Chapitre 12 : la femme et le dragon

 


CHAPITRE 12


La femme et le dragon



Verset 1 : « Un grand signe apparut dans le ciel : c’était une femme enveloppée du soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête. »

Alors que le temple de Dieu dans le ciel s'est ouvert (voir le dernier verset du chapitre précédent), Jean voit apparaître un grand signe dans le ciel, il s'agit d'une femme.

Qui est cette femme ? Examinons les éléments dont nous disposons :

1. Elle est enveloppée du soleil.

2. La lune est sous ses pieds.

3. Elle a une couronne de 12 étoiles sur la tête.

Il existe plusieurs interprétations. Certains voient Marie dans cette femme, mais la plus commune des interprétations est que cette femme représente l'Église du Christ, car les versets suivants (14 et 15) ne corroborent pas cette interprétation.

La lune symbolise souvent Jésus-Christ, car la lune reflète la lumière du soleil. Le soleil, quant à lui, symbolise Dieu. En reflétant le soleil, la lune reflète la gloire de Dieu, et la lune est sous les pieds de cette femme, car Jésus-Christ est le fondement de cette Église. Elle est enveloppée du soleil, car Dieu apporte toute sa bénédiction à cette Église, et elle a une couronne de 12 étoiles qui peut symboliser les 12 tribus d'Israël, les 12 apôtres ou, plus simplement, 12 étoiles, 12 étant le nombre qui symbolise l'Église ou l'autorité de Dieu.


Verset 2 : « Elle était enceinte et elle criait, car elle était en travail, dans les douleurs de l'accouchement. »

Ce verset confirme qu'il ne s'agit pas de Marie, mais bien de l'Église, Marie ne pouvant pas être dans cet état à ce moment précis de la révélation.

Dans la bible, les douleurs de l'enfantement sont souvent une image utilisée par les prophètes pour exprimer les souffrances auxquelles Israël est soumis (Ésaïe 26:17) ou un châtiment à venir (Michée 4:9). Mais ici, il faut plutôt voir la naissance de la nouvelle Église qui va arriver, le terme de cette longue préparation de l'Église.


Verset 3 : « Un autre signe apparut dans le ciel ; c'était un grand dragon rouge feu, qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. »

Jean voit maintenant dans le ciel un dragon. Le dragon représente toujours Satan dans la Bible. Il est rouge feu, signe de puissance destructrice, comme le deuxième cavalier de l'Apocalypse vu au chapitre 6, qui symbolise la guerre. On peut en déduire que Satan est venu pour faire la guerre.

Satan a 7 têtes et 10 cornes. Beaucoup voient dans les 7 têtes les 7 collines de Rome. Mais si on fait le rapprochement avec la description de la bête aux chapitres 13 et 17, ces 7 têtes peuvent aussi symboliser 7 gouvernements, d'autant que sur chacune de leurs têtes est posé un diadème, signe de royauté, de pouvoir politique.

Ainsi, on peut voir également dans cette image, celle de Satan en relation avec le pouvoir politique.


Verset 4 : « Sa queue entraîna le tiers des étoiles du ciel et les jeta sur la terre. Le dragon se plaça devant la femme qui allait accoucher, afin de dévorer son enfant dès qu'il serait né. »

Il y a plusieurs interprétations de ce verset.

Certains voient dans le fait que Satan entraîne avec sa queue le tiers des étoiles, les anges déchus, car les étoiles symbolisent dans la Bible les anges. Pour rappel, 1/3 signifie un grand nombre. Nous verrons dans le verset suivant que cette interprétation va parler d'un combat dans le ciel.

D'autres voient dans cette image Satan s’appuyant sur les forces terrestres (politiques) pour combattre l'Église du Christ naissante. C'est le temps des persécutions à l'époque de l'Empire romain.

Enfin, certains voient la chute des anges liée à la petite corne que voit Daniel en 8:10 : « Elle a grandi jusqu'au niveau des corps célestes. Elle a fait tomber par terre une partie de ces corps et des étoiles, et elle les a piétinés. » L'interprétation de cette vision de Daniel est très intéressante et s'articule avec l'Apocalypse, mais notre propos ici n'est pas de débattre de ces diverses interprétations, juste de les citer. Ces interprétations feront parties d'une synthèse qui sera l'objet d'une autre analyse.

Par contre, on peut voir dans la tentative de dévorer l'enfant tout juste né, celle d’Hérode qui fit massacrer tous les enfants de moins de 2 ans dans les environs de Bethléem.


Verset 5 : « Elle mit au monde un fils, un enfant mâle qui doit diriger toutes les nations avec un sceptre de fer, et son enfant fut enlevé vers Dieu et vers son trône. »

Parmi les différentes interprétations du verset 2, ce verset 5 désigne clairement Marie et Jésus comme l'enfant mâle. Marie mit au monde Jésus-Christ qui a bien été enlevé vers Dieu et vers son trône après sa résurrection, et il va bien diriger les nations comme nous le verrons plus loin.

On voit ici toute la complexité des interprétations. Mais si l'on regarde de plus près ces interprétations du verset 4, elles ne sont pas contradictoires. En effet, Marie a engendré Jésus-Christ qui a lui-même bâti son Église. On peut donc dire que la femme est à la fois Marie et l'Église de Jésus-Christ.


Verset 6 : « Quant à la femme, elle s'enfuit dans le désert, où Dieu lui avait préparé une place, afin d'y être nourrie pendant 1260 jours. »

Dans ce verset, Jean nous indique que la femme, ici il s'agit de l'Église du Christ, s'est réfugiée dans le désert dans un endroit préparé par Dieu pour la protéger. Remarquons encore la période de 1260 jours qui correspond à 3 ans et demi que nous avons vus au chapitre 11 avec la période de 42 mois des 2 témoins, ainsi que la métaphore de la femme qui est nourrie dans le désert comme le furent les Israéliens avec la manne lors de l'Exode.

Il y a beaucoup de symboliques dans l'Apocalypse, aussi, comme nous l'avons déjà dit, cette période de 3 ans et demi ne doit pas forcément se prendre à la lettre comme une période d'exactement 1260 jours.


Versets 7 et 8 : « Il y eut alors une bataille dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Le dragon et ses anges combattirent aussi, mais ils ne furent pas les plus forts, et il n'y eut plus de place pour eux dans le ciel. »

Dans ce verset, Jean nous informe qu'il y a eu une bataille dans le ciel entre Satan (le dragon) et ses anges, et l'archange Michel, également avec ses anges. Satan perdit la bataille et fut chassé du ciel ainsi que ses anges.

Ce verset ne nous indique pas à quel moment se situe cette bataille. Jean utilise le passé simple (traduction en français), et cela ne permet pas de situer vraiment l'action.

Était-ce loin dans le passé ? L'utilisation du mot « alors » suggère par contre une continuité de cette action après la fuite de la femme dans le désert pour échapper au dragon, que nous avons vu dans le verset précédent.

Il semble, dans cette chronologie des événements, que Satan, furieux de constater que Dieu ayant mis à l’abri l'Église naissante de Jésus-Christ, soit monté aux cieux pour combattre l'archange Michel et ses anges, mais qu'il perdit la bataille et il n'avait plus de place dans le ciel.


Verset 9 : « Il fut jeté dehors, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui égare toute la terre ; il fut jeté sur la terre et ses anges furent jetés avec lui. »

Suite à sa défaite, Satan a été déchu du ciel ainsi que tous ses anges.


Verset 10 : « Puis j'entendis dans le ciel une voix forte qui disait : « Maintenant le salut est arrivé, ainsi que la puissance, le règne de notre Dieu et l'autorité de son Messie. En effet, il a été jeté dehors, l'accusateur de nos frères et sœurs, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. »

Jean entend une voix forte. On ne sait pas de qui vient cette voix, mais elle fait autorité. On peut penser qu'il s'agit d'un ange puissant qui pourrait être l'archange Michel, ou bien Jésus-Christ lui-même.

Ce qu'il faut retenir, c'est que sa déclaration est très importante, car elle dit que maintenant le salut est arrivé, ainsi que la gloire de Dieu et de son Messie, qui n'est autre que Jésus-Christ. Le salut est arrivé, car Satan, qui accusait les hommes et les femmes de ne croire en Dieu que par intérêt, a été jeté dehors.


Verset 11 : « Ils l'ont vaincu grâce au sang de l'Agneau et grâce à la parole de leur témoignage, et ils n'ont pas aimé leur vie au point de craindre la mort. »

C'est grâce au sacrifice de Jésus-Christ et aux témoignages des apôtres qui ont porté la parole du Christ sans craindre les persécutions et la mort que Satan a été vaincu. Jésus-Christ et les apôtres ont montré que les hommes ne croyaient pas en Dieu par intérêt mais par amour.

Ce message est capital car on comprend mieux la parole de Jésus-Christ qui est venu porter l'amour de Dieu auprès des hommes et non de simples commandements à respecter pour obtenir une récompense.


Verset 12 : « C'est pourquoi réjouis-toi, ciel, et vous qui habitez le ciel. Mais malheur à vous, habitants de la terre et de la mer, car le diable est descendu vers vous, animé d'une grande colère, sachant qu'il lui reste peu de temps. »

La voix forte dit à Jean de se réjouir ainsi que tous ceux qui sont dans le ciel, tandis que cette voix met en garde ceux qui sont sur la terre et en mer, autrement dit tous les hommes vivants, car Satan sait qu'il lui reste peu de temps et qu'il va déchaîner sa colère contre les hommes. Satan va en effet chercher à se venger en entraînant le plus possible d'hommes vers le péché.

Une partie de ce verset doit nous interpeller : « vous qui habitez le ciel ».

En effet, qui sont ceux qui habitent le ciel à ce moment précis ?

Il est logique de penser que la voix ne s'adresse certainement pas aux anges, mais à des hommes, Mais de quels êtres humains est-il question, car à ce moment précis, il n'y a pas encore eu de résurrection ?

Il y a plusieurs interprétations : au chapitre 6, verset 10, Jean voit les martyrs demandant justice. Il semble donc que ce soient les martyrs dont il est question. Mais d'autres pensent qu'il s'agit de l'Église enlevée.


Verset 13 : « Quand le dragon vit qu'il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait mis au monde l’enfant mâle. »

Satan, qui a été déchu, s'est alors attaqué à la femme, c'est-à-dire à l'Église du Christ.


Verset 14 : « Mais les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle s'envole au désert, vers l'endroit où elle doit être nourrie un temps, des temps et la moitié d'un temps, loin du serpent. »

Il avait déjà été évoqué au chapitre 8, verset 13, un aigle qui planait très haut et qui annonçait trois fois « malheur » à cause des trois trompettes encore à venir. Il peut s'agir du même aigle, mais on peut le voir aussi comme une image. L'aigle est un oiseau majestueux qui vole très haut, et le fait de donner ses ailes montre que tous les moyens sont donnés à la femme (l'Église du Christ) pour qu'elle puisse se réfugier dans le désert pendant un temps, des temps et la moitié d'un temps.

Remarquons que dans plusieurs Bibles, il est question de « des » temps et non de « deux » temps, comme dans la version Semeur. Il est logique de penser qu'il s'agit bien de deux temps et que la période totale soit de 3 ans et demi, comme cela est indiqué dans les versets précédents, par exemple le verset 6 de ce chapitre où il est question de 1260 jours, soit 3 ans et demi.

Encore une fois, cette période n'est pas forcément à prendre au sens littéral, mais au sens symbolique, qui représente la moitié du temps accompli pour Dieu, qui est toujours un multiple de 7.


Versets 15 et 16 : « Alors le serpent vomit de sa gueule comme un fleuve d’eau derrière la femme, afin qu'elle soit entraînée par le courant. Mais la terre secourut la femme : elle s'ouvrit et engloutit le fleuve que le dragon avait lancé de sa gueule. »

Le serpent, c'est Satan. Ivre de colère après avoir été défait et déchu du ciel, il veut se venger sur la femme, c'est-à-dire l'Église du Christ. L'image qui décrit cela est volontairement hideuse. Certains voient dans cette image une métaphore de la traversée de la mer Rouge qui permit aux Juifs de s'enfuir d'Égypte, mais cette scène en est assez éloignée. Il faut plutôt voir dans cette image l'action de Dieu qui empêche Satan de détruire l'Église du Christ.

Est-ce une allusion aux persécutions des premiers chrétiens par Rome, qui, grâce à l'action de Dieu, comme par exemple Pierre qui peut sortir miraculeusement de sa prison, permet à l'Église de survivre ?


Verset 17 : « Furieux contre la femme, le dragon s'en alla faire la guerre au reste de sa descendance, à ceux qui respectent les commandements de Dieu et qui gardent le témoignage de Jésus. »

Ce verset est intéressant, car nous avons en partie une réponse à la question précédente. En effet, Satan, n'ayant pu détruire l’Église du Christ, a décidé de faire la guerre à la descendance de l’Église, autrement dit à ceux qui perpétuent le témoignage du Christ et lui restent fidèles.

Ainsi se précise la femme décrite aux versets 1 et 2, et ceci est très important dans la compréhension de la chronologie des événements :

La femme dont Jean parle aux versets 1 et 2 est bien l'Église naissante du Christ, ou pour être plus précis, les premiers chrétiens, que Satan a tenté de détruire. Mais, grâce à l'action de Dieu, de Jésus-Christ et du Saint-Esprit, ces premiers chrétiens qui formaient cette Église naissante, malgré les persécutions, ont permis à l’Église du Christ de survivre. Depuis son échec à détruire cette Église, Satan a décidé de s'en prendre à ceux qui perpétuent le témoignage du Christ et lui restent fidèles.

Remarque importante : Satan, dans les premiers temps de l’Église, n'était pas enchaîné.

On voit que dans le récit de l'Apocalypse, la chronologie n'est pas respectée. Dans ce chapitre 12, nous sommes revenus au début de l’Église, tandis qu'au chapitre 11, nous étions arrivés après les 2 témoins, juste avant le déclenchement des événements. Ce chapitre 12 est donc un peu comme un flash-back dans le but de mieux comprendre les enjeux des événements qui vont suivre.


Verset 18 : « Et je me tins sur le sable de la mer. »

Dans ce message, Jean exprime sa volonté d'attendre les événements qui vont suivre.

Mais il y a sans doute ici une erreur de traduction, car dans d'autres Bibles, par exemple Semeur, on peut lire « il se tint... », désignant Satan qui attend et non Jean. Satan attendrait la bête qui doit sortir de la mer dans le chapitre suivant, ce qui serait plus cohérent.


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