Chapitre 5 : le livre et l'agneau
CHAPITRE 5
**Le Livre et l'Agneau**
Verset 1 : « Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit à l’intérieur et à l’extérieur, fermé grâce à sept sceaux. »
Analysons ce verset :
Jean voit dans la main droite du Seigneur un livre :
La main droite symbolise la volonté. Le fait que ce livre soit dans la main droite du Seigneur montre sa volonté d'agir.
Ce livre est écrit à l'intérieur et à l'extérieur :
À l'époque, on écrivait sur des papyrus que d'un seul côté, car ils étaient enroulés autour d'une baguette. Ainsi, si ce livre est écrit à l'intérieur et à l'extérieur, cela signifie que tout est écrit sur ce dernier.
Ce livre est fermé par sept sceaux :
Cela peut sembler curieux d'être scellé par sept sceaux, car normalement un seul sceau suffit pour sceller un livre ou un coffret. Dans la symbolique biblique, sept est le nombre de la perfection, du divin, que l'on retrouve d'ailleurs plusieurs fois dans l'Apocalypse. On peut ainsi comprendre que si le livre est scellé par sept sceaux, c'est qu'il contient une information très importante.
Pourquoi ce livre est-il scellé ?
Nous avons la réponse dans Daniel, chapitre 12, versets 4 à 9 : « Quant à toi, Daniel, tiens ces paroles cachées et marque le livre du sceau du secret jusqu'au moment de la fin ! Beaucoup seront perplexes, mais la connaissance augmentera. (...) Va, Daniel, car ces paroles seront tenues secrètes et scellées jusqu'au temps de la fin. »
Le prophète Daniel a reçu une vision de la fin des temps, mais le Seigneur lui a demandé de garder secrète cette vision, car le peuple n'était pas prêt à l'entendre et Jésus-Christ n'avait pas encore, par son sacrifice, vaincu la mort et racheté les péchés des hommes.
De quel livre s'agit-il ?
Nous venons de voir dans Daniel que ce livre contient les paroles cachées jusqu'au moment de la fin. Il s'agit donc du livre qui décrit les événements de la fin.
Verset 2 :« Je vis aussi un ange puissant proclamer d'une voix forte : « Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en briser les sceaux ? » »
Un ange d'une voix forte (puissante) demande qui est digne d'ouvrir le livre et d'en briser les sceaux. C'est un instant solennel; comme dans une tragédie, ce livre dont les paroles ont été tenues secrètes ne peut être ouvert par n'importe qui.
Verset 3 : « Mais personne, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ne pouvait ouvrir le livre ni le regarder. »
La réponse est donnée : personne ne peut ouvrir ce livre ni même le regarder. C'est pourquoi il a été tenu secret. On comprend mieux l'importance de cette révélation qui va être faite à Jean. Ces paroles sont tellement précieuses que personne ne peut y avoir accès. En d'autres termes, toutes les prophéties qui ont été faites sur les temps de la fin n'ont aucune valeur, car personne, ni sur terre, ni dans les cieux, ne peut ouvrir ce livre et donc connaître la vérité.
Verset 4 : « Je pleurais beaucoup parce que personne n’avait été trouvé digne d'ouvrir le livre et de le regarder. »
Jean est triste de constater que personne n'a été digne d'ouvrir ce livre.
Verset 5 : « Alors l'un des anciens me dit : « Ne pleure pas, car le lion de la tribu de Juda, le rejeton de la racine de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. »
Un ancien vient « consoler » Jean et lui annonce que Jésus-Christ a vaincu et qu'il peut ouvrir le livre et ses sept sceaux. Le lion de la tribu de Juda ou le rejeton de la racine de David est en effet le nom que l'on donne souvent à Jésus-Christ.
Lui seul peut ouvrir le livre, car il a vaincu la mort par sa résurrection !
Verset 6 : « Puis je vis, au milieu du trône et des quatre êtres vivants, et au milieu des anciens, un agneau debout comme offert en sacrifice. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. »
Jean voit alors Jésus-Christ au milieu du trône, des quatre êtres vivants et des anciens. Le fait qu'il soit au milieu montre qu'il a un rôle central. Jésus-Christ apparaît sous la forme d'un agneau, debout comme offert en sacrifice. C'est une image à mettre en relation avec le sacrifice de l'agneau pascal ; l'agneau représente ce qu'il y a de plus innocent. Un agneau était offert en sacrifice dans le temple pour rappeler le sang de l'agneau qui était mis aux frontons des maisons pour épargner le peuple juif de la dernière plaie que Dieu abattit sur l'Égypte afin de permettre au peuple juif de fuir. Comme cet agneau pascal, Jésus-Christ a été sacrifié pour racheter les péchés des hommes.
Mais cet agneau a sept cornes et sept yeux.
Les cornes expriment la puissance. Le fait qu'elles soient au nombre de sept, qui est le nombre parfait et divin, signifie qu'il possède toute la puissance divine. Il possède aussi sept yeux, ce qui signifie que Jésus-Christ voit tout. Jean dit aussi qu'ils sont les sept esprits de Dieu, à mettre en relation avec les sept esprits de Dieu au chapitre 1, verset 4, que l'on a attribués à l'Esprit Saint.
Ainsi, Jésus-Christ dispose de toute la puissance de Dieu, il voit (il sait) tout et il est rempli de l'Esprit Saint.
Verset 7 : « Il vint prendre [le livre] de la main droite de celui qui était assis sur le trône. »
Jésus-Christ prend le livre avec sa main droite. Nous avons vu que la main droite est celle de la volonté, du pouvoir. Jésus-Christ va accomplir ce qui est écrit dans ce livre.
Verset 8 : « Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre anciens se prosternèrent devant l'agneau. Chacun tenait une harpe et des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prières des saints. »
Après avoir pris le livre, ceux qui glorifiaient le Seigneur (les anciens et les quatre êtres vivants) glorifient maintenant Jésus-Christ en se prosternant devant lui. Cela signifie que Jésus-Christ a désormais tous les pouvoirs de la part de Dieu. La transmission du livre vaut transmission du pouvoir.
La harpe était l'instrument le plus doux de l'époque. Dans la Bible, la harpe est souvent utilisée pour glorifier Dieu : Psaume 23 : 2; Psaume 43 : 4...
Les coupes sont en or pour préciser à la fois leur pureté et leur grande valeur. À l'époque, dans le temple, les prêtres faisaient brûler du parfum pour faire monter les prières (avec les vapeurs du parfum), car leur odeur était agréable à Dieu. Nous sommes ici dans le temple de Dieu.
**Remarque :** « Les prières des saints » : cette partie a été l'objet de nombreuses discussions entre les exégètes. Certains trouvent dans ce texte une justification des prières d'intercession auprès des saints. D'autres affirment que tous ceux qui croient en Christ sont des saints. Il s'agirait donc de la prière de tous les croyants.
Verset 9 : « et ils chantaient un cantique nouveau en disant : « Tu es digne de prendre le livre et d'en ouvrir les sceaux, car tu as été offert en sacrifice et tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. »
Le cantique est nouveau car il célèbre un nouvel événement. Jésus-Christ a vaincu la mort et a offert sa vie en sacrifice pour le rachat des péchés des hommes, et en prenant le livre, Jésus va faire une nouvelle action.
**Remarque :** il est rappelé dans ce texte l'universalité du rachat des péchés par le sacrifice de Jésus-Christ. En effet, les vingt-quatre anciens ainsi que les quatre êtres vivants précisent que Jésus-Christ a racheté par son sacrifice tous les hommes, de toutes les tribus, de toutes les langues, de tous les peuples, de toutes les nations. Cela tranche définitivement un débat qui a eu lieu au début des ministères des apôtres, certains pensant à l'époque que seuls les juifs étaient concernés par ce rachat. En effet, qui peut contester la parole des vingt-quatre anciens et des quatre êtres vivants qui est parfaitement claire sur ce sujet ?
Verset 10 : « Tu as fait d'eux des rois et des prêtres pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre. »
Jean rapporte encore cette précision donnée par les vingt-quatre anciens et les quatre êtres vivants, qui représentent les qualités divines, comme nous l'avons vu précédemment. Sur cette partie, il y a différentes interprétations qui viennent de différentes traductions. Certains mettent au futur « ils régneront », tandis que d'autres le traduisent au présent « et ils règnent sur la terre ». Cette différence est liée au positionnement temporel du millénium. Les premiers mettent cette traduction au futur car ils pensent qu'il s'agit du règne de mille ans à venir. Les seconds, qui pensent que le millénium est déjà là, mettent ce texte au présent.
Ce qu'il faut retenir, c'est que par son sacrifice, Jésus-Christ a fait de ses fidèles :
1. des rois : comme les anciens qui ont une couronne, ils régneront avec eux et Jésus-Christ,
2. des prêtres pour Dieu. Or, il faut rappeler que la fonction de prêtre était réservée aux lévites ; maintenant elle est ouverte à tous les chrétiens fidèles.
3. Ils régneront sur la terre, c'est-à-dire qu'ils auront le pouvoir sur la terre. On peut aussi traduire par : il n'y aura plus qu'eux sur la terre ou qu'ils auront le pouvoir de juger. Différentes interprétations sont possibles.
Verset 11 : « Je regardai et j'entendis la voix de nombreux anges rassemblés autour du trône, des êtres vivants et des anciens ; ils étaient des myriades de myriades et des milliers de milliers. »
Il y a beaucoup d'éléments importants dans ce verset.
On note d'abord :
1. La présence de nombreux anges rassemblés autour du trône.
2. Puis, des êtres vivants et des anciens.
3. L'usage du pronom indéfini « des » avec êtres vivants et anciens, ce qui est surprenant car jusqu'alors on ne parlait que de quatre êtres vivants et de vingt-quatre anciens.
4. Ensuite, Jean parle de myriades de myriades et de milliers de milliers.
Pour rappel : une myriade est une unité de nombre qui est égale à 10 000. Myriades de myriades signifie 10 000 x 10 000 = 100 000 000 ou 100 millions. Des myriades de myriades signifient donc plusieurs centaines de millions. Des milliers de milliers = 1 000 x 1 000, ce qui signifie un million, et des milliers de milliers équivalent à plusieurs millions.
Reprenons :
De quels êtres vivants s'agit-il ?
Il est logique de penser qu'il ne s'agit pas des êtres vivants que nous avons vus précédemment, car ils étaient au nombre de quatre et avaient des traits particuliers (six ailes, des yeux tout autour d'eux). Ce que nous savons juste, c'est qu'ils sont vivants et qu'ils sont plusieurs millions.
Les anciens dont Jean nous parle ne sont pas non plus les vingt-quatre anciens décrits précédemment, car Jean ne préciserait pas qu'ils sont plusieurs millions.
Les êtres vivants et les anciens décrits ici ne sont pas non plus des anges, car sinon Jean n'aurait pas écrit ce texte ainsi, mais aurait écrit : des myriades et des myriades d'anges ou bien des milliers et des milliers d'anges. Par ailleurs, pourquoi cette distinction entre êtres vivants et anciens ?
Selon certains, les myriades de myriades concernent les fidèles en Christ qui ont été enlevés de leur vivant, et les milliers de milliers sont les saints qui ont été ressuscités. Dans cette hypothèse, l'épouse du Christ (l'Église) a été enlevée avant l'ouverture des sceaux.
Verset 12 : « Ils disaient d'une voix forte : « L'Agneau qui a été offert en sacrifice est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la louange. »
Dans ce verset, tous les anges, les anciens, les êtres vivants auxquels on peut vraisemblablement ajouter les vingt-quatre anciens et les quatre êtres vivants autour du trône de Dieu acclament Jésus-Christ en disant qu'il peut recevoir toute la puissance, la richesse (au sens spirituel), la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la louange.
Verset 13 : « Toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tous les êtres qui s'y trouvent, je les entendis s’écrier : « À celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau soient la louange, l'honneur, la gloire et la domination, aux siècles des siècles ! »
Jean entend maintenant toutes les créatures de Dieu acclamer de la même manière que les vingt-quatre anciens ont acclamé Dieu (voir chapitre 4, verset 11), en rajoutant la domination, et cela aux siècles des siècles, qu'il faut traduire par l'éternité.
Verset 14 : « Les quatre êtres vivants répondaient : « Amen ! » Et les anciens se prosternèrent et adorèrent. »
Dans ce verset, Jean nous parle de nouveau des quatre êtres vivants. Ils lancent un solennel « Amen ! » et les anciens se prosternent. Jean ne précise pas qu'il s'agit des vingt-quatre anciens mais on peut supposer que ce sont eux en comparant avec le chapitre 4, versets 9 et 10 où les vingt-quatre anciens se prosternent chaque fois que les quatre êtres vivants donnent gloire à Dieu.
**Remarque :** Ce verset 14 a tendance à confirmer l'hypothèse évoquée plus haut au verset 11, car il n'est plus fait allusion aux anges et aux myriades de myriades d'êtres vivants ainsi qu'aux milliers de milliers d'anciens. Hypothèse où les myriades de myriades représenteraient les fidèles en Christ qui ont été enlevés, et les milliers de milliers, tous les saints qui ont été soit ressuscités, soit enlevés.
C'est bien sûr très intéressant, mais j'ai encore du mal a voir où vous voulez en venir. Vous mettez en lumière beaucoup de points, et j'aimerais connaître vos conclusions. Vous semblez interprété que l'épouse du Christ est la personne de l'église. Comment en arrivez vous à cette affirmation ?
RépondreSupprimerJe n'ai pas d'autre objectifs que de permettre une compréhension de ce texte en essayant de l'expliquer avec des mots simples. Je n'ai pas de conclusion non plus. Quand il existe plusieurs interprétations, je les expose laissant le lecteur faire ses propres conclusions. En ce qui concerne l'épouse du Christ, tous les exégètes l'interprètent ainsi, je n'ai donc pas de raison de remettre en doute leur interprétation qui me semble d'ailleurs cohérente. Je précise que je m'appuie sur des exégèses de différentes obédiences : catholique, protestante, évangéliste. J'aurais aimé y associer une exégèse orthodoxe mais je n'en ai pas trouvé.
RépondreSupprimerCe commentaire a été supprimé par l'auteur.
RépondreSupprimerBonjour, je comprends que la symbolique ne soit pas toujours facile. J'ai fait un recueil des symboliques utilisés dans la bible et cela n'est pas toujours simple. Je suis d'accord avec vous quand une interprétation est donnée dans le texte lui-même je ne vois pas pourquoi certains interprètent autrement. J'essaye de référencer les différentes interprétations laissant le choix à chacun de faire sien ce texte. L'église du Christ est souvent symbolisée par une femme ou l'épouse du Christ que lui-même a utilisé. Les 2 témoins restent un mystère. Les catholiques pensent qu'il s'agit de Marie et St Paul.. je pense que l'identité n'a pas beaucoup d'importance, c'est plutôt le message qu'ils transmettent et comme il est reçu par les hommes.
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