Chapitre 7 : les 144 000 et les 7 sceaux

 

CHAPITRE 7


Les 144 000 et les 7 sceaux


Verset 1 : « Après cela, je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre. Ils retenaient les quatre vents de la terre afin qu'il ne souffle pas de vent, ni sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre. »

Six des sept sceaux ont été ouverts. Jean voit maintenant quatre anges qui se positionnent aux quatre coins cardinaux. Ces anges retiennent les quatre vents qu'il faut prendre au sens symbolique. C'est un instant de calme, un peu comme dans une scène de cinéma où, avant la tempête, tout semble tranquille.


Verset 2 : « Et je vis un autre ange qui montait du côté du soleil levant et qui tenait le sceau du Dieu vivant. Il cria d'une voix forte aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer : »

et

Verset 3 : « Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué d’une empreinte le front des serviteurs de notre Dieu. »

Ces deux versets doivent être traités ensemble, le verset 3 complétant le verset 2.

Un autre ange vient de l'Est, il détient le sceau du Dieu vivant. Le sceau du Dieu vivant signifie qu'il a reçu le pouvoir de donner des ordres aux quatre anges. Il leur demande de ne pas détruire ni la terre, ni la mer, ni les arbres tant qu'une empreinte ne sera pas marquée sur le front des serviteurs de Dieu.

La mer symbolise la population agitée et, par opposition, la terre les habitants stables. Enfin, les arbres symbolisent les dirigeants. Il ne faut donc pas voir cette phase d'un point de vue « météorologique » mais comme une phase de stabilité dans le monde.

De quelle empreinte s'agit-il ? Aucune description n'est donnée, aussi faut-il sans doute prendre également cette empreinte comme une métaphore spirituelle. En effet, le front désigne la volonté. Autrement dit, avant de déclencher les événements suivants, il faut identifier certains (les serviteurs de Dieu) qui seront épargnés ou, tout au moins, séparés du reste de la population pour être traités différemment.

Remarque : Cette empreinte n'est pas sans rappeler le signe que les Hébreux en Égypte ont apposé à l'ordre de Dieu, à l'entrée de leur maison, afin d'être épargnés par la dernière plaie.


Verset 4 : « Puis j'entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués de cette empreinte. Ils étaient 144 000, de toutes les tribus d’Israël : »

Ceux qui sont marqués sont au nombre de 144 000.

144 000 n'est pas un nombre choisi au hasard.

144 = 12 x 12

12 étant un nombre parfait, en multipliant 12 par 12, on obtient un nombre totalement parfait.

Enfin, mille signifie beaucoup en symbolique biblique.

144 000 signifie donc que toutes les personnes concernées seront marquées et rien que ces personnes, même si certains prennent ce nombre au sens strict.

Jean rassure ainsi les fidèles serviteurs de Dieu ; ils seront tous identifiés et n'auront pas à subir les événements qui vont suivre. Le sceau que tient l'ange (voir verset 2) est une assurance supplémentaire envers ces serviteurs. Dieu lui-même garantit que tous seront marqués et que le temps nécessaire pour le faire est pris, car dans cette attente, les quatre vents de la terre sont retenus par cet ange envoyé avec le sceau de Dieu.

Qui sont ces 144 000 ?

Ils viennent de toutes les tribus d'Israël. Que signifie « toutes les tribus d'Israël » ?


Versets 5 à 9 : « de la tribu de Juda, 12 000 marqués de cette empreinte ; de la tribu de Ruben, 12 000 ; de la tribu de Gad, 12 000 ;

de la tribu d'Aser, 12 000 ; de la tribu de Nephthali, 12 000 ; de la tribu de Manassé, 12 000 ;

de la tribu de Siméon, 12 000 ; de la tribu de Lévi, 12 000 ; de la tribu d'Issacar, 12 000 ;

de la tribu de Zabulon, 12 000 ; de la tribu de Joseph, 12 000 ; de la tribu de Benjamin, 12 000, tous marqués de cette empreinte. »

Toutes les tribus d'Israël sont nommées.

Remarquons d'abord que l'ordre de nomination des tribus varie par rapport à l'Ancien Testament. Ici, il commence par la tribu de Juda dont Jésus-Christ est issu.

Le nombre de tribus varie également, il manque en effet dans cette nomination la tribu de Dan, ce qui porterait à 13 le nombre de tribus et non 12.

Il existe plusieurs interprétations :

Certains prennent « à la lettre » les 12 tribus d'Israël, et donc les 144 000 concerneraient 144 000 juifs des différentes tribus.

D'autres pensent qu'il faut également prendre ces 12 tribus d'Israël comme un symbole et que les 144 000 concernent tous les serviteurs de Dieu fidèles en Christ.

Leurs arguments sont :


  1. Ceux qui reçoivent la marque sont appelés les serviteurs de notre Dieu, sans que rien n'indique que cette désignation soit limitée aux juifs.

  2. Le sceau est imprimé sur leur front pour les mettre à l'abri des événements qui vont suivre. Il serait surprenant que Dieu ne voulût épargner que ses serviteurs parmi les juifs.

  3. Tout est symbolique dans cette énumération. Nous l'avons constaté déjà pour le nombre total des cent quarante-quatre mille. Cela est évident aussi pour leur répartition entre les douze tribus, dont chacune compte un nombre égal d'élus.

  4. Ensuite, à l'époque de Jean, la plupart des tribus avaient déjà complètement disparu. De plus, elles avaient été dès l'origine très inégales quant à leur importance et le nombre de leurs membres.

Il semble donc logique de considérer les 12 tribus comme l'ensemble des croyants.


Verset 9 : « Après cela, je regardai et je vis une foule immense que personne ne pouvait compter. C’étaient des hommes de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l'Agneau, habillés de robes blanches, des feuilles de palmiers à la main, »

Il y a de nombreuses discussions concernant les 144 000 serviteurs de Dieu et la foule immense que Jean décrit dans ce verset.

Certains s'appuient sur cette différence pour confirmer que les 144 000 vus dans le verset précédent sont bien des juifs, tandis que la foule immense que Jean voit serait une autre catégorie de personnes originaires du monde entier, car ils viennent de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue.

D'autres identifient la foule immense comme étant les 144 000 qu'il faut prendre au sens symbolique.

Ce qui est plus certain, c'est que dans le verset 14, nous avons la confirmation que ce ne sont pas 144 000 juifs, car par définition les juifs ne croient pas en Jésus-Christ comme étant le Messie et donc ne peuvent pas avoir lavé leur robe dans le sang du Christ (voir verset 14).

Remarquons que ce verset commence par : « Après cela ». Ce terme « après cela » suppose que les 144 000 sont maintenant marqués. De plus, après ce chapitre 7, commencent les trompettes qui marquent le début des terribles événements.

Que les 144 000 soient la foule immense ou non, une question se pose : qui constitue cette foule immense ?

Remarquons d'abord que Jean ne reprend pas le terme « 144 000 » dans ce verset 9 et que cette foule immense vient du monde entier.

Il existe essentiellement 3 théories :


A / Certains pensent que ce sont les martyrs et que le Seigneur attend qu'ils soient 144 000 pour les identifier, les marquer avant de déclencher les événements. En effet, les chrétiens subissent des persécutions depuis le premier martyr de Saint Étienne et, de nos jours encore, il y a de par le monde de nombreuses persécutions et des martyrs.

On pourrait objecter que Jean a vu les martyrs sous l'autel des âmes (voir chapitre 5 verset 9) et que la foule immense que Jean voit ne correspond pas à cette description.


B/ D'autres pensent que ce sont tous les fidèles en Jésus-Christ qui seront enlevés. Ils s'appuient sur les passages suivants :

a / Au chapitre 3 verset 10 concernant l'Église de Philadelphie, Jésus-Christ dit : « Parce que tu as gardé mon ordre de persévérer, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier pour mettre à l’épreuve les habitants de la terre. »

Pour eux, la tentation qui va venir sur le monde entier représente la grande tribulation et ceux qui seront restés fidèles en Christ ne connaîtront pas les épreuves de la grande tribulation car Jésus-Christ va les « garder » de la tentation.

b / Au chapitre 5 verset 11, Jean décrit : « Je regardai et j'entendis la voix de nombreux anges rassemblés autour du trône, des êtres vivants et des anciens ; ils étaient des myriades de myriades et des milliers de milliers. ». Ceux qui s'appuient sur cette théorie disent que les myriades de myriades d'êtres vivants sont les fidèles en Christ qui ont été enlevés.

c / La foule que Jean voit est vêtue de robes blanches (symbole de pureté) et ils tiennent des feuilles de palmiers, symbole de victoire.


Et pour chaque Église, Jésus-Christ parle des vainqueurs, par exemple :

Chapitre 3 Verset 4 : « Cependant, tu as à Sardes quelques personnes qui n'ont pas souillé leurs vêtements ; elles marcheront avec moi en vêtements blancs parce qu'elles en sont dignes. »

Chapitre 3 verset 12 à propos de l'Église de Philadelphie : « Du vainqueur je ferai un pilier dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus jamais. J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, celui de la ville de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel, d’auprès de mon Dieu, ainsi que mon nom nouveau. »

Chapitre 3 verset 21 concernant ceux qui auront frappé à la porte de Jésus-Christ de l'Église de Laodicée : « Le vainqueur, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, tout comme moi aussi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. »

Ceux qui pensent que la grande foule sont les martyrs objectent qu'il s'agit d'une mauvaise interprétation de l'Apocalypse. Vaste débat qui mérite des livres entiers à rédiger !


Mais ce qu'il faut retenir :

  1. L'ange muni du sceau de Dieu donne l'ordre aux quatre autres anges de retenir les quatre vents le temps que les serviteurs de Dieu aient une empreinte au front.

  2. Une fois cette « opération » terminée, Jean voit une foule immense qui vient du monde entier.

  3. Cette foule est constituée de saints (robe blanche) et ils sont des vainqueurs car ils tiennent une feuille de palmier.

  4. Les vainqueurs sont ceux qui sont restés fidèles en Christ dans toutes les Églises puisqu'ils viennent du monde entier.

Dans tous les cas, la foule ne peut être que des fidèles en Christ car ils ont lavé leur robe dans le sang du Christ.


Verset 10 : « et ils criaient d'une voix forte : « Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône et à l'Agneau. »

L'ensemble des saints qui ont été enlevés glorifient Dieu et Jésus-Christ.


Versets 11 et 12 : « Tous les anges qui se tenaient autour du trône, des anciens et des quatre êtres vivants se prosternèrent, le visage contre terre, devant le trône et ils adorèrent Dieu en disant : « Amen ! La louange, la gloire, la sagesse, la reconnaissance, l'honneur, la puissance et la force sont à notre Dieu, aux siècles des siècles ! Amen ! »

Tous ceux qui sont aux cieux glorifient Dieu.


Versets 13 et 14 : « L'un des anciens prit la parole et me dit : « Ceux qui sont habillés d’une robe blanche, qui sont-ils et d'où sont-ils venus ? Je lui répondis : « [Mon] Seigneur, tu le sais. » Il me dit alors : « Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation. Ils ont lavé leur robe, ils l’ont blanchie dans le sang de l'Agneau. »

Cette partie est énigmatique. En effet, alors qu'un ancien interroge Jean sur l'origine de ceux qui ont une robe blanche, Jean répond : « tu le sais, Seigneur » et celui-ci explique que ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation.

Tout d'abord, curieusement, Jean appelle l'un des anciens « [mon] Seigneur ». Il ne pourrait pourtant s'agir de Jésus-Christ, puisque Jean dit que c'est l'un des anciens. Qui est donc cet ancien qui mérite l'appellation de Seigneur ? Aucune information n'est donnée, mais on peut imaginer qu'il s'agit d'un des anciens importants.

Mais concernant l’appellation « Seigneur », il faut se rappeler que dans le chapitre 4, Jean parle des 24 anciens assis chacun sur un trône et ayant chacun une couronne sur la tête. C'est pour cela que Jean dit qu'il s'agit d'un ancien et qu'il l'appelle Seigneur.

Puis l'ancien explique que ceux qui sont habillés d'une robe blanche sont ceux qui viennent de la grande tribulation et qu'ils ont lavé leur robe (leurs péchés) dans le sang du Christ. Par son sacrifice, Jésus-Christ a lavé les péchés des hommes qui croient en Jésus-Christ, le Rédempteur, le Messie.

Mais de quelle tribulation s'agit-il ?

À ce moment précis du récit de l'Apocalypse, nous ne sommes pas encore dans la période de la grande tribulation qui sera décrite plus tard. Donc, comment Jean peut-il voir ceux qui viennent de la grande tribulation ?

Deux explications sont possibles :

  1. La première serait que la grande tribulation dont il est question plus loin dans l'Apocalypse a déjà démarré avant les événements (dès l'ouverture du premier sceau?). Ceux qui ont été enlevés, même s'ils ne vont pas connaître les terribles événements qui vont venir, ont vécu également des moments difficiles. Le mal sur Terre est en effet plus fort financièrement, juridiquement et politiquement que le bien. Les « gentils » souffrent de la dureté du cœur des « méchants » sans pour autant être des martyrs. Cette interprétation irait dans le sens de l'hypothèse des pré-millénaristes. Pour les pré-millénaristes, le millénaire aurait lieu avant la grande tribulation avec la libération de Satan qui était enchaîné depuis mille ans. Sa libération permet aux forces du mal de commettre des abominations et de donner le pouvoir afin de tourmenter les gentils. À l’appui de cette hypothèse, Jésus-Christ, dans les lettres qu'il adresse aux sept Églises, demande aux croyants de « tenir », en particulier à l'Église de Smyrne, chapitre 2 verset 10 : « Ne redoute pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable va jeter quelques-uns d’entre vous en prison afin que vous soyez mis à l'épreuve, et vous aurez dix jours de détresse. Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. ».

  2. La deuxième possibilité est qu'il ne faut pas prendre ce récit dans un ordre chronologique rigoureux. Jean est au ciel ; le temps céleste n'est pas le même que sur terre, et ceux qu'il voit sont les vainqueurs de la grande tribulation qui vont se produire plus tard.


Versets 15 à 17 : « C'est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui est assis sur le trône les abritera sous sa tente. Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur brûlante. En effet, l'Agneau qui est au milieu du trône prendra soin d’eux et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »


Dans ces trois versets, ceux qui sont aux cieux sont réconfortés par Jésus-Christ. Ils auront la vie éternelle, car Jésus-Christ les conduira aux sources des eaux de la vie et ils n'auront plus à souffrir.



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