CHAPITRE 19 : les louanges à Dieu, les noces de l'agneau et le venue du Christ
CHAPITRE 19
Après la chute de Babylone la grande, nous allons assister dans ce chapitre aux louanges de Dieu et aux noces de l'agneau, puis la venue du Christ sur un cheval blanc.
Les louanges à Dieu
Verset 1 : « Après cela, j'entendis dans le ciel comme la voix forte d'une foule immense qui disait : « Alléluia ! Le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu. »
Dans l'apocalypse, Jean voit 2 fois une foule immense, au chapitre 7 verset 9 et au chapitre 17 verset 15. Ici il entend la voix de cette foule qui glorifie le Seigneur.
Nous nous étions posé la question de l'identité de cette foule au chapitre 7 qui parle des 144 000 sans que l'on puisse en déterminer avec certitude l'origine.
Remarque : Alléluia veut dire : « Loué le Seigneur ». Alléluia vient du verbe « hâlal » en hébreux qui signifie louer et de « Yah » diminutif de Yahvé qui est le nom de Dieu.
Verset 2 : « Oui, ses jugements sont vrais et justes, car il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par son immoralité et il a vengé ses serviteurs en lui redemandant leur sang, qu’elle avait versé. »
C'est toujours la foule immense qui clame que le jugement de Dieu est vrais et juste. Dieu a jugé la prostituée (voir chapitre 17 et 18 précédents) pour son immoralité. Il a vengé également ses serviteurs que l'on peut identifier comme les esclaves de Babylone la grande.
Verset 3 : « Ils dirent une seconde fois : « Alléluia ! Et la fumée de cette ville s’élève aux siècles des siècles. »
Il dirent une seconde fois car au chapitre 18 verset 9 et 18 cette fumée s'élevant de Babylone la grande a déjà été évoquée.
Ici, les voix parlent de la ville. Nous avons vu dans les différentes interprétations que Babylone la grande n'était pas l'antique Babylone mais cette mention de Babylone est là pour mieux faire ressortir une analogie avec Babylone l'antique (voir chapitre 18 verset 4 où nous avons fait une comparaison avec Jérémie et Esaïe sur ce sujet).
Verset 4 : « Les vingt-quatre anciens et les quatre êtres vivants se prosternèrent alors et adorèrent le Dieu qui est assis sur le trône en disant : « Amen ! Alléluia ! »
Nous avons vu au chapitre 4 : 9 qui pouvaient être les 24 anciens et au chapitre 5 : 6 et dans le chapitre 5: 9 on retrouve les 24 anciens et les quatre êtres vivants qui chantent les louanges à Dieu. Les 24 anciens anciens sont sans doute les 12 apôtres et les représentants symboliques des 12 tribus d'Israël mais il y a beaucoup de discussions à ce sujet.
Verset 5 : « Une voix sortit du trône et dit : « Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands ! »
Cette voix qui sort du trône ne peut être celle de Dieu car elle invite à louer « notre Dieu ». On pourrait penser qu'il s'agit de la voix de Jésus-Christ mais Jésus est célébré dans les versets suivants dans les noces de l'agneau. Il est donc vraisemblable que la voix soit celle d'un des quatre êtres vivants, mais certains pensent qu'il s'agit de Marie.
Remarque : la voix s'adresse à ceux qui qui craignent Dieu. Le verbe craindre est aujourd'hui associé à la peur, l'angoisse. Or lorsque l'on croit en Dieu ce n'est pas le sentiment que l'on éprouve au contraire. Il faut donc prendre ce verbe dans le sens de l'humilité, de l'admiration. Enfin petits et grands signifie tout le monde. Ainsi tout le monde quelque soit son importance éprouve de l'humilité, de l'admiration face à Dieu.
Verset 6 : « Et j'entendis comme la voix d'une foule immense. Elle ressemblait au bruit de grosses eaux, au grondement de forts coups de tonnerre, et elle disait : « Alléluia ! Car le Seigneur, notre Dieu tout-puissant, a établi son règne. »
Nous avons déjà vu cette image de la voix d'une foule immense qui ressemble au bruits de grosses eaux au chapitre 7 verset 9 et au chapitre 17 verset 15 et nous nous étions posé la question de la composition de cette foule immense. L'eau représente comme nous l'avons vu la population apaisée.
Cette foule immense glorifie Dieu en louant son règne qu'il vient d'établir.
Les noces de l'agneau
Les noces de l'agneau marque l'union entre Jésus-Christ et son église, c'est à dire tous les fidèles en Christ.
Verset 7 : « Réjouissons-nous, soyons dans la joie et rendons-lui gloire, car voici venu le moment des noces de l'Agneau, et son épouse s'est préparée.»
La foule immense proclame que les noces de l'agneau peuvent maintenant se tenir et que son épouse est prête. On peut logiquement penser que c'est bien la foule immense qui est la future épouse de l'agneau car elle proclame qu'elle est prête.
L'agneau c'est Jésus-Christ, quant à l'épouse c'est l'ensemble des hommes et des femmes qui croient en Jésus-Christ ressuscité et qui constituent cette foule immense. Ce « mariage » est symbolique, il signifie que Jésus-Christ et la foule immense sont unis pour l'éternité.
L'épouse est aussi un symbole, il s'agit de la nouvelle Jérusalem ou la Jérusalem céleste qui doit arriver après la chute de Babylone la grande.
Jérusalem représentait le pouvoir théocratique sur Israël, la nouvelle Jérusalem représente le pouvoir spirituel sur la Terre entière.
Ces noces de Jésus avec son église ont été évoquées dans les 7 lettres adressées au 7 églises (voir chapitre 2 et 3). Jésus promet dans ces lettres aux vainqueurs la vie éternelle.
Verset 8 : « Il lui a été donné de s’habiller d'un fin lin, éclatant, pur. » En effet, le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. »
L'épouse du Christ est habillée de fin lin. Nous retrouvons cette image au chapitre 10 : 5, Jésus est habillé de lin. De même au chapitre 15 : 6 les 7 anges sont revêtus d' un lin, éclatant et pur.
Cette analogie des images montrent que l'épouse du Christ en étant revêtue de fin lin, éclatant et pur est comme un ange.
Et dans ce verset, la voix explique la raison : ce fin lin est un fil qui est le résultat des œuvres des saints.
Verset 9 : « L'ange me dit alors : « Ecris : ‘Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'Agneau !’ » Puis il ajouta : « Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu. »
L'ange demande à Jean d'écrire cette parole : « heureux », car c'est une joie pour ceux qui font partis du festin des noces de l'agneau.
Remarquons le pluriels utilisé, il ne s'agit pas d'une seule noce mais des noces avec tous ceux qui ont été vainqueurs. Le festin évoque la joie, c'est celle que l'on éprouve lors d'un mariage. Mais on peut voir aussi la cène où nous sommes tous invités à participer à ce repas qui rappelle la passion du Christ sauf que ce repas de noce n'est pas en souvenir de la souffrance du Christ mais de la joie de l'époux, c'est à dire de Jésus qui épouse son église.
L'ange ajoute qu'il s'agit des véritables paroles de Dieu. Il n'y a pas de doute à avoir sur ces paroles.
Verset10 : « Je tombai à ses pieds pour l'adorer, mais il me dit : « Garde-toi bien de le faire ! Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères et sœurs qui gardent le témoignage de Jésus. Adore Dieu, car le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie. »
Dans ce verset nous avons la confirmation que la voix n'était ni Dieu ni Jésus car celui qui se présente comme le compagnon de Jésus lui demande de ne pas l'adorer mais d'adorer Dieu et Dieu seul.
Nous avons suggéré que cela pouvait être un des quatre êtres vivants. Certains à l'appui de ce verset pensent qu'il s'agit de Marie ou l'un des 24 anciens.
Ce qui est important c'est la fin de ce verset : « le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie ». Ce qui signifie que tout était écrit.
Le cavalier sur le cheval blanc
Verset 11 : « Ensuite, je vis le ciel ouvert, et voici qu’un cheval blanc apparut. Celui qui le montait s'appelle « Fidèle et Véritable », il juge et combat avec justice. »
Jean voit le ciel ouvert. Cette image indique que Jean a une nouvelle vision. Celle ci se présente sous la forme d'un cavalier sur un cheval blanc. Il ne s'agit pas du même cavalier que celui qui est apparu lors de l'ouverture du premier sceau au chapitre 6 verset 2. En effet, celui ci s'appelle « Fidèle et Véritable » alors que celui du chapitre 6 n'avait pas de nom et dispose d'un arc et une couronne lui a été remis.
Le cheval est dans la bible associé à la guerre, mais ici, ce cavalier n'a pas d'arc, il vient pour juger et combattre avec justice tandis que celui du chapitre 6 venait amener la guerre parmi les hommes.
Il n'y a pas de doute sur l'identité de ce cavalier, il s'agit de Jésus-Christ qui descend du ciel pour combattre avec justice et porter ses jugements.
Verset 12 : « Ses yeux étaient comme une flamme de feu et il y avait de nombreuses couronnes sur sa tête. Il portait un nom écrit, que personne d'autre que lui ne connaît. »
Au chapitre 1 : 14, Jean nous décrit la vision qu'il a de Jésus-Christ : « …., ses yeux étaient comme une flamme de feu ». On retrouve cette description dans ce verset. Mais au lieu d'un arc comme le cavalier du chapitre 6 , il possède de nombreuses couronnes sur sa tête ce qui signifie qu'il a le pouvoir sur tous les royaumes de la Terre.
Une autre distinction, il porte un nom que personne ne connaît sauf lui. Dans apocalypse chapitre 3 verset 12, Jésus-Christ parle de « son nom nouveau ». De même en Apocalypse 2 : 17 dans sa lettre à Pergame, Jésus dit qu'au vainqueur il donnera un caillou blanc et « sur ce caillou sera inscrit un nom nouveau que personne ne connaît si ce n'est celui qui le reçoit ». On retrouve la même idée, il s'agit d'un renouveau dans lequel exprimera toute sa gloire après son retour. Il s'agit d'une renaissance.
Verset 13 : « Il était habillé d'un vêtement trempé de sang. Son nom est « la Parole de Dieu »
Le sang sur les vêtements de Jésus-Christ n'est pas le sien mais celui de ces ennemis. En effet, la prophétie que l'on peut lire dans Genèse 49 : 11 « Il attache son âne à la vigne et le petit de son ânesse au meilleur cep. il lave son vêtement dans le vin et son manteau dans le sang des raisins »
et le sang des raisins du chapitre 14 : 18 de l’apocalypse « Lance ta faucille tranchante et vendange les grappes de la vigne de la terre, car ses raisins sont mûrs. » et verset 20 : « Le raisin fut écrasé dans la cuve à l’extérieur de la ville. Du sang en sortit et monta jusqu'aux mors des chevaux, sur une étendue de 300 kilomètres » évoque sans aucun doute le sang de la vendange.
Verset 14 : « Les armées célestes le suivaient, montées sur des chevaux blancs et habillées d'un fin lin, blanc et pur. »
Les armées célestes sont constituées des anges. Ils montent des chevaux blancs. Des chevaux car ils symbolisent la guerre et ils sont blancs car ils sont purs. De même les anges sont habillés d'un fin lin blanc et pur qui est un symbole de pureté. Tous ces éléments nous conduisent à dire qu'il s'agit d'une guerre sainte et juste.
Verset 15 : « De sa bouche sortait une épée aiguë [à deux tranchants] pour frapper les nations. Il les dirigera avec un sceptre de fer et il écrasera lui-même le raisin dans la cuve à vin de l'ardente colère du Dieu tout-puissant »
L'épée aiguë qui sort de la bouche de Jésus-Christ préfigure la sentence qu'il va faire sur les nations., c'est à dire sur le monde entier. Le sceptre de fer signifie avec puissance, le sceptre étant le symbole du pouvoir royale et le fer de la dureté.
Il va écraser le raisin dans la cuve de l'ardente colère de Dieu. Nous avons déjà vu cela au chapitre 14 verset 20. il ne s'agit pas de moisson mais de destruction.
Remarque importante :
Comme nous venons de le voir, Jésus-Christ ne vient pas sur son cheval accompagné de son armée d'anges pour faire la moisson mais pour écraser les pécheurs dans la cuve de l'ardente colère. On peut donc se poser la question : où sont les bons grains qui ont été séparés de l'ivraie ?
Revenons sur cette foule immense et sur l'épouse du Christ que nous avons vu au chapitre précédent. Nous avons examiné au chapitre 7 plusieurs hypothèses sur ce qui composait la foule immense que Jean voyait et nous n'avions pas pu faire de conclusions certaines sur ces différentes hypothèses.
Au chapitre 15, nous avons vu que la mer de verre mêlée de feu que Jean voit représente une foule immense.
Il semble donc assez logique de penser que puisque la moisson a été déjà effectuée (chapitre 14) et que nous sommes au moment de la vendange, la foule immense que Jean a entendu dans le chapitre 18 et qu'il voit au chapitre 15 sont les vainqueurs de la grande tribulation.
Ainsi la foule immense décrite au chapitre 7, serait constituée des saints martyrisés qui ont été enlevés au ciel.
C'est ce que l'on appelle l'enlèvement des vainqueurs qui vont rejoindre tous ceux qui ont déjà été enlevés au ciel pour former l'église du Christ et devenir son épouse du Christ dont nous avons vu les noces au chapitre 18.
Verset 16 : « Il portait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : « Roi des rois et Seigneur des seigneurs ».
Son nom est inscrit sur sa cuisse ou sa hanche de façon à ce que tous puissent voir qui il est. Ce nom a déjà été énoncé au chapitre 17 verset 14. Il est le roi des rois et seigneur de seigneurs c'est à dire qu'il n'y a rien de supérieur à lui sur la terre et ce nom convient parfaitement à ce qu'il va faire maintenant.
Verset 17 et 18 :
« Je
vis un [autre] ange debout dans le soleil. Il cria d'une voix forte à
tous les oiseaux qui volaient haut dans le ciel : « Venez,
rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu
afin de manger
la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des
guerriers, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair
de tous les hommes, libres et esclaves, petits et grands. »
. Ces 2 versets étant en continuité, ils sont traités ensemble.
Jean voit un autre ange qui avec autorité (voix forte) invite tous les oiseaux pour le grand festin de Dieu.
Cette image est importante, car pour les juifs il n'y avait pas de plus humiliant que de laisser les morts dévorés par les oiseaux. Ceux qui après leur mort étaient jetés dans la Géhenne ne bénéficiaient pas de sépulture et c'était pour eux une ultime opprobre, il n' y avait pas pire châtiment.
Sont concernés par ce châtiment qui va suivre : les rois (les gouvernants), les chefs militaires, les cavaliers avec leurs montures (image afin de montrer qu'ils ne sont plus rien) et tous les hommes du monde entier. Cette expression : « libres et esclaves, petits et grands » signifie tous les habitants de la terre.
Verset 19 : « Alors je vis la bête, les rois de la terre et leurs armées rassemblés pour faire la guerre à celui qui montait le cheval et à son armée. »
La bête dont nous avons déjà parlé dans les chapitres précédents, avec les rois (les gouvernants), rassemblent leurs armés pour livrer bataille contre Jésus-Christ et son armée composée d'anges.
Verset 20 : «La bête fut capturée, ainsi que le prétendu prophète qui avait accompli devant elle des signes miraculeux pour égarer ceux qui avaient reçu la marque de la bête et adoré son image. Tous les deux furent jetés vivants dans l'étang ardent de feu et de soufre. »
Le sort de la bête et du faux prophète était déjà scellé au chapitre 16 lorsque la 6ème coupe fut versée. La bataille n'est pas décrite car le jugement est aussitôt exécuté ce qui suppose que la bataille dura l'instant d'un éclair.
Pour rappel, la bête représente un pouvoir politique tandis que le faux prophète un pouvoir religieux.
Tous deux sont jeté vivants dans l'étang ardent de feu et de souffre. Le lac de feu ou étang de feu selon les traductions, ne sont pas un lieu physique mais il signifie la destruction totale et définitive. Si ils sont jetés vivants c'est parce qu'à ce moment là ils sont encore actifs et qu'ils souffriront en étant pleinement conscient de ce qui leur arrive.
Verset 20 : «Les autres furent tués par l'épée qui sortait de la bouche de celui qui montait le cheval, et tous les oiseaux se rassasièrent de leur chair. »
Tous les autres êtres vivants ne sont pas jetés dans l'étang de feu mais ils sont tués par l 'épée de Jésus-Christ qui sort de sa bouche autrement dit de sa simple parole. Et comme nous l'avons vu au verset 17 et 18, ils n'auront pas de sépultures.
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