-être s'agit-il d'une météorite dont il est question ici.

L'absinthe est une plante amère.

Une grande quantité des eaux fut rendue amère, que l'on peut traduire par impropres à la consommation, entraînant la mort de nombreux êtres humains.


Verset 12 : " Le quatrième ange sonna de la trompette, et le tiers du soleil fut frappé, ainsi que le tiers de la lune et le tiers des étoiles, de sorte qu’ils s’obscurcirent d’un tiers ; le jour perdit un tiers de sa clarté, et la nuit de même. "


Si l'on considère ce verset d'un point de vue scientifique, une interprétation possible serait l'explosion d'un volcan dont le nuage se répandrait sur toute la terre, obscurcissant le ciel. Ce type d'événement s'est déjà produit dans le passé.


Nous retrouvons cette prophétie dans plusieurs passages :


Marc 13:24 : " Mais ces jours-là, après ce temps de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière. "


Luc 21:25 : " Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles. Et sur la terre, les nations seront dans l'angoisse, épouvantées par le bruit de la mer et des vagues. "


Matthieu 24:29 : " Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel et les puissances célestes seront ébranlées. "


Joël 4:15 : " Le soleil et la lune s'obscurcissent, et les étoiles perdent leur éclat. "


Joël 2:10 : " Devant eux, la terre tremble, le ciel est ébranlé, le soleil et la lune s'obscurcissent et les étoiles perdent leur éclat. "


Esaïe 13:10 : " En effet, les étoiles du ciel et leurs constellations ne diffuseront plus leur lumière ; le soleil s'obscurcira dès son lever et la lune ne fera plus briller sa lumière. "


On peut aussi interpréter ce verset sous un aspect symbolique, la lune représentant Jésus-Christ, le soleil Dieu et les étoiles les anges. La clarté perdue représenterait alors la détresse de la foi.


Verset 13 : " Je regardai et j'entendis un aigle qui volait très haut dans le ciel et qui disait d'une voix forte : " Malheur, malheur, malheur aux habitants de la terre à cause des autres sonneries de trompette, celles que les trois anges vont encore faire retentir ! "


Quatre trompettes ont sonné, chacune amenant des catastrophes. On pourrait penser que les grands bouleversements vont se calmer, mais un aigle qui vole très haut annonce des malheurs à venir, car trois trompettes restent à retentir.


L'aigle est pris comme symbole ; c'est un oiseau qui a une vue extraordinaire de très haut.


Notons que le mot " malheur " est répété trois fois. Trois est le nombre de la divinité, et cette répétition indique que ces malheurs vont réellement se réaliser.


Nous verrons plus loin que trois malheurs sont annoncés.



CHAPITRE 9


Les trompettes (suite)




Verset 1 : " Le cinquième ange sonna de la trompette et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre. La clé du puits de l'abîme lui fut donnée. "


Ce verset est très important et va susciter quelques réflexions.

Un cinquième ange sonne dans sa trompette, et Jean voit une étoile qui était tombée du ciel sur la terre.


Ce passage est rempli d'images puissantes et symboliques, et l' étoile tombée du ciel suscite plusieurs interprétations possibles. Explorons trois pistes qui pourraient éclairer ce passage.


  1. 1. L'étoile comme symbole de Satan

    Une première interprétation est que l'étoile tombée représente Satan lui-même . En effet, dans l'Apocalypse et dans d'autres écrits bibliques, Satan est souvent symbolisé par une étoile. Dans Luc 10 :18 , Jésus dit : " Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. " Ce passage fait écho à l'image d'une étoile tombant du ciel, suggérant la chute de Satan suite à sa rébellion contre Dieu.

    Dans Apocalypse 12:7-9 , " Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduisait le monde entier ; il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. " . Il est également fait mention d'une guerre dans le ciel où Satan et ses anges sont vaincus et jetés sur la terre. Ainsi, l'étoile tombée dans Apocalypse 9:1 pourrait être une représentation symbolique de Satan qui joue un rôle dans la libération des forces destructrices du mal.

    Dans cette perspective, l'étoile tombée pourrait être Satan, à qui Dieu donne temporairement l'autorité pour ouvrir le puits de l'abîme et libérer des forces destructrices. Cette interprétation souligne que Satan, bien que puissant, n'agit que dans les limites permises par Dieu pour accomplir Ses plans.

  2. .L'étoile comme symbole des anges déchus (Genèse 6)

    Une autre piste est de voir l'étoile tombée comme représentant les anges déchus , mentionnés dans Genèse 6:1-4 , où des " fils de Dieu " transgressent l'ordre divin en s'unissant aux filles des hommes. Ces anges, souvent associés à la corruption de l'humanité, ont été emprisonnés dans l' abîme (ou lieu de châtiment). Dans ce cas, l'étoile tombée serait un ange déchu , une entité spirituelle rebelle autorisée à libérer des forces malfaisantes du puits de l'abîme, à l'image des anges de Genèse 6, punis pour leur rébellion. Cela renvoie à l'idée de jugement divin, où les forces du mal agir sous la permission de Dieu. Voir Jude 1:6 : " Et les anges qui n'ont pas gardé leur dignité, mais qui ont abandonné leur propre demeure, il les a réservés dans les chaînes éternelles sous les ténèbres, pour le jugement du grand jour. "

    et Apocalypse 12:4 : " Et sa file d'attente entraîna le tiers des étoiles du ciel et les jets sur la terre. "

    Dans cette optique, l'étoile tombée pourrait être l'une de ces entités rebelles libérées pour participer au jugement final.

  3. L'étoile comme symbole d'une autorité terrestre déchue.

    Une troisième lecture possible est de voir l'étoile comme un symbole d'une autorité terrestre déchue , comme un empire, un royaume ou un roi. Dans la Bible, les étoiles peuvent parfois représenter des rois ou des puissances humaines (par exemple, dans Daniel 8:10 et Apocalypse 12:1 ). Cette interprétation suggère que l'étoile tombée représente un pouvoir terrestre corrompu ou un royaume qui perd sa légitimité et sa puissance, s'effondrant sous le jugement divin. Apocalypse 12:4 : " Et sa file d'attente entraîna le tiers des étoiles du ciel et les jets sur la terre. ". Cela pourrait indiquer la chute d'un pouvoir terrestre, entraînant avec lui d'autres puissances. Et Daniel 8:10-11 : Parle d'un pouvoir qui " tombe " et est renversé dans un contexte de jugement.

    Dans ce cas, l'étoile symboliserait la déchéance d'un système ou d'un royaume terrestre, apportant avec lui des forces destructrices.


Conclusion : Que représente l'étoile tombée ?

L'étoile tombée dans Apocalypse 9:1 peut être interprétée de différentes manières, selon le cadre symbolique qu'on privilégie. Elle pourrait être :

  1. Satan lui-même , un être spirituel déchu et porteur de destruction, comme l'indiquent les passages de Luc 10:18 et Apocalypse 12:9.

  2. Un ange déchu , lié à la rébellion des "fils de Dieu" dans Genèse 6, emprisonné et maintenant libéré pour agir dans le jugement divin.

  3. Une autorité terrestre déchue, représentant un empire ou une puissance humaine qui perd son pouvoir et déclenche des catastrophes.


Dans toutes ces interprétations, l'étoile symbolise une chute et une libération de forces malfaisantes, mais toujours sous le contrôle ultime de Dieu, qui utilise même ces puissances pour accomplir son plan divin dans les derniers jours.


Surtout, il faut remarquer que le temps de l'imparfait est utilisé. Jean ne voit pas un ange tomber, mais un ange qui était tombé.


Dans la suite du verset, nous apprenons que la clé de l'abîme lui a été donnée et que cette action se situe toujours dans le passé.


Que signifie la clé de l'abîme ?


L'abîme est l'endroit où règnent les esprits maléfiques, comme le montre par exemple Luc 8 : 31, où le démon nommé " Légion " demande à Jésus-Christ de ne pas l'envoyer dans l’abîme.

Le fait de donner la clé de l'abîme signifie que l'ange détient le pouvoir d'ouvrir ou de fermer cet abîme.



En résumé, le pouvoir a été donné dans le passé à Satan, ou un ange déchu ou encore une entité terrestre pour ouvrir ou fermer le lieu où résident les esprits mauvais.


Remarque :


L'utilisation de l'imparfait " était tombé " donne la version de Satan comme ange déchu plus vraisemblable. Reste à savoir quand se déroule cet événement, pendant lequel Satan ouvre le puits de l'abîme. En effet, Jean voit une action passée, mais rien n'indique à quel moment cette action se situe.


Et on peut logiquement penser que :


  1. Satan souhaite ouvrir le puits de l'abîme. Donc si on lui donne les clés de l'abîme, il va s'en servir sans attendre.

  2. Pour pouvoir ouvrir le puits, Satan doit être libre de ses chaînes.



Il en découle plusieurs hypothèses :


  1. Première hypothèse : le puits a été ouvert bien avant les événements de l'Apocalypse que l'on appelle la grande tribulation.

  2. Deuxième hypothèse : le puits a été ouvert peu de temps avant la grande tribulation, c'est-à-dire dans le déroulement des événements de l'Apocalypse.

  3. Troisième hypothèse : le puits est ouvert après la grande tribulation.


Enfin, il existe une quatrième hypothèse, dans laquelle il faut comprendre " le puits de l'abîme " sous son aspect spirituel et ainsi comme une image du délabrement moral.


On peut donc en conclure les 2 remarques suivantes :


Remarque 1 : si Satan n'ouvre pas le puits après la grande tribulation, c'est qu'il l'ouvre avant.

Remarque 2 : si Satan ouvre le puits de l'abîme avant la grande tribulation, c'est qu'il n'est pas enchaîné avant la grande tribulation.


Nous verrons plus loin que Satan a été enchaîné à un certain moment pendant 1000 ans et qu'il a été libéré peu de temps ; est-ce pour ouvrir le puits de l'abîme ? Autrement dit, Satan a-t-il été libéré de ses chaînes pour ouvrir le puits de l'abîme ?



Verset 2 : " Elle ouvrit le puits de l'abîme et une fumée pareille à celle d'une grande fournaise monta du puits ; le soleil et l'air furent obscurcis par la fumée du puits. "


La clé ouvrit le puits de l’abîme. Rappelons que le temps est mis au passé et que le temps terrestre n'est pas le temps céleste. La fumée est intense, car Jean la décrit comme celle produite par une grande fournaise. La fumée dans la Bible accompagne souvent la colère de Dieu, mais ici elle vient du puits de l'abîme et laisse donc présager des moments funestes. L'obscurcissement du soleil et de l'air peut être pris au sens propre, mais il faut certainement le prendre ici d'un point de vue spirituel. Le soleil représente Dieu, tandis que l'air est nécessaire pour la vie ; ainsi, la fumée va vicier l'air pour tous les hommes. C'est aussi une image pour exprimer que Satan étend son pouvoir sur toute la Terre.



Verset 3 : " Des sauterelles sortirent de la fumée et couvrirent la terre, et un pouvoir semblable à celui des scorpions de la terre leur fut donné. "


Les sauterelles représentent un fléau, comme dans les plaies d’Egypte. Elles sortent de la fumée, qui elle-même sort de l'abîme et recouvre toute la Terre. Mais ici, elles ne représentent pas seulement une calamité, car elles ont un pouvoir semblable à celui des scorpions. Les piqûres des scorpions sont particulièrement douloureuses ; on peut en conclure de ce verset que les sauterelles présagent des moments de douleurs intenses pour l'ensemble de l'humanité.



Verset 4 : " Elles reçurent l’ordre de ne pas faire de mal à l'herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n'avaient pas l’empreinte de Dieu sur le front. "


Ce verset confirme que les sauterelles ne doivent pas être prises en tant qu'insectes, mais bien en tant qu'images d'un fléau, car les sauterelles ont ordre de ne pas faire de mal à l'herbe de la terre, ni à aucun végétal. Or, les sauterelles sont connues pour leur voracité. Leur objectif est d'ailleurs fixé : elles ne doivent tourmenter que les hommes qui n'ont pas été marqués. Comme il a été demandé aux quatre anges d'épargner la terre, la mer et les arbres (voir verset 3 du chapitre 7 : " Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres avant que nous ayons marqué d'une empreinte le front des serviteurs de notre Dieu. "), ici les sauterelles doivent épargner ceux qui ont reçu l'empreinte de Dieu.


Remarque : au chapitre 7, certains seront marqués sur le front ; ici, il s'agit de l'empreinte de Dieu sur le front. Cela confirme qu'il faut prendre les mots " marquer " et " empreinte " comme une identification spirituelle et non comme un marquage physique.


On retrouve cela également dans Deutéronome 11 : 18 : " Gravez donc bien ces ordres que je vous donne dans votre coeur et au tréfonds de votre être, qu’ils soient attachés comme un signe sur vos mains, et comme une marque sur votre front. "


Et dans Jean 6 : 27 : " Travaillez, non pour la nourriture périssable, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, celle que le Fils de l'homme vous donnera, car c'est lui que le Père, Dieu lui-même, a marqué de son empreinte. "


Il s'agit bien d'une empreinte spirituelle.



Autre remarque : nous avons vu au chapitre 7 que ceux qui avait la marque sur le front ont été enlevés. Dans ce verset, l'ange demande aux sauterelles de ne pas épargner ceux qui n'ont pas eu la marque sur le front, c'est-à-dire tous les êtres humains encore vivants sur la terre puisque ceux qui ont été marqués ont été enlevés.


Verset 5 : "Il leur fut permis, non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois. Le tourment qu'elles causaient était comme celui causé par le scorpion quand il pique un homme. "


Il s'agit bien de tourmenter les hommes et non de les tuer, comme les piqûres de scorpion. Cette période durera cinq mois. Cette durée de cinq mois est reprise au verset 10. Cela indique une période courte.

Certains pensent qu'il s'agit des cinq mois pendant lesquels les sauterelles sévissent réellement dans la nature, de mai à septembre.

Nous reviendrons sur cette période de 5 mois plus loin.



Verset 6 : " Durant ces jours-là, les hommes rechercheront la mort et ne la trouveront pas. Ils désireront mourir, mais la mort fuira loin d'eux. "


Ce verset souligne l'intensité des tourments dont feront l'objet les hommes, qui iront jusqu'à souhaiter la mort sans la trouver.



Versets 7 à 10 : " Ces sauterelles ressemblaient à des chevaux préparés pour le combat. Elles avaient sur la tête comme une couronne d'or, et leur visage était pareil à celui d'un homme. "

" Elles avaient des cheveux semblables à des cheveux de femme et leurs dents étaient comme celles des lions. "

" Leurs poitrines étaient comme une cuirasse de fer et le bruit de leurs ailes ressemblait à celui de chars tirés par plusieurs chevaux qui courent au combat. "

" Elles avaient des queues armées de dards comme les scorpions, et c'est dans leur queue que se trouvait leur pouvoir de faire du mal aux hommes durant cinq mois. "


Dans ces versets, les sauterelles sont décrites en détail pour montrer l'importance des fléaux qu'elles amènent. Notons les détails suivants :


- Le fait que les sauterelles aient une couronne d'or signifie qu'on leur a donné un pouvoir.

- Leur visage semblable à celui d'un homme indique qu'il ne s'agit pas d'insectes.

- Leurs cheveux ressemblant à ceux des femmes montrent qu'elles séduisent, mais elles ont des dents de lion, car les sauterelles sont puissantes et font peur.

- Ces sauterelles sont harnachées non pour la guerre physique, mais pour la guerre spirituelle, et leurs ailes signifient qu'elles se répandent partout dans le monde.


Certains exégètes pensent que les sauterelles sont envoyées par le Christ du fait de leurs couronnes d'or, en comparaison avec les 24 anciens qui avaient des couronnes d'or (voir chapitre 4, verset 4). Mais cela est contestable, car elles sortent du puits de l'abîme qui a été ouvert par Satan. Ce ne serait pas logique que Jésus-Christ dirige ces sauterelles. D'ailleurs, leur cheveux de femme qui ont un rôle de séduction est plus un caractère de Satan.


On retrouve également la durée de cinq mois pour préciser le temps de ce fléau (voir verset 5). Ce temps est expliqué par la queue des sauterelles qui possèdent un dard.


Concernant cette durée de cinq mois, on peut se poser les questions suivantes :


A. ? quoi correspondent ces cinq mois : temps céleste ou temps terrestre ?

B. Pourquoi cinq mois ?


Tout d'abord, si l'on prend cinq mois comme temps céleste, sachant qu'un jour équivaut à un an, cinq mois correspondront alors à 5 x 30 = 150 ans. Cela signifierait entre autres que pendant 150 ans, ceux qui n'auront pas été " marqués sur le front " seraient tourmentés, et ceux qui ont été marqués seraient épargnés. Cela semble un peu curieux. Mais on peut objecter que ceux qui ont gardé la foi traverseront ces douleurs avec plus de sérénité, tels les martyrs qui ne craignaient pas la mort, car ils savaient que leur récompense était grande. Les cinq mois comme temps céleste ne sont donc pas à rejeter.


Si l'on retient l'hypothèse des cinq mois terrestres, on doit alors s'interroger logiquement : que se passe-t-il pendant ces cinq mois ?


Nous n'avons comme seul élément que ceux qui ont été marqués sur le front ne sont pas tourmentés, au contraire des autres. Pourquoi ceux qui sont spirituellement marqués sur le front échappent-ils à ce tourment et que deviennent-ils ?


En conclusion, nous n'avons pas d'explication absolue sur cette durée de cinq mois.


Cependant, parmi les différentes hypothèses de l'Apocalypse, celle de l'enlèvement de l'Eglise du Christ pourrait apporter une réponse : il s'agirait de la période de l'enlèvement de l'épouse du Christ. Pendant cette période de cinq mois, ceux qui ont été marqués, seraient enlevés dans les cieux. En conséquence, l'enlèvement sera pour ceux qui n'auront pas été marqués, une source de tourment, car ils comprendront alors que des temps difficiles sont à venir et qu'ils ont échappé à cet enlèvement.


A l’appui de cette hypothèse de l'enlèvement dans la première épître aux thessalonicien chapitre 4 verset 16, Paul déclare : « En effet, le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel et ceux qui sont morts en Christ ressusciteront d'abord. »

et également dans sa 1ère épître aux Corinthien chapitre 15 verset 51 à 53, il déclare  :  « Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés, en un instant, en un clin d'œil, au son de la dernière trompette. La trompette sonnera, alors les morts ressusciteront incorruptibles et nous, nous serons transformés. Il faut en effet que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité et que ce corps mortel revête l'immortalité »



Verset 11 : " ? leur tête, elles avaient comme roi l'ange de l'abîme, appelé en hébreu Abaddon et en grec Apollyon. "


Les sauterelles sont dirigées, guidées par l'ange de l'abîme appelé Abaddon en hébreu ou Apollyon en grec. Abaddon en hébreu signifie " destruction " ou " abîme " ou " perdition ", ce que l'on retrouve dans Job 26 : 6 et Job 28 : 22. ? remarquer que dans Hébreux 2 : 14, l'ange de la mort est identifié comme le diable, c'est-à-dire Satan.


Ainsi, pour résumer ce premier malheur, Satan dirige les sauterelles pour tourmenter ceux qui n'ont pas été marqués sur le front, c'est-à-dire identifiés comme fidèles en Christ.


Il faut noter que nous pouvons aussi en déduire que Satan n'est pas enchaîné à ce moment-là puisqu'il dirige cette armée de sauterelles. Qu'il était déjà sur Terre et que les clés de l'abîme lui ont été données.



Verset 12 : " Le premier malheur est passé. Voici que deux malheurs viennent encore après cela. "


Ce verset nous dit que le premier malheur est passé, ce qui suggère qu'il y aura d'autres malheurs à venir, ce que confirme la fin de ce verset, qui annonce deux autres malheurs.



Versets 13 et 14 : " Le sixième ange sonna de la trompette, et j'entendis une voix venant des quatre cornes de l'autel d'or qui est devant Dieu. Elle disait au sixième ange qui tenait la trompette : " Relâche les quatre anges qui sont enchaînés près du grand fleuve, l'Euphrate. "


Le sixième ange sonne sa trompette. Jean entend alors une voix venant des quatre cornes de l'autel d'or devant Dieu qui lui dit de relâcher les quatre anges qui sont enchaînés près de l'Euphrate. Jean ne précise pas d'où vient cette voix, mais il est vraisemblable qu'elle vienne de Dieu lui-même, car elle provient de l'autel d'or mais d'autres pensent qu'il s'agit de la voix de Jésus-Christ.


Concernant les quatre anges, il existe plusieurs interprétations à leur sujet :


A. Certains pensent que ces quatre anges sont ceux qui retenaient les quatre vents (voir chapitre 7, verset 1).

B. D'autres pensent qu'il s'agit d'autres anges démoniaques. Ils s’appuient sur le fait que, dans la Bible, ce qui vient de l'est de l'Euphrate représentait souvent des invasions barbares, en particulier des Parthes, ainsi que toutes sortes de calamités.


Discussion :


Les quatre anges dans le chapitre 7 retiennent les quatre vents : EST - SUD - OUEST et NORD. Jean précise que ces anges étaient enchaînés, ce qu'il ne faut pas prendre au sens propre, mais qui signifie qu'ils étaient empêchés d'agir. Cette notion est importante à retenir, car nous verrons plus loin que Satan a été enchaîné, ce qui signifie également qu'il a été empêché d'agir.


Enfin, Jean nous précise le lieu où se tiennent les quatre anges : ils sont près de l'Euphrate, c'est-à-dire à la limite de la terre promise à Israël.


Il semble assez logique de penser qu'il s'agit bien des quatre anges qui retenaient les quatre vents, car étant situés au même point (près du grand fleuve Euphrate) et comme les vents partent dans des directions opposées, ils divergent à partir de ce point pour se répandre sur toute la Terre.



Verset 15 : " Ainsi les quatre anges qui étaient prêts pour l'heure, le jour, le mois et l'année furent relâchés afin de faire mourir le tiers des hommes. "


Le " timing " est précis dans le plan de Dieu, car il est précisé que les anges étaient prêts pour l'heure, le jour, le mois et l'année. Ces anges de la mort sont relâchés pour faire mourir le tiers des hommes. Le tiers doit être pris au sens symbolique, c'est-à-dire comme représentant un grand nombre. Les versets suivants vont nous préciser comment ils seront tués.



Verset 16 : " Le nombre des troupes de la cavalerie était de 200 millions ; j'en entendis le nombre. "


Jean entend le nombre de cavaliers qui va se déchaîner ; ils sont 200 millions. Ce nombre est énorme, jamais aucune armée n'a réuni autant de troupes. Cette quantité indique qu'ils vont envahir toute la terre. Ainsi, en partant de l'Euphrate, on peut logiquement penser qu'ils vont se répandre sur toute la surface du globe, comme les vents qui vont aux quatre points cardinaux.



Verset 17 : " Voici comment, dans la vision, je vis les chevaux et ceux qui les montaient : ils avaient des cuirasses couleur de feu, d'hyacinthe et de soufre. Les têtes des chevaux étaient comme des têtes de lions, et de leur bouche sortaient du feu, de la fumée et du soufre. "


Jean nous détaille la vision qu'il a reçue de cette armée qui est terrifiante. Les chevaux représentent la guerre et constituaient ce qu'il y avait de plus impressionnant, surtout lorsqu’ils étaient pourvus d'une cuirasse. Ici, c'est une cuirasse de couleur feu, d'hyacinthe et de soufre. Autrement dit, de couleur rouge, bleue et jaune. Ces trois couleurs correspondent aux trois pouvoirs de destruction qu'elles possèdent. Il est cependant difficile de donner une valeur symbolique à ces couleurs.


Leur tête, semblable à celle d'un lion, avec du feu, de la fumée et du soufre sortant de leur bouche, indique qu'ils possèdent trois pouvoirs destructeurs. On retrouve ici les trois couleurs de leurs cuirasses.



Verset 18 : " Le tiers des hommes fut tué par ces trois fléaux : le feu, la fumée et le soufre, qui sortaient de leur bouche. "


Le tiers signifie qu'un grand nombre de personnes furent tuées par les trois pouvoirs destructeurs précédemment décrits : le feu, la fumée et le soufre.



Verset 19 : " En effet, le pouvoir des chevaux se trouvait dans leur bouche et dans leur queue. Leurs queues ressemblaient à des serpents ; elles avaient des têtes, et c'est par elles qu'ils faisaient du mal. "


Jean nous décrit plus précisément le pouvoir des chevaux qui, en plus de leurs têtes destructrices, ont une queue qui ressemble à des serpents avec plusieurs têtes, et c'est de leurs têtes des serpents que les chevaux faisaient le mal. On comprend qu'il ne s'agit pas de cavaliers, mais bien de chevaux, et que ces chevaux sont une image. Le serpent est généralement associé à Satan. En reprenant l'image des quatre anges qui retiennent les quatre vents, puis qui les relâchent sur l'ordre de Jésus-Christ, le fléau des chevaux évoque alors les forces du mal qui sont laissées libres d'agir.



Versets 20 et 21 : " Les autres hommes, ceux qui n'avaient pas été tués par ces fléaux, ne se détournèrent pas de ce que leurs mains avaient fait : ils ne cessèrent pas d’adorer les démons et les idoles en or, en argent, en bronze, en pierre et en bois qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher, et ils ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leur sorcellerie, ni de leur immoralité sexuelle, ni de leurs vols. "


Comme dans les plaies d'Egypte, les hommes, malgré ce fléau, ne changent pas d'attitude et restent dans le péché.

 

CHAPITRE 10



L'ange et le petit livre



Verset 1 : « Puis je vis un [autre] ange puissant descendre du ciel, enveloppé d'une nuée. Au-dessus de sa tête était l'arc-en-ciel ; son visage était comme le soleil et ses jambes comme des colonnes de feu. »

Nous sommes dans une action au présent et non au passé, comme dans le chapitre précédent, lorsque Jean voit un ange qui était descendu.

Ici, Jean voit un (autre) ange qui descend du ciel, mais de quel ange s'agit-il ?

Jean nous le décrit comme un ange puissant, ce qui peut paraître étrange. En effet, lors des apparitions des anges décrites dans la Bible, il n'est jamais fait mention d'anges puissants, sous-entendant que les autres ne l'étaient pas.

Cet ange est enveloppé d'une nuée, avec un arc-en-ciel au-dessus de sa tête, son visage étant comme un soleil et ses jambes comme des colonnes de feu. Cela ne ressemble pas aux descriptions des anges que nous trouvons dans les différents textes de la Bible, mis à part la nuée qui signifie qu'il vient du ciel.

Pour cela, reprenons cette description en la détaillant :

Tout d'abord, il est puissant. Jean veut par là signifier qu'il ne s'agit pas de n'importe quel ange. Il ne voit pas l'ange en détail, mais il ressent sa puissance.

Au-dessus de sa tête se trouve un arc-en-ciel. L'arc-en-ciel symbolise souvent une alliance (Genèse 9:8-13). Il symbolise aussi la paix et la bénédiction divine (voir Apocalypse 4:3). Il s'agit donc d'un ange qui a un pouvoir de paix, en tant que représentant d'une alliance et de la bénédiction divine.

Son visage était comme le soleil. Cette description nous rappelle celle de Jésus-Christ lors de sa transfiguration (voir Matthieu 17:2).

Ses jambes sont comme des colonnes de feu. Ces colonnes de feu nous font penser à celles qui guidaient les Israélites dans le désert après leur fuite d'Egypte.

En résumé, c'est un ange puissant qui apporte la paix ou une nouvelle alliance, dont le visage est illuminé comme celui de Jésus-Christ lors de sa transfiguration, et qui guide son peuple, car ses jambes sont comme les colonnes de feu qui guidaient les Juifs dans le désert.

En conclusion : il paraît plus que vraisemblable qu'il ne s'agit pas d'un ange, mais de Jésus-Christ. Si Jean parle d'un ange puissant au début, c'est parce qu'il ne le voit pas de près quand il descend du ciel et donc ne reconnaît pas son visage, mais la suite de sa description ne laisse pas de doute.



Verset 2 : « Il tenait dans sa main un petit livre ouvert. Il posa son pied droit sur la mer et son pied gauche sur la terre. »

Jean nous décrit Jésus-Christ tenant un petit livre ouvert. Remarquons que le livre est petit, ce qui indique que ce n'est pas la quantité de données qui est importante, mais ce qui y est écrit. Nous verrons plus loin que ce livre est destiné à Jean ; il s'agit donc vraisemblablement de la révélation, de ce qui va se passer maintenant.

De plus, le livre est ouvert, ce qui indique qu'il ne contient pas d'informations confidentielles. Jésus-Christ n'a plus rien à cacher, maintenant que le 7ème sceau est ouvert ; le temps est venu de l'accomplissement de sa parole.

Il posa son pied droit sur la mer et son pied gauche sur la terre. Mettre le pied sur quelque chose indique une prise de pouvoir. Jésus-Christ, par cette position, montre qu'il a le pouvoir sur la terre et sur la mer. On peut prendre la terre et la mer au sens géographique, mais aussi au sens symbolique, la mer représentant l'humanité agitée et la terre l'humanité en paix.

Dans les deux cas, Jésus-Christ est descendu du ciel pour prendre le pouvoir sur le monde.



Verset 3 : « et il cria d'une voix forte, comme un lion qui rugit. Quand il eut crié, les sept tonnerres firent entendre leur voix. » 

Le pouvoir de Jésus-Christ s'exprime avec sa voix puissante, telle celle d'un lion, le lion étant le symbole de la puissance.

« Les sept tonnerres firent entendre leur voix ». Le tonnerre est souvent utilisé dans la Bible pour annoncer des choses importantes, et sept est un nombre symbole de plénitude, nombre qui revient souvent dans l'Apocalypse.

Ce qui est surprenant, c'est l'utilisation de l'article « les », qui suppose que nous connaissons ces sept tonnerres. Or, ils ne sont pas nommés.

Certains interprètent les sept tonnerres par le psaume 29, où David fait appel sept fois au tonnerre qu'il appelle voix de Dieu.

Retenons, en tout cas, que ces tonnerres sont au nombre de sept et que leur plénitude annonce quelque chose d'important à venir.



Verset 4 : « Quand les sept tonnerres eurent fini de parler, j'allais écrire, mais j'entendis du ciel une voix qui disait : « Marque du sceau du secret ce qu'ont dit les sept tonnerres, ne l'écris pas. »

Ce verset est assez énigmatique. Jean s'apprête à écrire ce que les sept tonnerres lui ont révélé, mais une voix venue du ciel lui dit de ne rien écrire. Or, dans le verset précédent, le petit livre ouvert semblait indiquer qu'il n'y avait plus rien à cacher.

Ce qu'il faut comprendre dans ce verset, c'est que le mystère est révélé à Jean, mais pour l'instant, il lui est demandé de garder encore secret ces informations, comme ce fut le cas pour Daniel 12:9 : «  Vas-y, Daniel, car ces paroles seront tenues cachées et marquées du sceau du secret jusqu'au moment de la fin » , à qui une révélation a été faite mais qui ne devait pas encore être dévoilée.



Verset 5 :? Alors l'ange que j'avais vu debout sur la mer et sur la terre leva sa main [droite] vers le ciel. ?

Nous avons vu précédemment que l'ange qui avait un pied sur terre et un pied sur la mer, que Jean avait vu, est Jésus-Christ. Jésus-Christ lève alors sa main droite. Ce geste est symbolique. La main exprime l'action et la droite, le pouvoir.

Remarque : Dans Daniel 12:7 : « Et j'ai entendu l'homme habillé de lin, celui qui se tenait au-dessus de l'eau du fleuve : il a levé sa main droite et sa main gauche vers le ciel et il a juré par celui qui vit éternellement que ce serait dans un temps, deux temps et la moitié d'un temps, et que tout cela prendrait fin quand la force du peuple saint serait entièrement épuisée ». Celui que Daniel voit n'est autre que Jésus qui jure au nom de son Père.

Il faut voir dans ce verset, ainsi que dans le verset précédent avec les tonnerres, une confirmation de la prophétie de Daniel. Ce qui va se produire était écrit !



Verset 6 : « et jura par celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et ce qui s'y trouve, la terre et ce qui s'y trouve, ainsi que la mer et ce qui s'y trouve : Il n'y aura plus de délai ».

Jésus-Christ jure au nom de son Père : Dieu, et il affirme un message important : ? Il n'y aura plus de délai. ? L'avènement va se produire incessamment sous peu et il n'y aura plus de repentances possibles, ni de conversions.



Verset 7 : « mais quand viendront les jours où l'on entendra le septième ange sonner de la trompette, le mystère de Dieu s'accomplira, comme il l'a annoncé à ses serviteurs les prophètes ».

Jésus-Christ nous informe que lorsque la 7ème trompette retentira, elle annoncera le jugement dernier ; le mystère de Dieu va s'accomplir comme il l'a annoncé à ses prophètes (Daniel, Ezéchiel, etc.) et à ses serviteurs (disciples...). On comprend alors que les versets 5 et 6 évoquaient les prophètes, en particulier Daniel, pour confirmer que tout va s'accomplir comme cela a été annoncé.



Verset 8 : « La voix que j'avais entendue du ciel me parla de nouveau et me dit : ? Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. »

La voix (des sept tonnerres, voir versets 3 et 4) dit à Jean de prendre le petit livre ouvert dans la main de Jésus-Christ. Il n'y a pas de doute sur le fait que ce soit Jésus-Christ, car il se tient debout sur la mer et la terre.

Remarque : La voix des sept tonnerres est vraisemblablement celle de Dieu.



Verset 9 : « J'allai donc vers l'ange et lui demandai de me donner le petit livre. Il me dit : Prends-le et avale-le ; il sera amer dans ton ventre, mais dans ta bouche, il sera doux comme du miel. »

et Verset 10 : « Je pris le petit livre de la main de l'ange et je l'avalai. Dans ma bouche, il fut doux comme du miel, mais quand je l'eus avalé, mon ventre fut rempli d'amertume. »

Jean obéit à Jésus-Christ, il prend le livre et l'avale. Il confirme que dans sa bouche il est doux comme du miel, mais que son ventre fut rempli d'amertume après l'avoir avalé.

Il s'agit là d'une image. Le livre représente la révélation que Jésus-Christ fait à Jean.

Cette double impression contradictoire entre le doux dans la bouche et l'amer dans le ventre est interprétée différemment.

Pour certains, cette révélation est douce dans sa bouche car elle annonce, pour ceux qui sont fidèles en Christ, une promesse merveilleuse, celle de la résurrection. Mais elle est amère car cette révélation annonce aussi des moments de souffrance et de douleur pendant ces événements.

D'autres objectent que Jean aurait, dans ce cas, d'abord ressenti l'âcreté de la révélation avant la douceur, qui ne serait que la joie d'être choisi pour recevoir cette révélation.

Laissons à chacun le choix de son interprétation, qui ne change pas grand-chose au contexte.



Verset 11 : « Puis on me dit : Il faut que tu prophétises de nouveau sur un grand nombre de peuples, de nations, de langues et de rois. »

Jean reçoit ensuite une instruction, qui est celle de répandre la parole du Christ de nouveau partout dans le monde, parmi tous les peuples, toutes les nations, toutes les langues et tous les régimes.

Remarque : Jean utilise le pronom indéfini « on ». Ce n'est donc pas Jésus-Christ qui donne cette instruction, car il aurait été identifié ne serait-ce que sous le nom de l'ange. On ne sait donc pas qui donne cette instruction, mais elle est claire : il faut sauver le maximum de personnes, car Dieu souhaite qu'il y ait un maximum de gens sauvés. Dieu n'est pas venu pour punir, mais pour sauver le plus possible d'hommes et de femmes.



On comprend alors toute l'essence de cette apocalypse, de cette révélation : ce n'est pas de faire peur, mais de convertir le maximum de personnes à se repentir et à être fidèles en Christ.



CHAPITRE 11


Les 2 témoins



2 témoins sont envoyés à travers le monde afin de rassembler le maximum de brebis vers son berger.



Verset 1 : « On me donna un roseau semblable à une baguette en me disant : ? Lève-toi et mesure le temple de Dieu, l'autel et ceux qui y adorent. »


A l'époque, on utilisait un roseau pour mesurer les longueurs. On retrouve cette image de mesurer avec un roseau en apocalypse 21 :15.


Tout d'abord on demande à Jean de se lever, non parce qu'il était assis mais pour exprimer qu'il doit se mettre en œuvre, et cette œuvre consiste à mesurer le temple.


Notons le pronom indéfini « on » qui signifie qu'on ignore qui donne cet ordre.


Pourquoi on demande à Jean de mesurer le temple ?

Mesurer veut dire quantifier. On peut mesurer dans le but de le reconstruire mais cela n'est pas logique car la bible décrit parfaitement les mesures du temple dans le livre des Rois. Il ne s'agit donc pas d'une mesure dans un but de reconstruire le temple.


Il faut donc prendre la mesure du temple au sens spirituel. Le temple est en effet le lieu de prière, le lieu où l'on rencontre Dieu.

Jésus-Christ nous a dit que le nouveau temple est en nous, dans notre cœur, dans notre foi. Il n'y a donc pas de raison de reconstruire un temple. Il faut donc prendre le mot temple comme une image.


En mesurant le temple, Jean va pouvoir définir les limites du temple, c'est à dire les limites entre le parvis (ceux qui sont restés à l'extérieur du temple) et ceux qui sont à l'intérieur du temple, ceux qui sont fidèles en Christ.


De même il demande de mesurer l'autel.


Il y a 2 interprétations possibles selon qu'il s'agisse de l'autel des sacrifices ou de l'autel des parfums (aucune précision ne nous est donnée).


Dans le cas de l'autel des sacrifices, les sacrifices ont disparus car le vrais sacrifice a été celui de Jésus-Christ qui en donnant sa vie, a offert la rédemption à tous les hommes. Ainsi dans cette interprétation, en mesurant cet autel, cela signifie que ceux qui sont restés fidèles en Christ au cours des événements à venir vont pouvoir bénéficier de la rédemption.


Dans le cas de l'autel des parfums, il faut rappeler que l'on brûlait des parfums pour faire monter les prières et l'on retrouve ainsi l'idée qu'en mesurant l'autel des parfums, Jean va délimiter ceux qui prient sincèrement Dieu.


Les 2 interprétations sont possibles et ne sont pas contradictoires.


A remarquer que la fin du verset indique que Jean en mesurant le temple et l'autel, délimite également ceux qui y adorent ; sous entendu qui adore Dieu.



Verset 2 : « Quant au parvis extérieur du temple, laisse-le de côté et ne le mesure pas, car il a été donné aux nations et elles piétineront la ville sainte pendant 42 mois. »


Le parvis extérieur correspond à la Jérusalem terrestre. Pour rappel, le temple est en nous.

Jean doit laisser de côté le parvis extérieur, il ne doit pas le mesurer car selon ce verset il a été donné aux nations, c'est à dire aux pouvoirs des hommes. Le parvis extérieur désigne tous ce que les hommes ne font pas dans l'esprit de Dieu.


Plus loin, il indique que cette partie sera piétinée par les nations. On retrouve cela dans Luc 21:24 quand Jésus annonce la destruction du temple, il utilise les mêmes termes : « Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés prisonniers dans toutes les nations et Jérusalem sera piétinée par des non-Juifs jusqu'à ce que la période accordée aux nations prenne fin ».


Ici encore la ville sainte : Jérusalem, sera piétinée et ce pendant 42 mois. Soit 3 ans et demi.

Il faut entendre le mot piétinée par  : non respectée, bafouée,...


Remarque intéressante de Luc 21 : 24 : Luc a en effet prophétisé dans ce verset que pendant une période déterminée, Jérusalem sera piétinée par des non juifs jusqu'à ce que cette période prenne fin. Ce fut le cas en 1967 où les Israéliens ont repris Jérusalem. Or dans ce verset 2 cette période a une durée précise de 42 mois, bien que l'on puisse aussi voir cette période sous un aspect symbolique. S'agit-il de la même période ? Cela veut-il dire qu'une nouvelle fois Jérusalem va être piétinée alors qu'Israël avait repris le contrôle de Jérusalem ?



Verset 3 : « Je donnerai à mes deux témoins le pouvoir de prophétiser, habillés de sacs, pendant 1260 jours. »


Jésus-Christ, car il ne peut s'agir que de Jésus-Christ qui parle, va donner à ses 2 témoins le pouvoir de prophétiser.

Il ne faut pas entendre le mot prophétiser seulement sur l'aspect prédire ce qui va se passer mais aussi et sans doute ici par répandre la parole du Christ et appeler à la repentance.

Ils sont habillés de sacs. Cela signifie qu'ils ne sont pas couverts d'apparats mais habillés pauvrement, simplement. Dans la bible lorsque quelqu'un demandait pardon, il se couvrait d'un sac et jetait de la cendre sur lui pour montrer toute son humilité.


Jésus-Christ nous précise la durée de leur mission : 1 260 jours, soit 42 mois ou 3 ans et demi.

Il faut rapprocher cette période à celle précédente des 42 mois pendant laquelle Jérusalem la terrestre sera piétinée, ainsi qu'aux prophéties de Daniel 7:25 et 12 : 7 qui l'exprime en 1 temps, 2 temps et un demi temps ; 1 temps étant égal à 1 an.


Certains prennent à la lettre ce nombre de 3 ans et demi. Mais ces nombres sont aussi symboliques, car 3 ans et demi représente la moitié de 7 ans, 7 étant un nombre complet.


La question que l'on peut se poser c'est qui sont ces 2 témoins ? Aucune précision n'est donnée à ce verset là, mais « mes 2 témoins » avec l'usage du pronom possessif « mes » laisse supposer qu'il ne s'agit pas de n'importe quels témoins et que Jésus-Christ les connaît bien et a beaucoup d'affection pour eux.


Remarque : les témoins sont au nombre de 2 car dans la bible pour qu'un jugement soit accepté il faut au minimum 2 témoins.



Verset 4 : « Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur de la terre. »


Jésus-Christ donne plus de précision sur l'identité des 2 témoins : ce sont les 2 oliviers et les 2 chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur.


Dans Zacharie 4 :11- 14, l'ange qui parlait à Zacharie lui explique qui sont les 2 oliviers qui sont de part et d'autres du chandelier. Il s'agit de Zorozabel et Josué.

Ils sont à l'origine des 2 sources de l'huile nécessaires à alimenter le chandelier, c'est à dire la foi car l'huile représente symboliquement la foi. Il ne s'agit donc pas dans Zacharie de personnes physiques mais plutôt spirituels.


Pourtant dans la suite de ce chapitre, ces 2 témoins ont une œuvre à accomplir comme le ferait un être humain.



Verset 5 : « Si quelqu'un veut leur faire du mal, du feu sort de leur bouche et dévore leurs ennemis. Oui, si quelqu'un veut leur faire du mal, c’est ainsi qu’il doit être tué. »


Ces témoins sont protégés, personne ne pourra les faire taire. Le feu dans la bouche exprime la puissance de leur paroles car c'est celle de Dieu.



Verset 6 : « Ils ont le pouvoir de fermer le ciel afin qu'il ne tombe pas de pluie durant le temps de leur prophétie. Ils ont aussi le pouvoir de changer l’eau en sang et de frapper la terre de toutes sortes de fléaux chaque fois qu'ils le voudront. »


Ces témoins sont pourvu d'un pouvoir considérable. Ils ont pouvoir sur le temps en terme météorologique, de changer l'eau en sang et de frapper la terre de toutes sortes de fléaux.


Remarque : dans ces 2 derniers versets, il y a une personnification de ces 2 témoins qui ne sont pas seulement spirituels comme pouvait le laisser penser le verset 4.


La première partie de ce verset désignerait Elie qui a le pouvoir sur la pluie voir :

Roi 17:1 « Elie le Thishbite, l'un des habitants de Galaad, dit à Achab : L'Eternel, le Dieu d'Israël, dont je suis le serviteur est vivant ! Il n'y aura ces années-ci pas de rosée ni de pluie, sauf sur ma parole. »

et Jacques : 5:17 « Elie était un homme de la même nature que nous. Il a prié avec insistance pour qu'il ne pleuve pas et il n’est pas tombé de pluie sur la terre pendant 3 ans et 6 mois. ». On retrouve dans ce passage le temps de 3 ans et demi.


La deuxième partie de ce verset désignerait Moïse. En effet, dans Exode 7:19 « L'Eternel dit à Moïse : Ordonne à Aaron : ‘Prends ton bâton et tends ta main sur l’eau des Egyptiens, sur leurs rivières, leurs ruisseaux, leurs étangs et tous leurs réservoirs d'eau.’Elle deviendra du sang. Ainsi il y aura du sang dans toute l'Egypte, même dans les récipients en bois et en pierre. »


Mais, il y a d'autres interprétations qui partent du principe que ces témoins ne sont pas morts et donc qu'ils ont été enlevés. Pour cette raisons ces interprétations ont évoqués Enoch et Elie comme étant les 2 témoins.


En ce qui concerne Elie cela confirme la première partie de ce verset mais en ce qui concerne Enoch, cela est plus contestable. En effet, si l'on fait référence à la transfiguration de Jésus-Christ :


=> en Mathieu 17:3 « Et voici que Moïse et Elie leur apparurent ; ils s'entretenaient avec lui (Jésus-Christ). »

=> et Luc 9:30 « Et voici que deux hommes s'entretenaient avec lui (Jésus-christ) : c'étaient Moïse et Elie ».


Ces 2 passages confirment qu'il s'agirait bien de Moïse et d'Elie. Moïse était aussi la source de la foi des juifs donc un des oliviers et il était en discussion avec Elie au côté de Jésus-Christ lors de sa transfiguration.


Remarque : Bien que les textes nous amènent à penser que les 2 témoins soient Moïse et Elie, Jean les a vu car il était présent au moment de la transfiguration de Jésus et pourtant il ne les nomme pas précisément dans ce chapitre. On peut donc légitimement se poser la question de savoir s'il s'agit réellement de Moïse et d'Elie ou de bien de 2 autres prophètes.



Verset 7 : « Quand ils auront fini de rendre leur témoignage, la bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre, les vaincra et les tuera. »


Une fois leur mission terminée, qui pour rappel consiste à porter la parole du Christ et à demander à tous les hommes du monde entier de se repentir, la bête qui monte de l'abîme leur fera la guerre et les tuera.


Qui est la bête qui monte de l'abîme ?


Il ne s'agit pas de Satan car Satan n'est jamais décrit comme une bête mais plutôt comme un ange déchu, une étoile tombée et le plus souvent : un dragon.

Nous verrons plus loin en particulier au chapitre 13 et 17 de quelle bête il s'agit. De même Daniel dans le chapitre 7 avait décrit cette bête et elle correspond parfaitement à la bête décrit dans l'apocalypse aux chapitres 13 et 17.



Verset 8 : « Leurs cadavres seront laissés sur la place de la grande ville appelée symboliquement Sodome et Egypte, là même où leur Seigneur a été crucifié. »


Ce verset est lourd en image. Il compare la place de la grande ville à Sodome et l'Egypte, lieux symboliques du péché et de l'abomination.

La grande ville désigne généralement Babylone, mais Jean précise qu'il s'agit du lieu où Jésus-Christ a été crucifié. La grande ville en question ne peut donc être que Jérusalem.


Il faut aussi noter l'image très forte des cadavres laissées sur place. Pour les juifs, laisser leur cadavre sans les ensevelir représentait ce qu'il y a de plus infamant. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la crucifixion était la mort la plus honteuse à l'époque des romains.


Ce parallélisme avec la crucifixion de Jésus-Christ est lourd de sens et représente autant de charges à l'égard de ceux qui ont tué les 2 témoins. Ils ont été traités comme le Seigneur mais leur sacrifice n'a pas été fait pour racheter les péchés des hommes. C'est un sacrifice gratuit et méchant.



Verset 9 : « Des hommes de divers peuples, tribus, langues et nations verront leurs cadavres pendant trois jours et demi, et ils ne permettront pas qu’on les mette au tombeau. »


Tous les hommes ne sont pas concernés par cette infamie car l'article indéfini « des » est utilisé. Mais des hommes de toutes nations auront connaissance de ces méfaits et en ne laissant pas mettre les cadavres de ces 2 témoins au tombeau seront complices de cette infamie.


Remarque : la durée de cette infamie sera de 3 jours et demi ce qui représente la moitié de 7 jours le temps parfait de Dieu. Ce temps de 3 jours et demi n'est pas le même temps que Jésus-Christ a passé au séjour des morts. Jésus-Christ est en effet ressuscité le 3ème jour. Cette différence montre que cette période n'a pas la même valeur, il ne s'agit pas d'un sacrifice destiné à racheter les péchés des hommes mais bien d'une infamie que les 2 témoins ont subies.



Verset 10 : « Les habitants de la terre se réjouiront à leur sujet, ils feront la fête et ils échangeront des cadeaux, parce que ces deux prophètes leur auront causé bien des tourments. »


Ici c'est l'article défini « les » qui est utilisé, ce qui laisse supposer que tous les habitants de la terre se réjouiront de cette infamie.

Il est cependant douteux que tous les habitants de la terre se réjouissent car cela laisserait à penser que plus personne ne peut être sauvés ce qui n'est pas le cas dans ce qui va suivre. Il faut donc plutôt prendre l'article « les » comme une grande partie des habitants.


Puis dans ce verset, Jean insiste sur le caractère aggravant de l'infamie qu'on subie les 2 témoins car non seulement ces hommes se réjouissent mais ils échangent des cadeaux comme si c'était une victoire et un moment de joie. Moment de joie car ce que les 2 témoins leur ont fait connaître par leurs prêches, les ont tourmenté et ils sentent maintenant libérés.

On peut imaginer que les prêches des 2 témoins n'étaient pas tendre comme certains discours de Jésus-Christ.



Verset11: « Après les trois jours et demi, un esprit de vie venu de Dieu entra en eux et ils se tinrent debout sur leurs pieds ; une grande crainte s'empara alors de ceux qui les voyaient. »


Nous avons là une image magnifique et très forte. Comme Jésus-Christ qui a ressuscité 3 jours après avoir été crucifié, les 2 témoins ressuscitent à leur tour ce qui provoqua une grande peur parmi ceux qui ont été témoin de cette scène.


A noter encore la durée de 3 jours et demi et non 3 jours, 3 jours et demi étant la moitié de 7 jours dont 7 est un nombre parfait.



Verset 12 : « J’entendis une voix forte qui, du ciel, leur disait : « Montez ici ! » Et ils montèrent au ciel dans la nuée sous les yeux de leurs ennemis. »


L'ascension des 2 témoins ressemble à celle de Jésus-Christ. La voix forte est certainement celle de Jésus-Christ qui rappelle à lui ses 2 témoins pour le jugement dernier.


Cette ascension rappelle aussi celle d'Elie voir Roi 2:10 et c'est peut-être pour cette raison que certains pensent que le 2ème témoins est Enoch qui a été enlevé de la même façon qu'Elie tandis que Moïse est bien mort et a été mis en sépulture.



Verset 13 : « A ce moment-là, il y eut un grand tremblement de terre et le dixième de la ville s'écroula : 7000 hommes furent tués dans ce tremblement de terre ; les autres furent effrayés et rendirent gloire au Dieu du ciel ».


Comme après la mort de Jésus-Christ où un grand tremblement de terre provoqua la déchirure du voile du temple, ici un dixième de la ville de Jérusalem s'écroule. Ce n'est pas une grande destruction si l'on compare à apocalypse 9 : 15 où 1/3 des hommes furent tués. Ici 7 000 hommes seulement sont concernés. 7 000 étant un nombre symbolique avec 7 qui est le nombre de la perfection et 1000 signifiant beaucoup à comparer avec 1/3 des hommes au chapitre 9:15 qui signifie un très grand nombre.

La raison de ce faible nombre de tués est peut-être lié au lieu saint qu'est Jérusalem et au fait que les autres furent effrayés et se sont convertis tandis qu'en apocalypse 9 : 15 ils ne se convertirent pas.



Verset 14 : «  Le deuxième malheur est passé. Voici, le troisième malheur vient bientôt »


Pour rappel :

  1. le premier malheur de l'Apocalypse se situe au chapitre 9 et correspond à l'ouverture du puits de l'abîme et les sauterelles qui ont tourmenté les hommes.

  2. Le deuxième malheur vient de se produire avec la mission des 2 témoins dans le monde entier, puis leur mise à mort, leur résurrection et le tremblement de terre sur Jérusalem.


Le troisième malheur va venir avec la septième trompette.

Remarque : le mot bientôt est utilisé. Ce mot bientôt est vague car le temps terrestre n'est pas le temps céleste.



Verset 15 : «  Le septième ange sonna de la trompette et des voix fortes retentirent dans le ciel. Elles disaient : Le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Messie, et il régnera aux siècles des siècles. »


Les 7 trompettes que nous avons vu précédemment forment le contenu du 7ème sceau.

La 7ème trompette annonce le déclenchement de la lutte suprême car le monde est remis à Dieu et à son Messie Jésus-Christ pour l'avènement de son royaume pour des siècles et des siècles autrement dit pour l'éternité.


Le septième et dernier ange sonne la septième trompette.

Des voix fortes se font entendre : il s'agit vraisemblablement des 24 anciens vu au chapitre 4 mais cela n'est pas explicité.



Verset 16 à 18 : « Les vingt-quatre anciens qui étaient assis devant Dieu sur leur trône se prosternèrent, le visage contre terre, et ils adorèrent Dieu en disant: «  Nous te remercions, Seigneur Dieu tout-puissant, toi qui es et qui étais, parce que tu as exercé ta grande puissance et établi ton règne. Les nations se sont irritées, mais ta colère aussi est venue; voici le moment de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre. »


Nous retrouvons les 24 anciens décrits au chapitre 4. Ils rendent gloire à Dieu et remercient le Seigneur car ils savent que l'heure du jugement est venu, la colère de Dieu va s'exprimer et le jugement de Dieu va être accompli. Ceux qui ont souffert pour lui, ceux qui lui sont restés fidèles petits et grands c'est à dire quelque soit leur conditions, vont recevoir leur récompense, tandis que ceux qui font le mal vont être détruits.


Remarque : dans ce verset les anciens accusent ceux qui détruisent la terre. Littéralement ceux qui détruisent l’œuvre de la création de Dieu.



Verset 19 : « Alors le temple de Dieu qui est dans le ciel fut ouvert et l'arche de son alliance apparut dans son temple. Il y eut des éclairs, des voix, des coups de tonnerre, [un tremblement de terre] et une forte grêle. ?


Dieu répond à l'appel des anciens en ouvrant le temple ; l'arche de son alliance apparaît ; et les signes de sa gloire et de sa puissance éclatent.

Ces signes avaient déjà apparu dans la vision initiale du trône voir Apocalypse 4.5. et ils se manifestent encore dans cette scène céleste destinée à inaugurer une nouvelle série de visions.

Quoi qu'il en soit, le sens de ces symboles est clair : le temple ouvert signifie que le saint des saints est accessible et que Dieu va agir avec puissance ; l'arche de l'alliance, redevenue visible, annonce le règne du Messie et l'accomplissement des promesses de la dernière alliance faite par Jésus-Christ . Les éclairs, les tonnerres, le tremblement de terre sont les signes précurseurs du jugement dernier.




CHAPITRE 12



La femme et le dragon



Ce chapitre ne s'inscrit pas dans la chronologie de la révélation car il reprend des événements passés comme la naissance du Christ, de l'église, la crucifixion du Christ, la lutte entre Satan et l'archange Gabriel, la persécution des chrétiens, la tentative de Satan pour détruire l'église et Satan qui poursuit ses tentations auprès de hommes. Ce chapitre est un peu un résumé de l'histoire de l'église comme pour mieux expliquer les événements à venir dans les chapitres suivants.



Verset 1 : « Un grand signe apparut dans le ciel : c’était une femme enveloppée du soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête. »

Alors que le temple de Dieu dans le ciel s'est ouvert (voir le dernier verset du chapitre précédent), Jean voit apparaître un grand signe dans le ciel, il s'agit d'une femme.

Qui est cette femme ?

Examinons les éléments dont nous disposons :

  1. Elle est enveloppée du soleil.

  2. La lune est sous ses pieds.

  3. Elle a une couronne de 12 étoiles sur la tête.

Il existe plusieurs interprétations. Certains voient Marie dans cette femme, mais la plus commune des interprétations est que cette femme représente l'Église du Christ, car les versets suivants (14 et 15) ne corroborent pas cette interprétation.

La lune symbolise souvent Jésus-Christ, car la lune reflète la lumière du soleil. Le soleil, quant à lui, symbolise Dieu. En reflétant le soleil, la lune reflète la gloire de Dieu, et la lune est sous les pieds de cette femme, car Jésus-Christ est le fondement de cette Église. Elle est enveloppée du soleil, car Dieu apporte toute sa bénédiction à cette Église, et elle a une couronne de 12 étoiles qui peut symboliser les 12 tribus d'Israël, les 12 apôtres ou, plus simplement, 12 étoiles, 12 étant le nombre qui symbolise l'Église ou l'autorité de Dieu.



Verset 2 : « Elle était enceinte et elle criait, car elle était en travail, dans les douleurs de l'accouchement. »

Ce verset confirme qu'il ne s'agit pas de Marie, mais bien de l'Église, Marie ne pouvant pas être dans cet état à ce moment précis de la révélation.

Dans la bible, les douleurs de l'enfantement sont souvent une image utilisée par les prophètes pour exprimer les souffrances auxquelles Israël est soumis (Ésaïe 26:17) ou un châtiment à venir (Michée 4:9). Mais ici, il faut plutôt voir la naissance de la nouvelle Église qui va arriver, le terme de cette longue préparation de l'Église.



Verset 3 : « Un autre signe apparut dans le ciel ; c'était un grand dragon rouge feu, qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. »

Jean voit maintenant dans le ciel un dragon. Le dragon représente toujours Satan dans la Bible. Il est rouge feu, signe de puissance destructrice, comme le deuxième cavalier de l'Apocalypse vu au chapitre 6, qui symbolise la guerre. On peut en déduire que Satan est venu pour faire la guerre.

Satan a 7 têtes et 10 cornes. Beaucoup voient dans les 7 têtes les 7 collines de Rome. Mais si on fait le rapprochement avec la description de la bête aux chapitres 13 et 17, ces 7 têtes peuvent aussi symboliser 7 gouvernements, d'autant que sur chacune de leurs têtes est posé un diadème, signe de royauté, de pouvoir politique.

Ainsi, on peut voir également dans cette image, celle de Satan en relation avec le pouvoir politique.



Verset 4 : « Sa queue entraîna le tiers des étoiles du ciel et les jeta sur la terre. Le dragon se plaça devant la femme qui allait accoucher, afin de dévorer son enfant dès qu'il serait né. »

Il y a plusieurs interprétations de ce verset.

Certains voient dans le fait que Satan entraîne avec sa queue le tiers des étoiles, les anges déchus, car les étoiles symbolisent dans la Bible les anges. Pour rappel, 1/3 signifie un grand nombre. Nous verrons dans le verset suivant que cette interprétation va parler d'un combat dans le ciel.

D'autres voient dans cette image Satan s’appuyant sur les forces terrestres (politiques) pour combattre l'Église du Christ naissante. C'est le temps des persécutions à l'époque de l'Empire romain.

Enfin, certains voient la chute des anges liée à la petite corne que voit Daniel en 8:10 : « Elle a grandi jusqu'au niveau des corps célestes. Elle a fait tomber par terre une partie de ces corps et des étoiles, et elle les a piétinés. » L'interprétation de cette vision de Daniel est très intéressante et s'articule avec l'Apocalypse, mais notre propos ici n'est pas de débattre de ces diverses interprétations, juste de les citer. Ces interprétations feront parties d'une discussion qui sera l'objet d'une autre analyse.

Par contre, on peut voir dans la tentative de dévorer l'enfant tout juste né, celle d’Hérode qui fit massacrer tous les enfants de moins de 2 ans dans les environs de Bethléem.



Verset 5 : « Elle mit au monde un fils, un enfant mâle qui doit diriger toutes les nations avec un sceptre de fer, et son enfant fut enlevé vers Dieu et vers son trône. »

Parmi les différentes interprétations du verset 2, ce verset 5 désigne clairement Marie et Jésus comme l'enfant mâle. Marie mit au monde Jésus-Christ qui a bien été enlevé vers Dieu et vers son trône après sa résurrection, et il va bien diriger les nations comme nous le verrons plus loin.

On voit ici toute la complexité des interprétations. Mais si l'on regarde de plus près ces interprétations du verset 4, elles ne sont pas contradictoires. En effet, Marie a engendré Jésus-Christ qui a lui-même bâti son Église. On peut donc dire que la femme est à la fois Marie et l'Église de Jésus-Christ.



Verset 6 : « Quant à la femme, elle s'enfuit dans le désert, où Dieu lui avait préparé une place, afin d'y être nourrie pendant 1260 jours. »

Dans ce verset, Jean nous indique que la femme, ici il s'agit de l'Église du Christ, s'est réfugiée dans le désert dans un endroit préparé par Dieu pour la protéger. Remarquons encore la période de 1260 jours qui correspond à 3 ans et demi que nous avons vus au chapitre 11 avec la période de 42 mois des 2 témoins, ainsi que la métaphore de la femme qui est nourrie dans le désert comme le furent les Israéliens avec la manne lors de l'Exode.

Il y a beaucoup de symboliques dans l'Apocalypse, aussi, comme nous l'avons déjà dit, cette période de 3 ans et demi ne doit pas forcément se prendre à la lettre comme une période d'exactement 1260 jours.



Versets 7 et 8 : « Il y eut alors une bataille dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Le dragon et ses anges combattirent aussi, mais ils ne furent pas les plus forts, et il n'y eut plus de place pour eux dans le ciel. »

Dans ce verset, Jean nous informe qu'il y a eu une bataille dans le ciel entre Satan (le dragon) et ses anges, et l'archange Michel, également avec ses anges. Satan perdit la bataille et fut chassé du ciel ainsi que ses anges.

Ce verset ne nous indique pas à quel moment se situe cette bataille. Jean utilise le passé simple (traduction en français), et cela ne permet pas de situer vraiment l'action.

Était-ce loin dans le passé ? L'utilisation du mot « alors » suggère par contre une continuité de cette action après la fuite de la femme dans le désert pour échapper au dragon, que nous avons vu dans le verset précédent.

Il semble, dans cette chronologie des événements, que Satan, furieux de constater que Dieu ayant mis à l’abri l'Église naissante de Jésus-Christ, soit monté aux cieux pour combattre l'archange Michel et ses anges, mais qu'il perdit la bataille et il n'avait plus de place dans le ciel.



Verset 9 : « Il fut jeté dehors, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui égare toute la terre ; il fut jeté sur la terre et ses anges furent jetés avec lui. »

Suite à sa défaite, Satan a été déchu du ciel ainsi que tous ses anges.



Verset 10 : « Puis j'entendis dans le ciel une voix forte qui disait : « Maintenant le salut est arrivé, ainsi que la puissance, le règne de notre Dieu et l'autorité de son Messie. En effet, il a été jeté dehors, l'accusateur de nos frères et sœurs, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. »

Jean entend une voix forte. On ne sait pas de qui vient cette voix, mais elle fait autorité. On peut penser qu'il s'agit d'un ange puissant qui pourrait être l'archange Michel, ou bien Jésus-Christ lui-même.

Ce qu'il faut retenir, c'est que sa déclaration est très importante, car elle dit que maintenant le salut est arrivé, ainsi que la gloire de Dieu et de son Messie, qui n'est autre que Jésus-Christ. Le salut est arrivé, car Satan, qui accusait les hommes et les femmes de ne croire en Dieu que par intérêt, a été jeté dehors.



Verset 11 : « Ils l'ont vaincu grâce au sang de l'Agneau et grâce à la parole de leur témoignage, et ils n'ont pas aimé leur vie au point de craindre la mort. »

C'est grâce au sacrifice de Jésus-Christ et aux témoignages des apôtres qui ont porté la parole du Christ sans craindre les persécutions et la mort que Satan a été vaincu. Jésus-Christ et les apôtres ont montré que les hommes ne croyaient pas en Dieu par intérêt mais par amour.

Ce message est capital car on comprend mieux la parole de Jésus-Christ qui est venu porter l'amour de Dieu auprès des hommes et non de simples commandements à respecter pour obtenir une récompense.



Verset 12 : « C'est pourquoi réjouis-toi, ciel, et vous qui habitez le ciel. Mais malheur à vous, habitants de la terre et de la mer, car le diable est descendu vers vous, animé d'une grande colère, sachant qu'il lui reste peu de temps. »

La voix forte dit à Jean de se réjouir ainsi que tous ceux qui sont dans le ciel, tandis que cette voix met en garde ceux qui sont sur la terre et en mer, autrement dit tous les hommes vivants, car Satan sait qu'il lui reste peu de temps et qu'il va déchaîner sa colère contre les hommes. Satan va en effet chercher à se venger en entraînant le plus possible d'hommes vers le péché.

Une partie de ce verset doit nous interpeller : « vous qui habitez le ciel ».

En effet, qui sont ceux qui habitent le ciel à ce moment précis ?

Il est logique de penser que la voix ne s'adresse certainement pas aux anges, mais à des hommes, Mais de quels êtres humains est-il question, car à ce moment précis, il n'y a pas encore eu de résurrection ?

Il y a plusieurs interprétations : au chapitre 6, verset 10, Jean voit les martyrs demandant justice. Il semble donc que ce soient les martyrs dont il est question. Mais d'autres pensent qu'il s'agit de l'Église enlevée.



Verset 13 : « Quand le dragon vit qu'il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait mis au monde l’enfant mâle. »

Satan, qui a été déchu, s'est alors attaqué à la femme, c'est-à-dire à l'Église du Christ.



Verset 14 : « Mais les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle s'envole au désert, vers l'endroit où elle doit être nourrie un temps, des temps et la moitié d'un temps, loin du serpent. »

Il avait déjà été évoqué au chapitre 8, verset 13, un aigle qui planait très haut et qui annonçait trois fois « malheur » à cause des trois trompettes encore à venir. Il peut s'agir du même aigle, mais on peut le voir aussi comme une image. L'aigle est un oiseau majestueux qui vole très haut, et le fait de donner ses ailes montre que tous les moyens sont donnés à la femme (l'Église du Christ) pour qu'elle puisse se réfugier dans le désert pendant un temps, des temps et la moitié d'un temps.

Remarquons que dans plusieurs Bibles, il est question de « des » temps et non de « deux » temps, comme dans la version Semeur. Il est logique de penser qu'il s'agit bien de deux temps et que la période totale soit de 3 ans et demi, comme cela est indiqué dans les versets précédents, par exemple le verset 6 de ce chapitre où il est question de 1260 jours, soit 3 ans et demi.

Encore une fois, cette période n'est pas forcément à prendre au sens littéral, mais au sens symbolique, trois et demi représente la moitié du temps accompli pour Dieu, qui est toujours un multiple de 7.



Versets 15 et 16 : « Alors le serpent vomit de sa gueule comme un fleuve d’eau derrière la femme, afin qu'elle soit entraînée par le courant. Mais la terre secourut la femme : elle s'ouvrit et engloutit le fleuve que le dragon avait lancé de sa gueule. »

Le serpent, c'est Satan. Ivre de colère après avoir été défait et déchu du ciel, il veut se venger sur la femme, c'est-à-dire l'Église du Christ. L'image qui décrit cela est volontairement hideuse. Certains voient dans cette image une métaphore de la traversée de la mer Rouge qui permit aux Juifs de s'enfuir d'Égypte, mais cette scène en est assez éloignée. Il faut plutôt voir dans cette image l'action de Dieu qui empêche Satan de détruire l'Église du Christ.

Est-ce une allusion aux persécutions des premiers chrétiens par Rome, qui, grâce à l'action de Dieu, comme par exemple Pierre qui peut sortir miraculeusement de sa prison, permet à l'Église de survivre ?



Verset 17 : « Furieux contre la femme, le dragon s'en alla faire la guerre au reste de sa descendance, à ceux qui respectent les commandements de Dieu et qui gardent le témoignage de Jésus. »

Ce verset est intéressant, car nous avons en partie une réponse à la question précédente. En effet, Satan, n'ayant pu détruire l’Église du Christ, a décidé de faire la guerre à la descendance de l’Église, autrement dit à ceux qui perpétuent le témoignage du Christ et lui restent fidèles.

Ainsi se précise la femme décrite aux versets 1 et 2, et ceci est très important dans la compréhension de la chronologie des événements :

La femme dont Jean parle aux versets 1 et 2 est bien l'Église naissante du Christ, ou pour être plus précis, les premiers chrétiens, que Satan a tenté de détruire. Mais, grâce à l'action de Dieu, de Jésus-Christ et du Saint-Esprit, ces premiers chrétiens qui formaient cette Église naissante, malgré les persécutions, ont permis à l’Église du Christ de survivre. Depuis son échec à détruire cette Église, Satan a décidé de s'en prendre à ceux qui perpétuent le témoignage du Christ et lui restent fidèles.

Remarque importante : Satan, dans les premiers temps de l’Église, n'était pas enchaîné.

On voit que dans le récit de l'Apocalypse, la chronologie n'est pas respectée. Dans ce chapitre 12, nous sommes revenus au début de l’Église, tandis qu'au chapitre 11, nous étions arrivés après les 2 témoins, juste avant le déclenchement des événements. Ce chapitre 12 est donc un peu comme un flash-back dans le but de mieux comprendre les enjeux des événements qui vont suivre.



Verset 18 : « Et je me tins sur le sable de la mer. »

Dans ce message, Jean exprime sa volonté d'attendre les événements qui vont suivre.

Mais il y a sans doute ici une erreur de traduction, car dans d'autres Bibles, par exemple Semeur, on peut lire « il se tint... », désignant Satan qui attend et non Jean. Satan attendrait la bête qui doit sortir de la mer dans le chapitre suivant, ce qui serait plus cohérent.




CHAPITRE 13


Les 2 bêtes



Dans ce chapitre les 2 bêtes vont apparaître. Elles sont le signe des péchés qui vont entrainer la colère de Dieu.


Verset 1 : « Puis je vis monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms blasphématoires. »


Jean voit venir de la mer une bête. Dans la symbolique biblique, la mer représente le peuple agité, mais il faut aussi considérer que la mer représente l'Occident pour Israël, ce qui va donner lieu à plusieurs interprétations.

Le mot « bête » lui, désigne sans aucun doute la force matérielle par opposition au spirituel.

Cette bête a déjà été décrite et annoncée par Daniel au chapitre 7, et plusieurs indices indiquent que la bête est un pouvoir politique, car elle a sept têtes avec dix cornes sur lesquelles sont posés des diadèmes. Les cornes symbolisent le pouvoir et le diadème, la royauté.


Les noms blasphématoires ne peuvent être que la volonté de ces cornes d'être considérées comme divines. On sait par exemple que les empereurs romains se donnaient le titre de Dieu et demandaient au peuple de leur vouer un culte.


La plupart des exégètes voient ainsi une représentation de Rome, avec les sept têtes qui représenteraient ses sept collines, et cette allusion aux empereurs romains désireux d'être adorés comme des dieux.


Mais on peut aussi interpréter les sept têtes avec le nombre sept, qui symboliserait la volonté de la bête de se hisser au niveau de Dieu, et donc ne pas concerner uniquement Rome.



Verset 2 : « La bête que je vis ressemblait à un léopard ; ses pattes étaient comme celles d'un ours et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, son trône et une grande autorité. »


On retrouve dans cette description la vision de Daniel au chapitre 7, sauf que Daniel voit quatre bêtes. Mais si l'on regarde, chacune de ces quatre bêtes décrites par Daniel, elles présentent ensemble les mêmes caractéristiques : la première ressemblait à un lion, la deuxième à un ours, la troisième à un léopard et la quatrième avait des dents de fer.

Si l'on reprend la description de la bête, le léopard représente Alexandre le Grand. Le léopard étant l'animal terrestre le plus rapide et la montée de l'empire d'Alexandre a été fulgurante. L'ours est la représentation de l'empire Médo-Perse, et le lion celui de l'empire babylonien, dont on retrouve beaucoup de statues dans les anciens sites babyloniens avec le lion comme emblème. La quatrième bête décrite par Daniel se retrouve dans les sept têtes avec dix cornes que nous avons vues au verset 1, et qui coïncide bien avec l'interprétation de Rome et ses sept collines.


Ce qu'il faut retenir de ce verset, c'est que Satan donne des pouvoirs à cette bête ; il lui donne aussi son trône, ce qui veut dire qu'il laisse la bête agir à sa place, et une grande autorité, ce qui signifie que beaucoup de personnes vont l'écouter et la suivre.


Verset 3 : « L'une de ses têtes était comme blessée à mort, mais sa blessure mortelle fut guérie. Remplie d'admiration, la terre entière suivit alors la bête. »


Il faut reprendre l'explication de Daniel sur le rêve de la statue que fit Nabuchodonosor pour comprendre cette partie.


Nabuchodonosor avait fait le rêve d'une statue qui avait une tête en or, des épaules en argent, un torse en bronze, des jambes de fer et des pieds mélange de fer et d'argile. Daniel avait expliqué à Nabuchodonosor ce rêve de la manière suivante : la tête en or, c'est Nabuchodonosor lui-même et son empire babylonien. La suite, Daniel l'expliquait comme des empires qui allaient se succéder.


L'histoire montra que les prophéties de Daniel étaient très précises :


=> Les bras en argent correspondent à l'empire Médo-Perse qui succéda à Babylone. Les Mèdes avaient disparu par la suite dans l'empire Médo-Perse, mais il faut remarquer que Daniel voit deux bras qui correspondent parfaitement à cette association des Mèdes et des Perses.

=> Le torse en bronze, c'est Alexandre le Grand qui bâtit son empire après avoir vaincu Darius, roi de Perse.

=> Les pieds en fer, c'est l'empire romain. Ils sont deux, comme cela fut le cas lors de la partition de l'empire romain entre Rome et Constantinople.

=> Les pieds mélange de fer et d'argile correspondent aux successeurs de l'empire romain qui sont en fer, mais comme ils sont divisés, ils sont mélangés avec de l'argile. L'argile ne permet pas une bonne cohésion de ces successeurs, et c'est ce que l'on a pu observer tout au long de l'histoire européenne avec les nombreuses guerres entre ces successeurs de l'empire romain.


Au verset 3, la tête qui fut blessée est bien l'empire romain qui a vu sa chute au 5ème siècle après JC. Mais « sa blessure mortelle fut guérie », et c'est effectivement ce qui s'est passé, car ce sont les successeurs de l'empire romain qui vont dominer le monde entier et que tout le monde admirera pour leurs réussites.


Il est remarquable de voir, et cela doit nous interpeller, que Jean, dans cette révélation, reçoit une prophétie précise et exacte de ce qui va se passer, et dont nous ne pouvons que constater la réalité. Les successeurs de l'empire romain ont été l'Espagne, la France, l'Angleterre, le Portugal, l'Italie, l'Autriche, l'empire germanique... et par extension les USA, le Canada, l'Australie... qui ont effectivement dominé le monde du sixième siècle à nos jours.


Verset 4 : « On adora le dragon parce qu'il avait donné l’autorité à la bête ; on adora aussi la bête en disant : « Qui est semblable à la bête et qui peut combattre contre elle ? »


Le dragon, c'est Satan, et Satan a donné l'autorité à la bête, c'est-à-dire du pouvoir. En acceptant le pouvoir de Satan, on peut dire que la bête a vendu son âme à Satan. La bête est donc l'instrument de Satan.


L'emploi du pronom indéfini « on » signifie que des hommes, sous-entendu pas la totalité, ont adoré la bête. Le mot adoré est ici important, car il s'agit d'une abomination pour Dieu. Dieu en effet donna à Moïse son premier commandement : « Un seul Dieu tu adoreras. » En adorant la bête, ces hommes enfreignent son premier commandement. Il n'y a pas pire péché pour Dieu, et c'est ce péché qui, dans la Bible, a déclenché sa colère à plusieurs reprises, notamment quand les Juifs ont adoré le veau d'or, puis d'autres divinités alors qu'ils étaient arrivés dans la terre promise.


On peut logiquement s'attendre à une colère divine pour cette abomination, et cela doit nous interroger, car nous appartenons à cette succession de l'empire romain et donc à la bête.


Verset 5 : « Il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes, et elle reçut le pouvoir de faire la guerre pendant 42 mois. »


La bête reçoit une bouche, sous-entendu de Satan, qui profère des paroles arrogantes et des blasphèmes.

Arrêtons-nous sur ce passage.


La parole est très importante dans la Bible, et Jean commence d'ailleurs son évangile en s'inspirant du premier chapitre de la Genèse de la façon suivante.

On peut lire en Jean 1:1-3 : 

  1. « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. »

  2. « Elle était au commencement avec Dieu. »

  3. « Tout a été fait par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. »


Jean accorde ainsi à la parole le pouvoir de toute action de Dieu. Plus loin, au verset 14, Jean dans son évangile nous dit que la parole s'est faite homme ou chair selon les versions. C'est-à-dire que la parole est devenue Jésus-Christ.


Mais les paroles qui sortent de la bouche de la bête sont arrogantes et blasphématoires car elles sont en opposition à la parole de Dieu et donc à Jésus-Christ. Opposition que l'on retrouve aussi dans Daniel 7:25 en parlant de la quatrième bête (celle dont il est question dans ce verset) : « Par ses paroles, il s’opposera au Très-Haut. Il opprimera les saints du Très-Haut et projettera de changer les temps et la loi. Les saints seront livrés à son pouvoir pendant un temps, deux temps et la moitié d'un temps. » Daniel parle aussi de cette arrogance : Daniel 7:23 « Je regardais les cornes et j’ai vu une autre petite corne sortir du milieu d'elles. Trois des premières cornes ont été arrachées devant elle. Sur cette corne, il y avait des yeux pareils à ceux d’un homme et une bouche qui parlait avec arrogance. »


Tout ceci confirme que la bête est un pouvoir politique et qu'elle s'oppose à Jésus-Christ.


Enfin, dans la dernière partie de ce verset, Jean nous informe que la bête a reçu le pouvoir de faire la guerre pendant 42 mois. Dans d'autres textes, le mot guerre est remplacé par agir. On peut se poser la question : la guerre ou agir contre qui ? La réponse est sans équivoque : à Dieu, à Jésus-Christ et à son église.


On retrouve également cette période de 42 mois qui correspond à trois ans et demi ou à 1260 jours. Comme nous l'avons dit précédemment, il ne faut pas forcément voir cette période au sens littéral, mais ce qui est important de noter, c'est la correspondance de ces périodes que l'on retrouve également dans Daniel 7:25 (voir plus haut).



Verset 6 : « Elle ouvrit la bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour insulter son nom et son tabernacle, ceux qui habitent dans le ciel. »


Nous avons la confirmation dans ce verset que la bête va insulter et offenser Dieu, son tabernacle qui est dans le ciel (à ne pas confondre avec la nouvelle Jérusalem) et tous ceux qui sont aux cieux : les anges et les saints qui ont déjà été enlevés.

On peut se poser la question : en quoi la bête blasphème-t-elle contre Dieu, insulte son nom, son tabernacle et ceux qui habitent dans le ciel ?

Si l'on regarde les pouvoirs qui se sont succédés, qui se succèdent encore et qui représentent donc la bête, on ne peut que constater leur soif de pouvoir au point de se croire supérieurs à tout, et si l'on analyse plus précisément notre époque, les lois prises par ces pouvoirs (l'inquisition, persécutions des saints, esclavage, wokisme, laïcité poussée à l'extrême, culte de la richesse, franc-maçonnerie, sciences occultes…) constituent de réelles insultes à la loi de Dieu et au commandement de Jésus-Christ qui nous demandent d'aimer nos prochains.



Verset 7 : « Il lui fut permis de faire la guerre aux saints et de les vaincre. Elle reçut l’autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute nation. »


« Il lui fut permis » ne veut pas dire que Dieu laisse faire impunément, mais dans son plan, Dieu n'intervient pas, car il laisse le libre arbitre. On peut se poser la question : pourquoi Dieu laisse-t-il la bête faire souffrir les saints ? Cette question mérite que l'on s'y attarde un peu.

Contrairement à l'idée que les Juifs et autres païens avaient en priant pour obtenir une faveur des dieux, Jésus-Christ est venu délivrer un autre message. Il est venu apporter la rédemption et la grâce. Aussi, Dieu laisse le libre arbitre aux hommes, car sans libre arbitre, il ne peut y avoir de rédemption et de grâce. C'est d'ailleurs ce que Satan disait : les hommes ne prient Dieu que pour obtenir une faveur. Job démontra le contraire, car même dans les pires épreuves, sa foi ne l'a pas quitté et il démontra ainsi à Satan que l'on pouvait aimer et prier Dieu non pour obtenir des faveurs, mais pour obtenir la grâce. Ainsi, les épreuves que rencontrent les hommes permettent à ceux qui ont leur foi tiédie de la réchauffer ou, au contraire, de la laisser se refroidir. Nous avons vu dans le chapitre 3 de l'Apocalypse, dans les lettres adressées aux églises, en particulier celle de Laodicée, que Jésus-Christ lui reproche sa tiédeur. À l'heure de la venue de Jésus-Christ, il est temps de trancher : voulons-nous rester sur le parvis ou bien rentrer dans le temple ? Voulons-nous réchauffer notre foi et mettre de l'huile dans nos lampes, ou comme le disent beaucoup : profiter de la vie ?


Enfin, cette guerre, qu'il faut prendre au sens spirituel, concernera toute tribu, toute langue et toute nation, c'est-à-dire le monde entier.


En résumé, ce verset nous informe que nous allons subir des épreuves, car Satan a la liberté d'agir, mais ces épreuves doivent renforcer notre foi et non nous faire renoncer.



Verset 8 : « Et tous les habitants de la terre l'adoreront, tous ceux dont le nom n'a pas été inscrit dans le livre de vie de l'Agneau offert en sacrifice, et ce dès la création du monde. »


Dans ce verset, Jean nous indique que tous ceux qui n'ont pas été inscrits dans le livre de vie de l'Agneau adoreront la bête. Il rajoute même « et ce dès la création du monde ». On retrouve également dans ce verset ce que nous avons exposé dans le verset précédent concernant les épreuves que vont subir ceux dont le nom est inscrit dans le livre de l'Agneau.


Cependant, ce passage est intrigant, car il soulève une question qui a fait l'objet de nombreuses discussions : la prédestination de chacun ! Car d'après ce verset, tout semble déjà écrit dans le livre de l'Agneau.


Verset 9 : « Si quelqu'un a des oreilles, qu'il écoute. »


Dans ce verset, Jean nous encourage à rester vigilants, à ne pas adorer la bête et à tenir ferme dans les épreuves.



Verset 10 : « Si quelqu'un fait des prisonniers, il sera emmené prisonnier. Si quelqu'un tue par l'épée, il doit être tué par l'épée. C'est ici que sont nécessaires la persévérance et la foi des saints. »


Il existe des différences de traductions de ce verset. Certaines traductions sous-entendent que ceux qui resteront fidèles à Jésus-Christ seront emprisonnés, voire tués. Mais d'autres traductions, qui semblent plus logiques, vont dans le sens où Jean nous met en garde à ne pas réagir par la violence face à ces épreuves. Nous devons au contraire agir comme les premiers martyrs, par la foi et l'endurance qui doivent être les seules réponses face aux attaques de la bête. Voir Matthieu 26:52 « Alors Jésus lui dit : « Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prendront l'épée mourront par l'épée. »



Verset 11 : « Ensuite je vis monter de la terre une autre bête ; elle avait deux cornes semblables à celles d'un agneau, mais elle parlait comme un dragon. »


Jean voit apparaître une deuxième bête. Celle-ci vient de la terre. Pour rappel, nous avons vu que la première bête venait de la mer et que la mer pouvait s'interpréter comme venant de l'Occident, car la mer est à l'ouest pour Israël, et Rome est bien à l'ouest d'Israël.


Si nous prenons l'interprétation de la mer comme celle de la population agitée, à contrario, la terre représente la population apaisée. Mais cette interprétation ne semble pas logique, car cette deuxième bête n'amène pas l'apaisement.


La première bête, nous l'avons vu, était une représentation d'un pouvoir politique. Ici, la description de la deuxième bête est différente : elle ressemble à un agneau, mais elle a deux cornes et elle parle comme un dragon.


Sa ressemblance avec un agneau fait indubitablement penser au Christ, dont l'agneau est la représentation symbolique. On peut donc dire sans ambiguïté possible que la bête se fait passer pour le Christ, mais ce n'est pas le Christ car elle parle comme un dragon, c'est-à-dire comme Satan. Nous avons là, la description, sans aucun doute, d'un faux prophète.


Jésus-Christ nous a mis en garde (voir Matthieu 7:15) sur les faux prophètes. Mais ici, Jean nous parle d'un faux prophète particulier, car sinon il aurait parlé de plusieurs bêtes.


La deuxième bête vient donc d'Orient et est un faux prophète très puissant, puisque Jean l'identifie à une bête. Notons qu'elle possède deux cornes. Bien sûr, un agneau possède deux petites cornes, mais Jean, dans les descriptions précédentes de l'Agneau représentant Jésus-Christ, ne l'a jamais dépeint avec deux cornes. Pour rappel, les cornes représentent le pouvoir. Ce faux prophète a donc donné lieu à 2 pouvoirs.


En résumé, on peut donc logiquement conclure que la deuxième bête est un faux prophète. Mais ce n'est pas n'importe quel faux prophète, comme il y en a de nombreux, celui-ci est très puissant, il vient d'Orient, il se fait passer pour le Sauveur, mais ses paroles sont celles de Satan et il représente deux pouvoirs.


Remarque : nous verrons par la suite, dans l'Apocalypse 16:13, 19:20 et 21:10, que la deuxième bête est nommée le faux prophète, levant ainsi toute ambiguïté sur cette interprétation dans ce verset.



Verset 12: « Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle obligeait la terre et ses habitants à adorer la première bête, celle dont la blessure mortelle avait été guérie. »


Certains voient dans ce verset la deuxième bête représentant la classe des prêtres païens, en particulier ceux qui étaient attachés au culte de l'empereur, qui serait la première bête. Beaucoup d'exégètes interprètent en effet que la première bête était l'empire romain et que le septième empereur était Néron et qu'il allait revenir en tant que dixième empereur, marquant ainsi sa guérison, telle que décrite dans les visions de Daniel. Mais l'histoire, malgré toutes les circonvolutions qui ont été tentées (Néron pouvait être le septième empereur si l'on considère les deux usurpateurs), ne reflète pas cette succession. Et puis, cette interprétation suppose que la venue du Christ devait intervenir très peu de temps après Néron, or cela fait près de 2000 ans maintenant que ces cultes ont été tenus.


Si la première bête est bien identifiée par la plupart des exégètes d'aujourd'hui comme étant Rome, la blessure mortelle de la première bête est désormais interprétée comme la renaissance de l'empire romain après sa chute, à travers les différentes nations issues de cet empire : Espagne, France, Italie, Angleterre, Empire germanique,... Or après cette renaissance, il n'y avait plus de culte de l'empereur romain. Les différentes nations issues de cet empire sont toutes devenues chrétiennes. L'interprétation de la deuxième bête comme représentant la classe des prêtres païens ne tient pas.


Ce que nous pouvons retenir de ce verset, c'est que la deuxième bête est de connivence avec la première bête, car elle exerce son pouvoir en la présence de la première bête. De même, la deuxième bête a forcé les habitants à adorer la première bête, car elle a été capable de renaître malgré sa blessure et qu'elle possède un pouvoir immense.



Verset 13 : « Elle accomplissait de grands signes miraculeux, jusqu'à faire descendre le feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes. »


La deuxième bête, ou le faux prophète, était capable de grands prodiges, comme l'avait signalé Jésus-Christ en Matthieu 7:15. Il est difficile de faire un lien entre ces signes miraculeux et l'histoire, mais on peut remarquer que, de nos jours, les armes balistiques que l'on utilise font descendre du feu du ciel sur la terre.



Versets 14 et 15 : « Elle égarait les habitants de la terre par les signes qu'il lui était donné d'accomplir en présence de la bête ; elle leur disait de faire une image de la bête qui avait été blessée par l'épée et qui avait survécu. Elle reçut le pouvoir d'animer l'image de la bête, afin que cette image puisse parler et faire tuer tous ceux qui ne l'adoreraient pas. »


Dans ce verset, on mesure comment beaucoup d'hommes ont été égarés par les prodiges qui lui ont été permis de faire.

La partie « faire une image de la bête... » doit être comprise au sens symbolique. Pour rappel, dans les commandements de Dieu il y a celui-ci : « tu ne feras pas d'images taillées... ». Cette partie a pour but de montrer que les lois de Dieu ne sont pas respectées. Ce qui est intrigant, c'est la partie animée de l'image de la bête. Si l'on était au temps des Romains, on pourrait imaginer une statue qui bouge et qui se met à parler. Mais si l'on considère nos médias actuels, c'est exactement ce qu'ils font. Nos moyens techniques permettent d'animer des images, de leur donner la parole, et leur pouvoir est tel qu'ils peuvent avoir un impact sur la vie des hommes. Il suffit de regarder aujourd'hui l'importance des réseaux sociaux. Jean a donc décrit une situation avec les images dont il disposait à l'époque, et qui aujourd'hui se réalisent totalement.


Versets 16 et 17 : « Elle fit en sorte qu’on impose à tous les hommes, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, une marque sur leur main droite ou sur leur front. Ainsi, personne ne pouvait acheter ni vendre sans avoir la marque, c’est-à-dire le nom de la bête ou le nombre de son nom. »


Nous avons vu au chapitre 7, verset 3, que certains hommes étaient marqués au front et que cette marque n'était pas physique, mais qu'elle montrait une volonté, un choix. Ici, de même, il faut prendre cette marque sur leur front comme la volonté de suivre ce que va dicter la loi de la bête. À la volonté s'ajoute l'action, car la marque sur la main signifie qu'il y a une action délibérée de la part de ceux qui ont accepté la marque pour pouvoir acheter ou vendre. Ceux qui refuseront sa marque ne pourront plus vendre ou acheter, c'est-à-dire avoir une vie sociale normale. Ce sera une épreuve très dure pour ceux qui refuseront cette marque.


Jean nous précise que cette marque est le nom de la bête ou le nombre de son nom.


Remarque : il y a beaucoup de personnes qui ont essayé et essayent encore d'interpréter cette marque en relation avec les événements que l'on vit, car inconsciemment ou non, nous cherchons à faire coïncider ce qui se passe de nos jours avec l'Apocalypse. Il en est ainsi avec le verset suivant, qui a généré beaucoup de tentatives d'explication de ce nombre de la bête.



Verset 18 : « Il faut ici de la sagesse. Que celui qui a de l'intelligence déchiffre le nombre de la bête, car c'est un nombre d'homme. Son nombre est 666. »


Comme indiqué précédemment, beaucoup de personnes ont essayé d'interpréter ce nombre 666 en faisant appel à des calculs parfois très complexes. Il faut retenir de ce verset une partie fondamentale : « il faut ici de la sagesse ». La sagesse, c'est être capable de raisonner en faisant abstraction de ses convictions, de ses a priori, de ses désirs et sentiments.

Puis, Jean précise qu'il faut de l'intelligence pour déchiffrer ce nombre. Cette partie-là a encouragé beaucoup à rechercher toutes les combinaisons mathématiques, cabalistiques possibles pour décoder ce nombre. Peut-être il y t-il un code, un indice, mais il faut aussi remarquer que 6 est le nombre de Satan, car 7 est le nombre complet de Dieu et donc 6 est un nombre incomplet. Le fait qu'il soit répété trois fois (6 6 6) signifie qu'il est trois fois incomplet, à l'opposé de Dieu qui est trois fois Saint. Il est donc peut-être inutile de rechercher à déchiffrer un code, mais simplement à voir dans ce nombre une forme d'allégeance à la bête et donc à Satan.



CHAPITRE 14



Remarque : On pourrait s'attendre, après le chapitre 13, à une bataille entre Satan et son armée contre Jésus-Christ et ses anges, mais le chapitre 14 nous offre un moment de réconfort. Ce chapitre est divisé en trois parties :


  1. Le cantique des rachetés, qui est une louange des 144 000 qui ont reçu la marque sur le front au chapitre 7.

  2. Les trois anges qui apportent un dernier message avant le déclenchement des événements.

  3. Les moissons et les vendanges, où Jésus vient séparer le grain de l'ivraie au cours de la moisson qu'il effectue comme il l'avait annoncé lors de ses prêches, et la vendange où les péchés des hommes vont être pressés dans la cuve de la colère de Dieu.



Le cantique des rachetés



Verset 1 : « Je regardai, et je vis l'Agneau debout sur le mont Sion, et avec lui 144 000 personnes qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leur front. »


Jean voit Jésus-Christ (l'Agneau) debout sur le mont Sion. Le mont Sion correspond à une colline de Jérusalem. La position debout de Jésus-Christ indique qu'il est en situation de maître ; il règne sur Jérusalem. Il ne s'agit pas ici de la Jérusalem céleste, mais de Jérusalem représentant la foi.

Avec lui, on retrouve les 144 000 qui ont été marqués sur le front, que nous avons vus au chapitre 7. Ce passage des 144 000 a donné lieu à plusieurs interprétations pour définir qui sont ces 144 000 (voir chapitre 7).



Verset 2 : « J'entendis du ciel une voix qui ressemblait au bruit de grosses eaux, au grondement d'un fort coup de tonnerre. Le son que j'entendis était aussi comme celui de joueurs de harpe jouant de leur instrument. »


Dans Ézéchiel 43 : 2, celui-ci entend la voix de Dieu semblable à de grandes eaux, on peut donc logiquement penser qu'il s'agit de la voix de Dieu que Jean entend. Notons la singularité entre le grondement d'un fort coup de tonnerre, qui exprime la puissance, et le son comme celui d'une harpe, connue à l'époque pour être l'instrument le plus doux au niveau de la sonorité. On pourrait traduire ce passage de la façon suivante : la voix de Dieu est puissante, mais elle est douce pour celui qui l'entend avec bienveillance.



Verset 3 : « Ils chantaient un cantique nouveau devant le trône, devant les quatre êtres vivants et les anciens. Personne ne pouvait apprendre ce cantique, excepté les 144 000 qui avaient été rachetés de la terre. »


Le pronom « ils » ne permet pas de savoir si ce sont des anges ou bien les 144 000 qui chantent ce nouveau cantique. La suite nous indique que seuls les 144 000 pouvaient apprendre ce cantique, ce qui suppose qu'ils étaient les seuls à pouvoir le chanter.

Ce qu'il faut retenir, c'est qu'un cantique est un chant religieux, et que ce cantique-là est particulier ; il est réservé aux 144 000. On pourrait-on se demander pourquoi ce cantique leur est réservé? Peut-être parce que leur vécu était lui-même particulier.


Verset 4 : « Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes. En effet, ils sont vierges. Ils suivent l'Agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d'entre les hommes comme la première part réservée à Dieu et à l'Agneau. »


Nous avons vu au chapitre 7 que ces 144 000 ont donné lieu à différentes interprétations. Dans ce verset, nous apprenons qu'ils ne se sont pas souillés avec des femmes et qu'ils sont vierges. Cette précision est surprenante. Si nous prenons ce verset de façon littérale, on pourrait conclure que les femmes sont impures et que seuls les hommes ayant fait vœu de chasteté feraient partie de ces 144 000. Il est difficile pourtant d'imaginer que le Christ refuse que des femmes fassent partie de ces 144 000 et qu'une vie d'ascète soit la seule voie qui mène au 144 000. Il faut donc prendre ces précisions comme des images. En effet, dans la Bible, la femme symbolise souvent l'Église ; on peut le voir par exemple dans le chapitre 12 de l'Apocalypse où la femme représente l'Église du Christ. La partie « ils ne se sont pas souillés avec des femmes » est ainsi à prendre au sens : ils ne se sont pas souillés avec d'autres religions, et cela peut donc concerner aussi bien des hommes que des femmes. Puis, « ils sont vierges » signifie qu'ils sont purs spirituellement. Rappelons que Jésus-Christ attache plus d'importance à ce qui est dans le cœur des hommes qu'aux apparences qu'ils peuvent donner.


La suite nous donne quelques indices qui confirment l'interprétation qu'il convient de faire. Ils suivent l'Agneau partout où il va, ce qui signifie qu'ils ont dédié leur vie au Seigneur. Même si certains voient dans cette image qu'il s'agit de l'armée du Christ prête à subir tous les sacrifices, on peut aussi plus simplement voir dans cette image des hommes ou des femmes qui se consacrent à Dieu dans toutes leurs œuvres.


Puis, ils ont été rachetés parmi les hommes et ils représentent la première part réservée à Dieu et à Jésus-Christ, ce qui signifie qu'ils ont été choisis parmi les hommes. C'est la rédemption qui est offerte à ceux qui sont fidèles en Christ.



Verset 5 : « Il ne s'est pas trouvé de mensonge dans leur bouche, [car] ils sont irréprochables. »


Ce verset 5 confirme ce que nous avons vu dans le verset 4. Le mensonge est lié à Satan, c'est pourquoi il fait partie des 10 commandements : « Tu ne feras pas de faux témoignages. » Ces hommes (les 144 000) sont vrais dans leur cœur et dans leur parole, ce qui les rend irréprochables.



LES TROIS ANGES



Verset 6 : « Je vis ensuite un [autre] ange voler haut dans le ciel. Il avait un Évangile éternel pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple. »


Puis Jean voit un autre ange (sans doute pour le distinguer de ceux qui chantaient), qui détient un Évangile éternel pour l'annoncer au monde entier. Évangile signifie « bonne nouvelle ». Pour rappel, au chapitre 11, nous avons vu les deux témoins qui ont prophétisé dans le monde entier, appelant les hommes à se repentir. Ici, cet ange ne parle pas de repentance, mais d'une bonne nouvelle. L'Évangile éternel n'est donc pas un nouveau livre au sens littéral, mais c'est une annonce éternelle. Quelle est cette annonce ? L'annonce est éternelle car il n'y en aura pas d'autre, et cela ne peut donc être que la venue prochaine du Christ, la délivrance accordée à ceux qui sont restés fidèles en Christ, à ceux qui n'ont pas accepté la marque de la bête. C'est aussi une ultime tentative d'appel à la rédemption car Dieu, nous l'avons vu, souhaite qu'il y ait un maximum d'hommes qui soient sauvés.


Verset 7 : « Il disait d'une voix forte : « Craignez Dieu et rendez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue. Adorez celui qui a fait le ciel, la terre, la mer et les sources d'eau. »


Nous avons la confirmation de ce que nous annoncions dans le verset précédent. La bonne nouvelle, l'ange l'annonce d'une voix forte, c'est-à-dire avec l'autorité du Seigneur. Ce message est clair : « Craignez Dieu », car c'est l'heure du jugement, et ceux qui ne se sont pas repentis vont connaître des moments difficiles. Avec l'emploi du pronom « celui », l'ange demande aux hommes d'adorer Dieu, notre Seigneur, et seulement Dieu, le créateur de toutes choses.



Verset 8 : « Un autre, un deuxième ange, le suivit en disant : « Elle est tombée, [elle est tombée,] Babylone la grande, elle qui a fait boire à toutes les nations le vin de la fureur de sa prostitution ! »


Dans ce verset, un deuxième ange déclare que Babylone la grande est tombée. Qu'est-ce que Babylone la grande ?

On peut déjà affirmer qu'il ne s'agit pas de Babylone, la ville où les Juifs ont été emmenés en captivité, car elle avait déjà disparu à l'époque de Jésus, conformément aux prophéties d'Ésaïe, chapitre 14 et 47, ainsi que Jérémie 50 et 51. Ce qui a d'ailleurs été confirmé par l'archéologie.


Certains exégètes pensent qu'il s'agit de Rome (voir 1 Pierre 5:13), où Pierre désigne Rome comme Babylone. D'autres voient dans Babylone la grande la capitale du commerce et imaginent ainsi une grande crise économique lorsque l'ange dit qu'elle est tombée.


À l'époque, Rome était toute-puissante, et le commerce à Rome était la source de sa richesse. On peut ainsi dire que ces deux interprétations se rejoignent.


Si l'on poursuit dans ce verset, il est déclaré que Babylone a fait boire à toutes les nations le vin de la fureur de sa prostitution. Certains voient dans ce mot « fureur » la colère de Dieu, mais ici, il est question de la fureur de sa prostitution. Dans le mot fureur, il ne faut pas voir de la colère, mais plutôt l'ivresse, l'ardeur se rapportant à sa prostitution. Prostitution que l'on pourrait assimiler au commerce et à l'argent, qui devient la valeur la plus importante dans le monde, l'argent qui est un sujet d'adoration. Le mot prostitution est fort et montre toute l'aversion que Dieu a pour ceux qui adorent l'argent. Cette image est à rapporter à la colère de Jésus avec les marchands du temple qui profanent le lieu sacré.



Versets 9, 10 et 11 : « Et un autre, un troisième ange, les suivit en disant d'une voix forte : « Si quelqu'un adore la bête et son image, et s'il reçoit la marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l'Agneau. La fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles, et ils n'ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et tous ceux qui reçoivent la marque de son nom. »


Au vin de la fureur de sa prostitution, un autre ange oppose ici la fureur de Dieu pour ceux qui adoreront la bête (Rome) et ce que la bête représente, ainsi que ceux qui reçoivent la marque sur leur front ou sur leur main, signe de leur allégeance à la bête. Dans la Bible, Babylone est souvent opposée à Jérusalem. Babylone représente la puissance du commerce et l'adoration de plusieurs divinités, tandis que Jérusalem représente la puissance spirituelle et l'adoration de Dieu qui est unique.


Rappelons que cette marque permet (voir chapitre 13, versets 16 et 17) de commercer. Ainsi, dans ces deux versets apparaît clairement l'antagonisme entre le spirituel et le matériel, et le message de l'ange qui indique que ceux qui adoreront l'argent ou donneront leur allégeance à la bête en acceptant la marque subiront la colère de Dieu.


Dans le verset 11, l'ange précise que « la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles », c'est-à-dire pour l'éternité, ce qui constitue une prémisse du jugement qui va tomber. La peine qui suivra ce jugement sera éternelle.



Verset 12 : « C'est ici qu’est nécessaire la persévérance des saints qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus. »


Dans ce verset, Jean nous exhorte à la patience, à garder la foi et les commandements de Dieu. Ce verset sous-entend que les saints, c'est-à-dire ceux qui sont restés fidèles en Christ, vont subir des moments difficiles et, comme les martyrs des premiers chrétiens, il leur faudra résister, garder la confiance en Jésus et en Dieu. On peut également affirmer, en s'appuyant sur le verset précédent, que ceux qui n'adoreront pas l'argent subiront des épreuves, car ils seront en faiblesse par rapport à ceux qui adorent la possession, les richesses matérielles. C'est pourquoi, dans ce verset 12, Jean encourage les fidèles en Christ à persévérer, à ne pas adorer l'argent, le matériel.



Verset 13 : « Puis j'entendis du ciel une voix qui disait : « Écris : ‘Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur, et ce dès maintenant ! Oui, dit l'Esprit, ainsi ils se reposent de leurs travaux, mais leurs œuvres les suivent.’ »»


Jean entend une voix qui confirme ce que l'on pouvait percevoir dans le verset précédent. Cette voix dit que ceux qui meurent maintenant en ayant gardé le Seigneur dans leur cœur trouveront le repos, c'est-à-dire la récompense de leurs efforts. Cette voix ne parle pas des premiers martyrs chrétiens, mais bien de ceux qui meurent maintenant, c'est-à-dire pendant toute cette période qui précède celle qui va venir, car les morts seront jugés selon leurs œuvres.

On peut aussi s'attarder sur un passage de ce verset qui semble dire « heureux ceux qui sont morts », sous-entendu « ceux qui sont déjà morts ». Certes, ce verset ne dit pas que tous ceux qui resteront fidèles en Christ auront une fin comme les martyrs, mais il sous-entend que ceux qui vont vivre les événements à venir vont souffrir terriblement, ce qui confirmerait le sens du verset précédent, où Jean exhorte à la patience et à garder la foi.



MOISSONS ET VENDANGES



Verset 14 : « Je regardai, et je vis une nuée blanche, et sur la nuée était assis quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme. Il avait sur la tête une couronne d'or, et à la main une faucille tranchante. »


Jean voit une nuée blanche, qui est le signe d'une intervention venant du ciel. La nuée précède toujours dans la Bible une intervention divine, et la blancheur est le signe de la pureté. Jean voit quelqu'un qui ressemble à un fils d'homme, c'est-à-dire à un humain. Mais ce n'est pas n'importe quel humain ; il est assis comme s'il était sur un trône, et il possède une couronne d'or qui indique que tout pouvoir lui a été donné par le Seigneur. Enfin, il possède une faucille dans la main, signe qu'il vient pour moissonner, car la faucille était utilisée pour cet usage. Nous pouvons ainsi affirmer sans ambiguïté qu'il s'agit de Jésus-Christ venu faire sa moisson, comme il l'avait annoncé à plusieurs reprises à ses disciples.



Verset 15 : « Un autre ange sortit alors du temple et cria d'une voix forte à celui qui était assis sur la nuée : « Lance ta faucille et moissonne, car l'heure de moissonner est venue, la récolte de la terre est mûre. »


Jean voit un autre ange, donc différent des trois anges précédents, qui sort du temple. Le temple dans les cieux représente la présence de Dieu. Cet ange s'adresse à Jésus-Christ pour lui dire de lancer sa faucille, car le temps de la récolte est venu. Il ne faut pas voir cette intervention de l'ange comme un ordre donné à Jésus-Christ, mais comme une annonce solennelle qui vient de Dieu lui-même, puisque l'ange sort du temple, ceci pour mieux justifier que le temps est venu. Pour rappel, Jésus l'avait déclaré que nul ne connaît l'heure, pas même le fils, seul le Père la connaît. Ce verset confirme ce que Jésus-Christ disait à ses disciples lorsque ceux-ci l'interrogeaient sur la fin des temps, car c'est Dieu lui-même qui décide quand il est temps de moissonner.



Verset 16 : « Celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée. »


Jésus-Christ procède à la moisson. Il récolte les bons grains dans le monde entier, car il est fait mention de « la terre », qui assimile l'ensemble de la terre à un champ, et lorsque l'on récolte on récolte la totalité du champ.



Verset 17 : « Un autre ange sortit du temple qui est dans le ciel, tenant lui aussi une faucille tranchante. »


Un cinquième ange sort du temple avec une faucille. Il ne s'agit pas de Jésus-Christ car il est désigné par le mot « autre »..



Verset 18 : « Puis un autre ange, qui avait autorité sur le feu, sortit de l'autel et s'adressa d'une voix forte à celui qui avait la faucille tranchante en disant : « Lance ta faucille tranchante et vendange les grappes de la vigne de la terre, car ses raisins sont mûrs. »


Un sixième ange sort aussi de l'autel ; il a l'autorité sur le feu. Le feu dont il est question fait à la fois référence au feu de l'autel et au feu du jugement. Certains voient Jésus-Christ comme étant le sixième ange. Nous n'avons pas de précision pour affirmer cela avec certitude, mais il semble plus logique que ce sixième ange transmette les ordres du Seigneur, comme cela a été le cas pour la moisson dans le verset précédent. Car c'est Dieu qui décide quand est venu le temps de la vendange, comme pour la moisson. Jésus-Christ est celui qui effectue l'action de la vendange. Ce qui est sûr, c'est que la vendange dont il est question est une image qui indique que les raisins vont être coupés pour être pressés, à la différence de la moisson dans le verset 16 qui consistait à récolter les bons grains.



Verset 19 : « L'ange jeta sa faucille sur la terre. Il vendangea la vigne de la terre et versa cette vendange dans la grande cuve de la colère de Dieu. »


Nous avons ici la confirmation du verset précédent : la vendange ne consiste pas à récupérer les bons grains comme lors de la moisson, mais à presser les raisins dans la grande cuve de la colère de Dieu. Les raisins représentant les péchés des hommes.



Verset 20 : « Le raisin fut écrasé dans la cuve à l’extérieur de la ville. Du sang en sortit et monta jusqu'aux mors des chevaux, sur une étendue de 300 kilomètres. »


Deux informations importantes sont données dans ce verset :


  1. Le raisin est écrasé en dehors de la ville : cela signifie en dehors de Jérusalem. À cette époque, on rejetait tous les déchets en dehors de la ville afin de maintenir la pureté de Jérusalem. On appelait cette partie la Géhenne. Ce symbole est très fort ; il veut dire qu'il n'y a pas de place pour les péchés dans le temple de Dieu.

  2. Le sang est versé en abondance et sur une distance de 300 km, ce qui inclut toute la Palestine, tout le royaume d'Israël.


Remarque : Les kilomètres n'étaient pas utilisés, mais dans la Bible Segond 21, certaines informations ont été actualisées afin d'être plus compréhensibles pour l'homme d'aujourd'hui. Dans le texte original, on parle de 1600 stades, où un stade équivaut à plus ou moins 180 m. Le mors des chevaux représente une hauteur d'environ 1,60 m (selon la taille des chevaux). Ce verset laisse imaginer la quantité énorme que représente cette quantité de sang, représentant la colère immense de Dieu pour les péchés des hommes.


En conclusion :


La question que l'on peut se poser est pourquoi, dans l'Apocalypse, on sépare la moisson et la vendange ? Nous avons la réponse dans ces cinq derniers versets : la moisson consiste à séparer le bon grain du mauvais (le grain et l'ivraie), tandis que la vendange consiste à rassembler les péchés (les grains de raisin) pour les presser dans la cuve de la colère de Dieu, avant de jeter ensuite les résidus dans la "Géhenne". Nous sommes dans le jugement de Dieu.





CHAPITRE 15


Les anges et les derniers fléaux




Verset 1 : « Puis je vis dans le ciel un autre signe, grand et extraordinaire : sept anges qui tenaient sept fléaux, les derniers, car la colère de Dieu s'accomplit par eux. »


Jean voit maintenant sept anges tenant chacun un fléau. Cela rappelle les sept anges qui tenaient chacun une trompette. Mais ici, il ne s'agit plus d'avertissement, c'est le temps de la colère de Dieu qui va s'accomplir.



Verset 2 : « Je vis aussi comme une mer de verre mêlée de feu. Ceux qui avaient vaincu la bête, son image et le nombre de son nom étaient debout sur cette mer, tenant des harpes de Dieu. »


La mer représente souvent, comme nous l'avons vu, la population agitée. Ici, la mer est de verre. Le verre symbolise la transparence, et sa surface est plane. Une mer de verre représente ainsi une population apaisée, et la transparence donne une image de pureté et de sérénité. La suite du verset nous en donne l'explication : ceux qui ont vaincu les épreuves, qui n'ont pas cédé à la marque sur le front ou sur la main, c'est-à-dire la marque de la bête, sont debout pour exprimer leur victoire. Ce sont les vainqueurs. La mer de verre est mêlée de feu, le feu représentant le combat que ces vainqueurs ont dû mener.

Ils tiennent également une harpe qui, pour rappel, est l'instrument de musique le plus doux connu à cette époque. Et ce ne sont pas n'importe quelles harpes, ce sont des harpes de Dieu.


Il y a plusieurs remarques à faire :


  1. Ceux que Jean voit debout sur la mer de verre ne sont pas les 144 000 qu'il a vus dans les précédents chapitres, notamment au chapitre 7, car les 144 000 sont déjà dans les cieux. Ceux que Jean voit ici dans ce chapitre sont ceux qui ont refusé la marque de la bête sur le front ou sur la main. Ce sont les vainqueurs. Ils sont 144 000, comme au chapitre 7, mais nous avons vu que ce nombre de 144 000 est symbolique. 144 000 = 12 x 12 x 1000. Douze étant un nombre parfait ou complet, donc 12 x 12 représente la perfection totale, et 1000 représente un grand nombre. Ainsi, « 144 000 » représente la totalité des vainqueurs, il n'en manque pas un ; ils sont nombreux, et ces vainqueurs sont maintenant apaisés, ils ne subissent plus d'épreuves.


  1. Si l'on se reporte à Apocalypse chapitre 7, verset 9, Jean voit une foule immense et nous nous étions posé la question : qui constitue cette foule immense ? Nous avons vu que plusieurs interprétations ont été faites. En comparant avec ce verset qui désigne les 144 000 comme les vainqueurs de la bête, on peut logiquement penser que les 144 000 du chapitre 7 représentent les vainqueurs des persécutions romaines jusqu'à nos jours.


  1. En Apocalypse chapitre 4, verset 6, Jean voit une mer de cristal. C'est sans doute la même mer, mais au chapitre 4, il n'y a personne qui se tient debout sur celle-ci, et dans le chapitre 4, elle n'est pas mêlée de feu car il n'y a pas eu de combats. Autrement dit, ceux qui sont maintenant sur la mer de verre auraient été enlevés. Ils ne sont pas morts, car sinon Jean aurait parlé de martyrs, or il n'est question que de vainqueurs. Ceci rejoindrait l'hypothèse de l'enlèvement que formulent certains exégètes.



Verset 3 : « Ils chantaient le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l'Agneau en disant : « Tes œuvres sont grandes et extraordinaires, Seigneur Dieu tout-puissant ! Tes voies sont justes et véritables, roi des nations ! »


Les vainqueurs chantent le cantique de Moïse et de Jésus-Christ. Il ne s'agit pas du cantique que chantaient les 144 000 qu'eux seuls connaissent (voir le chapitre précédent). Plusieurs exégètes interprètent le cantique de Moïse comme celui d'Exode 15, et celui de l'Agneau comme celui d'Apocalypse 5 :8-9. On peut également voir dans ces deux cantiques l'accomplissement de l'œuvre de Dieu entre l'Ancien et le Nouveau Testament.



Verset 4 : « Qui pourrait ne pas [te] craindre, Seigneur, et rendre gloire à ton nom ? Oui, toi seul, tu es saint, et toutes les nations viendront t'adorer, parce que tes actes de justice ont été révélés. »


Ce cantique proclame la gloire du Seigneur, et personne ne pourra ignorer cela. Deux raisons sont données pour craindre et glorifier Dieu : Dieu est saint et son œuvre est maintenant révélée. Aussi, le monde entier viendra l'adorer.



Verset 5 : « Après cela, je regardai et le temple, le tabernacle du témoignage, fut ouvert dans le ciel. »


La traduction entre les différentes versions de la Bible ne change pas le message, mais dans Segond 21, il n'est pas très clair au niveau grammatical. Dans ce verset, il faut comprendre que Jean voit alors le ciel s'ouvrir et que le temple qui abrite le tabernacle du témoignage est ouvert.

Le temple est le lieu où Dieu est présent. Le tabernacle du témoignage (voir Hébreux 8:5) est le temple utilisé par les Hébreux lors de leurs déplacements (Exode). Il abritait l'arche de l'alliance et c'était le lieu de rencontre entre l'homme et Dieu.

Le tabernacle, n'étant plus sur terre depuis la destruction du temple, il est dans le ciel. C'est le tabernacle qui contient l'arche de la nouvelle alliance (voir Apocalypse 11:19).

Le fait que l'arche soit ouverte est le signe que le jugement est venu. Ainsi, dans Apocalypse 11:18, il est dit : « Les nations se sont irritées, mais ta colère aussi est venue ; voici le moment de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, petits et grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre. »



Verset 6 : « Les sept anges qui tenaient les sept fléaux sortirent du temple ; ils étaient revêtus d'un lin pur, éclatant, et portaient des écharpes en or autour de la poitrine. »


Comme les sept anges qui tenaient les trompettes et ceux qui amenèrent les sept sceaux, ici, sept anges sortent du temple en tenant les sept fléaux. Ces anges sont revêtus d'un lin pur, qui est l'image de la pureté, car le lin était un tissu très important dans la Bible (les voiles et les tapis du tabernacle étaient en lin…).

Ils portent des écharpes en or, synonyme de pouvoir et de pureté. Pour rappel, Jésus-Christ porte une écharpe d'or dans Apocalypse 1:13. Cela signifie qu'ils ont un rôle important.


Notons l'article défini « les », ce qui signifie que ce ne sont pas n'importe quels fléaux que les anges tiennent.



Verset 7 : « L'un des quatre êtres vivants donna aux sept anges sept coupes d'or pleines de la colère du Dieu qui vit aux siècles des siècles. »


Nous avons vu qui étaient ces quatre êtres vivants au chapitre 4, versets 7 et 8. L'un d'entre eux donne à chacun des anges une coupe d'or pleine de la colère de Dieu. À remarquer que, par rapport au chapitre 8 où les sept anges reçoivent chacun une trompette sans que soit précisé qui les donne, ici il s'agit d'un des quatre êtres vivants. Nous avons vu au chapitre 4 l'importance de ces quatre êtres vivants et leurs correspondances avec les chérubins de l'Ancien Testament.



Verset 8 : « Le temple fut rempli de fumée à cause de la gloire de Dieu et de sa puissance, et personne ne pouvait entrer dans le temple tant que les sept fléaux des [sept] anges n'étaient pas accomplis. »


Il ne faut donc pas identifier cette fumée avec la nuée qui est le signe de la présence de l'Éternel que l'on retrouve dans Exode 40:34 ou 1 Rois 8:10. C'est un phénomène identique à ceux qui sont décrits dans Ésaïe 6:4 et Ézéchiel 10:4. Il signifiait que le sanctuaire était inaccessible, que l'homme ne pouvait s'approcher de Dieu.

Cette explication est confirmée par le dernier trait de la vision, car personne ne pouvait entrer dans le temple jusqu'à ce que les sept plaies des sept anges soient accomplies.

Cela signifie que le temps de la grâce et de la rédemption est passé, Dieu n'accueille plus ceux qui viendraient encore implorer son pardon ou intercéder en faveur des coupables ; le temps du jugement est venu.





CHAPITRE 17


La grande prostituée



Il s'agit d'un chapitre particulièrement important où 3 approches différentes vont amener des interprétations divergentes. Ces 3 approches sont :


  1. l'approche classique qui voit en la grande prostituée le pouvoir de l'empire romain et que nous appellerons = approche historique

  2. celle qui voient en elle le pouvoir de l'argent, de la richesse, de la possession = approche symbolique

  3. enfin celle du pouvoir religieux qui se compromait avec le pouvoir politique = approche spirituelle

Remarque : ces 3 approches ont leurs logiques et elles donnent lieu à de nombreuses discussions.



Verset 1 : « Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint me parler et dit : « Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux. »


Un des anges qui a versé sa coupe, s'adresse à Jean. Il lui indique ce qu'il va advenir de la grande prostituée. Jean ne précise pas de quel ange il s'agit. L'identité de l'ange a donné lieu à des discussions entre exégètes, mais cela n'a que peu d'importance et c'est sans doute pour cela que Jean ne l'indique pas.


La grande prostituée c'est Babylone la grande, et nous avons vu au chapitre précédent que plusieurs interprétations pouvaient être faites selon son approche.

Au chapitre 16 : 19 nous avons également vu que Babylone la grande a été détruite après avoir bu le vin de l'ardente colère de Dieu.


  • Une des interprétations = approche historique, c'est d'assimiler la grande prostituée à l'empire romain et l'exercice de son pouvoir politique qui ont abouti aux persécutions des premiers chrétiens (voir commentaires au chapitre 16).

  • Mais d'autres voient plutôt l'image de Babylone non pas sous sa forme historique mais comme une représentation du pouvoir de l'argent, du commerce = approche symbolique

  • Enfin certains voient en la prostituée l'église corrompue, la puissance religieuse. Les grandes eaux représentant ainsi les populations dominées et sous son influence et qui apportent leur soutien à la grande prostituée qu'ils appellent la fausse religion = approche spirituelle


Dans ce verset, l'ange précise que la grande prostituée est assise sur de grandes eaux. Nous avons vu que la mer représentait souvent la population agitée tandis que l'eau représentait la population apaisée. Ainsi les grandes eaux représentent une population importante mais relativement calme. Au verset 15 de ce chapitre, nous en avons la confirmation: « Puis il me dit : « Les eaux que tu as vues, sur lesquelles la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues ».

Ces populations sont apaisées car elles se complaisent avec ce pouvoir qui leur fournit la prospérité, la richesse, la tranquillité et la paix.


Remarque : cette image de la population apaisée convient aux 3 approches.



Verset 2 : « C'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l’immoralité, et c'est du vin de sa prostitution que les habitants de la terre se sont enivrés. »


L'ange précise qu'avec la prostituée, les rois de la terre se sont livrés à l'immoralité.


Pour l'approche historique, les rois sont les différents empereurs qui se sont succédés.

Mais, le terme « les rois de la terre » est important et semble objecter cette interprétation comme étant Rome la prostituée car l'article défini « les » sous entend de nombreux rois si ce n'est tous les rois de la terre. Autrement dit tous les dirigeants de la Terre et donc pas seulement les empereurs romains successifs. Il en est de même de l'interprétation spirituelle qui voit dans la prostituée la religion corrompue car elle ne peut concerner que quelques gouvernants et non les gouvernants de toute la terre.


Il faut noter aussi l'usage de l'article défini « les » habitants de la terre qui indique que de très nombreux hommes de « la » (encore un article défini) Terre et donc pas seulement de Rome, se sont enivrés du vin de sa prostitution, c'est à dire se sont enivrés de ce que la prostituée a produit.


Certes du temps de l'empire romain, les empereurs exigeaient un culte à leur image constituant une abomination au sens biblique mais cela ne concernait que l'empire romain et non toute la terre.


Ainsi l'hypothèse de la grande prostituée qui représente l'adoration, le culte de l'argent, du commerce, de la richesse semble plus logique que celle de l'empire romain car elle, elle concerne le monde entier.

Notons qu'au verset précédent la « prostituée » est assise. Cette posture indique qu'elle est fondée sur l'acception d'une grande population pour boire le vin qu'offre la grande prostituée . Le vin de sa prostitution signifie l'ivresse qui vient de l'adoration qu'elle engendre. L'argent, la richesse, la possession sont adorés par presque toute la population et de tout temps.


Que concerne l'immoralité?

  • Dans l'hypothèse historique, l'immoralité c'est le culte de l'empereur Dieu mais à laquelle on peut aussi associer des pratiques immorales de l'empire romain.

  • Dans l'approche symbolique, l'immoralité ce sont des gens qui possèdent de grandes richesses tandis que d'autres vivent dans la misère. On peut également y associer certaines pratiques de ces gens qui pour satisfaire leur désirs toujours plus grands et parce qu'ils en ont les moyens, ont une vie décadente (drogue, sexe, clubs privés, pratiques d'ésotérismes...).

  • Enfin, pour ceux qui ont une approche spirituelle, l'histoire effectivement n'est pas sans manquer d'éléments peu en faveur de la religion à cause de ses richesses et ses opulences dans lesquelles elles vivent ou ont vécu et par l'introduction de doctrines qui sont sujettes à controverses par exemple : Le culte des saints (vers 375), la sainte vierge mère de Dieu (491) elle même conçue du saint esprit, le purgatoire (593), le culte des images et des reliques (788), l’eau bénite (850), l’infaillibilité de l’église (1076), la vente des indulgences (1190), le dogme de la transsubstantiation (1215), l’infaillibilité du pape (1870)… Bref tous ces dogmes qui sont rajoutés aux textes canon.



Verset 3 : « Alors il me transporta en esprit dans un désert et je vis une femme assise sur une bête écarlate, couverte de noms blasphématoires et qui avait sept têtes et dix cornes. »


Dans ce verset, nous abordons le jugement de la grande prostituée. Il y a beaucoup d'images dans cette partie qu'il faut décortiquer :

D'abord il y a le désert qui signifie des conditions difficiles de vie mais aussi l'absence de spiritualité.

La femme (la prostituée) est assise sur un bête écarlate. Le fait d'être assise signifie qu'elle fonde son pouvoir sur cette bête écarlate et qu'elle possède un pouvoir sur la bête comme un cavalier sur sa monture.

La bête représente dans la bible le pouvoir politique et elle est écarlate car toute puissante, la couleur écarlate étant signe de domination.

La bête est couverte de noms blasphématoires car elle offense dieu par ses adorations.


Enfin la bête a sept têtes et 10 cornes.

Arrêtons nous sur cette description de la bête avec ses sept têtes et ses dix cornes.


Les têtes ont plusieurs interprétations, mais, l'explication qui nous est donné au verset 9 et 10 de ce chapitre permet d'en comprendre le sens : « C’est ici qu’il faut une intelligence éclairée par la sagesse. Les sept têtes sont sept montagnes sur lesquelles la femme est assise. Ce sont aussi sept rois : cinq sont tombés, l'un règne, l'autre n'est pas encore venu. Et quand il sera venu, il ne doit rester que peu de temps. »

Les 7 montagnes sont associées par beaucoup d'exégètes à Rome en tant que pouvoir car la ville de Rome est entourée de 7 collines. La montagne est effectivement un symbole de pouvoir.

La suite dans le verset 10 nous dit que ces 7 têtes sont 7 rois, 5 sont tombés, l'un règne (du temps de Jean) et un autre roi doit venir et quand il viendra, il ne restera que peu de temps.


Pour ceux qui ont une approche historique, les 7 rois sont 7 empereurs qui se succèdent. Voici la liste des empereurs qui se sont succédés :

  1. Auguste

  2. Tibère

  3. Caligula

  4. Claude

  5. Néron

  6. Galba

  7. Othon


Mais, cette énumération des empereurs ne correspond pas avec le verset qui nous dit que 5 empereurs sont tombés car selon cette liste, le 6ème empereur qui règne serait Galba. Or du temps de Jean, l'empereur est Domitien qui est le 11ème empereur et non Galba (sans compter les usurpateurs dont 2 entre Claude et Néron et 2 entre Galba et Othon). Pour expliquer cette incohérence avec l'histoire, ceux qui ont cette approche, avancent que la révélation à été rédigée dans les année 70. Mais cela est en contradiction avec le chapitre 1 verset 9 dans lequel Jean dit qu'il a reçu cette révélation alors qu'il était sur l'île de Patmos or Jean était en exil sur cette île en l'an 96 et non dans les années 70.


Pour les 2 autres approches les 5 rois prend en compte la prophétie de Daniel et son explication de la vision de la statue rêvée par Nabuchodonosor.


  1. Cette statue avait une tête en or qui représentait l'empire babylonien.

  2. La statue avait des épaules et des bras en argent qui représentaient l'empire Medo-Perse

  3. Elle avait un torse en bronze pour l'empire Grec

  4. Des jambes de fer qui représentent l'empire romain

  5. Des pieds mêlés de fer et d'argile qui sont les différentes nations issues de l'empire romain. Le fer et l'argile mêlé indique des nations fortes mais non soudées car l'argile n'est pas un élément qui cimente correctement.

L'ange dit que 5 sont tombés or les différentes nations issues de l'empire romain ne sont pas encore apparues du temps de Jean. Il faut donc considérer l'empire Assyrien qui ne figurait pas dans la description du rêve du roi Nabuchodnosor car cet empire avait déjà disparu, et la vision du Roi ne s'intéressait pas au passé mais au présent et au devenir de l'empire babylonien..


Nous avons ainsi pour ces 5 têtes :


  1. l'empire assyrien

  2. l'empire babylonien

  3. l'empire Medo-Perse

  4. l'empire Grec

  5. l'empire Romain

Mais il y a encore un problème, à l'époque de Jean c'est l'empire Romain qui règne et il n'est pas encore tombé puisque c'est lui qui règne à son époque. Faut-il rajouter un autre empire précédent l'empire assyrien comme l'Egypte et considérer que l'empire romain est la sixième tête? Ou plus simplement l'empire Medo-Perse doit être compté comme 2 rois? En effet cet empire est né de la fusion des 2 empires Mède et Perse.

Que ce soit l'Egypte qui précède l'empire Assyrien ou l'empire Médo-Perse qui compte pour 2, la sixième tête pour ces approches est donc l'empire romain et par déduction logique, la septième tête représentent les nations issues de la chute l'empire romain (les pieds faits d'argile et de fer mêlés de la prophétie de Daniel).


Cette bête est couverte de noms blasphématoires. Le blasphème peut être interprété de différentes façons mais le plus souvent le caractère blasphématoire est lié au fait de se croire supérieur si ce n'est égale à Dieu. Le culte qu'exigeaient les empereurs se faisant passer pour des dieux est indubitablement blasphématoire et rejoint donc l'hypothèse historique comme étant la prostituée. Il faut noter que dans tous ces empires, la pratique du roi-dieu était courante. Les Rois se faisaient passer pour des dieux que ce soit en Egypte, chez les Assyriens, même les grecs, Alexandre se faisant passer pour un demi Dieu.

De même, la richesse, le pouvoir confère les mêmes caractères car ceux qui en possèdent se prennent aussi pour des dieux et il suffit de regarder nos sociétés et leurs histoires pour se rendre à l'évidence que le culte de l'argent et du pouvoir est identique aux cultes que les rois des différents empires et les empereurs romains exigeaient.

Enfin, pour ceux qui voient comme indiqué plus haut dans la prostituée, le pouvoir religieux, le fait de rajouter des dogmes, d'autres cultes et de se donner le pouvoir de jugement, est considéré comme des blasphèmes.


La bête possède 10 cornes. Les cornes symbolisent le pouvoir, la royauté. Dix est un nombre symbolique qui signifie la loi, l'ordre. Il ne faut pas forcément le prendre au sens littéral comme étant égal à 5 +5, ou 2 x5.


Remarque : si les têtes sont des rois pourquoi les cornes seraient elles également des roi?

Ainsi la logique serait que les têtes représentent des empires et les couronnes des rois.


En résumé :


Pour l'approche historique : la prostituée est le pouvoir romain, les rois et les têtes les différents empereurs qui se sont succédés et la bête est Rome.

Pour les 2 autres approches, nous avons une bêtes constituée de 7 empires dont le 6 ème est l'empire romain, le 7ème sont les nations issues de l'empire romain et les 10 couronnes des rois des nations issues de l'empire romain après sa chute.


Verset 4 : « Cette femme était habillée de pourpre et d'écarlate et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or remplie d'abominations et des souillures de sa prostitution. »


Cette femme (la prostituée) est habillée richement ; le pourpre étant une teinture très cher et l'écarlate signe de puissance. Elle est aussi parée d'éléments précieux (or, pierres, perles) ce qui montre l'importance de sa richesse. La coupe qu'elle tient est en or mais il ne s'agit pas ici de symbole de pureté car elle est remplie d'abominations et de souillures qui symbolisent le péché et les dépravations.

Ici encore certains voient dans la souillure et les abominations, le culte des empereurs romains qu'ils exigeaient du peuple. Un culte à l'égard des empereurs qui se prétendaient être des dieux. Ceux qui voient la prostituée comme le pouvoir religieux font un parallélisme avec l'habit des hauts dignitaires et les richesses dont ils abondaient. Quant à l'approche symbolique, le culte de l'argent est illustrée par la parure et les bijoux que porte la prostituée.



Verset 5 : « Sur son front était écrit un nom, un mystère : « Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre. » 


Ce verset insiste sur le caractère de la prostituée comme pour mieux appuyer sur son état. Sur son front une écriture qui est à l'opposé des empreintes apposées sur le front des serviteurs de Dieu voir chapitre 7 et 14. Ce qui est écrit sur son front indique encore qu'il s'agit de Babylone la grande dont nous avons vu la signification et les différentes interprétations. Ici, elle est accusée d'être la mère des prostituées et des abominations de la terre.

Le fait qu'elle soit la mère signifie qu'elle est à l'origine des prostituées. Il est donc questions de plusieurs prostituées générées par Babylone la grande.

Cette précision va encore dans le sens de l'approche symbolique car la richesse, l'argent, le pouvoir génèrent ses cultes qui sont des abominations. En effet, l'argent, la richesse, le pouvoir ne sont pas nés avec Rome mais avec les différents empires qui se sont succédés.

Enfin l'article « la » qui précède le mot Terre, ne va pas dans le sens de l'approche spirituelle en tant que pouvoir religieux, car le pouvoir religieux n'a pas de pouvoir sur l'ensemble de la terre. En Chine par exemple, il n'y avait pas de religion mais des sages comme Confucius.



Verset 6 : « Je vis cette femme ivre du sang des saints, du sang des témoins de Jésus. En la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement. »


Après avoir montré que la prostituée enivrait les hommes avec le vin de sa prostitution, Jean la voit maintenant ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus.


De quels témoins de Jésus est-il question? Au chapitre 11 nous avons vu les 2 témoins de Jésus chargés d'amener le monde à la repentance et ce qu'ils sont devenus. Les apôtres étaient également les témoins de Jésus car ils l'on accompagné lors de son ministère.


  • Si l'on retient l'hypothèse des apôtres comme témoins, ce verset irait dans le sens de l'approche historique, car les témoins de Jésus (les apôtres) vivaient à ce temps là et ont été martyrisés sous l'empire romain.

  • Si par contre on retient l'hypothèse des 2 témoins du chapitre11 alors l'empire romain ne peut être la prostituée car ces 2 témoins ne se sont toujours pas manifesté et l'empire romain n'existe plus.


Enfin le mot témoin concerne aussi les disciples de Jésus. Ceux qui croient en Jésus sont par définition des témoins donc on ne peut pas restreindre les saints et les témoins de Jésus à la seule époque romaine d'autant que les saints ont existé dans toute l'histoire de l'humanité et pas seulement à Rome.



Verset 7 : « L'ange me dit : « Pourquoi t'étonnes-tu ? Je te dirai le mystère de la femme et de la bête qui la porte, celle qui a les sept têtes et les dix cornes. »


Devant l'étonnement de Jean, l'ange lui dit qu'il va être informé sur le mystère de la femme (la prostituée) et de la bête et que nous allons voir maintenant.



Verset 8 : « La bête que tu as vue existait et elle n'existe plus. Elle va monter de l'abîme et s’en aller à la perdition. Les habitants de la terre, ceux dont le nom n'a pas été inscrit dès la création du monde dans le livre de vie, s'étonneront en voyant que la bête existait, qu’elle n'existe plus et qu’elle reparaîtra. »


Nous avons une première information importante. La bête existait (passé) mais elle n'existe plus (présent). Il ne peut donc s'agir de l'empire romain car à l'époque de Jean l'empire romain existait bien.


Puis, elle va monter de l'abîme et s'en aller à la perdition. Ceci est surprenant puisque juste avant on nous dit que la bête n'existe plus. Mais le passage suivant « elle va monter de l'abîme » nous rappelle le chapitre 9 dans lequel (verset 1) une étoile tombée du ciel reçoit les clés de l'abîme, et cela nous donne l'explication. En effet, la bête n'existait plus car elle était dans l'abîme. Puis lorsque l'étoile ouvre le puits de l'abîme, la bête monte de l'abîme pour aller à la perdition. Cette réapparition est également décrite au chapitre 11verset 7 où la bête monte de l'abîme pour combattre les 2 témoins.

Cette partie nous permet d'éclaircir l'identité des témoins dont il est question au verset 6 : ce sont bien les 2 témoins envoyés par Jésus-Christ pour obtenir la repentance dans le monde entier et non des apôtres.

A noter que ceux qui n'ont pas leur nom inscrit dans le livre (à traduire par qui ne seront pas sauvés), vont s'étonner de la voir ressurgir. Le mot étonné suggère aussi être séduit.


Si l'on se réfère au fait que la bête n'existe plus au début du verset 8 mais qu'elle réapparaît ensuite, on peut penser que Jean voit le futur et dans celui-ci, l'empire romain n'existe plus mais elle réapparaît après avoir été enfermée dans le puits de l'abîme. Au chapitre 13 verset 3, Jean voit également cette bête qui représentait les différents empires (Babylone, Medo-Perse, Grec et Rome) dont il dit que une de ses têtes fut blessée mortellement mais qu'elle fut guérie et que la terre entière fut remplie d'admiration pour la bête.


Il n' y a donc pas d'ambiguïté, la bête dont il est question ici, c'est l'empire romain et elle renaît sous forme de plusieurs nations comme les pieds de la statue explicité par Daniel.


Remarque : beaucoup d'exégètes expliquaient la disparition de la bête avec la mort de Néron qui devait réapparaître. Mais ces explications étaient basée sur un mythe du retour de Néron qui ne s'est jamais produit.



Verset 9 et 10 : « C’est ici qu’il faut une intelligence éclairée par la sagesse. Les sept têtes sont sept montagnes sur lesquelles la femme est assise. Ce sont aussi sept rois : cinq sont tombés, l'un règne, l'autre n'est pas encore venu. Et quand il sera venu, il ne doit rester que peu de temps. »


Nous nous sommes déjà appuyé sur ces 2 versets qui donne l'explication du verset 3 sur ce que représente la bête.



Verset 11 : « Quant à la bête qui existait et qui n'existe plus, elle est elle-même un huitième roi ; elle fait partie des sept et s’en va à la perdition. »


Dans ce verset nous retrouvons également ce que nous disions au verset 8 précédent et qui confirme que la bête qui a 7 têtes est elle même un roi c'est à dire un pouvoir.

Mais ici il y a un éléments important à considérer. Ce verset nous indique que la bête est elle-même un 8 ème roi. Ce qui signifie que la bête représente un pouvoir. Puis, ce verset nous dit qu'elle fait partie des sept. Il est logique de penser qu'il s'agit des têtes dont on parle.


Pour l'approche historique il s'agit toujours des empereurs romains.


Pour les 2 autres approches qui s'appuie sur l'explication de Daniel, la bête qui existait et n'existe plus c'est l'empire romain. Cet empire est un huitième roi car à la chute de l'empire romain, les nations qui en sont issues constituent un nouveau pouvoir.


  • Pour l'approche spirituel ce nouveau pouvoir est un ordre mondial qui va prendre le pouvoir sur le monde type ONU,..

  • Pour l'approche symbolique, c'est le pouvoir de l'argent, du commerce qui rejoint un peu l'idée d'un ordre mondial sans vouloir l'identifier à un organisme comme l'ONU. Mais remarquons que l'OMC (Organisation Mondial du Commerce) se comporte également comme un ordre mondial qui régit les règles du commerces.



Verset 12 : « Les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n'ont pas encore reçu de royaume, mais ils reçoivent le pouvoir de régner pendant une heure avec la bête. »


L'approche des exégètes qui voient dans ces 10 cornes les empereurs romains successifs, a du mal à coller avec la réalité historique. Du temps de Jean, nous sommes en effet déjà au 11ème empereur qui n'est autre que Domitien. Pour contourner toutes ces objections, ces exégètes avancent que ces 10 rois qui succéderont au 7 premiers seraient en fait des lieutenants impériaux qui dirigèrent les persécutions.

Mais, dans ce verset nous avons une dimension prophétique dans la vision de Jean puisqu'il dit que les 10 rois n'ont pas encore reçu de royaume (au futur). Ainsi, nous pouvons voir les 10 cornes comme des royaumes ou des nations qui n'existent pas du temps de Jean. Ces nations ne peuvent être que issues de la chute de l'empire romain, c'est à dire : France, Angleterre, Espagne, Portugal, Italie, Allemagne, Autriche, les USA, Canada....

Ces nations n'existent pas encore à l'époque de Jean mais dans ce verset nous apprenons qu'elles reçoivent le pouvoir de régner pendant un heure.

Une heure signifie un temps très court et c'est une des objections faites par les adeptes de l'approche historique. Mais, ces royaumes issues de la chute de l'empire romain n'existent pas à ce moment là. Il faudra attendre plusieurs siècles pour que les royaumes se forment et on peut dire que ces nations n'existent vraiment toutes que depuis la 1ère guerre mondiale voire fin de la 2ème guerre mondiale. Il a en effet fallut de nombreuses guerres et événements politiques pour façonner ces états jusqu'à devenir aujourd'hui des nations bien établies avec des frontières reconnues. Et si l'on regarde de près cela fait peu de temps au regard de l'histoire.


Verset 13 : « Ils ont une même pensée et ils donnent leur puissance et leur pouvoir à la bête. »


Pour ceux qui ont une approche historique, il s'agirait des gouverneurs ou lieutenant impériaux qui ont donc la même pensée que Rome et exécutent les ordres de la bête (Rome).


Pour les autres approches ce verset est intrigant. Nous parlons ici des nations issues de l'empire romain et ce verset nous indique que ces nations ont une même pensée et qu'ils (les rois = les nations) remettent leur pouvoir à la bête.

Certains pensent qu'il s'agit d'une entité qui unifie ces nations et indique naturellement l'ONU comme étant cette union et la bête à qui ces nations confient leur pouvoir.

On peut le voir aussi de façon symbolique. Si nous analysons notre époque, on ne peut que remarquer une certaine pensée commune entre les différentes nations issues de l'empire romain et les nations d'aujourd'hui remettent effectivement de plus en plus leur pouvoir entre les mains de ceux qui possèdent l'argent et le commerce.

Rappelons nous aussi le nombre de la bête : 666 et sa marque qui si elle ne sera pas acceptée interdira tout commerce donnant ainsi un pouvoir énorme à la bête.



Verset 14 : « Ils combattront contre l'Agneau et l'Agneau les vaincra parce qu'il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois. Ceux qui ont été appelés, choisis et fidèles et sont avec lui les vaincront aussi. »


Ce verset est toujours d'ordre prophétique car il est au futur.


Pour ceux qui ont une approche spirituelle ou symbolique, ces nations combattront le Christ, mais le Christ les vaincra. Ceci peut nous paraître surprenant dans la mesure où les nations issues de l'empire romain sont de confession Chrétienne. Cela doit nous amener à nous poser des questions :

En quoi ces nations combattraient-elles le Christ?

Ce que nous pouvons dire c'est qu'il s'agit déjà d'un combat d'ordre spirituel. Autrement dit ces nations qui ont les mêmes pensées vont s'écarter du message de la parole du Christ et vont agir à l'opposé de ce que Jésus est venu semer parmi les hommes. Or Jésus a enseigné l'amour du prochain, l'amour de Dieu et toutes ces valeurs spirituelles, de charité, de partage... Ces nations vont donc prendre une tournure qui rejettera le Christ et sa parole pour favoriser d'autres valeurs.


Pour ceux qui ont une approche historique, les combats contre l'agneau correspondent aux persécutions et l'agneau les vaincra car les persécutés résisterons jusqu'à la mort et ainsi le christianisme survivra à ces persécutions.



Verset 15 : « Puis il me dit : « Les eaux que tu as vues, sur lesquelles la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues. »


Nous sommes dans l'explication par l'ange de la vision de Jean. Nous avons déjà vu cette explication de l'eau qui signifie la population apaisée. Ici l'ange précise que les grandes eaux sont des peuples, des foules, des nations et des langues. Il y a donc plusieurs nations et plusieurs langues. C'était le cas dans l'empire romain et c'est également ce que nous retrouvons dans les différentes nations issues de l'empire romain. Ce verset peut ainsi se traduire de la façon suivante : la prostituées assoie son pouvoirs sur de nombreux peuples de différentes langues.



Verset 16 : « Les dix cornes que tu as vues et la bête détesteront la prostituée ; elles la dépouilleront et la mettront à nu, elles mangeront sa chair et la détruiront par le feu. »


Ce verset toujours prophétique car mis au futur, nous informe que la bête et les rois se retournerons contre la prostituée au point de la dépouiller, de la mettre à nue ce qui signifie qu'elles se moquerons d'elle. Elles iront jusqu'à manger sa chair qui est un acte odieux et la détruiront par le feu.


Pour ceux qui ont une approche historique, les dix rois sont 10 gouverneurs qui se sont conjurés pour faire Domitien empereur, et qui marcheront avec lui contre Rome. Ils la réduiront en désert, et la consumeront par le feu, renouvelant, en l'aggravant, l'exploit de Néron, qui avait incendié sa capitale.


Dans l'approche spirituelle qui fait de la prostituée les fausses religions, ce sont les nations qui la rejetterons en la ridiculisant et en lui ôtant son pouvoir et sa superbe.


Enfin dans l'approche symbolique, qui pour rappel la prostituée représente le culte de l'argent, de la richesse ; ces valeurs ne seront plus aussi importantes car elles seront remplacées par d'autres valeurs ou bien ces valeurs seront absorbées par un pouvoir plus fort qui imposera ses propres valeurs.



Verset 17 : « En effet, Dieu leur a mis à cœur de réaliser son propre projet en ayant la même pensée et en donnant leur royauté à la bête jusqu'à ce que les paroles de Dieu soient accomplies. »


Il s'agit ici du plan de Dieu. Les rois ne sont que les exécuteurs de son plan. C'est Dieu qui a créé entre ces ambitieux, naturellement rivaux, l'accord admirable grâce auquel ils ont un même dessein : donner leur royaume à la bête.


Mais le règne de celle-ci subsistera seulement jusqu'à ce que les paroles de Dieu, c'est-à-dire les prophéties relatives à la chute de Babylone, soient accomplies.


Pour ceux qui ont l'approche historique, les rois (les gouverneurs) abandonnent leur pouvoir à la bête (Rome) permettant à l'empire de se maintenir jusqu'à sa chute.


Pour les autres approches, elles convergent vers l'abandon du pouvoir des nations envers un ordre mondial sous différentes formes qui prendrait le contrôle du monde.



Verset 18 : « Et la femme que tu as vue, c'est la grande ville qui exerce la royauté sur les rois de la terre. »


Ce verset vient conclure ce chapitre en rappelant la nature de la femme (la prostituée) qui est la grande ville (Babylone).







CHAPITRE 16


Les coupes de la colère de Dieu



Dans ce chapitre, nous allons voir successivement sept anges verser les sept coupes de la colère de Dieu, comme il y a eu sept lettres aux sept églises, puis sept sceaux et sept trompettes. Les quatre premières coupes rappellent les quatre premières trompettes, car elles sont de même nature. Elles agissent successivement sur la terre, la mer, l'eau et le soleil. Mais à la différence des trompettes où un tiers, c'est-à-dire un grand nombre, était détruit, ici les coupes atteignent tout. Dans la séquence qui va suivre, on peut également remarquer la similitude entre les plaies d'Égypte et celles qui vont s'abattre sur le monde.


Nous verrons au cours de ce chapitre qu'il y a plusieurs façons d'approcher ce texte :
1. D'un point de vue physique ou littéral
2. De manière spirituelle
3. Sous forme d'images et de symboles
Ces trois approches différentes seront exposées.
De même, il y a une similitude entre les sept trompettes et les sept coupes de la colère divine. Ce point sera abordé à la fin de ce chapitre et résumé dans un tableau comparatif.


Verset 1 : « J’entends une voix forte qui vient du temple. Elle dit aux sept anges : « Allez verser sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu. »
Jean entend une voix forte qui vient du temple. Beaucoup d'exégètes l'attribuent à Dieu, mais d'autres pensent qu'il s'agit de Jésus-Christ. Cette voix ordonne aux sept anges de verser leur coupe. Il ne s'agit pas ici de la coupe que Jésus-Christ partagea lors de la Pâque et contenant le sang qu'il allait verser pour nous, mais de sept coupes contenant la colère de Dieu. Remarque : il semble plus logique que ce soit la voix de Dieu, car dans le verset 4 de ce chapitre, l'ange de l'eau s'adresse à Dieu, ainsi que la voix dans le verset 7.
Verset 2 : « Le premier ange partit et versa sa coupe sur la terre, et un ulcère mauvais et douloureux frappa les hommes qui portaient la marque de la bête et qui adoraient son image. »
Le premier ange verse sa coupe, et tous les hommes sont atteints d'ulcères. À cette époque, alors que la médecine n'était pas capable d'identifier l'origine de ces manifestations, l'ulcère évoquait des douleurs sur la peau, mais aussi sur les organes. Cela signifie que les hommes vont souffrir sans pouvoir soulager cette souffrance (à mettre en parallèle avec Job, qui était couvert d'ulcères). Mais il ne s'agit pas ici d'une épreuve comme celle que Job a subie, mais d'une sentence. Ceux qui vont subir la colère de Dieu sont ceux qui ont accepté la marque de la bête, et cela va entraîner beaucoup de souffrances. Certains interprètent ces souffrances en termes spirituels et non physiques, sous forme de délabrement moral qui entraîne des souffrances psychiques. On peut aussi dire que les deux peuvent exister. Ce qu'il faut retenir, c'est la souffrance. Qu'elle soit spirituelle, psychique ou physique, cela ne change pas l'aspect le plus important, qui est la souffrance.
La dernière partie de ce verset nous indique que la colère de Dieu s'abat à la fin de la grande tribulation sur tous ceux qui ont accepté la marque de la bête.
Verset 3 : « Le deuxième ange verse sa coupe dans la mer. L’eau devient comme le sang d’un mort, et dans la mer, tous les êtres vivants meurent. »
La mer représente la population agitée. Ainsi, on peut prendre ce verset sous la forme d'une image. L'eau, qui représente la vie, la foi, en étant changée en sang de mort, symbolise la vie spirituelle réduite à néant parmi les hommes.
Mais cette colère exprimée par le versement de cette coupe tend aussi à accréditer l'aspect physique, car dans ce verset ne sont évoqués que les êtres vivants dans la mer. Il n'est nullement question d'êtres humains, or on voit mal le spirituel affecter des animaux, des végétaux et d'autres organismes marins.
Versets 4 à 6 : « Le troisième ange verse sa coupe dans les fleuves et dans les sources d’eau. Alors l’eau devient du sang. Et j’entends l’ange de l’eau. Il dit : « Toi qui es et qui étais, toi le saint, tu es juste en jugeant de cette façon. En effet, puisqu’ils ont versé le sang de ton peuple et des prophètes, tu leur as donné du sang à boire. Ils ont ce qu’ils méritent. »
Le troisième ange verse sa coupe, et les fleuves et les sources d'eau deviennent du sang. Il est intéressant de noter que Jean parle de l'ange de l'eau, ce qui a donné lieu à plusieurs commentaires, mais qui n'ont que peu d'importance. Ce qu'il faut surtout remarquer, c'est que cet ange justifie la colère de Dieu en s'adressant à lui. Car il s'agit bien de la colère de Dieu. En effet, Jean précise « celui qui est, qui était », termes qui sont toujours attribués à Dieu. Et l'ange précise la raison de cette colère et pourquoi l'eau se transforme en sang : c'est parce qu'ils ont versé le sang des saints et des prophètes, et c'est la justice divine qui s'applique. C'est un peu comme la loi du Talion.
Le fait que l'eau devienne du sang peut être vu  d'un point de vue physique ou spirituel, et on peut également la voir comme une image. D'un point de vue physique, l'eau se transformant en sang est à rapprocher d'une plaie de l'Égypte qui apporta son lot de malheurs. D'un point de vue spirituel, l'eau est aussi la source de vie éternelle, et le fait que les eaux se transforment en sang peut signifier que la source de la vie éternelle, qui est la foi en Dieu et en Christ, n'existe plus sur terre. Enfin, si l'on prend ce symbole en tant qu'image, l'eau est un élément vital qui apaise la soif et permet la vie, et c'est aussi le courant de pensée. Le fait que l'eau des fleuves et des sources devienne du sang peut aussi symboliser la radicalisation des pensées et leur violence.
Verset 7 : « Puis j’entends une voix qui vient de l’autel. Elle dit : « Oui, Seigneur, Dieu tout-puissant, tes jugements sont vrais et justes. »
Il y a plusieurs interprétations sur l'origine de cette voix qui vient de l'autel. Certains l'attribuent à l'ange près de l'autel, d'autres personnifient l'autel, mais il faut préciser qu'il y a des différences de traduction de ce verset, et au final cela n'a pas beaucoup d'importance. Ce qu'il faut noter, c'est que cette voix justifie la colère de Dieu, car ses jugements sont « vrais et justes ».
Versets 8-9 : « Le quatrième ange versa sa coupe sur le soleil et il lui fut donné de brûler les hommes par son feu. Les hommes furent brûlés par une grande chaleur et ils blasphémèrent le nom du Dieu qui a autorité sur ces fléaux, ils ne changèrent pas d’attitude pour lui rendre gloire. »
Après l'eau qui se transforme en sang, le quatrième ange verse sa coupe, et les hommes sont brûlés par la chaleur. De même que dans les autres colères, on peut la voir sous un aspect physique ou spirituel. Ceux qui prennent cette colère sous son aspect physique vont faire par exemple une association avec le réchauffement climatique pour l'expliquer. Ceux qui la voient d'un point de vue spirituel vont l'associer à une frénésie collective dans l'adoration d'autres images (l'argent, la célébrité, le pouvoir...).
Dans ce verset 9, les hommes blasphèment encore le nom de Dieu au lieu de lui rendre gloire. On retrouve la même attitude que celle du Pharaon après chaque fléau, qui s'entêtait à refuser de laisser partir le peuple juif.
Versets 10-11 : « Le cinquième ange versa sa coupe sur le trône de la bête et son royaume fut plongé dans les ténèbres. Les hommes se mordaient la langue de douleur, et ils blasphémèrent le Dieu du ciel à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, ils ne se repentirent pas de leurs actes. »
La cinquième coupe est versée : le royaume de la bête fut plongé dans les ténèbres, et les hommes se tordaient de douleur. Mais là encore, ils ne changent pas d'attitude envers Dieu. De même que pour les autres colères, certains voient la cinquième coupe sous son aspect physique et d'autres sous un aspect spirituel.
Ceux qui voient l'aspect physique imaginent un obscurcissement du ciel consécutif, par exemple, à l'explosion d'un volcan dont les poussières dégagées peuvent couvrir le ciel pendant plusieurs années, comme cela s'est déjà produit dans le passé.
Ceux qui voient cette colère en termes spirituels imaginent un état de délabrement tel de la foi que la désolation qui en résulte entraîne les hommes dans un état d'obscurantisme. Enfin, on peut aussi relever que c'est le trône de la bête qui est plongé dans les ténèbres, ce qui signifierait que le pouvoir représenté, que nous verrons par l'Antéchrist, s'obscurcit, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de foi, plus de lumière pour l'éclairer, plus d'amour.
On remarque qu'à chaque nouveau fléau, les hommes blasphèment le nom de Dieu. Ce n'est pas sans rappeler l'attitude du Pharaon après chaque nouvelle plaie, dont le cœur s'est endurci au lieu de reconnaître la toute-puissance de Dieu. Ce passage montre que les hommes qui sont restés méritent ce qui leur arrive et ce qui va leur arriver.
Verset 12 : « Le sixième ange versa sa coupe sur le grand fleuve, l'Euphrate, et le fleuve s’assécha pour préparer la voie aux rois qui viennent de l'Orient. »
La sixième coupe est versée et provoque l'assèchement de l'Euphrate. L'Euphrate était considéré comme le fleuve séparant l'Orient de l'Occident et constituait une barrière naturelle. L'Euphrate est très important dans la Bible. La terre promise à Moïse va de la Méditerranée à l'Euphrate. En apocalypse 7:1, les quatre anges qui retiennent les vents sont sur l'Euphrate... L'Euphrate représentait aussi une source importante pour l'alimentation, comme le Nil pour les Égyptiens. L'image de l'Euphrate asséché préfigure aussi des problèmes de famines et de conditions de vie difficiles.
Son assèchement signifie également qu'il n'y a plus rien pour protéger des invasions barbares, ce qui est confirmé dans ce verset qui annonce que le fleuve a été asséché pour préparer la voie aux rois qui viennent de l'Orient. Là encore, on peut voir ce texte dans un sens relativement littéral et imaginer que l'Euphrate est réellement asséché (ce qui est d'ailleurs pratiquement vrai à notre époque).
D'un point de vue spirituel, l'Orient représente dans la Bible le paganisme, les fausses religions, et le fait que l'Euphrate soit asséché est l'image d'une porte ouverte à l'invasion de fausses religions (culte des morts, paganisme, autres religions qui ne croient pas en Christ ressuscité et sauveur des hommes). En asséchant l'Euphrate, Dieu livre les hommes aux rois de l'Orient, c'est-à-dire au paganisme et aux fausses religions et faux prophètes.
Verset 13 : « Je vis sortir de la gueule du dragon, de la gueule de la bête et de la bouche du prétendu prophète trois esprits impurs semblables à des grenouilles. »
La sixième coupe est versée : le dragon (Satan), la bête et le faux prophète essayent de réagir face à la colère de Dieu. Trois esprits impurs sortent de la bouche de Satan, de la gueule de la bête et du faux prophète (un esprit impur dans chacune de leur bouche). Les esprits impurs sont des démons. Ces esprits sont « semblables à des grenouilles ». Cette image des grenouilles est celle d'un animal qui n'a pas de force, mais dont le croassement est incessant et obsédant. Cette image est assez méprisante à l'égard des esprits impurs et montre leur faiblesse par rapport à la puissance divine. Cette image indique que Satan, la bête et les fausses religions (faux prophètes) vont abreuver les hommes de paroles pour les détourner de Dieu.
À mettre encore en parallèle avec l'une des plaies d’Égypte constituée par l'invasion de grenouilles.
Remarque : Le dragon, c'est sans aucune discussion Satan. La bête, c'est l'Antéchrist ; et enfin, le faux prophète fait l'objet de nombreuses discussions que nous reprendrons dans un autre document.
Verset 14 : « Ce sont des esprits de démons qui accomplissent des signes miraculeux et qui vont vers les rois de toute la terre afin de les rassembler pour la bataille de ce grand jour du Dieu tout-puissant. »
Ces esprits qui sortent de la bouche de Satan, de la bête et du faux prophète vont séduire les rois de toute la terre, sous-entendu ceux qui ont le pouvoir, pour se battre dans une ultime bataille contre Dieu. Remarque : dans Matthieu 7:15 et aussi dans Matthieu 24:24, Jésus-Christ nous mettait en garde contre les faux prophètes capables de prodiges. Les rois de toute la terre représentent le monde entier soumis à l'Antéchrist. La bataille de ce grand jour représente la bataille finale qui aura lieu lors du retour de Jésus-Christ.
Verset 15 : « Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui reste vigilant et qui garde ses vêtements, afin de ne pas marcher nu et de ne pas laisser voir sa honte ! »
Ici, c'est Jésus-Christ qui parle, et il s'agit de sa dernière mise en garde. L'auteur reprend Matthieu 24:43 : « C'est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas. » Jésus prend une image de garder ses vêtements, car la manière dont nous sommes habillés reflète ce que nous sommes et est associée à nos œuvres. C'est pourquoi il nous dit de garder nos vêtements, ou de manière plus explicite, de garder notre foi.
Verset 16 : « Ils les rassemblèrent à l'endroit appelé en hébreu Harmaguédon. »
Satan et ses démons rassemblent leurs forces dans un lieu appelé Harmaguédon, en séduisant les dirigeants des nations par des prodiges pour les amener avec eux dans la bataille à venir. Harmaguédon n'est employé qu'une seule fois dans la Bible. En hébreu, cela signifie montagne de Méguido. C'était un lieu stratégique où de nombreuses batailles ont eu lieu.
Il ne faut pas nécessairement prendre la désignation de ce lieu comme une identification de l'endroit géographique où aura lieu la bataille, mais plutôt comme un symbole en référence aux nombreuses batailles qui se sont tenues à Méguido et dans sa vallée.
Verset 17 : « Le septième ange versa sa coupe dans l'air, et du temple du ciel sortit une voix forte ; elle venait du trône et dit : « C'est fait ! » »
La septième coupe est versée, cette fois dans l'air. On pourrait interpréter le fait de verser la coupe dans l'air comme impliquant des troubles de l'atmosphère ; mais plus vraisemblablement, cela signifie que cette coupe est versée sur toute la Terre, car l'air enveloppe notre planète.
Du temple du ciel, une voix forte dit « c'est fait ». Cette voix est celle de Dieu, car elle vient du temple et plus précisément du trône, qui ne peut être que celui de Dieu. Pour certains, cela signifie que l'on ne peut plus revenir en arrière, le « couperet » vient de tomber ; c'est maintenant le temps de la lutte entre l'armée céleste et celle de Satan et de ses démons. Beaucoup d'autres voient plus simplement dans « c'est fait » l'accomplissement du verset 1, à savoir que toutes les coupes ont été versées.
En réalité, ces deux interprétations vont dans le même sens. On peut aussi voir dans ces paroles que l'ensemble des jugements et des dispensations de Dieu sont terminés. Il n'y aura pas d'autres alliances. Il n'y aura pas d'autres moissons. L'histoire de l'humanité vivant dans le péché est terminée.
Il est intéressant ici de comparer la septième trompette du chapitre 11 de l'Apocalypse avec la septième coupe de ce chapitre. À la septième trompette, le royaume de Dieu est remis à Jésus-Christ, le temple de Dieu est ouvert et l’arche apparaît. Se produisent alors des éclairs, des voix, des coups de tonnerre, un tremblement de terre et une forte grêle. Ici, la voix qui sort du temple est celle de Dieu. Lorsqu'il dit « c'est fait », cela signifie que le royaume de Dieu est maintenant instauré.
Verset 18 : « Et il y eut des éclairs, des voix, des coups de tonnerre et un grand tremblement de terre, tel qu'il n'y en avait jamais eu de pareil depuis que l'homme est sur la terre. »
Cette bataille est très violente, car elle est décrite avec des mots très forts : des éclairs, des coups de tonnerre, des tremblements de terre..., comme il n'y en a jamais eu depuis l'histoire de l'humanité.
On peut légitimement se poser la question sur la nature de cette bataille. Est-elle physique ou spirituelle ? Rien ne nous permet d'aller dans un sens ou dans un autre, car aucun détail ne permet d'appuyer une des deux hypothèses. C'est là que l'on voit l'importance de l'approche que l'on a dans la lecture de ce texte et le mystère qui l'accompagne.
Verset 19 : « La grande ville fut divisée en trois parties et les villes des nations s'écroulèrent. »
À la mort de Jésus-Christ, le voile du temple a été déchiré et il y eut un tremblement de terre à Jérusalem. La grande ville est maintenant divisée en trois. Pour la plupart des exégètes qui ont une approche spirituelle, la grande ville ne peut être que Rome. D'autres objectent que dans le chapitre 11, verset 8, il n'y a pas de doute sur l'identification de la grande ville appelée symboliquement Sodome et Égypte, où les deux témoins sont exécutés à l'endroit même où Jésus-Christ fut crucifié, et donc qui ne peut être que Jérusalem. Enfin, certains voient dans la grande ville : Babylone la grande, et donc l'image du paganisme et des faux cultes.
La grande ville est divisée en trois parties tandis que les autres villes des nations sont détruites, ce qui va encore dans le sens de la ville de Jérusalem, car trois est le nombre de divinité : la trinité, trois fois saint... Cela ne peut être le cas de Rome, même si certains interprètent la division par trois comme un tiers restant pour chaque part ; un tiers signifiant une proportion importante généralement associée à la mort (voir les trompettes).
Verset 20 : « Toutes les îles s'enfuirent et on ne retrouva plus les montagnes. »
Certains exégètes voient dans ce verset la ruine de Rome, car Rome possédait de nombreuses îles.
D'autres pensent que cela concerne le monde entier qui est jugé. Si l'on prend ce verset en termes symboliques, les montagnes symbolisent les pouvoirs et les îles les refuges ou les nations. Ainsi, on peut aussi interpréter ce verset comme la fuite des nations qui reprennent leur indépendance et la disparition des grands pouvoirs centralisateurs.
Verset 21 : « Une grosse grêle, dont les grêlons pesaient environ 40 kilos, tomba du ciel sur les hommes. Et les hommes blasphémèrent Dieu à cause du fléau de la grêle, parce que ce fléau était terrible. »
La grêle est une des plaies d'Égypte et elle représente symboliquement un fléau venant du ciel. Des grêlons de 40 kg, cela ne s'est jamais vu. Le nombre 40 signifie en symbolique biblique : efficacité maximale d'un événement (dans la Genèse, au temps de Noé, il plut pendant 40 jours et 40 nuits ; les Hébreux errèrent 40 ans dans le désert...). La grêle représente aussi les mauvaises récoltes à venir et donc la famine. Malgré cela, les hommes continuent de blasphémer contre Dieu. Il faut retenir que seule la grâce et non le châtiment change le cœur des hommes.



Comparaison entre les 7 trompettes et les 7 coupes



LES 7 TROMPETTES

LES 7 COUPES

1

La Terre

De la grêle mêlée de feu provoque des famines

Des ulcères frappent ceux qui ont accepté la marque entraînant de fortes douleurs.

2

La mer

Une grande Montagne de feu est précipitée dans la mer. L'eau devient du sang et le tiers des créatures vivants dans la mer meurent

L'eau dans la mer devient du sang des morts et toutes les créatures vivantes dans la mer meurent

3

L'eau

Une étoile tombe sur 1/3 de l'eau la rendant impropre à sa consommation

L'eau des fleuves et des sources se changent en sang et le jugement de Dieu va s'appliquer.

4

Le Ciel

Le soleil et la lune s'obscurcissent

Les hommes sont brûlés par une grande chaleur

5

Les démons

Le puits de l'abîme est ouvert laissant s'échapper des démons sous forme de sauterelles qui vont tourmenter tous les hommes sauf ceux qui ont refusé la marque

Le trône de la bête est obscurci. La spiritualité n'existe plus.



La guerre

Les 4 vents qui étaient enchaînés sur l'Euphrate sont libérés et 1/3 des hommes meurent

L'Euphrate est asséché laissant les forces de l'Orient envahir la terre promise et le rassemblement des armées de Satan, de l'Antéchrist et le faux prophète afin de livrer une dernière bataille contre le  Christ.

7 L'annonce du jugement dernier

Le royaume des cieux est remis à Jésus-Christ

L'ensemble des jugements et des dispensations de Dieu sont terminés.



En comparant les trompettes et les coupes, on voit que les trompettes sont là pour avertir une dernière fois du jugement qui approche tandis que les coupes montrent que le jugement de Dieu est scellé. Il n'y aura plus de retour en arrière, le jugement va se terminer avec l'ultime bataille entre Satan, l'Antéchrist avec le faux prophète contre Jésus-Christ.



CHAPITRE 18


La chute de Babylone





Dans les 2 chapitres précédents nous avons vu 3 approches possibles d'interprétation concernant Babylone la grande.

Ce qui va suivre dans ce chapitre, peut s'appliquer pour les 3 approches avec cependant quelques nuances que nous verrons.



Verset 1 : « Après cela, je vis un autre ange descendre du ciel. Il avait un grand pouvoir et la terre fut illuminée de sa gloire. »


Jean voit maintenant un autre ange. Ce n'est pas n'importe quel ange, car Jean précise qu'il a un grand pouvoir et que la terre fut illuminée de sa gloire. Cette illumination rappelle la transfiguration de Jésus-Christ. Il est très vraisemblable qu'il s'agit de Jésus-Christ aussi nous prendrons Jésus-Christ comme étant la voix.



Verset 2 : « Il cria d'une voix forte : « Elle est tombée, [elle est tombée, ] Babylone la grande ! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire pour tout esprit impur, un repaire pour tout oiseau impur et détestable »


La voie est forte ce qui signifie qu'elle fait autorité et puissance. Elle proclame que Babylone la grande est tombée. Sa chute a déjà été proclamée au chapitre 14 verset 8. Il y a un parallélisme entre Babylone l'antique ville et Babylone la grande. En effet, on retrouve la même description lors de la chute de Babylone l'antique dans Esaïe 21 – 9 « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone, et toutes les sculptures sacrées de ses dieux sont en pièces par terre ! ».  

Nous avons vu dans le chapitre précédent que Babylone la grande était désignée comme la grande prostituée. Les qualificatifs utilisés ici pour la décrire ne sont pas plus élogieux. Elle est une habitation pour les démons,... C'est ce qui lui est aussi reproché, c'est d'abriter tous ce qui représente le mal : les démons, les esprits impurs et tout oiseau impur et détestable (en opposition avec la colombe qui est symbole de la vie et aussi du Saint Esprit).



Verset 3 : « En effet, toutes les nations ont bu du vin de la fureur de sa prostitution, les rois de la terre se sont livrés avec elle à l’immoralité et les marchands de la terre se sont enrichis grâce à la démesure de son luxe. »


Ce verset va toujours dans le même sens des reproches qui sont faits avec pratiquement les mêmes mots. Ce verset ajoute une nuance qui est importante : « les marchands de la terre se sont enrichis grâce à la démesure de son luxe ».

Cette nuance donnerait un argument en faveur de l'approche symbolique qui voit en Babylone la grande un symbole de l'argent, de la richesse (voir chapitre précédent) mais elle peut aussi s'appliquer aux 2 autres approches car l'empire romain et certaines religions ont enrichis beaucoup de marchands par leur goût du luxe et des fastes.



Verset 4 : « Puis j'entendis une autre voix venant du ciel qui disait : « Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin de ne pas vous associer à ses péchés et de ne pas être victimes de ses fléaux. »


Jean entend une autre voix, est-ce celle d'un autre ange ou celle de Jésus-Christ? Vraisemblablement, il s'agit toujours de Jésus-Christ même si Jean parle d'une autre voix.


Cet ange demande à son peuple de sortir de Babylone la grande.

Notons le terme « mon peuple » qui a un caractère affectif. Cela confirme qu'il s'agit de Jésus-Christ car les fidèles en Christ constituent bien son peuple. Il est notre berger et nous son troupeau, son peuple. C'est d'ailleurs une mise en garde affective car s'il demande à son peuple de sortir de Babylone la grande, c'est afin que celui-ci ne sombre pas dans le péché qui les conduirait à subir ses fléaux.


Remarque : il ne s'agit pas ici des fléaux déjà décrits au chapitre 15. Le pronom possessif « ses » qui s'applique aux fléaux, sont ceux que génèrent Babylone la grande.


Il est intéressant aussi de comparer l'exhortation à quitter la ville antique de Babylone que l'on retrouve dans Jérémie et Esaïe avec celle de ce verset voir le tableau ci-dessous :


Babylone la ville antique (ancien testament)

Babylone la grande (Apocalypse)

Jérémie 51 : 6

« Fuyez de Babylone, que chacun se sauve ! Ne vous laissez pas réduire au silence par sa faute ! En effet, c'est une période de vengeance pour l'Eternel, il va la traiter comme elle le mérite »


Jérémie 51 : 45

« Sortez du milieu d'elle, mon peuple, et que chacun se sauve loin de la colère ardente de l'Eternel ! »


Esaïe 52 : 11

« Partez, partez, sortez de là et ne touchez à rien d'impur ! Sortez du milieu d'elle ! Purifiez-vous, vous qui portez les ustensiles du culte de l'Eternel ! »



Dans ce verset :


 « Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin de ne pas vous associer à ses péchés et de ne pas être victimes de ses fléaux. »



Notons que Jérémie parle également de « mon peuple » en 51 : 45,


Les prophètes Jérémie et Esaïe enjoignaient la population juive à quitter Babylone l'antique ville à cause de ses abominations et de revenir vers le pays d'Israël pour reconstruire le temple de Jérusalem. On a là une similitude entre Babylone qui était la ville des débauches à l'opposée de Jérusalem la ville Sainte et Babylone la grande qui est le siège de la bête et la nouvelle Jérusalem qui va descendre du ciel (voir chapitre suivant de l'apocalypse).



Verset 5 : « En effet, ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel et Dieu s'est souvenu de ses crimes. »


Ce verset est une mise en garde, Dieu n'a pas ignoré les péchés de Babylone la grande.



Verset 6 : « Payez-la comme elle a payé et donnez-lui le double salaire de ses actes. Dans la coupe où elle a versé, versez-lui le double. »


Nous retrouvons dans ce verset une image de la loi du talion, mais au lieu de donner œil pour œil et dent pour dent, qui est une justice terrestre, ici ce sera le double car c'est une justice divine.

Le double car la loi du talion signifiait ne pas faire payer plus que ce que l'on a reçu. Mais dans le cas de Babylone la grande, ses péchés sont tels quelle doit en payer le prix fort. On retrouve également cela en Jérémie 16 :18 : « Je leur paierai d’abord au double le salaire que méritent leur crime et les fautes qu’ils ont commises, car ils ont profané mon pays avec leurs idoles qui n’ont pas plus de vie que des cadavres, et ils ont rempli mon domaine de leurs horreurs abominables. »


Notons le mot « payer » car il s'agit d'une dette que Babylone la grande a faite pour tous ses péchés, comme les Israéliens avaient un dette envers Dieu pour avoir idolâtré d'autres dieux..



Verset 7 : « Donnez-lui autant de tourment et de deuil qu’elle a fait la fière et s’est plongée dans le luxe. Parce qu'elle dit dans son cœur : ‘Je siège en reine, je ne suis pas veuve et jamais je ne verrai le deuil’, »


Ce que Dieu reproche à Babylone la grande, c'est son arrogance et son goût pour le luxe. L'arrogance de se croire au dessus de la mort et de se prendre ainsi pour un Dieu.



Verset 8 : « à cause de cela, en un seul jour, les fléaux qui lui sont réservés s’abattront sur elle : la mort, le deuil, la famine, et elle sera réduite en cendres. En effet, il est puissant, le Seigneur Dieu qui l'a jugée. »


Dieu annonce sa sentence. «En un seul jour » ce qui signifie que cela sera très rapide. Les fléaux qui vont s'abattre sont annoncés : la mort, le deuil, la famine.. Et elle sera réduite en cendre comme ce fut le cas de Sodome et Gomorrhe.

Le terme  « Dieu qui l'a jugé » signifie que le jugement de Dieu est rendu, il n'y aura plus de marche en arrière.



Verset 9 : « Tous les rois de la terre qui se sont livrés avec elle à la prostitution et au luxe pleureront et se lamenteront à cause d'elle, quand ils verront la fumée de la ville incendiée. »


Tous les rois de la Terre peut être interprété différemment selon l'approche qui est prise. Dans l'approche historique qui pour rappel voient Rome en tant que Babylone la grande, tous les rois de la terre se limite aux rois connus de l'époque. Pour les 2 autres approches, tous les rois concernent le monde entier que nous connaissons aujourd'hui.

Remarquons les 2 faits reprochés : leur prostitution que l'on peut identifier comme leur adoration envers Babylone la grande et au luxe car les rois se sont réjouit de leur relation avec elle.

Le devenir de Babylone est également annoncé dans ce verset, elle sera incendiée ce qui veut dire complètement détruite. Le feu dans la bible surtout lorsqu'il s'agit d'une destruction indique une destruction totale, car avec le feu il ne reste plus que des cendres.



Verset 10 : « Ils se tiendront à distance, par crainte de son tourment, et ils diront : « Malheur ! Malheur ! La grande ville, Babylone, la ville puissante ! En une seule heure ton jugement est venu ! »


Les rois, c'est à dire les gouvernants, s'éloigneront de Babylone la grande car ils auront peur de ce qui lui arrive. Cette image est méprisante pour les rois car en plus de leur prostitution et d'avoir profité de leur relation avec elle, dans ce verset ils sont accusés de lâcheté car ils fuient devant le jugement de Babylone la grande.

Remarquons aussi le temps du jugement qui se raccourcit, il était d'un jour (verset 8) à maintenant 1 heure.



Verset 11 à 13 : « Les marchands de la terre pleurent aussi et sont dans le deuil à cause d'elle, parce que plus personne n'achète leur cargaison, cargaison d'or, d'argent, de pierres précieuses, de perles, de fin lin, de pourpre, de soie, d'écarlate, de toutes sortes de bois de senteur, de toutes sortes d'objets en ivoire, en bois très précieux, en bronze, en fer et en marbre, de cannelle, [d'aromates, ] de parfums, de myrrhe, d'encens, de vin, d'huile, de fine farine, de blé, de bœufs, de brebis, de chevaux, de chars, de corps et d'âmes humaines. »


Dans ces 3 versets que nous avons regroupés, il est question de commerce. Il est fait allusion aux marchants qui ne peuvent plus vendre car plus personne n'achète de produits. Jésus donne le détail des marchandises concernées. Il s'agit essentiellement de produits chers et luxueux, pour mieux montrer que le reproche se fait sur l'excès, le faste.

Ces versets donnent l'impression de décrire une terrible crise économique touchant en particulier les produits ayant de la valeur et de luxe donc les riches.

A remarquer, que cette crise ne vient pas du seul fait que Babylone n'achète plus ces produits, mais aussi parce que plus personne ne commerce, ce qui irait dans le sens de l'approche symbolique qui voit en Babylone le commerce, la richesse, le luxe, l'argent et son pouvoir.



Verset 14 :  « Les fruits que tu désirais profondément sont partis loin de toi ; toutes ces richesses et ces splendeurs sont perdues pour toi et tu ne les retrouveras plus. »


Dans ce verset Jésus s'adresse à Babylone la grande et il lui dit qu'elle a perdu toute sa richesse et ce pour toujours.



Verset 15 à 19 : « Les marchands de ces produits, qui se sont enrichis en commerçant avec elle, se tiendront à distance, par crainte de son tourment. Ils pleureront et seront dans le deuil ;ils diront : « Malheur ! Malheur ! La grande ville qui était habillée de fin lin, de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles ! En une seule heure tant de richesses ont été détruites ! »Tous les capitaines, tous ceux qui naviguent, les marins et tous ceux qui vivent de la mer se tenaient à distance et ils s'écriaient, en voyant la fumée de l'incendie : « Quelle ville pouvait se comparer à la grande ville ?Ils se jetaient de la poussière sur la tête et ils criaient, dans les pleurs et le deuil : « Malheur ! Malheur ! La grande ville dont la prospérité a enrichi tous ceux qui possèdent des bateaux sur la mer, en une seule heure elle a été dévastée !»


Ces 4 versets ont été rassemblés car ils expriment la même idée à savoir que tous ceux qui se sont enrichis avec Babylone la grande vont souffrir de ne plus pouvoir bénéficier des richesses qu'elles leur procurait par le commerce. Le commerce à l'époque était essentiellement maritime, c'est pourquoi les marins, les capitaines et tous ceux qui naviguent vont aussi souffrir.


Notons qu'il s'agit essentiellement du commerce dont il est question ici et les 3 approches que nous avons vu de Babylone la grande dans les chapitres précédents s'appliquent parfaitement. Une petite nuance cependant en faveur de l'approche symbolique car le commerce ne s'est pas arrêté avec la chute de l'empire romain et les religions n'étaient pas le seul moteur du commerce.


Dans tous les cas, la description de ces malheurs ressemble fortement à une grande crise économique et qui devrait être très brutale et rapide car le verset 19 nous indique que ce commerce a été dévasté en une seule heure. Cette précision donne encore une nuance en faveur de l'approche symbolique car la chute du commerce de l'empire romain n'a pas été aussi rapide, ni le déclin de la richesse de certaines religions.



Verset 20 : « Ciel, réjouis-toi à cause d'elle ! Et vous, les saints, les apôtres et les prophètes, réjouissez-vous aussi, car Dieu vous a fait justice en la jugeant. »


Les chrétiens restés fidèles peuvent se réjouir, le jugement de Dieu leur rend justice.

Tous les chrétiens fidèles en Christ et seuls ceux ci sont concernés. En effet, Jésus s'adresse à tous les saints, les apôtres et les prophètes. De ce verset, nous pouvons en déduire que tous les fidèles en Christ, c'est à dire ceux qui croient en Dieu et en Christ ressuscité sont des saints.



Verset 21 : « Alors, un ange puissant prit une pierre qui ressemblait à une grande meule et il la jeta dans la mer en disant : « C’est avec la même violence que Babylone, la grande ville, sera jetée à bas, et on ne la retrouvera plus. »

On retrouve cette même image en Jérémie 51 versets 63 et 64 en parlant de Babylone l'antique, où Jérémie dit à Seraja de jeter une pierre au milieu de l'Euphrate et dire « Babylone disparaîtra de la même manière. Elle ne se relèvera pas des malheurs que je ferai venir sur elle. Ils tomberont épuisés. »

Une meule est faite d'une pierre lourde afin de pouvoir broyer le grain dans un moulin. Une meule jetée dans la mer coule très rapidement au fond d'elle. Cette image de la meule jetée à la mer a également été prise par Jésus en Mathieu 18 : 6 « Mais si quelqu'un fait trébucher un seul de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on suspende à son cou une meule de moulin et qu'on le jette au fond de la mer. ».

Ce verset confirme que la chute sera brutale et que Babylone la grande ne s'en relèvera pas.



Verset 22 : « On n'entendra plus chez toi les sons des joueurs de harpe, des musiciens, des joueurs de flûte et de trompette. On ne trouvera chez toi plus aucun artisan d'un quelconque métier et l’on n'y entendra plus le bruit de la meule. »


Dans ce verset Jésus poursuit l'image de la destruction de Babylone la grande, le silence régnera et plus aucune activité ne régnera.



Verset 23 : « La lumière de la lampe ne brillera plus chez toi et l’on n'y entendra plus la voix des jeunes mariés. Cela arrivera parce que tes marchands étaient les grands de la terre et que toutes les nations ont été égarées par ta sorcellerie, » 


Babylone la grande sera éteinte et il n'y aura plus joie (image de la voix des jeunes mariés). Concernant les jeunes mariés, ont peut aussi suggérer qu'il s'agit des Chrétiens fidèle en Christ, l'église étant souvent associée à l'image de l'épouse. Cette interprétation pourrait signifier qu'il n'y a plus de saints.


Une précision importante est donnée : « tes marchands  étaient les grands de la terre » ce qui signifie que les marchand de Babylone la grande étaient les plus grands marchands. Jésus insiste sur le caractère commercial de Babylone la grande. Cette insistance, comme pour les versets 15 à 19, apporte une nuance en faveur de l'approche symbolique pour les mêmes raisons que nous avons évoquées plus haut car il s'agit bien de commerce qui fait la grandeur, le pouvoir de Babylone la grande.



Verset 24 : « parce que l'on a trouvé chez toi le sang des prophètes, des saints et de tous ceux qui ont été mis à mort sur la terre.  »


Jésus rappelle la raison de ce jugement de Dieu qui amène la destruction de Babylone la grande :

  • les nations ont été égarées par sa sorcellerie (fin du verset 23),

  • elle a versé le sang des prophètes et des saints,

  • elle porte en elle tous les crimes qui ont été perpétués depuis Caïn et pour lequel le Christ a dû verser son sang pour racheter ses péchés.



CHAPITRE 19




Après la chute de Babylone la grande, nous allons assister dans ce chapitre aux louanges de Dieu et aux noces de l'agneau, puis la venue du Christ sur un cheval blanc.



Les louanges à Dieu


Verset 1 : « Après cela, j'entendis dans le ciel comme la voix forte d'une foule immense qui disait : « Alléluia ! Le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu. »


Dans l'apocalypse, Jean voit 2 fois une foule immense, au chapitre 7 verset 9 et au chapitre 17 verset 15. Ici il entend la voix de cette foule qui glorifie le Seigneur.

Nous nous étions posé la question de l'identité de cette foule au chapitre 7 qui parle des 144 000 sans que l'on puisse en déterminer avec certitude l'origine.


Remarque : Alléluia veut dire : « Loué le Seigneur ». Alléluia vient du verbe « hâlal » en hébreux qui signifie louer et de « Yah » diminutif de Yahvé qui est le nom de Dieu.



Verset 2 : « Oui, ses jugements sont vrais et justes, car il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par son immoralité et il a vengé ses serviteurs en lui redemandant leur sang, qu’elle avait versé. »


C'est toujours la foule immense qui clame que le jugement de Dieu est vrais et juste. Dieu a jugé la prostituée (voir chapitre 17 et 18 précédents) pour son immoralité. Il a vengé également ses serviteurs que l'on peut identifier comme les esclaves de Babylone la grande.



Verset 3 : « Ils dirent une seconde fois : « Alléluia ! Et la fumée de cette ville s’élève aux siècles des siècles. »


Il dirent une seconde fois car au chapitre 18 verset 9 et 18 cette fumée s'élevant de Babylone la grande a déjà été évoquée.

Ici, les voix parlent de la ville. Nous avons vu dans les différentes interprétations que Babylone la grande n'était pas l'antique Babylone mais cette mention de Babylone est là pour mieux faire ressortir une analogie avec Babylone l'antique (voir chapitre 18 verset 4 où nous avons fait une comparaison avec Jérémie et Esaïe sur ce sujet).



Verset 4 : « Les vingt-quatre anciens et les quatre êtres vivants se prosternèrent alors et adorèrent le Dieu qui est assis sur le trône en disant : « Amen ! Alléluia ! »


Nous avons vu au chapitre 4 : 9 qui pouvaient être les 24 anciens et au chapitre 5 : 6 et dans le chapitre 5: 9 on retrouve les 24 anciens et les quatre êtres vivants qui chantent les louanges à Dieu. Les 24 anciens anciens sont sans doute les 12 apôtres et les représentants symboliques des 12 tribus d'Israël mais il y a beaucoup de discussions à ce sujet.



Verset 5 : « Une voix sortit du trône et dit : « Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands ! »

Cette voix qui sort du trône ne peut être celle de Dieu car elle invite à louer « notre Dieu ». On pourrait penser qu'il s'agit de la voix de Jésus-Christ mais Jésus est célébré dans les versets suivants dans les noces de l'agneau. Il est donc vraisemblable que la voix soit celle d'un des quatre êtres vivants, mais certains pensent qu'il s'agit de Marie.


Remarque : la voix s'adresse à ceux qui qui craignent Dieu. Le verbe craindre est aujourd'hui associé à la peur, l'angoisse. Or lorsque l'on croit en Dieu ce n'est pas le sentiment que l'on éprouve au contraire. Il faut donc prendre ce verbe dans le sens de l'humilité, de l'admiration. Enfin petits et grands signifie tout le monde. Ainsi tout le monde quelque soit son importance éprouve de l'humilité, de l'admiration face à Dieu.



Verset 6 : « Et j'entendis comme la voix d'une foule immense. Elle ressemblait au bruit de grosses eaux, au grondement de forts coups de tonnerre, et elle disait : « Alléluia ! Car le Seigneur, notre Dieu tout-puissant, a établi son règne. »

Nous avons déjà vu cette image de la voix d'une foule immense qui ressemble au bruits de grosses eaux au chapitre 7 verset 9 et au chapitre 17 verset 15 et nous nous étions posé la question de la composition de cette foule immense. L'eau représente comme nous l'avons vu la population apaisée.

Cette foule immense glorifie Dieu en louant son règne qu'il vient d'établir.



Les noces de l'agneau


Les noces de l'agneau marque l'union entre Jésus-Christ et son église, c'est à dire tous les fidèles en Christ et pour être précis, tous les martyrs, tous les vainqueurs de la grande tribulation.


Verset 7 : « Réjouissons-nous, soyons dans la joie et rendons-lui gloire, car voici venu le moment des noces de l'Agneau, et son épouse s'est préparée.»

La foule immense proclame que les noces de l'agneau peuvent maintenant se tenir et que son épouse est prête. On peut logiquement penser que c'est bien la foule immense qui est la future épouse de l'agneau car elle proclame qu'elle est prête.

L'agneau c'est Jésus-Christ, quant à l'épouse c'est l'ensemble des hommes et des femmes qui croient en Jésus-Christ ressuscité et qui constituent cette foule immense. Ce « mariage » est symbolique, il signifie que Jésus-Christ et la foule immense sont unis pour l'éternité.

L'épouse est aussi un symbole, il s'agit de la nouvelle Jérusalem ou la Jérusalem céleste qui doit arriver après la chute de Babylone la grande.

Jérusalem représentait le pouvoir théocratique sur Israël, la nouvelle Jérusalem représente le pouvoir spirituel sur la Terre entière.

Ces noces de Jésus avec son église ont été évoquées dans les 7 lettres adressées au 7 églises (voir chapitre 2 et 3). Jésus promet dans ces lettres aux vainqueurs la vie éternelle.



Verset 8 : « Il lui a été donné de s’habiller d'un fin lin, éclatant, pur. » En effet, le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. »

L'épouse du Christ est habillée de fin lin. Nous retrouvons cette image au chapitre 10 : 5, Jésus est habillé de lin. De même au chapitre 15 : 6 les 7 anges sont revêtus d' un lin, éclatant et pur.

Cette analogie des images montrent que l'épouse du Christ en étant revêtue de fin lin, éclatant et pur est comme un ange.

Et dans ce verset, la voix explique la raison : ce fin lin est un fil qui est le résultat des œuvres des saints.



Verset 9 : « L'ange me dit alors : « Ecris : ‘Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'Agneau !’ » Puis il ajouta : « Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu. »

L'ange demande à Jean d'écrire cette parole : « heureux », car c'est une joie pour ceux qui font partis du festin des noces de l'agneau.

Remarquons le pluriels utilisé, il ne s'agit pas d'une seule noce mais des noces avec tous ceux qui ont été vainqueurs. Le festin évoque la joie, c'est celle que l'on éprouve lors d'un mariage. Mais on peut voir aussi la cène où nous sommes tous invités à participer à ce repas qui rappelle la passion du Christ sauf que ce repas de noce n'est pas en souvenir de la souffrance du Christ mais de la joie de l'époux, c'est à dire de Jésus qui épouse son église.


L'ange ajoute qu'il s'agit des véritables paroles de Dieu. Il n'y a pas de doute à avoir sur ces paroles.



Verset10 : « Je tombai à ses pieds pour l'adorer, mais il me dit : « Garde-toi bien de le faire ! Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères et sœurs qui gardent le témoignage de Jésus. Adore Dieu, car le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie. »

Dans ce verset nous avons la confirmation que la voix n'était ni Dieu ni Jésus car celui qui se présente comme le compagnon de Jésus lui demande de ne pas l'adorer mais d'adorer Dieu et Dieu seul.

Nous avons suggéré que cela pouvait être un des quatre êtres vivants. Certains à l'appui de ce verset pensent qu'il s'agit de Marie ou l'un des 24 anciens.

Ce qui est important c'est la fin de ce verset : « le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie ». Ce qui signifie que tout était écrit dans les évangiles, la parole de Jésus est l'esprit de la prophétie et ainsi, toute prophétie véritable doit être centrée sur Jésus. Les prophéties de l'Ancien Testament, par trouvent leur accomplissement en Christ. Jésus est le fil conducteur qui relie toutes les prophéties bibliques.


Le cavalier sur le cheval blanc



Verset 11 : « Ensuite, je vis le ciel ouvert, et voici qu’un cheval blanc apparut. Celui qui le montait s'appelle « Fidèle et Véritable », il juge et combat avec justice. »

Jean voit le ciel ouvert. Cette image indique que Jean a une nouvelle vision. Celle ci se présente sous la forme d'un cavalier sur un cheval blanc. Il ne s'agit pas du même cavalier que celui qui est apparu lors de l'ouverture du premier sceau au chapitre 6 verset 2. En effet, celui ci s'appelle « Fidèle et Véritable » alors que celui du chapitre 6 n'avait pas de nom et dispose d'un arc et une couronne lui a été remis.

Le cheval est dans la bible associé à la guerre, mais ici, ce cavalier n'a pas d'arc, il vient pour juger et combattre avec justice tandis que celui du chapitre 6 venait amener la guerre parmi les hommes.

Il n'y a pas de doute sur l'identité de ce cavalier, il s'agit de Jésus-Christ qui descend du ciel pour combattre avec justice et porter ses jugements.



Verset 12 : « Ses yeux étaient comme une flamme de feu et il y avait de nombreuses couronnes sur sa tête. Il portait un nom écrit, que personne d'autre que lui ne connaît. »

Au chapitre 1 : 14, Jean nous décrit la vision qu'il a de Jésus-Christ : « …., ses yeux étaient comme une flamme de feu ». On retrouve cette description dans ce verset. Mais au lieu d'un arc comme le cavalier du chapitre 6 , il possède de nombreuses couronnes sur sa tête ce qui signifie qu'il a le pouvoir sur tous les royaumes de la Terre.

Une autre distinction, il porte un nom que personne ne connaît sauf lui. Dans apocalypse chapitre 3 verset 12, Jésus-Christ parle de « son nom nouveau ». De même en Apocalypse 2 : 17 dans sa lettre à Pergame, Jésus dit qu'au vainqueur il donnera un caillou blanc et « sur ce caillou sera inscrit un nom nouveau que personne ne connaît si ce n'est celui qui le reçoit ». On retrouve la même idée, il s'agit d'un renouveau dans lequel s'exprimera toute sa gloire après son retour. Il s'agit d'une renaissance.



Verset 13 : « Il était habillé d'un vêtement trempé de sang. Son nom est « la Parole de Dieu »

Le sang sur les vêtements de Jésus-Christ n'est pas le sien mais celui de ces ennemis. En effet, la prophétie que l'on peut lire dans Genèse 49 : 11 « Il attache son âne à la vigne et le petit de son ânesse au meilleur cep. il lave son vêtement dans le vin et son manteau dans le sang des raisins »

et le sang des raisins du chapitre 14 : 18 de l’apocalypse  « Lance ta faucille tranchante et vendange les grappes de la vigne de la terre, car ses raisins sont mûrs. » et verset 20 : « Le raisin fut écrasé dans la cuve à l’extérieur de la ville. Du sang en sortit et monta jusqu'aux mors des chevaux, sur une étendue de 300 kilomètres » évoque sans aucun doute le sang de la vendange.



Verset 14 : « Les armées célestes le suivaient, montées sur des chevaux blancs et habillées d'un fin lin, blanc et pur. »

Les armées célestes sont constituées des anges. Ils montent des chevaux blancs. Des chevaux car ils symbolisent la guerre et ils sont blancs car ils sont purs. De même les anges sont habillés d'un fin lin blanc et pur qui est un symbole de pureté. Tous ces éléments nous conduisent à dire qu'il s'agit d'une guerre sainte et juste.



Verset 15 : « De sa bouche sortait une épée aiguë [à deux tranchants] pour frapper les nations. Il les dirigera avec un sceptre de fer et il écrasera lui-même le raisin dans la cuve à vin de l'ardente colère du Dieu tout-puissant »

L'épée aiguë qui sort de la bouche de Jésus-Christ préfigure la sentence qu'il va faire sur les nations., c'est à dire sur le monde entier. Le sceptre de fer signifie avec puissance, le sceptre étant le symbole du pouvoir royale et le fer de la dureté.

Il va écraser le raisin dans la cuve de l'ardente colère de Dieu. Nous avons déjà vu cela au chapitre 14 verset 20. il ne s'agit pas de moisson mais de destruction.


Remarque importante :

Comme nous venons de le voir, Jésus-Christ ne vient pas sur son cheval accompagné de son armée d'anges pour faire la moisson mais pour écraser les pécheurs dans la cuve de l'ardente colère. On peut donc se poser la question : où sont les bons grains qui ont été séparés de l'ivraie ?

Revenons sur cette foule immense et sur l'épouse du Christ que nous avons vu au chapitre précédent. Nous avons examiné au chapitre 7 plusieurs hypothèses sur ce qui composait la foule immense que Jean voyait et nous n'avions pas pu faire de conclusions certaines sur ces différentes hypothèses.

Au chapitre 15, nous avons vu que la mer de verre mêlée de feu que Jean voit représente une foule immense.

Il semble donc assez logique de penser que puisque la moisson a été déjà effectuée (chapitre 14) et que nous sommes au moment de la vendange, la foule immense que Jean a entendu dans le chapitre 18 et qu'il voit au chapitre 15 sont les vainqueurs de la grande tribulation.

Ainsi la foule immense décrite au chapitre 7, serait constituée des saints martyrisés qui ont été enlevés au ciel. Et qui sont rejoints par les vainqueurs du chapitre 14 lors de la moisson.


C'est ce que l'on appelle l'enlèvement des vainqueurs qui vont rejoindre tous ceux qui ont déjà été enlevés au ciel pour former l'église du Christ et devenir son épouse du Christ dont nous avons vu les noces au chapitre 18.



Verset 16 : « Il portait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : « Roi des rois et Seigneur des seigneurs ».

Son nom est inscrit sur sa cuisse ou sa hanche de façon à ce que tous puissent voir qui il est. Ce nom a déjà été énoncé au chapitre 17 verset 14. Il est le roi des rois et seigneur de seigneurs c'est à dire qu'il n'y a rien de supérieur à lui sur la terre et ce nom convient parfaitement à ce qu'il va faire maintenant.



Verset 17 et 18 : « Je vis un [autre] ange debout dans le soleil. Il cria d'une voix forte à tous les oiseaux qui volaient haut dans le ciel : « Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu 
afin de manger la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des guerriers, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous les hommes, libres et esclaves, petits et grands.
 » . Ces 2 versets étant en continuité, ils sont traités ensemble.

Jean voit un autre ange qui avec autorité (voix forte) invite tous les oiseaux pour le grand festin de Dieu.

Cette image est importante, car pour les juifs il n'y avait pas de plus humiliant que de laisser les morts dévorés par les oiseaux. Ceux qui après leur mort étaient jetés dans la Géhenne ne bénéficiaient pas de sépulture et c'était pour eux une ultime opprobre, il n'y avait pas pire châtiment.

Sont concernés par ce châtiment qui va suivre : les rois (les gouvernants), les chefs militaires, les cavaliers avec leurs montures (image afin de montrer qu'ils ne sont plus rien) et tous les hommes du monde entier. Cette expression : « libres et esclaves, petits et grands » signifie tous les habitants de la terre.



Verset 19 : « Alors je vis la bête, les rois de la terre et leurs armées rassemblés pour faire la guerre à celui qui montait le cheval et à son armée. »

La bête dont nous avons déjà parlé dans les chapitres précédents, avec les rois (les gouvernants), rassemblent leurs armés pour livrer bataille contre Jésus-Christ et son armée composée d'anges.



Verset 20 : «La bête fut capturée, ainsi que le prétendu prophète qui avait accompli devant elle des signes miraculeux pour égarer ceux qui avaient reçu la marque de la bête et adoré son image. Tous les deux furent jetés vivants dans l'étang ardent de feu et de soufre. »  

Le sort de la bête et du faux prophète était déjà scellé au chapitre 16 lorsque la 6ème coupe fut versée. La bataille n'est pas décrite car le jugement est aussitôt exécuté ce qui suppose que la bataille dura l'instant d'un éclair.

Pour rappel, la bête représente un pouvoir politique tandis que le faux prophète un pouvoir religieux.

Tous deux sont jetés vivants dans l'étang ardent de feu et de souffre. Le lac de feu ou étang de feu selon les traductions, ne sont pas un lieu physique mais il signifie la destruction totale et définitive. Si ils sont jetés vivants c'est parce qu'à ce moment là ils sont encore actifs et qu'ils souffriront en étant pleinement conscient de ce qui leur arrive.


Verset 20 : «Les autres furent tués par l'épée qui sortait de la bouche de celui qui montait le cheval, et tous les oiseaux se rassasièrent de leur chair. »

Tous les autres êtres vivants ne sont pas jetés dans l'étang de feu mais ils sont tués par l 'épée de Jésus-Christ qui sort de sa bouche autrement dit de sa simple parole. Et comme nous l'avons vu au verset 17 et 18, ils n'auront pas de sépultures.




CHAPITRE 20


Les 1000 ans, la défaite de Satan et le jugement dernier


Nous abordons dans ce chapitre des points très importants qui susciteront des interprétations et des discussions.


Verset 1 : « Puis je vis un ange descendre du ciel. Il tenait à la main la clé de l'abîme et une grande chaîne. »

Bien que nous soyons dans un nouveau chapitre, nous restons dans la continuité du chapitre précédent, car l'adverbe « puis » commence ce verset. Cependant, cette interprétation peut être remise en question.

Pour rappel, dans le chapitre précédent :

- Jésus-Christ a vaincu la bête et le faux prophète, qui ont tous deux été jetés dans l'étang de feu.

- Tous les êtres humains sont morts.

- Les vainqueurs ont été enlevés au ciel pour les noces avec Jésus-Christ.

Bref, il ne reste plus aucun être humain vivant sur Terre, et cela pose des questions sur les événements qui vont suivre.


Reprenons :

Jean voit donc un ange venant du ciel avec la clé de l'abîme et une chaîne. Nous avons vu au chapitre 9, verset 1, qui traite des trompettes, que la clé de l'abîme a été donnée (dans le passé) à un ange maléfique (une étoile était tombée du ciel) pour ouvrir l'abîme. Nous avons également vu que l'abîme est le lieu où sont enfermés les démons et autres créatures maléfiques.

L'ange a aussi une chaîne à la main. On devine que celle-ci va servir à enchaîner quelqu'un.


Remarque : Bien qu'aucune information ne soit donnée, il est vraisemblable que l'ange soit l’archange Saint Michel, car c'est lui qui terrasse le dragon.



Verset 2 : « Il s’empara du dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et l’enchaîna pour 1000 ans. »

L'ange s’empare du dragon, c'est-à-dire de Satan, et il l'enchaîne pour 1000 ans. C'est ce que l'on appelle le Millénium.


Il y a de nombreuses discussions sur ces 1000 ans. Même si certains prennent ces 1000 ans au sens strict (10 siècles), on peut aussi les interpréter de manière symbolique, mille ans voulant dire de nombreuses années, que l'on peut supposer être des années terrestres.


Remarque : Certains exégètes interprètent ces mille ans comme l'éternité. Mais cela n'est pas en accord avec la suite, car au verset suivant, Satan doit être relâché. Ce temps est donc une période qui a un début, une durée et une fin. On l'appelle le millénium.


Dans le chapitre 90 des Psaumes, au verset 4, on retrouve cette image des 1000 ans : « Car 1000 ans sont à tes yeux comme la journée d’hier... » On peut faire un rapprochement avec la création qui s'est faite en 6 jours. Ce millénium correspondrait ainsi à la création du règne messianique.




Verset 3 : « Et le jeta dans l'abîme. Il ferma et scella l'entrée au-dessus de lui afin qu'il n’égare plus les nations, jusqu'à ce que les 1000 ans soient passés. Après cela, il faut qu'il soit relâché pour un peu de temps. »

Pendant cette période du millénium, Satan est enfermé dans le puits de l'abîme, l'ouverture étant scellée pour qu'il ne puisse pas en sortir pendant 1000 années. Cela signifie que pendant 1000 ans, Satan ne peut pas intervenir sur la Terre. Puis, il va être relâché pour un court moment.

On peut se demander pourquoi, dans ce verset, le terme « il faut » est utilisé. « Il faut » signifie que cela doit être fait ainsi, et on peut se poser la question : pourquoi ?

Cette question est très importante, car Dieu ne fait pas les choses sans raison. Il faut donc chercher à comprendre pourquoi Satan est enfermé pendant cette longue période et pourquoi il doit être relâché un court instant.


La première question que l'on peut se poser est : pourquoi laisser une période de 1000 ans à Satan, tout seul enchaîné sur Terre, alors qu'il n'y a plus personne de vivant ?


Pour répondre à cette question, la plupart des exégètes imaginent que les vainqueurs et les martyrs vont vivre au paradis comme au temps d'Adam et Ève pendant 1000 ans. La terre est redevenue un Éden. Ils vivront sans souffrances, sans maladie, sans guerre, comme les patriarches pendant 1000 ans. C'est la première résurrection.

Ils auraient cependant la faculté de se reproduire, et donc de nombreuses générations viendraient peupler la Terre. Lorsque Satan est relâché, beaucoup de ceux qui n'ont pas connu la période d'avant le millénium subiront la tentation de Satan et se révolteront contre Dieu, revivant ainsi la même destinée qu'Adam et Ève. Et c'est la guerre de Gog et Magog.


On peut se demander pourquoi ?

Dieu est juste et, pour rétablir l'équilibre, ceux qui n'ont jamais connu la souffrance et la guerre doivent aussi subir la tentation. C'est une nécessité dans le plan de Dieu, dans la justice de Dieu afin que tous soient obligés de se positionner face à la tentation : c'est le libre arbitre. Dieu pourra alors prononcer un jugement définitif.



Verset 4 : « Ensuite je vis des trônes, et ceux qui s'y assirent reçurent le pouvoir de juger. Je vis aussi l’âme de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, tous ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image et qui n'avaient pas reçu sa marque sur le front ni sur la main. Ils revinrent à la vie et ils régnèrent avec Christ pendant 1000 ans. »

Jean voit des trônes sur lesquels sont assis ceux qui ont le pouvoir de juger. Cela nous rappelle la vision qu'il a lorsqu'il monte la première fois aux cieux (voir chapitre 4, verset 4). Jean voit alors 24 anciens assis sur des trônes. On retrouve aussi ces trônes avec des anciens faisant fonction de juges en Daniel 7 : 9 : « Pendant que je regardais, on a placé des trônes et l'Ancien des jours s'est assis. Son vêtement était aussi blanc que la neige et les cheveux de sa tête pareils à de la laine pure. Son trône était de flammes et ses roues étaient un feu dévorant. » et Daniel 7 : 22 : « Jusqu'au moment où l'Ancien des jours est venu faire justice aux saints du Très-Haut. Le moment où les saints ont pris possession du royaume est alors arrivé », où il est question de justice.

Jean voit également l'âme de ceux qui ont été décapités, que l'on peut traduire par « persécutés » et « mis à mort » parce qu'ils étaient chrétiens et qu'ils ont répandu la parole du Christ, de Dieu. Il voit aussi tous ceux qui n'ont pas adoré la bête et n'ont pas accepté la marque sur la main et sur le front (voir chapitre 13, versets 14 à 17), c'est-à-dire les vainqueurs de la grande tribulation.

Tous ceux-là ont été ressuscités, puisque Jean voit leurs âmes, et ils régnèrent pendant 1000 ans, c'est-à-dire pendant la période du millénium.



Verset 5 : « Les autres morts ne revinrent pas à la vie avant que les 1000 ans soient passés. C'est la première résurrection. »

Dans ce verset, Jean nous précise qu'il s'agit de la première résurrection, car les autres morts, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas été martyrisés et ceux qui n'ont pas connu la grande tribulation dont ils sont sortis vainqueurs, doivent attendre la fin du millénium.



Verset 6 : « Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n'a pas de pouvoir sur eux, mais ils seront prêtres de Dieu et de Christ et ils régneront avec lui pendant 1000 ans. »

La seconde mort n'a pas de pouvoir sur eux, car lors de la première résurrection, il y a eu les noces avec l'Agneau, et cette union étant éternelle, ceux qui ont été enlevés ainsi que ceux qui ont été ressuscités ne seront pas soumis au jugement de Dieu. Ils régneront avec Jésus-Christ et ils seront prêtres de Dieu et du Christ.



Versets 7 et 8 : « Quand les 1000 ans seront passés, Satan sera relâché de sa prison et il sortira pour égarer les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre ; elles sont aussi nombreuses que le sable de la mer. »

Puis, après cette période du millénium, Satan est relâché afin d'égarer les nations du monde entier (quatre coins de la Terre). Satan va faire sortir Gog et Magog afin de livrer la guerre contre Jésus-Christ. Les forces de Gog et Magog sont extrêmement nombreuses (comme le sable de la mer). Gog et Magog sont évoqués dans Ézéchiel 38 et Ézéchiel 39, où est décrit le dernier assaut des païens contre la Jérusalem restaurée. Dans Ézéchiel, Gog est le roi du pays de Magog (Genèse 10.2), tandis que l'auteur de l'Apocalypse semble prendre les deux noms pour des noms de peuples.

Remarque :

Il y a beaucoup de discussions concernant Gog et Magog. Certains voient un roi et un peuple qui seraient issus du nord de la Mésopotamie, ce que l'on appelle aussi le septentrion, qui correspond plus ou moins au sud de la Russie, tandis que d'autres l'interprètent sur son aspect symbolique, désignant les forces du mal.



Verset 9 : « Ils montèrent sur toute la surface de la terre et ils encerclèrent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu [venu de Dieu] descendit du ciel et les dévora. »

Dans le verset précédent, le narratif était au futur, constituant ainsi une prédiction. Dans ce verset, le temps est au passé, ce qui laisse supposer que l'action fut très rapide. Les forces du mal encerclèrent Jérusalem, mais Dieu intervint et un feu venu du ciel les dévora tous.

Remarque : Le camp des saints fait sans doute référence aux vainqueurs de la grande tribulation qui ont bénéficié de la première résurrection et qui constituent l'épouse du Christ.



Verset 10 : « Le diable, qui les égarait, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. »

Satan est jeté dans l'étang de feu comme cela fut le cas pour la bête et le faux prophète.

Nous avons vu dans le chapitre précédent que l'étang de feu pouvait signifier la disparition totale, le néant. Ce verset apporte une nuance importante. En effet, il est question ici de tourments, ce qui laisse supposer qu'ils ne sont pas réduits au néant, mais conscients de leur tourment. Par ailleurs, Satan, par définition, est immortel puisqu'il est au départ un ange. Il ne peut donc pas mourir, ni être réduit à néant.

Il y a de nombreuses discussions sur l'existence ou non de l'enfer. Ce verset apporte un argument en faveur de l'hypothèse de l'existence de l'enfer (étang de feu).


Verset 11 : « Je vis alors un grand trône blanc et celui qui y était assis. La terre et le ciel s'enfuirent loin de lui et l’on ne trouva plus de place pour eux. »

L'apparition de ce grand trône blanc annonce le jugement de Dieu. Est-ce celui de Dieu ou celui de Jésus-Christ ?

La terre et le ciel s'enfuirent... Ce passage semble un peu compliqué à expliquer.


Reprenons plusieurs passages dans la Bible :


Ésaïe 51 : 6 : « Levez les yeux vers le ciel et regardez en bas sur la terre ! En effet, le ciel se dissipera comme une fumée, la terre tombera en lambeaux comme un habit et ses habitants mourront comme des mouches. En revanche, mon salut durera éternellement et ma justice n'aura pas de fin. »

Luc 21 : 33 : « Le ciel et la terre disparaîtront, mais mes paroles ne disparaîtront pas. »

Hébreux 1 : 10-12 : « Et encore : C’est toi, Seigneur, qui as fondé l'univers, et les cieux sont l'œuvre de tes mains. Ils passeront, mais toi, tu restes. Tous vieilliront comme un vêtement ; comme un manteau, tu les rouleras dans un coin. Comme un vêtement, ils seront remplacés, mais toi, tu es là toujours et tes années n’ont pas de fin. »

Apocalypse 6 : 14 : « Le ciel se retira comme un livre qu'on enroule et toutes les montagnes et les îles furent écartées de leur place. »


Dans ces passages, on retient plusieurs notions :

  • Dans Ésaïe, le ciel disparaît ainsi que la terre, mais son salut durera éternellement. Ce texte appuie le caractère éternel du salut, tandis que la terre et le ciel ne le sont pas.

  • Dans Luc, la parole du Christ restera éternelle même quand la terre et le ciel disparaîtront.

  • Dans Hébreux, le texte souligne le caractère éternel de Dieu.

  • Enfin, dans Apocalypse 6 : 14, le ciel et la terre s'effacent devant Dieu.

On retrouve la même idée : le caractère éternel de Dieu et de la parole du Christ. Cette immortalité est liée au caractère spirituel, tandis que le ciel et la terre ont un caractère matériel et ne sont pas éternels.


Mais on peut aussi interpréter ce verset comme la fin de cette terre et de ce ciel, car ils vont être remplacés par une nouvelle terre et un nouveau ciel. Il ne faut pas voir cela d'un point de vue physique, mais bien sous forme symbolique, un peu comme un monde nouveau. À l'appui de cette hypothèse, la fin de ce verset : « On ne trouva plus de place pour eux » signifie que le lieu est souillé, c'est pourquoi ils (les saints et les martyrs) n'ont plus de place pour eux, il leur faut un nouveau monde.



Verset 12 : « Je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts. Un autre livre fut aussi ouvert : le livre de vie. Les morts furent jugés conformément à leurs œuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. »

Jean voit maintenant tous les morts (les grands comme les petits). Des livres sont ouverts, les livres qui contiennent les œuvres des morts, et un autre livre est également ouvert, celui de la vie. Nous comprenons qu'il s'agit là du jugement des morts, car ils sont debout devant le trône de Dieu. Ils seront jugés selon leurs œuvres (les livres) par rapport au livre de vie qui contient les noms de ceux qui seront rachetés.



Verset 13 : « La mer rendit les morts qu’elle contenait, la mort et le séjour des morts rendirent aussi leurs morts, et chacun fut jugé conformément à sa manière d’agir. »

Tous les morts, quel que soit le lieu où ils se trouvent, seront jugés selon leurs œuvres.

« À sa manière d'agir », que l'on peut aussi traduire par « selon ses œuvres ». Ce thème a ouvert de nombreuses discussions, certains s'appuyant sur « sola gratia », c'est-à-dire que le seul fait de croire en Dieu et en Jésus-Christ ressuscité pour racheter le péché des hommes suffit pour être sauvé, d'autres pensant que le salut vient uniquement des œuvres réalisées. Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet qui mérite une étude approfondie et complexe. Mais on peut dire que sans la grâce, les œuvres ne peuvent être bonnes. Ces 2 concepts sont donc intimement liés, on ne peut faire de bonnes œuvres si l'on a pas la grâce..

Citons cependant :

Apocalypse 22 : 12 : « Voici, je viens bientôt et j'apporte avec moi ma récompense pour traiter chacun conformément à son œuvre. »

Romains 2 : 6 : « Il traitera chacun conformément à ses actes. »

Matthieu 16 : 27 : « En effet, le Fils de l'homme va venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il traitera chacun conformément à sa manière d’agir. »

2 Corinthiens 5 : 10 : « En effet, il nous faudra tous comparaître devant le tribunal de Christ afin que chacun reçoive le salaire de ce qu’il aura fait, bien ou mal, alors qu’il était dans son corps. ».



Verset 14 : « Puis la mort et le séjour des morts furent jetés dans l'étang de feu. L’étang de feu, c'est la seconde mort. »

La mort est vaincue, elle est jetée avec le séjour des morts dans l'étang de feu. Au verset 10 de ce chapitre, nous avons vu que Satan, la bête et le faux prophète sont jetés dans l'étang de feu et qu'ils sont soumis à des tourments pour l'éternité, ce qui laissait penser à l'existence d'un enfer. Ce verset 14 présente un mystère, car il vient en contradiction avec le verset 10. Comment la mort et le séjour des morts peuvent-ils aller en enfer ? Dans ce verset, la notion de néant qui s'appliquerait à l'étang de feu conviendrait mieux. Certes, Satan étant éternel, l'envoyer dans le néant serait un tourment pour lui, mais qu'en est-il de la bête et du faux prophète ? Le néant ne serait pas un tourment pour eux.



Verset 15 : « Tous ceux qui ne furent pas trouvés inscrits dans le livre de vie furent jetés dans l'étang de feu. »

Le livre de vie contient la liste de tous ceux qui seront rachetés. Ceux qui n'en font pas partie seront jetés dans l'étang de feu.





CHAPITRE 21


Le nouveau ciel et la nouvelle terre




Verset 1 : « Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre, car le premier ciel et la première terre avaient disparu et la mer n'existait plus. »

Dans le chapitre précédent, nous avons vu au verset 11 que le ciel et la terre s'étaient enfuis du trône de Dieu. Un nouveau ciel et une nouvelle terre viennent remplacer l'ancien ciel et l'ancienne terre. Pourquoi une nouvelle terre et un nouveau ciel ?

Le nouveau ciel symbolise un nouveau règne de justice. L'ancienne terre était souillée par les péchés des hommes. La nouvelle terre et le nouveau ciel signifient un lieu complètement pur et un nouveau règne de justice.

Plusieurs prophéties annoncent cette nouvelle terre, par exemple : Ésaïe 51 : 6 ; 51 : 16 ; 67 : 17 et 66 : 22. Il y a aussi 2 Pierre 3 : 7 ou 2 Pierre 3 : 17.


Cependant, il n'y a plus de mer. Il ne faut pas prendre ce verset dans un sens géographique, mais dans un sens symbolique. La mer représente, en symbole biblique, la foule agitée et un endroit effrayant, car les Juifs n'étaient pas des marins, ce qui leur faisait peur. C'est pourquoi il n'y a plus de mer, car les peuples sont maintenant apaisés.


Ainsi, ce verset indique qu'une nouvelle humanité prend sa place, sans péchés, sans guerre, sans maladie, sans corruption.



Verset 2 : « Je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une mariée qui s'est faite belle pour son époux. »

Jean voit alors la nouvelle Jérusalem du ciel. Jérusalem est la ville sainte. Cette nouvelle Jérusalem préfigure un nouveau rapport entre Dieu et les hommes. Elle est préparée comme une mariée, car elle va s'unir pour l'éternité avec Dieu.



Verset 3 : « J'entendis une voix forte venant du ciel qui disait : « Voici le tabernacle de Dieu parmi les hommes ! Il habitera avec eux, ils seront son peuple et Dieu lui-même sera avec eux, [il sera leur Dieu]. »

Dans l'ancien temple d'Israël, le tabernacle était le lieu saint du temple où Dieu était présent. Dans ce verset, la voix nous indique que Dieu sera parmi son peuple et pas seulement dans une partie du temple. La voix forte est sans doute celle de Jésus-Christ, la parole de Dieu.



Verset 4 : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui existait avant a disparu. »

Ce verset est une merveilleuse promesse pour ceux qui seront ressuscités ; ils ne connaîtront plus la souffrance, la mort, ni la tristesse.




Verset 5 : « Celui qui était assis sur le trône dit : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. » Il ajouta : « Écris cela, car ces paroles sont dignes de confiance et vraies. »

Dieu demande à Jean d'écrire tout cela, car ce sont des paroles vraies et parce qu'elles doivent être dévoilées. À Daniel, l'archange Gabriel lui avait demandé de mettre sous scellé la révélation qu'il lui avait faite, car ce n'était pas le temps. Jésus-Christ, ou Dieu, au contraire, demande à ce que cette révélation soit connue de tous et écrite, dans le sens de gravée, comme une promesse, un engagement de Dieu.



Verset 6 : « Puis il me dit : « Je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, je donnerai à boire gratuitement de la source de l'eau de la vie. »

Dans ce verset, Dieu se présente, comme pour mieux signer sa promesse, et il rajoute qu'il offre la vie éternelle à celui qui a soif, c'est-à-dire à celui qui a la foi.



Verset 7 : « Le vainqueur recevra cet héritage, je serai son Dieu et il sera mon fils. »

Le vainqueur, c'est-à-dire les martyrs, les fidèles en Christ lors de la grande tribulation, et ceux qui auront été ressuscités d'entre les morts, recevront la vie éternelle. Ils seront fils de Dieu. Cette dernière partie de ce verset est intrigante : Jésus-Christ est le fils de Dieu. Cela signifier que les vainqueurs seront aimés comme Jésus-Christ, et ainsi que Jésus-Christ est venu nous montrer la voie vers laquelle nous devons nous diriger pour recevoir cet amour éternel.



Verset 8 : « Quant aux lâches, aux incrédules, [aux pécheurs], aux abominables, aux meurtriers, à ceux qui vivent dans l’immoralité sexuelle, aux sorciers, aux idolâtres et à tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre. C’est la seconde mort. »

Dieu prononce aussi sa sentence : tous ceux qui n'ont pas été parmi les vainqueurs, et il cite un certain nombre de leurs péchés, ceux-là seront jetés dans l'étang de feu et de soufre. C'est la seconde mort.



Verset 9 : « Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux vint m'adresser la parole et dit : « Viens, je te montrerai la femme, l’épouse de l'Agneau. »

Un des sept anges qui tenait une coupe remplie de la colère de Dieu invite maintenant Jean à voir la nouvelle épouse de l'Agneau.



La nouvelle Jérusalem



Verset 10 : « Il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne et me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu. »

Jean est transporté en esprit sur une haute et grande montagne afin de contempler la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel.


Versets 11 à 21 : « Elle rayonnait de la gloire de Dieu. Son éclat ressemblait à celui d'une pierre très précieuse, d'une pierre de jaspe transparente comme du cristal. Elle était entourée d’une grande et haute muraille avec douze portes, et à ces portes douze anges ; des noms y étaient inscrits : ceux des douze tribus d’Israël. Il y avait à l'est trois portes, au nord trois portes, au sud trois portes et à l'ouest trois portes. La muraille de la ville avait douze fondations qui portaient les noms des douze apôtres de l'Agneau. Celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d'or afin de mesurer la ville, ses portes et sa muraille. La ville avait la forme d'un carré et sa longueur était égale à sa largeur. L’ange mesura la ville avec le roseau et trouva 2200 kilomètres ; sa longueur, sa largeur et sa hauteur étaient égales. Il mesura aussi la muraille et trouva 72 mètres, selon la mesure humaine qu’employait l'ange. La muraille était construite en jaspe et la ville était en or pur, transparent comme du verre pur. Les fondations de la muraille de la ville étaient ornées de pierres précieuses de toutes sortes : la première fondation était ornée de jaspe, la deuxième de saphir, la troisième de calcédoine, la quatrième d'émeraude, la cinquième de sardoine, la sixième de cornaline, la septième de chrysolithe, la huitième de béryl, la neuvième de topaze, la dixième de chrysoprase, la onzième d'hyacinthe, la douzième d'améthyste. Les douze portes étaient douze perles ; chaque porte était faite d'une seule perle. La place de la ville était en or pur, comme du verre transparent. »

Ces versets sont regroupés car ils décrivent la vision que Jean a de la nouvelle Jérusalem. Cette vision est pleine de symboles. Ce qu'il faut retenir de cette vision, c'est que la nouvelle Jérusalem possède :

  • 12 portes : 12 étant un nombre parfait,

  • elle est entourée d'une très haute muraille pour indiquer qu'elle est imprenable,

  • elle est en forme de carré, qui est une figure géométrique parfaite,

  • les matériaux qui la composent sont précieux et l'on retrouve les 12 pierres du pectoral de l'Urim et le Thummim d'Aaron, comme pour indiquer que tous ceux qui sont dans cette nouvelle Jérusalem peuvent accéder au temple, car ce pectoral était porté par les grands prêtres pour accéder au temple.


Tous ces symboles mettent en avant la pureté et la sainteté de la nouvelle Jérusalem.



Verset 22 : « Je ne vis pas de temple dans la ville, car le Seigneur, le Dieu tout-puissant, est son temple, ainsi que l'Agneau. »

Le temple dans les villes terrestres était le symbole des dieux. Dans Jérusalem, le temple était le lieu où le Seigneur était présent. Là, il n'y a plus besoin de temple, car Dieu est présent dans toute la nouvelle Jérusalem.



Verset 23 : « La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'éclaire et l'Agneau est son flambeau. »

Nous avons là une image très forte. Ce verset doit être pris dans un sens symbolique : la gloire de Dieu inonde de lumière la nouvelle Jérusalem et Jésus-Christ est celui qui porte cette lumière.



Verset 24 « Les nations marcheront à sa lumière et les rois de la terre y apporteront leur gloire. »

Dans Ésaïe 60 : 3, on peut lire : « Des nations marcheront à ta lumière, et des rois à la clarté de ton aurore. » C'est sans doute en référence à ce texte que Jean écrit cela.

Tandis qu'auparavant il était impossible de voir la gloire de Dieu (Moïse ne pouvait regarder le buisson ardent), les nations, c'est-à-dire tous ceux qui ont été ressuscités, peuvent maintenant marcher à sa lumière et contempler l'Éternel.



Verset 25 : « Ses portes ne seront pas fermées de toute la journée, car il n’y aura plus de nuit. »

Avant, on fermait les portes de la ville à la nuit venue pour se protéger d'éventuels agresseurs. Il s'agit d'une image pour dire qu'aucune agression n'est désormais à craindre.



Verset 26 : « On y apportera la gloire et l'honneur des nations. »

La gloire et l'honneur des nations représentent tout ce qu'il y avait de vrai, de grand, de bon, de beau, qui se retrouvera dans la cité de Dieu, sanctifié et élevé à sa plus haute puissance. Rien ne se perd dans le règne de Dieu.


Verset 27 : « Il n'entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à des pratiques abominables et au mensonge ; il n'entrera que ceux qui sont inscrits dans le livre de vie de l'Agneau. »

La nouvelle Jérusalem sera pure, car seuls ceux qui ont été ressuscités y entreront.






CHAPITRE 22


Fin de la description de la nouvelle Jérusalem



Verset 1 : « Puis il me montra le fleuve d'eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'Agneau. »

C'est probablement un ange qui parle à Jean depuis le chapitre 21, verset 9, car nous verrons plus loin (verset 9) que Jean fait une confusion en se prosternant devant l'ange. L'ange montre à Jean le fleuve, symbole de la paix, qui s'écoule du trône de Dieu et de l'Agneau. On retrouve dans ce verset une continuité avec Ézéchiel 47:1-12, Joël 4:18 et surtout Genèse 2:10 : « Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras. »



Verset 2 : « Au milieu de la place de la ville et entre les deux bras du fleuve se trouvait l'arbre de vie qui produit douze récoltes ; il donne son fruit chaque mois et ses feuilles servent à la guérison des nations. »

Le fleuve a deux bras, ce qui se comprend car il sort de chacun des deux trônes (voir verset précédent). Il y a plusieurs interprétations sur l'arbre de vie et les fruits qui servent à guérir les nations. La plupart des exégètes pensent que les nations représentent le peuple des rachetés qui doivent encore être guéris de leurs péchés passés ou de leurs traumatismes. D'autres estiment que cette guérison des nations concerne le passé, avant le dernier jugement, alors qu'elles étaient encore soumises au paganisme. Enfin, quelques exégètes imaginent qu'il s'agit d'une possibilité encore existante pour certains de se racheter. Cette dernière interprétation doit être mise en doute, car nous avons vu précédemment que le jugement rendu était définitif.



Verset 3 : « Il n'y aura plus de malédiction. Le trône de Dieu et de l'Agneau sera dans la ville ; ses serviteurs lui rendront un culte. »

Dans la nouvelle Jérusalem, il n'y aura plus de péchés. L'Éternel et Jésus-Christ seront parmi les hommes qui lui rendront un culte.



Verset 4 : « Ils verront son visage et son nom sera sur leur front. »

Tous les hommes et toutes les femmes qui seront dans la nouvelle Jérusalem verront l'Éternel. Le nom sur le front est, comme nous l'avons déjà vu, une image qui indique que le Seigneur habitera leurs pensées.



Verset 5 : «Il n'y aura plus de nuit et ils n'auront besoin ni de la lumière d’une lampe ni de celle du soleil, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles. »

La gloire de Dieu illumine la nouvelle Jérusalem ; les hommes et les femmes baigneront dans cette gloire qui les éclairera, et ce pour l'éternité (des siècles et des siècles).







La venue de Jésus-Christ




Verset 6 : « Il me dit : “Ces paroles sont dignes de confiance et vraies ; et le Seigneur, le Dieu de l’esprit des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.” »

L'ange reprend les paroles de Jésus-Christ au premier chapitre de cette révélation, comme pour appuyer l'exactitude de ce qui est révélé.



Verset 7 : « Voici, je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre ! »

On retrouve, avec le verset 6 de ce chapitre, les mêmes recommandations que Jésus-Christ fait dans les trois premiers versets du premier chapitre.



Verset 8 : « Moi, Jean, j'ai entendu et vu ces choses. Après les avoir entendues et vues, je tombai aux pieds de l'ange qui me les montrait pour l'adorer. »

Jean reprend la parole pour redevenir acteur de cette révélation. Il tombe aux pieds de l'ange, mais nous verrons au verset suivant que celui-ci le met en garde.



Verset 9: « Mais il me dit : “Garde-toi bien de le faire ! Je suis ton compagnon de service, celui de tes frères les prophètes et de ceux qui gardent les paroles de ce livre. Adore Dieu.” »

Jean fait de nouveau la même confusion que dans le chapitre 19, verset 10, et l'ange le reprend de la même manière, car seul Dieu peut être adoré.



Verset 10 : « Puis il ajouta : “Ne marque pas du sceau du secret les paroles de la prophétie de ce livre, car le temps est proche.” »

À la différence de la révélation qui avait été faite à Daniel, à qui il avait été demandé de sceller cette révélation, Jean ne doit pas la garder secrète. L'ange explique la raison : les temps sont proches.


Remarque : bien sûr, pour les premiers chrétiens qui pensaient que Jésus-Christ allait revenir très prochainement, il s'est écoulé près de 2 000 ans, et ceux-ci pourraient se poser la question : les temps sont proches, mais on ne voit rien venir. Ceci est le mystère de Dieu : le temps terrestre n'est pas le même que le temps céleste. N'oublions pas non plus la prophétie de Jonas, qui avait mis en garde Ninive, qui allait être détruite à cause de ses péchés. Les habitants de Ninive ont écouté Jonas et ont fait acte de repentance. Dieu a alors épargné Ninive. Cela signifie que les événements ne sont pas irréversibles. Si les hommes écoutaient, respectaient et mettaient en pratique la parole du Christ, ces événements n'auraient peut-être pas de raison d'être. Dieu a un plan, et c'est lorsqu'il décidera que c'est le moment de provoquer le jugement dernier qu'il le fera. Jésus-Christ a d'ailleurs dit que nul ne connaît l'heure, pas même le Fils, seul le Père.


Cette révélation nous adresse ainsi un message : personne ne sait quand auront lieu ces événements, mais il faut se préparer car ils peuvent survenir à n'importe quel moment car loin de suivre la parole du Christ, l'homme se détourne de lui et beaucoup d'injustices règnent dans notre monde.


Verset 11 : « Que celui qui est injuste commette encore des injustices et que celui qui est sale se salisse encore, mais que le juste pratique encore la justice et que celui qui est saint progresse encore dans la sainteté. »

Parce que le temps n'est pas encore venu, l'Éternel laisse le libre arbitre aux hommes, en encourageant ceux qui pratiquent la justice à continuer ainsi et en incitant celui qui est saint à progresser encore dans sa sainteté. Notons que l'Éternel distingue ceux qui pratiquent la justice de ceux qui sont saints, acceptant ainsi que les hommes aient des degrés divers dans leur foi. Non, tout le monde n'est pas forcément un saint, mais chacun doit persévérer dans la voie du Seigneur.



Verset 12 : « Voici, je viens bientôt et j'apporte avec moi ma récompense pour traiter chacun conformément à son œuvre. »

Ici, c'est Jésus-Christ qui parle. On ne voit pas très bien, entre les versets 9 et 10, à quel moment Jésus-Christ prend la parole, mais dans ce verset 12, c'est clairement Jésus-Christ qui s'adresse à Jean, car il dit : « Je viens bientôt », et il ne peut s'agir que de Jésus-Christ. Il rappelle qu'il apporte avec lui sa récompense, conformément aux œuvres de chacun.



Verset 13 : « Je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. » Nous retrouvons là la formule que Jésus-Christ a employée au chapitre 1, verset 8. Il est le début et le commencement. Mais il ajoute aussi qu'il est le premier et le dernier, c'est-à-dire l'unique ; il n'y aura pas d'autres fils de Dieu. Il est la fin, car il n'y aura pas un autre temps messianique que celui qu'il apporte.



Verset 14 : « Heureux ceux qui lavent leur robe : ils auront droit à l'arbre de vie et pourront entrer par les portes dans la ville ! »

On aurait pu ajouter : « Heureux ceux qui lavent leur robe dans le sang du Christ », car Jésus-Christ a lavé les hommes de leurs péchés avec le sang qu'il a versé. Oui, ceux qui lavent leurs péchés auront la vie éternelle et pourront entrer dans la nouvelle Jérusalem.



Verset 15 : « Dehors les chiens, les sorciers, ceux qui vivent dans l’immoralité sexuelle, les meurtriers, les idolâtres et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge ! »

Ceux qui, par contre, ne vivent pas dans la foi n'entreront pas dans la nouvelle Jérusalem.



Verset 16 : « Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton de la racine de David et son descendant, l'étoile brillante du matin. »

Jésus-Christ réaffirme qui il est : le rejeton de la racine de David, tel que cela avait été prophétisé, l'étoile brillante du matin, car c'est un jour nouveau qu'il est venu annoncer.



Verset 17 : « L'Esprit et l'épouse disent : “Viens !” Que celui qui entend dise : “Viens !” Que celui qui a soif vienne ! Que celui qui veut de l'eau de la vie la prenne gratuitement ! »

Jésus-Christ nous invite à venir vers lui. Que celui qui veut la vie éternelle vienne. Cette invitation est gratuite et offerte à tous pourvu qu'ils acceptent de venir vers Jésus-Christ.




Conclusions


Versets 18 et 19 : « Je le déclare à toute personne qui écoute les paroles de prophétie de ce livre : si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu lui ajoutera les fléaux décrits dans ce livre ; et si quelqu'un enlève quelque chose aux paroles du livre de cette prophétie, Dieu enlèvera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte décrits dans ce livre. »

Jean met en garde ceux qui écoutent ces paroles. Rien ne doit être rajouté ni enlevé à ce qui est écrit. Autrement dit, cette révélation est un tout. C'est la parole du Christ et elle doit être respectée en tout point.

De semblables défenses de rien ajouter ni retrancher se trouvent dans le Deutéronome 4.2 ; 12.32. La menace formulée par Jean peut sembler d'une sévérité excessive. Il ne faut pas oublier cependant que l'apôtre réclame un tel respect pour son écrit, parce qu'il y voit l'œuvre de Dieu. Paul aussi prononce l'anathème sur quiconque annoncerait un autre Évangile que le sien, parce que cet Évangile, il l'avait reçu par une révélation de Jésus-Christ (Galates 1.8, 12). Il est vrai que Paul appelle la malédiction d'en haut sur ceux qui renverseraient les principes mêmes de l'Évangile de la grâce, tandis que Jean prononce la condamnation éternelle de ceux qui ajouteraient ou retrancheraient des paroles du livre de cette prophétie. En effet, des changements apportés pourraient avoir de graves conséquences. Ces altérations seraient propres à détourner les âmes de la vérité, qui seule peut leur assurer une part de l'arbre de la vie. Elles exposeraient l'Église à se relâcher dans son attente vigilante du Seigneur, à voir son espérance diminuer et à être affaiblie dans les luttes redoutables qu'elle doit soutenir.



Versets 20 et 21: « Celui qui atteste ces choses dit : “Oui, je viens bientôt.” Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ soit avec tous les saints ! »

Cet amen concerne le lecteur de l'Apocalypse et appelle Jésus-Christ à venir.





Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Chapitre 13 : Les 2 bêtes

Chapitre 2 : messages aux 7 églises

Chapitre 5 : le livre et l'agneau