Chapitre 10 : L'ange et le petit livre
CHAPITRE 10
L'ange et le petit livre
Verset 1 : « Puis je vis un [autre] ange puissant descendre du ciel, enveloppé d'une nuée. Au-dessus de sa tête était l'arc-en-ciel ; son visage était comme le soleil et ses jambes comme des colonnes de feu. »
Nous sommes dans une action au présent et non au passé, comme dans le chapitre précédent, lorsque Jean voit un ange qui était descendu.
Ici, Jean voit un (autre) ange qui descend du ciel, mais de quel ange s'agit-il ?
Jean nous le décrit comme un ange puissant, ce qui peut paraître étrange. En effet, lors des apparitions des anges décrites dans la Bible, il n'est jamais fait mention d'anges puissants, sous-entendant que les autres ne l'étaient pas.
Cet ange est enveloppé d'une nuée, avec un arc-en-ciel au-dessus de sa tête, son visage étant comme un soleil et ses jambes comme des colonnes de feu. Cela ne ressemble pas aux descriptions des anges que nous trouvons dans les différents textes de la Bible, mis à part la nuée qui signifie qu'il vient du ciel.
Pour cela, reprenons cette description en la détaillant :
Tout d'abord, il est puissant. Jean veut par là signifier qu'il ne s'agit pas d'un n'importe quel ange. Il ne voit pas l'ange en détail, mais il ressent sa puissance.
Au-dessus de sa tête se trouve un arc-en-ciel. L'arc-en-ciel symbolise souvent une alliance (Genèse 9:8-13). Il symbolise aussi la paix et la bénédiction divine (voir Apocalypse 4:3). Il s'agit donc d'un ange qui a un pouvoir de paix, en tant que représentant d'une alliance et de la bénédiction divine.
Son visage était comme le soleil. Cette description nous rappelle celle de Jésus-Christ lors de sa transfiguration (voir Matthieu 17:2).
Ses jambes sont comme des colonnes de feu. Ces colonnes de feu nous font penser à celles qui guidaient les Israélites dans le désert après leur fuite d'Égypte.
En résumé, c'est un ange puissant qui apporte la paix ou une nouvelle alliance, dont le visage est illuminé comme celui de Jésus-Christ lors de sa transfiguration, et qui guide son peuple, car ses jambes sont comme les colonnes de feu qui guidaient les Juifs dans le désert.
En conclusion : il paraît plus que vraisemblable qu'il ne s'agit pas d'un ange, mais de Jésus-Christ. Si Jean parle d'un ange puissant au début, c'est parce qu'il ne le voit pas de près quand il descend du ciel et donc ne reconnaît pas son visage, mais la suite de sa description ne laisse pas de doute.
Verset 2 : « Il tenait dans sa main un petit livre ouvert. Il posa son pied droit sur la mer et son pied gauche sur la terre. »
Jean nous décrit Jésus-Christ tenant un petit livre ouvert. Remarquons que le livre est petit, ce qui indique que ce n'est pas la quantité de données qui est importante, mais ce qui y est écrit. Nous verrons plus loin que ce livre est destiné à Jean ; il s'agit donc vraisemblablement de la révélation, de ce qui va se passer maintenant.
De plus, le livre est ouvert, ce qui indique qu'il ne contient pas d'informations confidentielles. Jésus-Christ n'a plus rien à cacher, maintenant que le 7ème sceau est ouvert ; le temps est venu de l'accomplissement de sa parole.
Il posa son pied droit sur la mer et son pied gauche sur la terre. Mettre le pied sur quelque chose indique une prise de pouvoir. Jésus-Christ, par cette position, montre qu'il a le pouvoir sur la terre et sur la mer. On peut prendre la terre et la mer au sens géographique, mais aussi au sens symbolique, la mer représentant l'humanité agitée et la terre l'humanité en paix.
Dans les deux cas, Jésus-Christ est descendu du ciel pour prendre le pouvoir sur le monde.
Verset 3 : « et il cria d'une voix forte, comme un lion qui rugit. Quand il eut crié, les sept tonnerres firent entendre leur voix. »
Le pouvoir de Jésus-Christ s'exprime avec sa voix puissante, telle celle d'un lion, le lion étant le symbole de la puissance.
« Les sept tonnerres firent entendre leur voix. » Le tonnerre est souvent utilisé dans la Bible pour annoncer des choses importantes, et sept est un nombre symbole de plénitude, nombre qui revient souvent dans l'Apocalypse.
Ce qui est surprenant, c'est l'utilisation de l'article « les », qui suppose que nous connaissons ces sept tonnerres. Or, ils ne sont pas nommés.
Certains interprètent les sept tonnerres par le psaume 29, où David fait appel sept fois au tonnerre qu'il appelle voix de Dieu.
Retenons, en tout cas, que ces tonnerres sont au nombre de sept et que leur plénitude annonce quelque chose d'important à venir.
Verset 4 : « Quand les sept tonnerres eurent fini de parler, j'allais écrire, mais j'entendis du ciel une voix qui disait : « Marque du sceau du secret ce qu'ont dit les sept tonnerres, ne l'écris pas. »
Ce verset est assez énigmatique. Jean s'apprête à écrire ce que les sept tonnerres lui ont révélé, mais une voix venue du ciel lui dit de ne rien écrire. Or, dans le verset précédent, le petit livre ouvert semblait indiquer qu'il n'y avait plus rien à cacher.
Ce qu'il faut comprendre dans ce verset, c'est que le mystère est révélé à Jean, mais pour l'instant, il lui est demandé de garder encore secret ces informations, comme ce fut le cas pour Daniel 12:9 : « Vas-y, Daniel, car ces paroles seront tenues cachées et marquées du sceau du secret jusqu'au moment de la fin », à qui une révélation a été faite mais qui ne devait pas encore être dévoilée.
Verset 5 :« Alors l'ange que j'avais vu debout sur la mer et sur la terre leva sa main [droite] vers le ciel. »
Nous avons vu précédemment que l'ange qui avait un pied sur terre et un pied sur la mer, que Jean avait vu, est Jésus-Christ. Jésus-Christ lève alors sa main droite. Ce geste est symbolique. La main exprime l'action et la droite, le pouvoir.
Remarque : Dans Daniel 12:7 : « Et j'ai entendu l'homme habillé de lin, celui qui se tenait au-dessus de l'eau du fleuve : il a levé sa main droite et sa main gauche vers le ciel et il a juré par celui qui vit éternellement que ce serait dans un temps, deux temps et la moitié d'un temps, et que tout cela prendrait fin quand la force du peuple saint serait entièrement épuisée. » Celui que Daniel voit n'est autre que Jésus qui jure au nom de son Père.
Il faut voir dans ce verset, ainsi que dans le verset précédent avec les tonnerres, une confirmation de la prophétie de Daniel. Ce qui va se produire était écrit !
Verset 6 : « et jura par celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et ce qui s'y trouve, la terre et ce qui s'y trouve, ainsi que la mer et ce qui s'y trouve : « Il n'y aura plus de délai. »
Jésus-Christ jure au nom de son Père : Dieu, et il affirme un message important : « Il n'y aura plus de délai. » L'avènement va se produire incessamment sous peu et il n'y aura plus de repentances possibles, ni de conversions.
Verset 7 : « mais quand viendront les jours où l'on entendra le septième ange sonner de la trompette, le mystère de Dieu s'accomplira, comme il l'a annoncé à ses serviteurs les prophètes. »
Jésus-Christ nous informe que lorsque la 7ème trompette retentira, elle annoncera le jugement dernier ; le mystère de Dieu va s'accomplir comme il l'a annoncé à ses prophètes (Daniel, Ézéchiel, etc.) et à ses serviteurs (disciples...). On comprend alors que les versets 5 et 6 évoquaient les prophètes, en particulier Daniel, pour confirmer que tout va s'accomplir comme cela a été annoncé.
Verset 8 : « La voix que j'avais entendue du ciel me parla de nouveau et me dit : « Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. »
La voix (des sept tonnerres, voir versets 3 et 4) dit à Jean de prendre le petit livre ouvert dans la main de Jésus-Christ. Il n'y a pas de doute sur le fait que ce soit Jésus-Christ, car il se tient debout sur la mer et la terre.
Remarque : La voix des sept tonnerres est vraisemblablement celle de Dieu.
Verset 9 : « J'allai donc vers l'ange et lui demandai de me donner le petit livre. Il me dit : « Prends-le et avale-le ; il sera amer dans ton ventre, mais dans ta bouche, il sera doux comme du miel. »
et Verset 10 : « Je pris le petit livre de la main de l'ange et je l'avalai. Dans ma bouche, il fut doux comme du miel, mais quand je l'eus avalé, mon ventre fut rempli d'amertume. »
Jean obéit à Jésus-Christ, il prend le livre et l'avale. Il confirme que dans sa bouche il est doux comme du miel, mais que son ventre fut rempli d'amertume après l'avoir avalé.
Il s'agit là d'une image. Le livre représente la révélation que Jésus-Christ fait à Jean.
Cette double impression contradictoire entre le doux dans la bouche et l'amer dans le ventre est interprétée différemment.
Pour certains, cette révélation est douce dans sa bouche car elle annonce, pour ceux qui sont fidèles en Christ, une promesse merveilleuse, celle de la résurrection. Mais elle est amère car cette révélation annonce aussi des moments de souffrance et de douleur pendant ces événements.
D'autres objectent que Jean aurait, dans ce cas, d'abord ressenti l'âcreté de la révélation avant la douceur, qui ne serait que la joie d'être choisi pour recevoir cette révélation.
Laissons à chacun le choix de son interprétation, qui ne change pas grand-chose au contexte.
Verset 11 : « Puis on me dit : « Il faut que tu prophétises de nouveau sur un grand nombre de peuples, de nations, de langues et de rois. »
Jean reçoit ensuite une instruction, qui est celle de répandre la parole du Christ de nouveau partout dans le monde, parmi tous les peuples, toutes les nations, toutes les langues et tous les régimes.
Remarque : Jean utilise le pronom indéfini « on ». Ce n'est donc pas Jésus-Christ qui donne cette instruction, car il aurait été identifié ne serait-ce que sous le nom de l'ange. On ne sait donc pas qui donne cette instruction, mais elle est claire : il faut sauver le maximum de personnes, car Dieu souhaite qu'il y ait un maximum de gens sauvés. Dieu n'est pas venu pour punir, mais pour sauver le plus possible d'hommes et de femmes.
On comprend alors toute l'essence de cette apocalypse, de cette révélation : ce n'est pas de faire peur, mais de convertir le maximum de personnes à se repentir et à être fidèles en Christ.
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